TABLES
DES MATIÈRES DU LIVRE BLANC
PREMIÈRE PARTIE .- LA RECRUDESCENCE DE LA POLITIQUE D’HOSTILITÉ ET D’AGRESSION SUIVIE CONTRE LE PEUPLE CUBAIN PAR L’ADMINISTRATION BUSH CONSTITUE UNE GRAVE MENACE À SES DROITS DE L’HOMME
Chapitre premier : L’hostilité et les agressions de l’administration Bush atteignent des niveaux sans précédent alors que Cuba et les USA ne sont pas ouvertement en guerre
Chapitre 2: Un nouveau programme impérialiste en vue de dominer la nation cubaine et la récoloniser.
Chapitre 3 : Y aurait-il de « bons » et de « mauvais » terroristes ?
Chapitre 4 : Les droits humains de cinq jeunes combattants antiterroristes cubains, injustement incarcérés aux USA, et ceux de leur familles sont grossièrement violés pour d’infâmes motivations politiques.
Chapitre 5: Les USA ne cessent de recruter, de financer et d’utiliser toujours plus des mercenaires en vue de miner l’autodétermination du peuple cubain
Chapitre 6 : L’agression radioélectronique des USA contre Cuba
DEUXIÈME PARTIE .- LA MANŒUVRE ANTICUBAINE DES ETATS-UNIS EN MATIÈRE DE DROITS DE L’HOMME : FABRIQUER DE TOUTES PIÈCES UN PRÉTEXTE MENSONGER POUR POUVOIR POURSUIVRE LEUR POLITIQUE D’HOSTILITÉ, DE BLOCUS ET D’AGRESSION CONTRE LE PEUPLE CUBAIN
Chapitre 1. Bien que les peuples et de nombreux gouvernements du monde s’y opposent, les Etats-Unis s’entêtent à manipuler les travaux de la Commission des droits de l’homme dans le cadre de leur politique anticubaine
Chapitre 2. Les mécanismes intergouvernementaux des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme ont été séquestrés par les Etats-Unis et leurs proches alliés et convertis en instruments de pression pour imposer leur politique de domination mondiale
Chapitre 3. Malgré l’injuste manœuvre anticubaine que les Etats-Unis imposent à la CDH, Cuba continue de respecter son engagement de coopération avec tous les mécanismes non discriminatoires en matière de droits de l’homme
TROISIÈME PARTIE .- CUBA FAIT FACE AUX DIFFICULTÉS ET AUX DÉFIS QU’ON LUI IMPOSE DE L’EXTÉRIEUR ET CONTINUE DE METTRE EN PLACE UNE SOCIÉTÉ PLUS DÉMOCRATIQUE, PLUS JUSTE, PLUS PARTICIPATIVE, PLUS ÉQUITABLE ET PLUS SOLIDAIRE
Chapitre 1 : Le système démocratique mis en place par le peuple cubain en toute souveraineté
Chapitre 2 : Les garanties qu’offre la législation nationale en matière de droits civils et politiques
Chapitre 3 : Une année féconde en réalisations, malgré les difficultés et les défis à relever
Chapitre 4 : L’éducation, une révolution dans la Révolution. L’éducation, la culture et le sport au service de tous les Cubains
Chapitre 5 : Un système de santé toujours plus efficace et plus proche, et mieux adapté aux besoins de chacun
Chapitre 6 : Convertir les prisons en de vrais centres de redressement et d’amélioration de la personne
Chapitre 7 : Le plein-emploi. L’assistance et la sécurité sociales garantis à tous
QUATRIÈME PARTIE.- LE BLOCUS APPLIQUÉ PAR LES USA, VIOLATION MASSIVE ET SYSTÉMATIQUE DES DROITS HUMAINS DU PEUPLE CUBAIN
Chapitre 1 : Nouvelles actions aggravant le blocus économique, commercial et financier génocide imposé au peuple cubain
Chapitre 2 : La manipulation politique des relations migratoires
bilatérales par les différentes administrations étasuniennes.
Le président Bush s’en prend aux familles cubaines et prohibe
la poursuite des maigres échanges savant, culturels et éducationnels
entre les peuples étasunien et cubain
CINQUIÈME PARTIE.- GUANTÁNAMO, UN « TROU NOIR » MORAL ET JURIDIQUE
Chapitre 1 : Un vrai “trou noir” moral et juridique sur le territoire occupé illégalement à Guantánamo par la base navale des Etats-Unis
CUBA
ET LES DROITS DE L’HOMME (DEUXIÈME PARTIE)
TABLES
DES MATIÈRES
CHAPITRE 1 :
BIEN QUE LES PEUPLES ET DE NOMBREUX GOUVERNEMENTS DU MONDE S’Y OPPOSENT,
LES ETATS-UNIS S’ENTETENT A MANIPULER LES TRAVAUX DE LA COMMISSION DES
DROITS DE L’HOMME DANS LE CADRE DE LEUR POLITIQUE ANTICUBAINE
CHAPITRE 2 : LES
MÉCANISMES iNTERGOUVERNEMENTAUX DES NATIONS UNIES RELATIFS AUX DROITS
DE L’HOMME ONT ÉTÉ SÉQUESTRÉS PAR LES ÉTATS-UNIS
ET LEURS PROCHES ALLIÉS ET CONVERTIS EN INSTRUMENTS DE PRESSION POUR
IMPOSER LEUR POLITIQUE DE DOMINATION MONDIALE.
L’incapacité des mécanismes des Nations Unis en matière
de droits de l’homme à s’occuper de violations massives
et flagrantes de ceux-ci quand elles sont le fait de citoyens de la superpuissance
ou de ses principaux alliés. L’impunité des puissants.
ANNEXE : Tableau
indiquant les résolutions par pays adoptées par la Commission
des droits de l’homme de 1995 à 2004 sur les points 9 (Question
de la violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
où qu’elle se produise dans le monde) et 19 (Services consultatifs
et coopération technique dans le domaine des droits de l’homme)
de l’ordre du jour.
CHAPITRE 3 : MALGRÉ
L’INJUSTE MANŒUVRE ANTICUBAINE QUE LES ETATS-UNIS IMPOSENT À
LA CDH, CUBA CONTINUE DE RESPECTER SON ENGAGEMENT DE COOPÉRATION AVEC
TOUS LES MÉCANISMES NON DISCRIMINATOIRES EN MATIÈRE DE DROITS
DE L’HOMME.
CHAPITRE 1 : BIEN QUE LES PEUPLES ET DE NOMBREUX GOUVERNEMENTS DU MONDE S’Y OPPOSENT, LES ETATS-UNIS S’ENTETENT A MANIPULER LES TRAVAUX DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DANS LE CADRE DE LEUR POLITIQUE ANTICUBAINE
C’est dans les années 80 du siècle dernier que l’extrême droite conservatrice arriva au pouvoir aux Etats-Unis. Le Document de Santa Fe, qui servit de plate-forme électorale et politique aux forces qui secondaient alors Ronald Reagan, annonçait au sujet de Cuba : « Un programme de droits de l’homme vigoureux et équitablement appliqué est une arme miraculeuse des Etats-Unis contre l’Union soviétique et ses satellites et laquais. Or, curieusement, l’administration actuelle … n’a pas vraiment tenté d’appliquer sa doctrine des droits de l’homme à la Cuba castriste. »
Ainsi, dans le cadre de cette nouvelle stratégie anticubaine, l’administration Reagan ordonna à des terroristes cubano-américains avérés, dirigés et financés par la CIA, de modifier leur image de marque et de se convertir en « groupes d’opposition politique pacifique et de défense des droits de l’homme ». Des fonds publics nord-américains furent utilisés pour créer à Cuba de petits groupes subversifs de ce genre, de recruter des personnes impliquées auparavant dans des activités violentes de nature contre-révolutionnaire, voire d’anciens fonctionnaires et agents de police du régime dictatorial de Batista. Ce travail de recrutement toucha aussi des délinquants, des opportunistes, des rancuniers et les annexionnistes de toujours.
C’est de 1985 et 1986 que datent les premières tentatives ratées de faire condamner Cuba, à la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour violation des droits de l’homme.
Mais la première tentative de faire condamner Cuba à la Commission des droits de l’homme remonte à 1987, quand les Etats-Unis présentèrent un projet de résolution qui ne fut pas mis aux voix du fait de l’adoption d’une motion de non-action.
Les USA présentèrent en 1988 un nouveau projet de résolution qui fit fiasco lui aussi, compte tenu du fait que Cuba avait pris l’initiative d’inviter une mission formée du président de la Commission et de cinq autres représentants d’Etats membres à visiter le pays.
Les USA ne parvinrent pas non plus en 1989 à imposer une condamnation de Cuba. Plusieurs amendements qu’ils présentèrent dans ce but au projet de résolution initial furent repoussés, et le texte finalement voté se borna à prendre note du rapport de la mission ayant visité Cuba et à inviter le gouvernement cubain à travailler à l’application de ses recommandations.
C’est finalement en 1990, après les USA furent devenus la seule superpuissance à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique et du camp socialiste, qu’ils parvinrent à imposer à la Commission leur projet de résolution contre Cuba.
Compte tenu du vice d’origine de cette manœuvre nord-américaine, de ses motivations illégitimes et des méthodes de pression et de manipulation politique brutales utilisés pour la faire adopter que Cuba repoussa toute possibilité de coopérer avec cette résolution.
La position de principes du peuple cubain, sa résistance digne face à l’infamie et au mensonge, lui obtinrent peu à peu la reconnaissance et le soutien des membres de la Commission, si bien qu’en 1998, le projet des USA fut repoussé par 16 voix pour et 19 contre.
Surpris par cette défaite, le gouvernement nord-américain s’attacha à modifier l’image de ses actions anticubaines à la CDH. Pour ce faire, recourant à ses méthodes « traditionnelles », il « convainquit » la République tchèque, qui avait alors besoin du soutien de Washington pour entrer à l’OTAN, d’assumer la présentation publique du projet. L’équipe d’opportunistes conduite par l’ex-président Havel qui a, des années durant, appris à obéir au pied de la lettre aux instruction de Washington et à tirer profit de son argent, n’eut pas de mal à jouer un rôle aussi dénigrant.
C’est selon cette nouvelle formule – mais en devant toutefois recourir ouvertement à leurs pressions et chantages économiques et politiques habituels – que les USA parvinrent à faire voter leur projet contre Cuba, en 1999, 2000 et 2001, mais toujours par une très faible majorité de une à trois voix.
Fin 2001, il était devenu clair que ce nouveau mécanisme était tout à fait discrédité. Les USA devaient de nouveau changer leur image de marque pour faire fonctionner leur projet anticubain, un point qui devint d’autant plus stratégique que la superpuissance avait perdu sa place à la Commission à la suite d’un scrutin secret réalisé au Conseil économique et social.
C’est alors que de hauts fonctionnaires de l’administration Bush engagèrent de nombreuses démarches pour obtenir qu’un ou plusieurs pays latino-américains présentent le projet anticubain à la cinquante-huitième session de la CDH en 2002.
Les pressions exercées par de hauts fonctionnaires nord-américains, d’une part, la vulnérabilité et la dépendance accrues envers la politique hégémonique de la superpuissance de plusieurs gouvernements latino-américains à très maigre assise populaire, d’autre part, aboutirent à leurs fins : le président uruguayen, Jorge Batlle, accepta le rôle de la marionnette chargée de présenter publiquement le projet de condamnation de Cuba, rédigé d’un bout à l’autre, bien entendu, par les diplomates de Washington en coordination avec la mafia terroriste de Miami.
Contrairement à la position soumise de certains gouvernements latino-américains, les peuples condamnèrent unanimement la manœuvre anticubaine. Non seulement on vit des manifestations de rue en Argentine, au Pérou, au Mexique et au Guatemala ; des parlements demandèrent à leurs gouvernements de maintenir une position d’indépendance et de dignité à Genève.
Le projet anticubain voté en 2002 à la cinquante-huitième session de la Commission, prétendument « novateur » et « à approche constructive » selon les marchands à la criée qui lui faisaient l’article, rétablissait purement et simplement un mécanisme de suivi injuste de la situation des droits de l’homme à Cuba, la circonstance aggravante étant que la manipulation, conçue pour satisfaire les visées de domination de Washington, impliquait rien moins que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
Les représentants de la mafia terroriste cubano-américaine jouèrent en ce sens un rôle important de soutien aux actions de l’administration nord-américaine. Profitant de la présence au Congrès de ses représentants, ils participèrent directement aux pressions et au chantage contre plusieurs gouvernements. Ils accomplirent par ailleurs des missions de propagande en vue de vendre l’image que, derrière les actions de l’administration Bush, il y avait les « réclamations » du prétendu « exil » cubain.
