CHAPITRE 6: L’AGRESSION RADIOÉLECTRONIQUE DES ETATS-UNIS CONTRE CUBA
Antécédents d’une guerre silencieuse
C’est dès les premières années du XXe siècle que le jeune impérialisme états-unien recourut aux principaux progrès techniques en matière de diffusion pour ses actions de propagande, d’ingérence et d’intervention. La radio joua dans cette première étape de pénétration et de domination impériales un rôle de premier plan, puisque les transmissions des Etats-Unis vers l’Amérique latine débutèrent le 25 mai 1924 sous la couverture de l’Union panaméricaine.
Les interférences sur ondes moyennes entre Cuba et les Etats-Unis remontent à bien avant janvier 1959. Dès les années 30, les radios cubaines – dotées de systèmes d’antennes peu efficaces et peu puissants – étaient perturbées par les interférences des radios états-uniennes qui étaient équipées d’émetteurs bien plus puissants et de systèmes d’antennes plus performants.
C’est en 1937 que se tint à La Havane la Conférence régionale de radiodiffusion, au terme de laquelle les seize Etats participants créèrent le Bureau interaméricaine de radio et distribuèrent les fréquences en Amérique selon trois régions. Cette conférence avait été convoquée à la demande des Etats-Unis qui négocièrent en position de force pour imposer aux participants les bases techniques qu’ils avaient conçues pour garantir la continuité des privilèges dont bénéficiaient les radios états-uniennes, aussi bien aux Etats-Unis mêmes qu’à l’étranger.
Les instruments signés à La Havane le 13 décembre 1937 comprirent l’Inter-american Convention on Radio Communications (Convention interaméricaine relative aux communications radio), l’Inter-american Agreement on Radio Communications (Accord interaméricain relatif aux communications radio) et le North American Radio Broadcasting Agreement (NARBA).
Ce dernier réglementait la radio sur ondes moyennes dans la région définie comme l’Amérique du Nord, à savoir le Canada, les Etats-Unis, Cuba, Haïti, le Mexique, Terre Neuve et la République dominicaine.
Elle définit cent cinq canaux de radiodiffusion classés en canal libre, canal régional et canal local et distribués comme suit : le Canada, 14 ; Cuba, 9 ; les Etats-Unis, 63 ; Haïti, 1 ; le Mexique, 15 ; Terre Neuve, 2 et la République dominicaine, 1.
Possesseurs des moyens de radiodiffusion les plus développés, les Etats-Unis se taillèrent la part du lion puisqu’ils obtinrent largement plus de la moitié de toute la bande, presque toujours à partir de stations sur « canal libre », ce qui leur permettait d’offrir un service exempt d’interférences à de vastes zones, aussi bien vers l’intérieur que vers les voisins les plus proches.
La distribution susmentionnée obligea les autres pays signataires à accorder une protection aux vastes zones de services délimitées par les techniciens du secrétariat états-unien au Commerce.
Le développement ultérieur de la radiodiffusion cubaine, en particulier, serait constamment entravé par les coûts économiques qu’imposait la nécessité d’installer des réseaux d’antennes directionnelles complexes et onéreux afin de pouvoir diminuer la force des signaux en provenance des Etats-Unis et offrir ainsi la protection stipulée dans la Convention régionale. On ne pouvait installer des antennes peu coûteuses que pour de très petites radios locales à faible puissance et donc à portée très réduite.
C’est le 13 septembre 1949 que se tint, après plusieurs ajournements, la Troisième Conférence régionale nord-américaine de radiodiffusion, laquelle dura jusqu’au 8 décembre et dut être suspendue devant l’impossibilité d’un accord entre Cuba et les Etats-Unis.