Ainsi, le 18 septembre 2002, onze législateurs qui émargent au budget de la mafia terroriste de Miami, conduits par Ileana Ros-Lehtinen et par Lincoln Díaz-Balart, adressèrent une lettre au Haut-Commissaire des Nations Unies pour le presser de participer directement aux actions contre Cuba. Le 13 décembre, Ros-Lehtinen lui adressa une nouvelle lettre le sommant de demander au gouvernement cubain la libération de plusieurs mercenaires au service des USA condamnés à juste titre.
Début janvier 2003, Marc Grossman, sous-secrétaire du département d’Etat aux questions politiques, lui adressa à son tour un message pour lui « rappeler » qu’il n’avait pas encore nommé son représentant personnel pour Cuba, lui signalant que les USA estimaient important qu’il le fasse dans les meilleurs délais.
Le gouvernement uruguayen ayant refusé de continuer de jouer le rôle de « protagoniste » dans la pièce mise en scène par Washington à cause du coût politique qu’il avait dû payer devant son peuple, la superpuissance dut exercer de nouvelles pressions sur les gouvernements latino-américains vulnérables pour dénicher un nouveau « protagoniste » en 2003.
Ainsi,
Mme Poblete, factotum de la mafieuse législatrice anticubaine, Ileana
Ros-Lehtinen, se rendit à Genève début janvier 2003 et
se réunit un par un avec des représentants diplomatiques latino-américains
en vue d’explorer leurs perceptions de la manœuvre anticubaine,
de jauger les secteurs les plus vulnérables de chaque gouvernement
latino-américain et de préparer des recommandations concrètes
en vue d’intensifier la portée du chantage et des conditions
qui seraient imposés plus tard tant par le Congrès que par l’administration.
À la fin de ce même mois, Paula Dobriansky, sous-secrétaire
d’Etat aux affaires mondiales, se rendit dans plusieurs pays latino-américains,
rencontrant présidents et ministres des affaires étrangères,
en vue d’ « obtenir » un engagement en ce qui concernait
la présentation du projet contre Cuba à la cinquante-neuvième
session de la CDH.
Les ambassadeurs nord-américains dans plusieurs capitales du monde remplirent aussi parallèlement, comme de tradition, d’importantes mission de soutien à cette manœuvre anticubaine. Ils intensifièrent leurs activités de désinformation et d’intoxication contre Cuba, distribuant aux chancelleries respectives des pamphlets rédigés par le département d’Etat bourrés de mensonges et de demi-vérités « actualisés ». Ils exigèrent par ailleurs – avec plus ou moins de subtilité et de clarté, en fonction du degré de dépendance de chaque gouvernement envers les Etats-Unis – un soutien à ce que la superpuissance qualifie comme prioritaire au sein de la Commission des droits de l’homme et « rappelèrent » les avantages d’une bonne relation bilatérale avec la puissance hégémonique.
L’administration Bush, faisant preuve du cynisme et de l’opportunisme qui la caractérisent, réalisa aussi des démarches infructueuses pour que le Groupe de Rio, un des forums de concertation politique des pays latino-américains et caribéens, assume collectivement la présentation du projet nord-américain, pensant profiter du fait que le Pérou était alors chargé de sa coordination.
C’est en fin de compte le président péruvien Toledo qui, n’étant pas parvenu à « socialiser » dans un spectre politique plus large ses services à l’empire, dut en assumer la « responsabilité » directe, en compagnie d’un gouvernement costaricien à la botte et du président uruguayen Jorge Batlle, de présenter la résolution nord-américaine à la cinquante-neuvième session de la CDH.
À mesure que le début de la session approchait, les Etats-Unis intensifièrent leurs pressions qui furent soutenues « inconditionnellement » par certains gouvernements clients et alliés de Washington, en particulier par celui de José María Aznar, fasciste défenestré par le peuple espagnol à cause de sa servilité à Bush et de sa manipulation constante de la vérité.
L’administration Bush ne recula devant aucune borne morale ou légale pour garantir les voix nécessaires à l’adoption de sa résolution anticubaine. On annonça de Washington des promesses d’ « aide » financière et d’autre nature à ceux qui fourniraient leur voix. Mais la pratique la plus commune ne fut pas celle d’une nouvelle aide, mais la vieille méthode des menaces directes ou larvées de blocage de prêts et d’assignations aux institutions financières multilatérales qu’elle contrôle, tels le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, le retrait de facilités bilatérales en matière commerciale et migratoire, voire le conditionnement de la conduite des USA dans leur approche de questions politiques vitales pour les pays faisant l’objet du chantage.
Quelques jours avant le vote, l’administration Bush intensifia ses démarches pour inclure dans son projet de texte anticubain une condamnation explicite des justes peines judiciaires infligées à Cuba à des mercenaires au service de sa politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions.
Le 18 mars, Richard Boucher, porte-parole du département d’Etat, appela la Commission à condamner l’arrestation des mercenaires des USA dans les termes les plus énergiques.
La superpuissance décida de travailler de nouveau en coulisses. Mais elle se heurta cette fois-ci à des obstacles plus sérieux. Certains gouvernements latino-américains qui s’étaient déjà engagés à se porter coauteurs du projet anticubain ou à le soutenir, mais qui étaient acculés par le rejet de leurs opinions publiques de l’agression impérialiste contre l’Irak et par la peur des protestations populaires s’ils se faisaient les complices d’une nouvelle escalade de propagande qui pourrait servir de prétexte à une agression militaire contre le peuple cubain, décidèrent de ne pas soutenir cette nouvelle prétention étasunienne.
Ce fut en fin de compte le gouvernement costaricien qui accepta la mission indigne de présenter le nouvel amendement conçu par les Etats-Unis en vue de jeter les conditions qui leur faciliteraient l’agression militaire destinée à mettre fin à la Révolution cubaine. Le Costa Rica fut le seul pays latino-américain et en développement à voter l’amendement. Sans commentaires !
Cuba, le 16 avril 2003, présenta officiellement deux amendements au projet nord-américain (cotes E/CN/4/L.77) exigeant la levée immédiate du blocus unilatéral et illégal appliqué contre elle et demandant au Haut-Commissaire d’entreprendre une évaluation des effets pour le peuple cubain des actes terroristes perpétrés contre elle depuis les USA.
L’examen de ces deux amendements déclencha un long débat de procédure, si bien que le vote du projet anticubain des USA fut reporté de vingt-quatre heures. Au cours de ce débat, quand il devint évident que le vrai auteur de l’amendement présenté par le Costa Rica était bel et bien la superpuissance, son représentant, perdant la boussole, déclara que sa délégation « soutiendrait n’importe quoi contre Cuba » !
Malgré les énormes pressions exercées par les USA, leur amendement de condamnation présenté par le Costa Rica fut repoussé par la Commission par 31 voix contre 15.
Ce vote assena un coup dur à Washington et à la mafia annexionniste et terroriste d’origine cubaine de Miami, laquelle, quand la superpuissance déclencha sa guerre contre l’Irak, avait organisé la seule manifestation de soutien que l’on ait connue dans le monde, aux cris de : « L’Irak maintenant, Cuba ensuite. »
Quant à l’amendement cubain condamnant le blocus nord-américain comme grave violation des droits de l’homme, il fut repoussé par ce même groupe de gouvernements européens et latino-américains qui, prétextant avec cynisme et hypocrisie de leur inquiétude au sujet de la situation cubaine dans ce domaine, parrainent le texte anticubain ou votent pour, sans avoir assez de dignité et d’attachement à la justice pour condamner la politique que les USA imposent au peuple cubain au déni de ses droits les plus élémentaires, dont le droit à la vie.
Les gouvernements complices de l’empire et subordonnés à lui dans sa manœuvre anticubaine à la CDH firent la preuve de leur morale à deux vitesses, de leur hypocrisie et de leur soumission aux intérêts de Washington et à ses prétentions de domination de la nation cubaine.
Les amendements une fois repoussés, le projet de résolution anticubain (E/CN.4/L.2) fut mis aux voix et adopté par une différence de quatre voix (24 contre 20, avec 9 abstentions), bien que les USA aient bénéficié de vingt-quatre heures de plus pour poursuivre leurs pressions brutales.
La résolution anticubaine (E/CN.4/RES/2003/13), même sans satisfaire toutes les expectatives de l’administration nord-américaine, lui permit toutefois de poursuivre sa manœuvre un an de plus à la Commission des droits de l’homme et de consolider le mécanisme de ladite Représentante personnelle du Haut-Commissaire, attirant ainsi à sa croisade anticubaine les services d’un fonctionnaire qui collecterait et reproduirait les mensonges fabriqués à Washington et à Miami et aussi, pourquoi pas ?, - grâce à l’argent de l’oncle Sam - à Prague et à Varsovie.
En vue de la soixantième session de la Commission prévue en 2004, l’administration étasunienne saisit très tôt la moindre occasion d’exercer des pressions sur les autres gouvernements, entre autres les visites de plusieurs sous-secrétaires d’Etat dans des capitales latino-américaines et d’Europe de l’Est, notamment de la sous-secrétaire d’Etat aux affaires mondiales, Paula Dobriansky ; deux délégations de législateurs envoyée sous ces mêmes latitudes, dont l’une comprenait la mafieuse d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, représentante républicaine de la Floride ; plusieurs tournées et visites dans des pays latino-américains d’Otto Reich, ambassadeur spécial de la Maison-Blanche pour cette région, protecteur de terroristes et anticubain patenté ; et de Roger Noriega, ancien collaborateur de Jesse Helms, autre anticubain patenté et sous-secrétaire d’Etat aux questions interaméricaines.
Une fois conclue cette première étape de pressions politiques et diplomatiques, les maîtres de Washington se rendirent compte qu’ils ne pourraient imposer la présentation publique de la résolution anticubaine à la soixantième session de la CDH qu’à des gouvernements centraméricains ou d’Europe centrale et de l’Est. C’était là une alternative peu agréable, car maints gouvernements de ces deux régions sont perçus par une bonne partie de l’opinion publique internationale comme des clients de l’Empire. Et Washington dut se résigner à l’option centraméricaine.
En effet, les gouvernements centraméricains ont l’avantage comparatif de faire partie du concert latino-américain, si bien que si l’un d’eux (ou plusieurs) occupait le devant de la scène à la CDH, le puissant appareil d’intoxication étasunien aurait beau jeu de présenter la manigance anticubaine comme une inquiétude née de la « région même ».
Washington s’attacha donc à imposer aux gouvernements centraméricains comme groupe qu’ils présentent publiquement sa résolution à Genève. Néanmoins, en plus de la résistance de tel ou tel gouvernement parfaitement au courant du fait que son attitude provoquerait des protestations populaires et aurait de graves répercussions sur les relations bilatérales avec l’île, la Maison-Blanche se heurta à un écueil qu’il ne parvint pas à contourner malgré ses pressions et son chantage.
La
Maison-Blanche, après la défaite de l’amendement présenté
par le Costa Rica en 2003, avait besoin d’insérer dès
la première version de la nouvelle résolution anticubaine d’une
référence critique aux autorités cubaines pour avoir
puni plusieurs dizaines de mercenaires émargeant à la Section
des intérêts des Etats-Unis à La Havane. Or certains gouvernements
centraméricains refusaient de faire partie des auteurs du projet si
mention était faite de ce point.
La Maison-Blanche dut donc renoncer à sa stratégie d’impliquer
la sous-région centraméricaine comme un tout dans sa manœuvre
anticubaine et concentra dès lors ses pressions sur les gouvernements
les plus vulnérables et les plus dépendants, même s’il
fallait pour cela sacrifier le prestige et la crédibilité publique
du gouvernement qui serait condamné à jouer le rôle d’
« auteur principal ». Elle se faisait fort de trouver ensuite
des « coauteurs » qui succomberaient à ses menaces.
Nous donnerons plus loin le nom du gouvernement qui joua ce triste rôle. Disons pour l’instant qu’il s’agit, comme de bien entendu, d’un gouvernement qui archive un des pires dossiers du continent américain en matière de droits de l’homme, d’un gouvernement qui n’a pas même pas été capable de mettre fin à l’impunité dont jouissent ceux qui se consacrent à l’exécution extrajudiciaire de dizaines d’enfants.
Pour soutenir les pressions de la Maison-Blanche et du département d’Etat, la commission des relations internationales du Congrès se réunit en mars 2004 à la demande d’Ileana Ros-Lehtinen, représentante de la mafia cubano-américaine de Miami. Des diplomates de plusieurs pays latino-américains, invités à leur tour, durent écouter cette mafieuse convertie en législatrice leur exposer les visées du projet anticubain à Genève et leur affirmer d’un ton péremptoire qu’il faudrait ajouter à la version votée l’année précédente un ou deux paragraphes contenant une condamnation bien plus explicite.
Le régime client de l’Empire en place à Prague joua de nouveau le rôle lucratif de héraut de la contre-révolution cubaine. Des politiciens et des diplomates visitèrent à la demande du gouvernement tchèque et avec les fonds de la superpuissance différentes capitales du monde, ânonnant comme de mauvais acteurs la pièce écrite à Washington avec la complicité avec certains individus de Miami. N’oublions pas que l’ancien président Havel a eu le grand « honneur » d’avoir reçu « l’hommage » des plus hauts représentants de la mafia terroriste anticubaine de cette ville. Quant au vice-ministre des Affaires étrangères, Vosalik, l’un des individus embauchés dans ce but, il visita plusieurs pays latino-américains et même africains en février et mars 2004.
Bien au courant de l’exactitude et de l’efficacité des dénonciations de la Révolution cubaine, la Maison-Blanche affina ses actions et exigea de ses complices le plus grand hermétisme quant à ces préparatifs. C’était vouloir l’impossible : faire croire que la résolution anticubaine à la CDH était vraiment le fruit d’une inquiétude authentique de la communauté internationale.
La réalité fut de nouveau dure pour Washington à la soixantième session de la Commission en mars 2004. Jamais la facture typiquement étasunienne du projet de résolution n’avait été plus claire, au point que les USA refusèrent qu’on y change la moindre virgule. Et jamais l’implication des diplomates de l’Empire n’avait été plus publique : tout le monde vit les pressions qu’ils exercèrent pour obtenir les voix nécessaires et les signatures complices des pays contraints d’en devenir les coauteurs.
Afin d’assurer le cloisonnement des informations concernant la gestation de la manœuvre anticubaine et de mieux briser les volontés – aucune voix discordante quant au produit final ne fut admise – le texte fut rédigé totalement dans le plus grand secret à Washington.
Quant au présentateur public de la résolution, la tâche avait été facilitée par les agissements d’un inconditionnel de l’Empire : José María Aznar avait de nouveau joué le rôle d’entremetteuse au service des intérêts de Washington, puisque c’est lui qui, le 5 mars 2004, demanda directement à Madrid au président hondurien, Ricardo Maduro, lors du Sommet Amérique centrale-Espagne, de présenter le projet anticubain à Genève, Bush en personne lui demandant spécialement de faire ce geste .
Le 9 mars, c’est le secrétaire d’Etat en personne, Colin Powel, qui exigea directement à Washington au président hondurien d’assumer la responsabilité de présenter officiellement le projet anticubain à la soixantième session de la CDH, lui promettant en échange que les USA incluraient le Honduras parmi les pays aptes à recevoir les miettes d’aide financière qu’ils avaient promis de distribuer dans le cadre de l’Initiative du millénaire.
De retour au Honduras, Maduro annonça cette promesse d’aide étasunienne, se gardant bien de dire à quelle condition : que l’Etat hondurien renonce à agir en toute souveraineté aux Nations Unies et, pis encore, qu’il joue le rôle indigne de complice principal des USA dans l’agression conçue à Genève contre la vérité et la justice que revendique le peuple cubain .
Le département d’Etat convoqua une réunion à Washington le 24 mars. Marc Grossman, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires politiques, annonça aux diplomates d’un groupe de pays que le Honduras serait l’ « auteur principal » de la résolution contre Cuba à la CDH, puis ses adjoints entreprirent de distribuer le texte en anglais, et ce n’est qu’ensuite que l’ambassadeur hondurien put prendre la parole pour confirmer l’annonce d’une voix timide. Visiblement nerveux, gêné et humilié,il balbutia quelques mots incohérents et demanda aux autres de soutenir la résolution.
Tandis que tout ceci se passait en coulisses, le rapport de ladite représentante personnelle pour Cuba du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme avait été distribué officiellement à Genève.
Mme Christine Chanet, qui a rempli à ce jour le mandat douteux découlant de la résolution imposée à la cinquante-huitième session de la CDH (E/CN.4/RES/2002/18), présenta donc son premier rapport écrit devant la Commission.
Compte tenu des sources d’information utilisées, des pressions exercées par les Etats-Unis et les complices de leur politique hostile au peuple cubain et des motivations injustes qui le sous-tendent, ce document ne pouvait pas ne pas être un nouveau pamphlet sans la moindre objectivité, puisque son auteur se borne à accréditer les allégations mensongères fabriquées par les experts en contrevérités de la CIA, du département d’Etat et de la mafia terroriste anticubaine de Miami.
Ladite Représentante personnelle a fini par interpréter le triste livret anticubain conçu par les USA et leurs complices. Dans un système international des droits de l’homme foncièrement soumis à un profonde manipulation politique à des fins de domination mondiale, un expert qui tient à défendre sa crédibilité et son impartialité doit évaluer avec soin la nature et les circonstances du mandat qu’on lui confie avant de l’assumer ou de l’exercer, bien qu’il ne soit jamais trop tard pour se reprendre et agir honnêtement.
De toute façon, quiconque accepte de remplir le rôle anticubain imposé par cette résolution de la Commission, mécanisme mis au point par la superpuissance en vue de fabriquer des prétextes lui permettant de poursuivre sa politique d’hostilité, de blocus génocide et d’agressions contre Cuba, ne pourra jamais attendre de l’estime ou une collaboration de la part de son peuple.
Les conclusions et recommandations de la Représentante personnelle sont une copie, une reproduction mimétique des exigences posées par la superpuissance hégémonique au peuple cubain en vue de détruire ses transformations révolutionnaires et de ramener le pays à la triste condition de néo-colonie que le jeune impérialisme étasunien lui avait imposée pendant plus de cinquante ans après avoir occupé l’île militairement.
Ladite Représentante personnelle coïncide avec les fonctionnaires de l’administration Bush et la mafia de Miami quand elle demande à Cuba un certain nombre de choses. Que le gouvernement intervienne dans la justice et suspende les justes décisions adoptées par des tribunaux dans le cadre de procès corrects et aux termes de lois existant avant des actes considérés comme de graves crimes ; qu’il libère – ce qui reviendrait de fait à l’impunité – un groupe de mercenaires qui ont rempli sur paiement des missions assignés par la superpuissance qui agresse leur pays ; qu’il modifie des lois et des préceptes constitutionnels entérinés par la majorité écrasante du peuple cubain dans le plein exercice de son droit à l’autodétermination et à la souveraineté ; qu’il facilite l’entrée dans le pays d’étrangers au service de la politique hostile du pouvoir impérial étasunien et de la mafia terroriste et annexionniste de Miami afin de remplir des missions financées – entre autres postes – sur les cinquante-neuf millions de dollars que Washington destine à la promotion d’actions visant à liquider le système constitutionnel cubain.
Ayant fini par trouver un « auteur » public de son projet contre Cuba, l’administration Bush ne renonça pas pour autant à continuer de diriger la manœuvre, dans la mesure où ses représentants ne cessèrent de s’agiter dès l’ouverture même de la soixantième session de la Commission à Genève.
Elle interdit toute possibilité de négociation au sujet du projet de résolution et obligea les représentants du Honduras à l’enregistrer tel quel, et en hâte, devant le secrétariat de la CDH. Elle interdit même aux pays qui allaient s’en faire les complices en parrainant ou en soutenant la résolution de proposer ne serait-ce qu’une simple modification de ponctuation.
Sans même les consulter ni les prendre en considération, la superpuissance hégémonique entraîna un par un ses différents alliés à parrainer le projet de résolution. On retrouvait encore et toujours les mêmes complices : d’anciennes puissances coloniales sur le tard, qui jouent aujourd’hui le triste rôle d’alliés au petit pied de l’Empire ; des « alliés » serviles et des sous-impérialismes qui étanchent leur soif de domination en servant de cerbères sous-régionaux de Washington ; des régimes clients qui subsistent encore contre la volonté des peuples dans la région que la superpuissance continue de considérer son arrière-cour ; et d’autres qui n’ont tout simplement pas le courage de résister aux pressions de Washington.
C’est le 2 avril 2004, à 18 heures, que la délégation hondurienne inscrivit le projet de résolution anticubain. Mais les représentants étasuniens dirigeaient chaque détail de l’opération. Pour que le gouvernement hondurien – qui n’avait jamais encore présenté le moindre projet devant la Commission – avale plus facilement la pilule et accepte sans trop rechigner cette humiliation publique, Washington lui assura la compagnie de gouvernements aussi « indépendants » et aussi «attachés » à la cause des droits de l’homme que ceux du Nicaragua, d’El Salvador, du Pérou, de la République tchèque et de l’Australie…
Fort de sa longue expérience en la matière, le protagoniste continuait de jouer en coulisses, à la recherche de parrains et de soutiens, poussant le cynisme et l’impudence jusqu’à ne pas apparaître sur la liste des auteurs initiaux du projet !
Si l’on ne connaissait pas la motivation profonde qui sous-tend en fin de compte ce texte, celui-ci mériterait de servir de case study pour politiciens et diplomatiques souhaitant analyser une rhétorique futile capable de dire si peu en si peu de mots.
Or, il est important de saisir le danger que représente ce genre de piège. Si la manœuvre contre Cuba à la CDH est illégitime et inacceptable pour notre peuple et pour quiconque est attaché dans le monde à la vérité et à la raison, ce n’est pas seulement à cause du projet en soi, mais aussi parce que celui-ci contribue à la fabrication d’un prétexte permettant à la superpuissance de poursuivre la politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions qu’elle mène contre l’île depuis maintenant plus de quarante-cinq ans, toutes administrations confondues, à plus forte raison quand le « changement de régime » dans les pays qui ne se soumettent pas à l’impérialisme étasunien est devenu la politique officielle de Washington.
La résolution imposée à la soixantième session de la CDH n’inclut pas la moindre référence, même larvée, à la politique de blocus, d’hostilité et d’agression des USA contre le peuple cubain, qui est bel et bien la seule violation massive, systématique, grave et continue des droits des Cubains et des Cubains ! Comment pourrait-on donc attendre qu’elle reconnaisse ou soutienne le droit du peuple cubain d’adopter des mesures légales pour protéger son indépendance, son autodétermination et pour défendre le système politique, économique et social qu’il a choisi en toute souveraineté pour bâtir un avenir de bien-être, de justice sociale et de solidarité pour tous ?
Le projet de résolution contre Cuba fut adopté à la soixantième session de la CDH par 22 voix contre 21, avec 10 abstentions, soit une seule voix de différence ! C’était là une victoire à la Pyrrhus pour la superpuissance dont les fonctionnaires avaient pourtant exercé les pressions les plus brutales sur les gouvernements de pays en développement. Le résultat du scrutin prouvait aussi le discrédit croissant de la manœuvre anticubaine à Genève, puisque plus de pays que jamais votèrent contre et que deux pays de moins qu’en 2003 la votèrent.
Le Honduras joua un rôle lamentable. Ses représentants, dont tout le monde savait qu’ils avaient été contraints d’inscrire un projet de résolution auquel ils n’avaient même pas eu le droit de modifier une virgule, ne faisaient un pas dans la salle que sur instructions de la délégation étasunienne qui leur signalait les sièges où ils devaient s’adresser pour obtenir des signatures de parrainage et les exhortait à remplir leur « mission », leur présentant des chiffres mensongers quant aux votes de soutien que Washington avait obtenus. Bien entendu, le Honduras n’aurait pas obtenu à lui tout seul une seule voix de soutien à « son » projet.
Pour assurer l’adoption du projet, la délégation gouvernementale étasunienne fut « renforcée » par un personnel chevronné dans l’exécution de la politique anticubaine et dans le maniement du bâton contre les gouvernements du Sud, entre autres Frank Almaguer, un sinistre personnage d’origine cubaine.
Cet Almaguer fut ambassadeur de Washington à Tegucigalpa de 1999 à 2002, après avoir rempli d’autres missions d’ingérence et d’intervention en Amérique centrale et dans d’autres pays latino-américains derrière la façade « humanitaire » des Corps de la paix et de l’US/AID.
Jamais l’engagement d’une administration étasunienne auprès des individus les plus réactionnaires et les plus agressifs de la mafia terroriste anticubaine de Miami n’avait été plus évident. Au comble de l’impudeur et du mépris à la crédibilité de la Commission, Washington inscrivit même dans sa délégation officielle un terroriste avéré d’origine cubaine, Luis Zúñiga Rey.