Elle reprit en août 1950 pour analyser les allocations de fréquences, de puissances et d’emplacements des radios. Y participèrent les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, Cuba, Haïti, la Jamaïque, les Bahamas et la République dominicaine. Elle se conclut sur l’adoption d’une nouvelle version du NARBA, qui assigna 3 805 stations. Les Etats-Unis en reçurent 2 402, soit 80 p. 100 ; Cuba, 116, soit 2 p. 100. Les allocations des Etats-Unis se distribuèrent entre les 106 canaux disponibles ; Cuba eut accès à 81.
L’aspect le plus saillant de ce nouvel Accord fut la distribution tout à fait inégale des priorités, à savoir les droits de protection des zones de service des émetteurs.
Ce nouveau NARBA de 1950 permit aux Etats-Unis de s’assurer la domination virtuelle des ondes moyennes dans la région et le droit d’agresser ainsi Cuba et d’autres pays de la région.
Les cas de la Voix de l’Amérique et de Radio Swan
Comme le gouvernement cubain l’a dénoncé devant les tribunes internationales les plus variées depuis le triomphe même de la Révolution, le 1er janvier 1959, les différentes administrations états-uniennes ont utilisé toute leur puissance économique et technique pour soutenir l’agression radiophonique contre Cuba. Recourant à des émissions de radio, d’abord, et de télévision ensuite, elles n’ont cessé de faire irruption dans l’espace radioélectrique cubain, diffusant des programmes spécialement conçus pour inciter au renversement de l’ordre constitutionnel mis en place par le peuple cubain. Aucun autre peuple au monde n’a fait l’objet si longtemps de la part d’une puissance étrangère d’un tel matraquage de mensonges et d’incitation à la destruction et à la haine.
Conçue, mise en place et financée par des groupes de pouvoir états-uniens qui ne renoncent pas à leur prétention de réimposer leur contrôle néo-coloniale sur l’île, de connivence avec la mafia terroriste d’origine cubaine installée sur le territoire de la superpuissance, l’agression radio électronique constitue un instrument clef de la politique d’hostilité, de blocus et d’agression des Etats-Unis contre le peuple cubain. Ces transmissions illégales de radio et de télévision cherchent, par des mensonges, la dénaturation des faits et la propagande mensongère, à promouvoir le désenchantement du peuple cubain envers sa Révolution, et donc sa remise en cause, l’irrespect de l’ordre constitutionnel en place et le heurt aux autorités, l’émigration illégale au risque de la vie, bref à déclencher une crise artificielle qui servirait de prétexte aux Etats-Unis pour intervenir militairement et entreprendre une guerre de reconquête.
L’emploi de la radio comme instrument de guerre et de subversion est devenu une norme du département d’Etat nord-américain dès la fin des années 50, notamment à partir du jour où l’Agence d’information des Etats-Unis (USIA) fut placée sous la direction de Leonard Marks et de Frank Shakespeare, deux notoires idéologues anticommunistes.
C’est le 21 mars 1960 que débuta officiellement l’agression radio contre la Révolution cubaine quand La Voix de l’Amérique, un des organes clefs de manipulation, de propagande et de guerre psychologique et idéologique des Etats-Unis, commença à transmettre en espagnol.
Ces émissions, bien que censément adressées à « tout le continent », visaient en fait Cuba, reflétant l’agressivité croissante des autorités états-uniennes face aux transformations révolutionnaires en cours dans l’île.
Radio officielle de l’administration, La Voix de l’Amérique se heurtait toutefois à des limites, en tant qu’organe de propagande, dans le cadre de la politique de guerre non déclarée contre la Révolution cubaine : ainsi, elle ne pouvait par exemple, au risque de fournir des arguments contre les autorités de Washington, inciter directement le peuple cubain à la révolte ou lui donner des instructions pour exécuter des actions terroristes.
Ce qui explique pourquoi une nouvelle radio subversive sous couverture commerciale, Radio Swan, vit le jour le 17 mai 1960 afin de réaliser des programmes qui serviraient bel et bien, eux, à stimuler et à instruire les terroristes opérant à Cuba.