Cet individu fut arrêté en août 1974 et condamné par les tribunaux pour être entré illégalement à Cuba en provenance des Etats-Unis , chargé d’armes et d’explosifs en vue de commettre des attentats terroristes dans le cadre d’une opération de la CIA. Libéré et de retour aux USA, et devenu responsable de l’appareil paramilitaire de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), il participa à l’organisation et au financement d’attentats à la bombe, dans les années 90, contre des hôtels de La Havane et d’autres actions terroristes contre des hôpitaux cubains.
Dans son rapport à la cinquante-sixième session de la Commission, le rapporteur spécial sur l’utilisation des mercenaires avait révélé que Zúñiga Rey avait recruté le Guatémaltèque Percy Francisco Alvardo Godoy afin qu’il étudie les points vulnérables à des attentats terroristes à Cuba, tels qu’hôtels, centrales thermiques et raffineries de pétrole.
Or, le terroriste Zúñíga Rey intervint dans les débats de la soixantième session de la CDH rien moins qu’à partir du siège officiel du pays dont le gouvernement se dit engagée dans le combat antiterroriste et son grand promoteur !
La mafia terroriste d’origine cubaine installée aux USA, de connivence avec l’administration Bush qui la protège et la promeut, fit agir ses influences pour faire participer à la farce de Genève des législateurs étasuniens qu’elle arrose de ses généreuses contributions financières.
C’est ainsi qu’on vit déambuler dans les couloirs et les salles de Genève, en quête de soutien au projet anticubain et la menace à la bouche contre quiconque le lui refuserait, Chris Smith, représentant républicain de New Jersey, un Etat qui, de pair avec la Floride, accueille des groupes terroristes d’origine cubaine comme Alpha-66 et Commandos L. Smith reçut le concours de Mme Poblete, adjoint de la représentante républicaine d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, fameuse par sa complicité avec les auteurs de l’enlèvement du petit Cubain Elián González et par son activisme en faveur de la recrudescence du blocus génocide contre le peuple cubain.
Les tenants du pouvoir impérial recoururent aux menaces les plus mesquines pour imposer à tout prix le projet de résolution.
Ils rappelèrent à plusieurs gouvernements centraméricains que les USA pouvaient expulser les centaines de milliers d’émigrés qui y travaillent et mettre fin aux envois de fonds aux familles restées dans leur pays d’origine.
Ils menacèrent des pays africains de les priver des avantages de l’African Growth and Opportunity Act (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, AGOA) qui facilite l’accès de certaines exportations africaines au marché étasunien.
Ils firent tout simplement chanter des gouvernements de différentes régions en les menaçant, au cas où ils refuseraient de soutenir le projet de résolution, de leur faire subir le même sort. Le pouvoir impérial leur promit même d’interjeter ses « bons offices » pour décourager toute initiative qui viserait à les condamner, ce qui est d’autant plus facile pour lui que les manœuvres condamnatoires au sein de la Commission partent toujours des puissances industrielles.
Ils demandèrent à différents gouvernements de voter pour ou du moins de s’abstenir, auquel cas la superpuissance ne bloquerait pas les crédits à leur égard du Fonds monétaire international où elle exerce de fait un droit de veto.
Roger Noriega, le sous-secrétaire d’Etat, confirma le 14 avril 2004 que la Maison-Blanche avait eu des contacts avec des gouvernements latino-américains et européens pour obtenir leur appui au projet anticubain, allant même jusqu’à dire que le président Bush en personne téléphonerait personnellement à certains de ses homologues et à citer comme preuve à l’appui sa conversation avec le président mexicain Fox .
Kim Holmes, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux organismes internationaux, informa publiquement que son gouvernement bataillait dur et faisait des démarches auprès de plusieurs pays pour en obtenir le soutien.
Le porte-parole du département d’Etat confirma pour sa part que le président en personne, le secrétaire d’Etat et d’autres fonctionnaires du département d’Etat avaient passé des coups de fil aux gouvernements membres de la Commission pour leur faire connaître les intérêts prioritaires des USA en matière de droits de l’homme et les exhorter à voter dans ce sens.
Certaines pressions furent si scandaleuses qu’elles finirent par être connues de l’opinion publique. Ainsi, le président de la République dominicaine, Hipólito Mejía, avait fait savoir au gouvernement cubain que le sien s’abstiendrait et maintint cette décision jusqu’au 14 avril 2004 dans l’après-midi, moins de douze heures avant le vote de Genève, où le gouvernement cubain apprit soudainement que la République dominicaine voterait le projet des USA . Hipólito Mejía fit savoir à Miami que Roger Noriega, mais aussi Otto Reich, envoyé spécial de Bush pour les Amériques, autre anticubain notoire, lui avaient téléphoné personnellement pour exercer des pressions dans ce sens.
Il existe une correspondance très claire, surtout en Amérique latine, entre le degré de souveraineté, de dignité et de popularité d’un gouvernement et ses possibilités de résister aux pressions et aux chantages de Washington sur ce point de la résolution anticubaine. Ce sont les gouvernements frappés par des scandales de corruption et de fraude, à maigre assise sociale, extrêmement dépendants de l’aide financière de Washington qui accepte sans rien dire la répression qu’ils déclenchent contre les secteurs populaires mécontents, représentant les intérêts égoïstes des oligarchies-clientes du capital transnational, qui sont le plus enclins à se plier aux oukases de la superpuissance, au mépris de la volonté de leurs populations respectives.
On peut inclure dans cette liste d’ « hommes d’Etat » serviles des personnages de la « stature politique » d’un Menem (devenu millionnaire grâce à l’exercice « honnête » de ses différents mandats de président argentin) ou un Battle (l’ancien président uruguayen qui battit des records d’impopularité et assura l’impunité aux individus ayant commis de graves violations des droits de l’homme, telles qu’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées de personnes et tortures).
Si les USA étaient vraiment intéressés par la promotion des droits de l’homme en Amérique latine, ils n’imposeraient pas à la CDH l’adoption de leur projet de résolution injustifié contre Cuba ; au contraire, ils lui présenteraient des textes visant précisément les gouvernements latino-américains qui montent sur leur char et défendent leur projet anticubain.
Il ne s’agit pas là d’une simple rhétorique : cette thèse repose sur les rapports que le département d’Etat rédige tous les ans au sujet de la situation des droits de l’homme dans le monde entier (exception faite des USA, bien entendu !) et qui contiennent à propos des gouvernements qui se font leurs complices à la CDH des données concrètes et des jugements de valeur autrement plus graves que les accusations mensongères formulées contre Cuba.
Alors qu’au fil des années, le département d’Etat est absolument incapable de présenter, dans le cas de Cuba, un seul exemple de violation massive, grave et flagrante des droits de l’homme, il signale en revanche des dizaines, des centaines, voire des milliers de cas de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires – dont des enfants – d’assassinats politiques de journalistes et d’avocats, de corruption et de fraude au gouvernement, et un panorama d’impunité totale et de désespoir chez les peuples victimes des gouvernements qui font pourtant compagnie à la superpuissance pour attaquer la dignité des Cubains à Genève.
L’attitude du gouvernement hondurien à la soixantième session de la CDH souleva un tollé général dans la population.
Nombre de personnalités politiques et artistiques, d’intellectuels et de parlementaires, d’organisations non gouvernementales, d’associations d’amitié, voire certains des médias les plus importants du pays, comme La Prensa, La Tribuna, Tiempo et El Heraldo, publièrent des communiqués, des déclarations, des articles et des lettres condamnant l’attitude du président Maduro et dénonçant sa servilité envers les USA.
Parmi ces communiqués et déclarations publics, citons le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Madariaga, l’Association d’organismes non gouvernementaux (ASONOG), la Septième Assemblée nationale ordinaire du Parti Unification démocratique, le Bloc populaire, l’Organisation fraternelle noire hondurienne (OFRANEH), le conseil de direction de Conseil de coordination des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) au nom de plusieurs ONG, des centrales syndicales et de syndicats sectoriels, des organisations d’étudiants, d’indigènes et de base de l’Eglise catholique, etc.
Le
Comité des parents de détenus-disparus au Honduras (COFADEH)
qualifia d’ « injuste, d’indigne et de moralement incompétente
la position du Honduras à Genève contre Cuba », affirma
que « le gouvernement du président Ricardo Maduro est inhabilité
du point de vue juridique pour promouvoir à l’échelle
internationale ce qu’il est incapable de faire dans le pays même
» et conclut en disant que « l’accès aux prétendus
bénéfice du Compte du millénaire en échange d’une
condamnation de Cuba n’est pas une affaire dont nous pouvons nous enorgueillir
en tant qu’Honduriens ».
L’Association d’organismes non gouvernementaux (ASONOG) affirma
dans son communiqué que « l’Etat hondurien n’a pas
d’autorité morale pour se prononcer en matière de respect
des droits de l’homme », qu’ « à sa connaissance,
les droits de l’homme n’étaient pas violés dans
l’île » et qu’en agissant ainsi, « nous ne ferions
qu’obéir à une demande malhonnête, incompatible
avec la morale, de la part de l’Etat le plus puissant au monde ».
L’Organisation fraternelle noire hondurienne (OFRANEH) déclara : « Il est ironique que le Honduras, où il n’existe pas le moindre respect des droits de l’homme des peuples indigènes et noirs et de la population en général soit capable de présenter une dénonciation internationale contre Cuba. » Elle estimait que le gouvernement « s’était aligné sur les Etats-Unis ».
Les plus de six cents élèves honduriens qui font des études de médecine gratuites à l’Ecole latino-américaine de sciences médicales (La Havane) – qui accueille près de dix mille jeunes pauvres, descendants d’Africains et indigènes latino-américains et étasuniens – condamnèrent comme « servile et honteuse » l’attitude de Maduro, « capable de dire Yes sir !, Yes sir !, aux ordres du Nord convulsé et brutal ». Pour eux, « ce geste représentait une trahison au peuple hondurien, un bradage de la dignité nationale en échange de quelques dollars de plus ».
Le conseil de direction national de l’Association d’amitié Honduras-Cuba (AHC) protesta du fait que « le président Madura, en tant que fidèle serviteur de la politique interventionniste de Bush, se soit arrogé le rôle ignominieux d’accusateur… Nous ne sommes pas d’accord avec la politique de notre gouvernement qui, non content de traduire une conduite amorale, ne correspond pas aux sentiments et aux idées du peuple hondurien, car il est clair qu’il s’agit d’un diktat formel de la politique extérieure de l’administration Bush… L’attitude du président Maduro nous couvre de honte, faisant du gouvernement hondurien le complice de l’administration Bush dans ses agressions et son blocus contre Cuba . »
Le commissaire national aux droits de l’homme du Honduras, Ramón Custodio, parla au nom de son peuple à la soixantième session de la CDH pour condamner l’attitude de son gouvernement et démarquer le peuple hondurien de cette infâme manoeuvre anticubaine.
Une fois de plus, les Etats-Unis échouèrent dans leur tentative de modifier l’image discréditée que projette leur manoeuvre anticubaine à la CDH, car rien ne peut cacher sa motivation illégitime et les pressions et les chantages qu’ils exercent directement pour parvenir à l’imposer.
Aurait-il beau le seriner, Washington a toujours plus de mal à faire croire que sa manoeuvre à Genève n’a rien à voir avec une tentative de fabriquer un prétexte pour pouvoir poursuivre sa politique d’hostilité et de blocus contre l’île. Les faits se chargent de prouver exactement le contraire.
Le 6 mai 2004, peu de temps après la clôture de la soixantième session de la CDH, le président Bush annonçait en effet la mise en pratique de nouvelles mesures visant à intensifier le blocus et à détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain en toute souveraineté.
Dès son entrée à la Maison-Blanche grâce au soutien enthousiaste des secteurs les plus extrémistes de Miami, Bush a mené de nouvelles agressions et renforcé les mesures visant à fabriquer de toutes pièces une situation de crise à Cuba qui fournirait le prétexte à une éventuelle intervention militaire, car son administration est convaincue que seule une attaque armée directe et massive pourrait stopper les transformations révolutionnaires engagées par le peuple cubain solidement regroupé autour de son gouvernement et bien décidé à les défendre coûte que coûte.
Le chapitre I du Rapport rédigé par la commission que Bush avait créée pour accélérer le « changement de régime » à Cuba, rendu public le 6 mai 2004, identifie deux tâches qui ont à voir directement avec la Commission des droits de l’homme : organiser une vaste campagne de désinformation à l’étranger et favoriser l’isolement de la Révolution en impliquant d’autres acteurs et en manipulant les créneaux offerts par les organisations multilatérales.
Le résumé de ce chapitre – le document entier a été entériné par Bush – affirme sans ambages que la promotion de manoeuvres anticubaines au sein des organisations internationales constitue une arme d’appoint très importante « à la politique visant à accélérer la fin du régime castriste » et il recommande en particulier de « renforcer le soutien au suivi des droits de l’homme ».
Compte tenu de l’agressivité croissante des forces impérialistes qui contrôlent l’administration Bush, il n’est pas donc étonnant que les manigances contre ce symbole de résistance et de justice sociale que constitue la Révolution cubaine se soient étendues au-delà de la CDH pour toucher des théâtres tels que l’Organisation internationale du travail (OIT).
Par ailleurs, le département d’Etat a inscrit Cuba sur les listes qu’il ne cesse d’inventer pour discréditer les pays qui ne se soumettent pas aux mécanismes de domination hégémonique global de la Maison-Blanche. Peu importe que le peuple cubain ait été victime, depuis plus de quarante ans, des actions terroristes de groupes qui agissent en toute impunité depuis les USA : Cuba apparaît identifiée, dans cet exercice arrogant de certification unilatérale du département d’Etat, comme un gouvernement qui collabore avec le terrorisme. Peu importe non plus que les autorités étasuniennes ne fassent absolument contre le trafic d’êtres humains auquel se livrent des délinquants vivants en Floride, voire le stimulent : Cuba apparaît immanquablement sur la liste des pays qui ne collaborent pas au contrôle du trafic de migrants.
Le modèle de conduite permanente des Etats-Unis quand ils définissent leur politique anticubaine, est le mensonge, ce qui leur permet d’une manière hypocrite et opportuniste de faire retomber sur l’île – et sur d’autres – les responsabilités de ses propres fautes. Si les preuves sont faites que les Etats-Unis constituent la principale source de demande de tourisme sexuel – ce qui est un fait – Washington fabriquera automatiquement de fausses allégations signalant Cuba comme « la principale destination de tourisme sexuel ».
A quoi s’ajoute le fait que l’administration étasunienne a rejeté à plusieurs reprises les propositions de Cuba de conclure des accords de coopération en matière de lutte contre le terrorisme, contre le trafic de drogue et contre le trafic d’êtres humains.
L’administration étasunienne consacre au financement de ses initiatives de « diplomatie publique » des fonds supplémentaires (cinq millions de dollars) qui viennent rejoindre les fonds déjà en place assignés aux budgets publics et à ceux des renseignements afin de pouvoir « acheter des adeptes » et « récompenser des alliés », ce que Washington a appelé une « campagne de solidarité internationale » avec la « cause » de la « transition démocratique » à Cuba .
Ces fonds ont permis de monter de fastueux spectacles anticubains à Prague et dans d’autres villes européennes, de payer des salaires, des billets d’avion, des chambres d’hôtels de luxe et des frais de voyage |élevés à des politiciens défenestrés, à des meneurs de la mafia terroriste d’origine cubaine, à des agents et collaborateurs de la CIA et à n’importe quel individu sans scrupule disposé à soutenir la croisade impérialiste contre la nation cubaine.
Le but essentiel de l’administration Bush est de faire passer l’image que le gouvernement cubain prive les citoyens de leurs droits de l’homme les plus élémentaires et opère en marge de la légalité internationale, le qualifiant d’Etat voyou, et créant ainsi des perceptions qui servent de prétexte à l’escalade de sa politique d’hostilité, de blocus et d’agressions contre le peuple cubain.
À peine quarante-huit heures après la réélection de Bush, la camarilla agressive et militariste dont le pouvoir a reçu un surprenant soutien aux dernières élections impériales, s’est empressée de confirmer qu’elle poursuivrait sans changement sa politique de blocus et d’hostilité contre Cuba.
Ainsi, le 4 novembre 2004, le département d’Etat a émis une note de presse intitulé : « Cuba, situation des droits de l’homme », dans laquelle il répète plusieurs des mensonges, des calomnies et des fausses accusations qui servent de base à la campagne anticubaine de l’administration en matière de droits de l’homme .
Cette oukase médiatique impérial recourt de nouveau à la falsification des faits survenus en mars 2003, date à laquelle le gouvernement et les tribunaux cubains durent intervenir pour faire appliquer la loi et neutraliser les actions délictuelles de mercenaires qui, financés et dirigés par la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane, prétendaient détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain. La fin de l’impunité dont jouissaient les transgresseurs de la loi est décrit dans le pamphlet anticubain de Washington comme « un coup de filet total contre les activistes indépendants de la société civile ».
Le département d’Etat a menti sans scrupules, une fois de plus, dans cette note. Les tribunaux civils ordinaires ont puni, en vertu de lois préexistantes aux délits commis, non des activistes, encore moins indépendants, mais des mercenaires annexionnistes que recevaient des ordres et de l’argent en abondance du gouvernement étasunien pour réaliser des actions illégales à Cuba au service de sa politique de blocus et d’agressions. Dans n’importe quel pays du monde, Etats-Unis compris, conspirer au service d’une puissance étrangère constitue un crime.
Le mensonge – seulement comparable peut-être à l’orgueil, à l’arrogance, à l’agressivité et au mépris des autres – est le trait saillant qui fera passer à l’Histoire l’administration néo-fasciste étasunienne. Soit dit en passant, qu’est-il advenu des « si dangereux arsenaux » d’armes d’extermination massive de Sadam Hussein ?
L’administration étasunienne n’a pas la moindre autorité morale pour accuser Cuba. Elle constitue l’une des responsables les plus patents et les plus impitoyables de violations graves et massives des droits de l’homme dans toute l’histoire de l’humanité, à quoi s’ajoutent les circonstances aggravantes le fait d’avoir foulé aux pieds et converti en lettre morte une partie significative des avancées les plus importantes de la communauté internationale en matière de droit international, en particulier de droits de l’homme et de droit international humanitaire.
Alléguant de faux prétextes, les forces militaires de l’Empire ont causé au peuple irakien plus de cent mille morts civils, dont une proportion élevée de femmes et d’enfants. Les dimensions de la tragédie humanitaire en Irak et les pratiques massives de tortures, d’exécutions extrajudiciaires et de punitions collectives contre la population civile ont conduit bien des gens à qualifier cette guerre de conquête impériale de vrai génocide.
Par ailleurs, plus de six cents personnes sont toujours incarcérées arbitrairement à la base navale de Guantánamo, territoire cubain illégalement occupé par les USA, dans des conditions infrahumaines, sans accusations ni procès et depuis maintenant plus de trois ans.
Ce sont les USA qui violent depuis maintenant plus de quarante ans les droits du peuple cubain en lui imposant un blocus cruel, inhumain et génocide.
C’est l’administration étasunienne qui, en violation flagrante des principes du droit international, fabrique, instruit et finance des groupuscules de mercenaires sans scrupules et à vocation annexionniste, conduits par sa Section des intérêts de La Havane, afin de réaliser des activités visant à détruire l’ordre constitutionnel de la République de Cuba.
C’est l’administration étasunienne qui viole les droits des millions de Nord-Américains en leur interdisant de voyager à Cuba.
L’exemple que Cuba représente dans le domaine de la justice sociale, de la vraie démocratie et du respect des droits de l’homme irrite profondément le président Bush et ses associés les plus intimes de la mafia anticubaine. Le peuple cubain a édifié par ses sacrifices, son talent et sa résistance une alternative politique, économique et sociale viable et totalement à rebours des visées de domination mondiale et d’hégémonisme unilatéral que les dirigeants étasuniens tentent d’imposer au monde. Ils redoutent l’œuvre de la Révolution et tout ce qu’il leur reste c’est le mensonge.
L’administration étasunienne a déjà engagé son travail de pressions et de « compromissions » en vue de maintenir en vie sa manœuvre anticubaine à Genève. Washington s’inquiète de l’usure sensible soufferte par ce genre d’actions contre des pays en développement et d’autres qui s’opposent à ses visées de domination mondiale.
Sa stratégie anticubaine comprend plusieurs grandes lignes d’action, dont l’une, de caractère général – peut-être la plus dangereuse parce qu’elle pose des bases et des approches de confrontation, d’exclusion et de manipulation politique – s’intitule « Communauté des démocraties ».
En quoi consiste cette comédie de la « communauté des démocraties » ?
N’étant pas parvenus à manipuler le Mouvement des démocraties nouvelles et restaurées pour en faire un instrument d’attaque, de condamnation et de domination – à la suite de l’action concertée des pays du Sud et de certains gouvernements du Nord qui comprirent le danger découlant de cette tentative de sacrifier la coopération internationale destinée à consolider la démocratie sur l’autel de motivations politiques foncièrement mesquines – les Etats-Unis ont décidé de fabriquer un nouveau mécanisme qui répondent à leurs prétentions impériales.
Ils ont donc mis sur pied la « Communauté des démocraties » lors d’une réunion organisée, dirigée et financée par eux à Varsovie. Cette « communauté » est absolument dénuée d’universalité, de légitimité et de crédibilité, mais elle peut compter en revanche sur l’argent abondant de Washington et recourt aux sales pratiques utilisées aux pires moments de la guerre froide.
Manipulant la « communauté » qu’il dirige et contrôle à travers des mécanismes n’ayant absolument rien de « démocratiques », le gouvernement impérial prétend atteindre plusieurs objectifs :
- Garantir sa présence permanente au sein d’organes comme la CDH en n’ayant pas à se soumettre à des élections périodiques et éliminer ainsi le risque de voir se répéter son exclusion de la Commission, expérience amère et humiliante.
- Contrôler la composition d’organes « utiles » pour condamner des gouvernements et pour imposer ses modèles idéologiques – notamment à la CDH – en stimulant l’entrée de gouvernements vulnérables à ses pressions et en bloquant l’admission de ceux qui s’opposent à ses politiques de domination hégémonique.
- Fabriquer de toutes pièces et imposer de faux « consensus » qui complètent et consolident sur le terrain idéologique son incontestable hégémonie militaire.
Ces derniers mois, on a vu fréquemment l’ambassadeur de la superpuissance devant le Conseil économique et social des Nations Unies ou Mme Dobriansky en personne, aussi bien à New York qu’à Genève ou au Moyen-Orient, faire du prosélytisme en faveur de cette secte antidémocratique qualifiée par euphémisme de « communauté des démocraties » et exhorter à fermer les portes de la CDH aux pays qui contestent ses visées de domination impériale, entre autres, et au premier rang, Cuba.
Mais l’administration étasunienne suit une autre ligne anticubaine bien plus directe : à savoir les pressions que les ambassadeurs étasuniens exercent dans différentes capitales, celles que le département d’Etat exercent sur les ambassadeurs accrédités à Washington et celles que la Maison-Blanche exerce sur les délégations de haut niveau qui se rendent aux USA. Nous disposons d’informations à ce sujet que nous offrirons au moment adéquat pour des raisons logiques de discrétion et d’opportunité.
Quel sera le gouvernement qui succombera en 2005 aux pressions de Washington et jouera le rôle ignominieux de présentateur public du projet de résolution anticubain promu à la CDH par les USA ? En fait, les candidats potentiels ne se pressent pas au portillon, et nous savons tous que la résolution portera le label « Made in USA ».
Les gouvernements qui parraineront et soutiendront la résolution contre Cuba à Genève se feront les complices du plan impérialiste que l’administration Bush suit en vue de détruire par tous les moyens – sans renoncer à l’intervention militaire directe – le système politique, économique et social décidé par le peuple cubain. Ces gouvernements contribueront à la fabrication du prétexte dont a besoin Washington pour renforcer sa politique de blocus, d’hostilité et d’agressions contre le peuple cubain.
CHAPITRE 2 : LES MÉCANISMES iNTERGOUVERNEMENTAUX
DES NATIONS UNIES RELATIFS AUX DROITS DE L’HOMME ONT ÉTÉ
SÉQUESTRÉS PAR LES ÉTATS-UNIS ET LEURS PROCHES ALLIÉS
ET CONVERTIS EN INSTRUMENTS DE PRESSION POUR IMPOSER LEUR POLITIQUE DE DOMINATION
MONDIALE.
Presque soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme et douze ans après la Conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne, les mécanismes des Nations Unies dans ce domaine se sont avérés incapables de promouvoir et de protéger l’exercice de tous les droits de l’homme pour tous, à partir du respect des principes d’universalité, d’impartialité, d’objectivité et de non-sélectivité.
Les travaux de la Commission des droits de l’homme sont entravés par la manipulation politique qu’imposent un petit groupe de pays puissants et riches, en particulier la superpuissance hégémonique mondiale, qui perçoivent la Commission comme leur propriété privée et l’utilisent indûment comme instrument pour exercer des pressions sur les pays sous-développés qui constituent l’immense majorité des membres des Nations Unies et pour leur imposer des normes prétendument paradigmatiques et la pensée unique.