Radio Swan commença à opérer sur une fréquence soigneusement choisie pour toucher toute l’île et causer le moins d’interférences possibles aux émissions des Etats-Unis. Radio clandestine, elle ne fut jamais inscrite au Registre international des fréquences de l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Selon des documents rendus publics en 1980, elle coûtait à la CIA de 400 000 à 500 000 dollars par mois ; elle transmettait de huit à douze heures par jour, parfois en trois tranches (matin, après-midi, soir).
Peu avant l’invasion mercenaire de la baie des Cochons en avril 1961, Radio Swan fut équipée d’un émetteur supplémentaire sur la bande internationale à ondes courtes de 49 mètres, fonctionnant sur une fréquence de 6 000 kHz et braqué bien entendu sur Cuba.
Les émissions de Radio Swan devinrent de plus en plus ouvertement agressives, incitant à différentes formes de terrorisme, dont le sabotage économique, la destruction d’installations administratives et de services, l’assassinat des principaux dirigeants, etc.
Quand l’invasion mercenaire de la baie des Cochons, organisée, financée et dirigée par le gouvernement états-unien débuta le 17 avril 1961, Radio Swan fournit un soutien et des instructions directes à la contre-révolution et aux agresseurs.
Une fois les envahisseurs défaits par le peuple cubain, la CIA décida de débaptiser cette radio – totalement discréditée – et de la renommer Radio América, prétendument « la voix de la vérité pour tout le continent », qui poursuivit la propagande contre Cuba jusqu’à ce que, victime de la réduction des gros budgets dont la CIA bénéficiait jusqu’alors dans ses opérations anti-cubaines, elle disparut vers le milieu des années 60.
Les Etats-Unis intensifièrent l’utilisation de la radio comme arme de guerre psychologique durant la crise des Missiles d’octobre 1962 en mettant en place le Plan Jacobs, qui envisageait l’installation en urgence de deux nouveaux émetteurs à ondes moyennes sur des cayes du sud de la Floride, sur les fréquences de 1 180 et 1 040 kHz respectivement.
Ces deux émetteurs déclenchèrent une nouvelle phase de la guerre radiophonique, autrement dit l’attaque directe, puisqu’ils s’installaient désormais sur la bande à ondes moyennes afin d’augmenter considérablement les possibilités de réception à Cuba.
Radio Martí, la si mal baptisée
L’arrivée de Reagan à la Maison-Blanche se traduisit par une recrudescence de l’hostilité et de l’agressivité contre le peuple cubain, entre autres la reprise d’émissions radio gouvernementales visant expressément Cuba.
Le 20 mai 1995, faisant gravement insulte à la dignité et au patrimoine historique et patriotique de la nation cubaine - un jour comme celui-ci de l’année 1902, un système de contrôle colonial fut imposé au peuple cubain par le naissant Empire états-unien - les représentants du gouvernement impérialiste baptisèrent l’émetteur visant à faciliter le rêve annexionniste séculaire des Etats-Unis rien moins que du nom du Héros national, José Martí !
Les émissions du Service spécial de programmes de la Voix de l’Amérique : Radio Martí sont, depuis leur lancement, un maillon essentiel de la politique de guerre de propagande, de guerre psychologique et idéologique des différentes administrations états-uniennes contre le peuple cubain.
La victoire de la désormais superpuissance hégémonique dans la « guerre froide » – que d’aucuns ont qualifié de troisième guerre mondiale – et en particulier l’effondrement du socialisme dit « réel » en Europe de l’Est et la disparition de l’Union soviétique poussèrent les stratèges de l’empire triomphant à la conclusion erronée que les méthodes de guerre idéologique employées contre le socialisme dans cette région-là du monde seraient aussi efficaces pour détruire la Révolution cubaine.
Fort de son potentiel technologique et de l’expérience accumulée par un grand nombre de spécialistes hautement qualifiés dans ce genre de sale guerre, Washington renforça ses émissions radiophoniques et télévisuelles au point qu’elle se chiffraient en septembre 2005 à 2 267 heures hebdomadaires transmises sur 29 fréquences de radio et de télévision.