La Commission des droits de l’homme et la Troisième Commission de l’Assemblée générale sont devenues une espèce d’inquisition contre les pays du Sud et contre tous ceux qui s’opposent à la stratégie de domination politique et idéologique de l’Empire, des instances où celui-ci tente de façon permanente et dogmatique d’imposer ses modèles et ses patrons censément universels, de minimiser la protection et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels et de nier les droits collectifs des peuples à la paix, au développement et à l’autodétermination.
Ce petit groupe de pays ne cesse de recourir à la manipulation, au mensonge, au « deux poids deux mesures », aux discours creux, tout en fermant les yeux aux réalités que le tiers monde vit quotidiennement, un certain nombre aurait-il beau s’efforcer de les occulter ou de ne pas les voir.
Il est bien difficile de réconcilier l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits », avec le fait que les 4,5 milliards d’êtres humains vivant dans les pays sous-développés ne consomment que 14 p. 100 de ce qui se produit dans le monde, tandis que le 1,5 milliard vivant dans les pays développés consomment les 86 p. 100 restants, et que 20 p. 100 de la population la plus riche de la planète est 82 fois plus riche que les 20 p.100 les plus pauvres.
Les
nobles objectifs de la Déclaration universelle et les attributs élevés
qu’elle reconnaît à chaque être humain sont bel et
bien lettre morte pour presque un milliard de personnes qui ont faim, dont
160 millions sont des enfants souffrant de dénutrition ; pour les trois
cinquièmes de la population des pays sous-développés
qui ne disposent pas de services d’assainissement ; pour le tiers de
ces 4,5 milliards de personne qui n’a même pas accès à
l’eau potable ; pour le quart qui n’a pas de logements et pour
le cinquième qui n’a pas accès au moindre service de santé
élémentaire.
Trente mille enfants de moins de cinq ans meurent tous les jours et 600 000
femmes meurent tous les ans à l’accouchement, alors que plus
de 20 millions de sidéens attendent la mort en Afrique sans le moindre
espoir de traitement, véritable déni du droit à la vie.
Les résolutions adoptées par les organes des Nations Unies n’ont pas la moindre valeur pour les 850 millions d’adultes analphabètes qui ne peuvent même pas lire ni écrire le mot « droit » et pour les 260 millions d’enfants d’âge scolaire qui ne vont pas à l’école.
La Commission des droits de l’homme ne consent pas les efforts ni ne dégagent les ressources nécessaires pour promouvoir le droit au développement, un droit de l’homme fondamental reconnu par la Conférence de Vienne et la seule voie possible pour tirer de la misère et de la famine la masse des dépossédés de la Terre qui ne comprennent pas du tout à quoi servent les résolutions adoptées à Genève et à New York.
Ainsi, beaucoup attendent toujours que la Commission des droits de l’homme nomme un rapporteur spécial charger de suivre et de renforcer l’exécution des engagements que les pays industriels ont pris au sujet de l’Aide publique au développement (ADP) et d’analyser les retombées dramatiques de sa grave diminution sur les droits de l’homme dans les pays sous-développés.
Les droits au développement, à la vie, à l’alimentation, à l’emploi, à l’éducation, à la santé ; les droits des femmes et des enfants, bref les droits de tous les habitants de la planète, et non ceux d’un petit groupe de privilégiés, à une existence décente et à la justice sociale, des droits si souvent oubliés, ne sont aujourd’hui des priorités que pour les pays pauvres et sous-développés.
Il faut transformer la Commission, patrimoine de tous les peuples, non de quelques-uns, en un instrument de tous les pays veillant sur tous les droits de l’homme.
Toutes les résolutions concernant des pays et adoptées depuis 1990 ne pointent un doigt accusateur que vers les pays sous-développés, comme si ceux-ci étaient les seuls violateurs présumés des droits de l’homme, et elles ont toutes été présentées par des pays développés. Nul ne pourrait nier objectivement qu’un groupe de pays minoritaire impose ses vues et ses approches aux décisions adoptées à l’échelle internationale dans ce domaine.
On trouvera en annexe un tableau qui indique clairement que toutes les résolutions adoptées pendant une décennie dans le cadre du point 9 de l’ordre du jour de la Commission (« Question de la violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales, où qu’elle se produise dans le monde ») ou dans celui du point 19 (« Services consultatifs et coopération technique dans le domaine des droits de l’homme ») ne concernent que les Etats en développement.
Par ailleurs, la Commission adopte deux fois plus de résolutions relatives aux droits civils et politiques qu’aux droits économiques, sociaux et culturels, et consacre trois fois plus de pages de documents officiels aux premiers qu’aux seconds ! La raison en est claire : les pays développés tiennent à ce que la Commission ne s’occupe que des droits civils et politiques…
Chaque année, quelques pays développés accréditent devant la Commission plus de délégués que tous les pays sous-développés qui représentent pourtant plus des trois quarts de la population mondiale. Conséquence directe de ce déséquilibre injuste, les pays développés présentent plus de 65 p. 100 des résolutions et décisions adoptées à chaque session, ce qui porte irrémédiablement atteinte au respect de la diversité signalé dans la Déclaration et le Plan d’action de Vienne.
Le travail du Bureau de Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme est décisif dans les préparatifs des sessions et dans le suivi de décisions de la Commission. Or, les rapports présentés à la Commission et tout le son travail en général sont réalisés par des fonctionnaires provenant des pays industriels qui en imposent les modèles, la culture, l’idéologie et l’expérience historique concrète, et qui ont été favorisés par un ordre mondial injuste condamnant à l’ostracisme et à l’infertilité le talent et l’initiative des grandes majorités d’êtres humains auxquels il est échu de naître au Sud de la planète.
Les pays d’Europe de l’Ouest, les Etats-Unis et le Canada compte plus de personnels au Bureau du Haut-Commissaire que tous les pays sous-développés ensemble. Les droits de l’homme ont beau être universels, il est toutefois très difficile que des fonctionnaires provenant des pays dont le Produit intérieur brut par habitant dépasse 20 000 dollars aient la même perception de ces droits que leurs homologue de pays dont le PIB par habitant ne dépasse pas 300 dollars. Cet écart est d’autant plus insoluble que les pays pauvres assistent impuissants à l’exode irrépressible de leurs intellectuels et de leurs spécialistes vers les pays riches à la recherche de meilleures chances et de rêves impossibles.
Aucune personne sensée ne se risquerait à affirmer que les violations des droits de l’homme n’existent pas dans les pays développés. N’empêche qu’il est impossible de les analyser à la Commission.
La Commission des droits de l’homme continue d’être ligotée du fait des pressions que certains gouvernements du Nord exercent sur elle. Ainsi, à simple titre d’exemple, elle n’a pu examiner – sans parler de discuter – les graves violations des droits de l’homme de prisonniers enregistrées du fait de la conduite des autorités étasuniennes, tant sur la base navale de Guantánamo, qu’elles occupent illégalement à Cuba, que dans la prison d’Abou Ghraib et autres en Irak occupé.
L’incapacité des mécanismes des Nations Unis en matière de droits de l’homme à s’occuper de violations massives et flagrantes de ceux-ci quand elles sont le fait de citoyens de la superpuissance ou de ses principaux alliés. L’impunité des puissants.
Le
26 mars 2003, à sa cinquante-neuvième session, la Commission
des droits de l’homme a reçu la proposition, en séance
plénière, de convoquer une séance spéciale urgente
pour examiner les effets de la guerre déclenchée par les USA
et leurs plus proches alliés sur le peuple iraquien.
Cette guerre impérialiste avait été déclenchée,
on le sait, une semaine avant, à partir des prétextes et des
mensonges les plus éhontés, en violation des normes les plus
élémentaires du droit international, au mépris affiché
de la volonté de la communauté internationale et de l’autorité
des Nations Unies, notamment de leur Conseil de sécurité.
Cette proposition avait été présentée par l’Algérie, le Burkina Faso, la Fédération russe, la Libye, la Malaisie, la Syrie, le Congo, le Soudan et le Zimbabwe, dans le cadre du point 3 : « Organisation des travaux de la session ». Elle ne préjugeait pas de l’orientation et des résultats du débat : elle demandait simplement d’analyser d’urgence les effets de la guerre sur le peuple irakien.
La réaction des Etats-Unis et de ses alliés ne se fit pas attendre. L’Allemagne, au nom du Groupe d’Etat d’Europe de l’Ouest et d’autres Etats, repoussa la proposition et présenta une motion de procédure en vue de reporter le débat de vingt-quatre heures, invoquant le règlement des commissions organiques du Conseil économique et social
Le lendemain, la Syrie, au nom des auteurs de la proposition, la révisa et demanda qu’elle soit inscrit au thème 4 : « Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et suivi de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme », et amenda aussi son intitulé comme suit : « Séance extraordinaire de la cinquante-neuvième session de la Commission des droits de l’homme sur les droits de l’homme et à la situation humanitaire en Iraq par suite de la guerre. »
De nombreux membres du Groupe d’Europe de l’Ouest et autres Etats – dont font partie les USA – refusèrent de nouveau la proposition en recourrant aux prétextes les plus divers, les plus insoutenables et les plus impudiques.
La proposition fut soumise à un vote par appel nominal et repoussée par 25 voix, celles des Etats-Unis, de tous les membres de l’Union européenne et de leurs partenaires, de plusieurs pays latino-américains dont les gouvernements furent entraînés dans l’équipée impérialiste et d’autres qui succombèrent aux pressions de l’agresseur.
Ainsi, tandis que les bombes « intelligentes » tuaient et mutilaient des milliers de civils innocents et détruisaient des œuvres irremplaçables du patrimoine irakien et universe, la CDH fut bâillonnée et contrainte de garder un silence honteux et complice.
Au comble de l’hypocrisie, l’Union européenne présenta plus tard son traditionnel projet de résolution sur la situation des droits de l’homme en Irak, dans le cadre du point 9 du programme, demandant au rapporteur spécial de soumettre à la prochaine session un rapport analysant les violations des droits de l’homme survenues dans ce pays avant le début de l’agression militaire des USA, comme si l’histoire de l’Irak s’était arrêtée ce jour-là. Pas la moindre espace possible au suivi des actions des légionnaires de l’Empire !
Le texte imposé à la Commission permit de stopper le calendrier des faits en Irak au 23 mars 2003, jour où les premiers missiles étasuniens y tombèrent. Les conséquences humanitaires d’une guerre de conquête qui a causé la mort de dizaines de milliers de civils innocents et ému l’opinion publique mondiale face à la brutalité des tortures infligées aux prisonniers par les troupes d’occupation étasuniennes, sont restées à ce jour un thème tabou pour la CDH.
L’impunité fut confirmée à la soixantième session : pour interdire la moindre allusion aux crimes des occupants, l’Union européenne adopta une solution cynique, autrement dit s’ « abstenir » de présenter, pour la première fois depuis bien des années, un projet de résolution sur la situation des droits de l’homme en Irak, comme si elle avait soudain perdu tout intérêt pour cette question !
Mais cette même soixantième session a été témoin, en avril 2004, d’un autre épisode qui mit clairement à nu l’hypocrisie et la morale à double vitesse des USA et de leurs alliés au sein de la CDH, quand Cuba introduisit l’initiative intitulée : « Question des détentions arbitraires dans la base navale des Etats-Unis à Guantánamo ».
En effet, cet projet de résolution ne put même pas être mis aux voix, par suite des manigances engagées par l’Union européenne et certains gouvernements latino-américains complice des autorités de Washington.
L’Union européenne, qui s’est affirmé tant de fois opposée aux motions de non-action en matière de droits de l’homme, fit part à cette occasion de sa décision de recourir contre le projet présenté par Cuba à une manœuvre de procédure qui non seulement aurait empêché la Commission de décider de cette proposition, mais qui aurait aussi interdit toute possibilité postérieure d’en discuter.
Et ce, bien que le Parlement européen ait demandé à sa présidence, à peine quelques semaines avant, que les pays européens présentent un projet de résolution qui inviterait instamment les Etats-Unis à préciser sans délai la situation des prisonniers de Guantánamo, eu égard aux normes internationales en matière de droits de l’homme et de droits humanitaires, et donc à juger les détenus ou à les relaxer, et qui demanderait une fois de plus la mise en place d’un mécanisme de vigilance de cette situation aux Nations Unies !
Les gouvernements de l’Union européenne, non seulement refusèrent de prendre cette initiative, mais empêchèrent d’autres gouvernements de le faire. Ils se firent de nouveau des aveugles volontaires et édifièrent un mur de silence complice pour occulter les graves violations des droits de l’homme que réalisent les autorités étasuniennes contre des centaines de personnes confinées dans des conditions similaires à celles de vrais camps de concentration sur le territoire occupé illégalement à Cuba dans la baie de Guantánamo.
Quelques mois plus tard, à l’été 2004, durant la session du Conseil économique et social à New York, Cuba, poursuivant les efforts consentis à la soixantième session de la CDH présenta le projet E/2004/L.17 rev 1 intitulé : « Question de la protection des droits de l’homme et des droits fondamentaux dans le contexte des opérations militaires internationales visant à combattre le terrorisme »
Cette fois-ci, le projet de résolution cubain suggérait un autre intitulé, une autre teneur et une autre approche, puisqu’il ne citait aucun pays nommément et restait d’une nature essentiellement thématique. De fait, la plupart des paragraphes reprenait un langage antérieur de nature consensuelle, en particulier des textes d’instruments internationaux en vigueur dans ce domaine.
Pour les pays de l’Union européenne, pour les autres pays industriels d’Europe et pour certains autres qui sont incapables – en faisant fond sur la vérité et la justice – aux pressions de la superpuissance hégémonique, peu importait, malheureusement, qu’il se soit agi d’une nouvelle initiative absolument incontestable des points de vue du droit, de la nécessité et de la morale.
La position de ces gouvernements ne fut pas non plus infléchi par le fait que le projet de résolution répondait exactement aux demandes réitérées d’actions urgentes faites par d’importantes personnalités mondiales, des ONG, des mécanismes de la CDH, des organes créés en vertu de traites internationaux des droits de l’homme et de l’opinion publique mondiale face aux violations aberrantes des droits de l’hommes survenue dans le cadre d’opérations militaires internationales engagées pour lutter censément contre le terrorisme.
Pour le prouver, il suffirait de mentionner le communiqué conjoint élaboré par la Onzième Réunion annuelle des mécanismes spéciaux de la CDH, en date du 25 juin 2004, par lequel quatre représentants de ceux-ci demandaient à visiter les installations où sont enfermées des personnes censément liées au terrorisme en Irak, en Afghanistan et sur la base navale des USA à Guantánamo.
Loin de contribuer aux efforts de négociation promus par la délégation cubaine, les grands « champions » des droits de l’homme – les puissances industrielles du Nord – s’attachèrent une fois de plus à fabriquer un arsenal de prétextes et de faux arguments pour continuer, en dépit des normes du droit international, d’assurer l’impunité aux responsables de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires et d’autres graves violations des droits de l’homme commises dans le cadre des opérations militaires internationales engagées en Afghanistan et en Irak.
La délégation des Etats-Unis à l’ECOSOC demanda que le projet soit mis aux voix : celui-ci fut rejeté par 24 voix contre 12, avec 17 abstentions. Mais ce ne sont pas seulement les fortes pressions exercées par les ambassades étasuniennes dans différentes capitales du monde qui explique que ce projet n’ait pas été adopté ; le soutien complice et l’activisme de l’Union européenne et d’autres pays développés en vue d’assurer l’impunité à leur allié stratégique, malgré ses brutales violations des droits de l’homme, furent à cet égard décisifs.
Résistant aux énormes pressions étasuniennes, l’immense majorité des pays du Sud votèrent pour le projet, ou du moins s’abstinrent. En fait, 30 des 54 membres du Conseil refusèrent l’injonction expresse de Washington de voter contre. Ce qui prouvait une fois de plus la capacité de force et de résistance de nos peuples quand il s’agit de défendre la dignité humaine, la vérité et la justice.
Ceux qui ont empêché les mécanismes pertinents des Nations Unis de suivre le cas des violations des droits de l’homme, comme les abus sexuels, commises par les troupes étasunienne contre les détenus en Irak, largement divulguées par les médiaux mondiaux, et de leur apporter une réponse efficace, ceux qui sont disposés à assurer l’impunité de Washington, sont justement ceux qui présentent, parrainent ou soutiennent chaque année des projets de condamnation injustes, entre autres la farce anticubaine, contre différents pays du Sud à la Commission des droits de l’homme.
Il s’avérait une fois de plus que le système international de promotion et de protection des droits de l’homme est incapable de fonctionner selon des principes d’objectivité, d’impartialité et de non-sélectivité.
La Commission des droits de l’homme, le Conseil économique et social, l’Assemblée générale et le reste des instances des Nations Unies s’occupant des droits de l’homme restent séquestrés et convertis en simples instruments de intérêts de domination des grandes puissances, ce qui a été parfaitement visible quand on constate combien l’administration étasunienne manipule politiquement leurs travaux.
Les pressions, les menaces, les conditions, voire le chantage, restent les « arguments » de prédilection des USA et de leurs alliés inconditionnels pour continuer d’utiliser ces organes comme de vrais tribunaux chargés de condamner ceux qui, n’étant pas d’accord, luttent contre les visées de domination mondiale des centres de pouvoir du capital transnational.
Mais beaucoup contestent cet état de choses et ne se résignent pas à son maintien. Ainsi, le Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, constitué à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies, signale clairement dans son Rapport (A/59/565), en ce qui concerne la CDH, « l’ effritement de sa crédibilité » et affirme catégoriquement : « La Commission ne peut pas être crédible si elle semble avoir deux poids, deux mesures dans le traitement des questions touchant les droits de l’homme. »
Divers mécanismes spéciaux de la Commission se sont refusés à se faire les complices du silence que les puissances du Nord imposent face aux graves violations des droits de l’homme commises par la superpuissance et à son déni essentiel de principes et de normes essentielles du droit international en matière de droits de l’homme et de droit international humanitaire.
Six experts : la Présidente-Rapporteuse du Groupe de travail sur la détention arbitraire ; le Président-Rapporteur du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires ; le Rapporteur spécial sur la torture ; le Rapporteur spécial sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible d’être atteint ; le Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats, et l’Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme en Afghanistan, viennent d’exprimer dans une déclaration commune leurs graves inquiétudes sur la situation des détenus de Guantánamo accusés de terrorisme.
Ils signalent que de nombreux prisonniers sont « à la fin de leur troisième année de détention pratiquement au secret, sans assistance juridique ni aucune information quant à la durée prévue de leur détention, celle-ci se faisant par ailleurs dans des conditions qui, selon de nombreux observateurs, équivalent à un traitement inhumain ou dégradant ».
L'année 2004 a vu une évolution de la situation des détenus de Guantanamo. Un certain nombre d'entre eux ont été libérés. En outre, la Cour suprême des États-Unis a rejeté la prétention du Gouvernement qui affirmait pouvoir refuser aux détenus de Guantanamo l'accès à la procédure d'habeas corpus.
Les six experts des Nations Unies jugent cependant ces évolutions insuffisantes pour dissiper les graves préoccupations qu'ils nourrissent à l'égard de la situation.
Dans
leur déclaration commune, les six experts mettent l'accent sur la nécessité
d'évaluer les allégations de torture et autres traitements ou
punitions cruels, inhumains ou dégradants qui ont été
portées à l'attention du Rapporteur spécial sur la torture
et sont en rapport, en particulier, avec les méthodes d'interrogatoire
des détenus.
Ils rappellent aussi que le nombre exact et les noms des personnes détenues
à Guantanamo restent inconnus. « Cette situation est extrêmement
déconcertante et peut entraîner un transfert, sans notification,
de détenus vers d'autres centres de détention, souvent secrets,
gérés soit par les États-Unis soit par d'autres pays
», soulignent les experts.
Ils expriment leur doute sur l'indépendance et l'équité
des procédures des tribunaux d'examen du statut de combattant et du
Conseil de révision administrative créés spécialement
aux Etats Unis pour apprécier les cas des personnes arrêtées
dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Des préoccupations ont également été exprimées
en ce qui concerne l'indépendance et l'équité des procédures
des tribunaux d'examen du statut de combattant et du Conseil de révision
administrative.
En outre, la plupart des détenus ne savent même pas si le Gouvernement
des États-Unis à l'intention ou non de porter plainte au pénal
contre eux.
D'autre part, les conditions de détention, en particulier pour les
personnes placées en isolement, exposent les détenus à
des risques importants de détérioration de leur état
psychique voire à des apparitions de symptômes psychiatriques
irréversibles.
Après que tant de mécanismes thématiques de la CDH ont
tracé un tel tableau de graves violations, on pourrait présumer
que celle-ci convoquera une séance spéciale pour analyser la
situation sur la base navale étasunienne de Guantánamo et qu’aucun
cas cet organe intergouvernemental ne se tiendra à l’écart
d’un thème semblable.
C’est du moins ce qu’il adviendrait si le transgresseur était un pays africain, asiatique, arabe ou latino-américain : en l’occurrence, on peut être sûr que les USA eux-mêmes et l’Union européenne seraient les premiers à exiger des sanctions immédiates et à invoquer un « droit d’ingérence humanitaire » inexistant.
Cuba, qui sait représenter, dans sa bataille internationale sur le terrain des idées, les intérêts et les aspirations de tout les peuples du monde à la liberté, à l’indépendance, à la justice et au bien-être, soumettra aux prochaines instances des Nations Unies en matière de droits de l’homme de nouvelles initiatives qui contreront directement l’hypocrisie, le cynisme et l’opportunisme dont une bonne partie des gouvernements du Nord continue de faire preuve au sein de ces organes.
Cuba ne cessera pas de se battre pour que ces instances servent à la vraie défense des nobles causes et des aspirations à la justice, au développement, à l’équité, à la paix et à la solidarité des grandes majorités de l’humanité qui continuent d’ignorer, parce qu’on le leur interdit, ce que droit veut dire.
ANNEXE : Tableau indiquant les résolutions
par pays adoptées par la Commission des droits de l’homme de
1995 à 2004 sur les points 9 (Question de la violation des droits de
l’homme et des libertés fondamentales, où qu’elle
se produise dans le monde) et 19 (Services consultatifs et coopération
technique dans le domaine des droits de l’homme) de l’ordre du
jour.
Résolutions
Point 9 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996 1995
1. Situation des droits de l’homme en République populaire démocratique
de Corée X X
2. Situation des droits de l’homme au Turkménistan X X
3. Situation des droits de l’homme au Myanmar X X X X X X X X X X
4. Situation des droits de l’homme à Cuba X X X X X X
X X X
5. Situation des droits de l’homme au Bélarus X X
6. Situation des droits de l’homme en République démocratique
du Congo X X X X X X X X X
7. Situation des droits de l’homme au Burundi X X X X X X X X
8. Situation des droits de l’homme des détenus libanais en Israël
X X
X
9. Situation des droits de l'homme dans le sud du
Liban et dans la Bekaa occidentale X X X X X X
10. Situation des droits de l’homme en Iraq X X X X X X X X X
11. Assistance à la Guinée équatoriale dans le domaine
des droits de l’homme X
X
X
12. Situation des droits de l’homme en Guinée équatoriale
et assistance dans le domaine des droits de l’homme X X X X
13. Situation des droits de l’homme dans certaines parties de l’Europe
du Sud-Est X X
14. Situation des droits de l’homme au Soudan X X X X X X X X
15. Situation des droits de l’homme en Afghanistan X
X
X X X X X X
16. Situation des droits de l’homme en Sierra Leone X X X
17. Situation des droits de l’homme au Rwanda X X X X X X X
18. Situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran
X X X X X X X
19. Situation en République de Tchétchénie (Fédération
russe) X X
20. Situation des droits de l’homme en République fédérative
de Yougoslavie (Serbie-et-Monténégro), en République
de Croatie et en Bosnie-Herzégovine X X X X X X
21. Situation des droits de l’homme au Kosovo X
22. Situation des droits de l’homme en Sierra Leone X
23. Situation des droits de l’homme au Nigeria X X X X
24. Situation des droits de l’homme au Timor oriental X
25. Situation des droits de l’homme au Togo X
26. Violations des droits de l’homme dans l’île de Bougainville
(Papouasie –Nouvelle Guinée X
27. Situation des droits de l’homme en Haïti X
Résolutions
point 19 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996 1995
1. Assistance à la Somalie en matière de droits de l’homme
X X X X X X X X X X
2. Situation des droits de l’homme au Burundi X
3. Coopération technique et services consultatifs à la République
démocratique du Congo X
4. Coopération technique et services consultatifs au Tchad X X
5. Assistance à la Sierra Leone en matière de droits de l’homme
X
6. Situation des droits de l’homme en Sierra Leone X
7. Coopération technique et services consultatifs au Cambodge X
8. Situation des droits de l’homme au Cambodge
X X X X X X X X X
9. Coopération technique et services consultatifs au Libéria
X X
10. Situation des droits de l’homme en Afghanistan X
11. Situation des droits de l’homme en Haïti X X X X X X
12.
Assistance au Guatemala en matière de droits de l’homme X X X
X
13. Services consultatifs en matière de droits de l’homme à
El Salvador X
14. Situation des droits de l’homme au Togo
CHAPITRE 3 : MALGRÉ L’INJUSTE MANŒUVRE ANTICUBAINE QUE LES ETATS-UNIS IMPOSENT À LA CDH, CUBA CONTINUE DE RESPECTER SON ENGAGEMENT DE COOPÉRATION AVEC TOUS LES MÉCANISMES NON DISCRIMINATOIRES EN MATIÈRE DE DROITS DE L’HOMME.
Cuba coopère dignement et depuis fort longtemps avec le communauté internationale dans le domaine des droits de l’homme. Or, la machinerie de propagande de la superpuissance hégémonique fait tout simplement silence là-dessus, et pire le dénature.
Cuba a toujours prouvé par des faits concrets – mais en exigeant le plus grand respect envers elle – sa disposition sans ambages au dialogue franc et ouvert dans tous les domaines, droits de l’homme y compris.
Indépendamment de son opposition de principe à la manigance sélective, discriminatoire et injuste des USA en matière de droits de l’homme, le gouvernement cubain a continué de poursuivre et d’enrichir sa coopération traditionnelle avec tous les mécanismes appliqués de manière universelle et sans discrimination.
Ainsi, à titre d’exemple, le gouvernement cubain a, en 1988, invité une mission conduite par le président de la CDH et formée d’autres membres de chaque groupe régional afin qu’elle puisse évaluer la situation des droits de l’homme dans le pays et en informer ensuite la Commission, cette invitation apparaissant à la décision 1988/106.
La mission, qui a visité Cuba du 16 au 25 septembre 1988, a reçu du Gouvernement toutes les facilités et garanties tant au cours des travaux préparatoires que dans le pays même. Dans son Rapport, tout en reconnaissant l’attitude positive et la bonne volonté des autorités cubaines, elle a manifesté clairement qu’il n’existait pas à Cuba de situation des droits de l’homme qui aurait justifié la mise en place d’une procédure de suivi spéciale.
L’année
suivante, en 1989, en vertu de la décision 1898/113 de la CDH, le Gouvernement
cubain s’est dit prêt à coopérer avec le Secrétaire
général des Nations Unies dans la poursuite de ses contacts
directs concernant les questions et les points signalés dans le rapport
de la mission. Cette procédure a été interrompue à
compter du jour où les USA a décidé de la manipuler à
des fins de propagande anticubaine en imposant une résolution de condamnation
injuste à la Commission.
Le peuple cubain a riposté dignement, à partir de ses positions
de principe, à cette manœuvre injuste et cette condamnation sans
fondement imposées par le gouvernement des USA. La nation cubaine ne
cède pas aux pressions, aux actions de force et au chantage. Que nul
n’espère qu’elle reconnaisse un jour le bien-fondé
d’une manigance telle que celle que les USA imposent à la CDH,
clairement illégitime, illégale et injuste par ses origines,
ses motivations et ses méthodes, à plus forte raison qu’elle
y coopère.
Malgré cette détermination résolue, Cuba a continué parallèlement de collaborer avec la Commission des droits de l’homme et d’autres mécanismes connexes des Nations Unies, à partir des larges possibilités qu’offrent les nombreux mécanismes, instances et organes fonctionnant sur des bases non sélectives et selon un mandat à application universelle.
C’est précisément pour stimuler la coopération internationale dans ce domaine que Cuba a été l’un des premiers pays à inviter et à accueillir le premier Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. José Ayala Lasso, en 1994, quelques mois à peine après la création de ce poste à l’ONU.
Durant sa visite, le Haut-Commissaire s’est entretenu avec divers représentants du gouvernement et d’autres acteurs de la société, a visité de nombreux centres l’intéressant où il a pu discuter librement avec de nombreux Cubains. À la fin de sa visite de Cuba, il a souligné la réceptivité et la disposition de la partie cubaine de mettre en pratique les principales suggestions qu’il avait faites.
En 1995, du 28 avril au 5 mai, le Gouvernement cubain a invité des organisations non gouvernementales (France-Liberté, Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme, Médecins du monde et Human Rights Watch) à visiter le pays, leur offrant tout le soutien des autorités. Les ONG ont atteint tous les objectifs qu’elles s’étaient fixées, dont la visite de plusieurs prisons et des entretiens avec des prisonniers choisis par elles.
En 1998, année où la Commission repoussa le projet de résolution des USA, le gouvernement cubain a invité les rapporteurs spéciaux de la CDH sur l’utilisation de mercenaires et sur la violence contre les femmes, les visites ayant eu lieu en 1999.
En plus de ces visites, Cuba a coopéré intensément, par d’autres voies et méthodes, avec les différents mécanismes des Nations Unies dans ce domaine. Ainsi, elle a fourni systématiquement les informations que lui réclament les mécanismes universels et non discriminatoires de la CDH et les organes nés de traités internationaux sur ce point.
Dans le droit fil de son histoire d’engagement de coopération et de membre actif de la Commission, le gouvernement cubain a répondu aux demandes d’informations sur de prétendus cas de violations des droits de l’homme qui lui sont parvenues à travers les mécanismes et procédures de la CDH et le mécanisme établi en vertu de la procédure 1053 d’examen de communications confidentielles de l’ECOSOC.
En 2004, une fois réalisées les consultations pertinentes avec les autorités compétentes, le ministère cubain des Relation extérieures a adressé des informations sur douze cas de prétendues violations des droits de l’homme aux rapporteurs spéciaux de la Commission sur la liberté d’opinion et d’expression, sur la torture, sur la santé, et à la représentante spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.
Cuba
a adressé au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les
droits de l’homme ses points de vue et ses contributions, répondant
à un nombre significatif des demandes d’informations réalisées
en vertu des résolutions thématiques adoptées par la
CDH.
Ainsi, rien qu’en 2004, elle a adressé vingt-huit réponses
thématiques au secrétariat des droits de l’homme de Genève,
en accord avec l’importance qu’elle accorde à la coopération
avec les procédures non discriminatoires de la CDH.
Elle a tenu, comme bien peu de pays au monde, ses engagements de présenter des rapports périodiques aux organes établis en vertu de traités internationaux des droits de l’homme.
Cuba a remis récemment, sous forme compacte, ses rapports périodiques (le cinquième et le sixième) au Comité pour l’élimination de la discrimination de la femme. Ces douze prochains mois, elle présentera ses rapports au Comité sur les droits de l’enfant, au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale et au Comité contre la torture.
Notre pays a ratifié un grand nombre d’instruments internationaux en matière de droits de l’homme. Il est partie à 15 des traités fondamentaux en vigueur, à savoir :
•
Convention relative aux droits de l’enfant.
• Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de
l’enfant concernant la vente d’enfants, la pornographie et la
prostitution infantiles.
• Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants.
• Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes.
• Convention internationale sur l’élimination de toutes
les formes de discrimination raciale.
• Convention pour la prévention et la répression du crime
de génocide.
• Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre
et des crimes contre l’humanité.
• Convention internationale sur l’élimination et la répression
du crime d’apartheid.
• Convention internationale contre l’apartheid dans les sports.
• Convention sur les droits politiques de la femme.
• Convention sur la nationalité de la femme mariée.
• Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum
du mariage et l’enregistrement du mariage.
• Convention sur l’esclavage (Genève, 25 septembre 1926)
et Protocole pour modifier la Convention sur l’esclavage.
• Convention supplémentaire sur l’abolition de l’esclavage,
la traite d’esclaves et les institutions et pratiques analogues.
• Convention pour la répression et l’abolition de la traite
des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui.
Cuba a aussi signé les instruments suivants :
•
Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination
de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.
• Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de
l’enfant concernant la participation des enfants à des conflits
armés.
Cuba a ratifié d’autres instruments relatifs aux droits du travail
en rapport avec les droits de l’homme :
•
Convention concernant la liberté syndicale et la protection du droit
syndical (N. 87)
• Convention concernant l’application des principes du droit d’organisation
et de négociation collective.
• Convention concernant les représentants des travailleurs (N.
135).
• Convention concernant la protection du droit d’organisation
et les procédures de détermination des conditions d’emploi
dans la fonction publique (N. 151).
• Convention concernant la politique de l’emploi (N. 122).
Cuba fait partie des Etats qui ont ratifié le plus grand nombre de conventions de l’OIT.
En ce qui concerne les Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques, ainsi qu’économique, sociaux et culturels, Cuba réaffirme l’attachement à leurs postulats qu’elle a assumé quand l’Assemblée générale des Nations Unies les a adoptés. La Constitution et les lois cubaines consacrent largement les droits qu’ils protègent pour tous les citoyens. Nombreux sont les politiques et les programmes de l’Etat qui visent spécialement à la protection et à la promotion de ces droits pour tous les Cubains.
Mais Cuba ne souscrira pas de nouvelles obligations internationales dans un cadre de confrontation et de manipulation à des fins politiques de la coopération internationale en matière de droits de l’homme.
Cuba est ouverte au dialogue avec tous les pays intéressés sur la base du respect mutuel et a maintenu sa coopération bilatérale sur ce point avec ceux qui engagent le dialogue avec respect et sérieux. En Amérique latine même, elle a soutenu des échanges périodiques sur différents thèmes, dont les droits de l’homme.
Cuba a donné un nouvel exemple de sa volonté de rester ouverte à la coopération internationale dans le domaine des droits de l’homme, sans accepter de pression ni de diktats : elle a invité, en octobre 2004, plusieurs représentants du corps diplomatique accrédité à La Havane à visiter divers établissement pénitentiaires de l’île.
Les visiteurs ont pu apprécier les caractéristiques du système pénitentiaire cubain et la façon dont il protège dans la pratique les droits de tous les détenus, sans la moindre discrimination.
Les visiteurs ont pu soutenir des conversations avec des détenus et des gardiens et constater de visu la qualité des installations et du personnel médical au service des condamnés et leur état de santé satisfaisant. Ils ont pu aussi constater les retombées de nouveaux programmes éducatifs, sportifs et culturels visant à perfectionner les mécanismes de redressement et de réinsertion des détenus dans la société.
Tout en refusant la moindre possibilité de coopérer à l’application des résolutions anticubaines adoptées par la Commission par une marge étroite – ce qui n’a été possible qu’à cause des grandes pressions exercées par la superpuissance hégémonique – elle tient à réaffirmer sa volonté de continuer de coopérer pleinement au reste des mandats adoptés selon des critères non sélectifs ni discriminatoires, en particulier avec la mission confiée au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme aux termes de la résolution 48/141 de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Cuba redoublera d’effort pour renforcer l’efficacité et la crédibilité de la CDH.
Pays sous-développé et clairement attaché à la réalisation de tous les droits de l’homme au bénéfice de tous, elle a besoin d’une Commission forte et juste qui soit en mesure de répondre aux attentes les plus larges des peuples du monde et de contrer les actions unilatérales de la superpuissance.
Cuba continuera de promouvoir le droit à l’alimentation ; la solidarité internationale ; la mise en place d’un ordre international démocratique et équitable où tous les droits de l’homme consacrés dans la Déclaration universelle pertinente deviennent une réalité pour tous les êtres humains et tous les peuples ; le droit au développement pour tous les peuples et tous les individus ; le droit des peuples à la paix ; une coopération culturelle internationale respectueuse de la diversité des patrimoines.
Par ailleurs, Cuba continuera de contester à la CDH les retombées de la dette extérieure sur l’exercice des droits de l’homme dans le tiers monde ; de combattre le recours à des mercenaires pour entraver le droit des peuples à l’autodétermination et le recours à des mesures de coercition unilatérales.
Cuba soutiendra les initiatives visant à promouvoir tous les droits de l’homme en accord avec les principes d’universalité, d’indivisibilité et d’interdépendance. Elle défendra les efforts des pays en développement en vue de renforcer l’ensemble des droits économiques, sociaux et culturels.
Cuba continuera de jouer un rôle marquant par le nombre et la quantité de ses contributions aux demandes d’informations du Haut-Commissaire et de répondre systématiquement aux communications qui lui parviendront à travers les mécanismes thématiques de la Commission.
Le gouvernement cubain ne tolérera jamais qu’on prétende le singulariser injustement, qu’on tente de bafouer le droit de son peuple à l’autodétermination ou de méconnaître l’égalité souveraine de l’Etat établi par la volonté de la nation cubaine, tout ceci en violation flagrante des normes du droit international.
Bref, le Gouvernement cubain restera fidèle à son attachement au multilatéralisme dans les relations internationales, notamment en matière de droits de l’homme, ce qui présuppose l’affrontement résolu à toute manigance visant à manipuler le système international à des fins de domination hégémonique.
Parallèlement, Cuba continuera d’honorer les enseignements de son Héros national, José Martí, qui proclamait la nécessité que « la loi première de la République soit le culte à la dignité pleine de l’homme ».