Des 17 émetteurs qui transmettent des programmes subversifs contre la Révolution cubaine, 11 sont uniquement braqués contre Cuba, dont trois sont propriété du gouvernement états-unien : Le Programme Ventana a Cuba, de la Voix de l’Amérique (VOA) et les mal baptisées Radio Martí et Televisión Martí.
Plusieurs émetteurs appartiennent ou prêtent service à des organisations directement liées à des terroristes qui vivent, opèrent et agissent en toute impunité contre Cuba depuis le territoire des Etats-Unis.
La plate-forme du Parti républicain des années 80, connue comme la document de Santa Fe I, explique clairement les raisons ayant motivé la création de Radio Martí (baptisée au départ Cuba Libre) :
(…)La Havane doit assumer ses responsabilités pour sa politique d’agression contre les Etats frères d’Amérique. On devra, entre autres mesures, créer la radio Cuba Libre sous la responsabilité ouverte des Etats-Unis, qui fournira des informations objectives au peuple cubain (…) Si la propagande échoue, il faudra lancer une guerre de libération contre Castro ».
Quel observateur impartial et connaissant un tant soit peu l’histoire du siècle passé pourrait croire que le gouvernement de Washington – champion de la désinformation et du mensonge – aille consacrer un seul dollar à la transmission d’ « informations objectives » au peuple cubain ? A plus forte raison quand il s’agit de politicards de l’Empire qui refusent, par leur politique de blocus génocide, toute possibilité au peuple cubain d’échanger des informations et des idées avec le peuple nord-américain qui n’a pas le droit de visiter l’île ! Le cynisme et l’hypocrisie atteignent leur comble quand on sait que ces mêmes secteurs politiques – hissés aujourd’hui au plus haut du pouvoir par l’administration Bush – ont renforcé leurs obstacles et les prohibitions aux échanges culturels, éducatifs et scientifiques entre Cubains et Etats-uniens…
Radio Martí et Televisión Martí n’émettent pas d’informations : bien au contraire, elles les falsifient et dénaturent. Elles n’aspirent pas à promouvoir des valeurs comme l’objectivité et le respect de la vérité ; bien au contraire, elles fabriquent le mensonge avec préméditation et incitent à la haine destructrice.
Le Règlement des radiocommunications de l’Union internationale des télécommunications (UIT) – édition de 1990 révisée en 1994 – stipule à son article 30, section 1, alinéa 2666, que les émissions de radio à modulation d’amplitude (AM) doivent être conçues comme un service national de bonne qualité dans les limites du pays concerné, ce qui veut dire que, même du point de vue technique et opérationnel, les émissions de Radio Martí violent les normes acceptées en la matière à l’échelle internationale : ses transmissions en 1180 kHz sont illégales puisqu’elles envahissent à dessein le spectre radio électronique du territoire cubain.
Les transmissions sur ondes courtes à partir de treize fréquences de Radio Martí sont tout aussi illégales : leur contenu viole des principes consacrés dans la Constitution et la Convention de l’UIT, entre autres l’affirmation apparaissant dans le Préambule selon laquelle les transmissions sur ondes courtes doivent faciliter les relations pacifiques et la coopération internationale entre les peuples.
Tout en prétendant convaincre les naïfs de la « fin des idéologies » par l’ « universalisation » des modèles et des dogmes d’une doctrine conçue en fonction des intérêts de domination hégémonique – politique, économique et militaire – des milieux impériaux qui le sous-tendent, le gouvernement états-unien dépense des millions de dollars tirés de la poche des contribuables pour imposer au peuple cubain un climat d’hostilité et de menace de guerre permanent.
Compte tenu de son expérience des quinze dernières années, le peuple cubain ne saurait accepter l’idée que la guerre froide a pris fin : pour lui, elle s’est juste « tropicalisée », avec la circonstance aggravante que l’administration Bush, rendue encore plus matamore et arrogante par ses victoires à la Pyrrhus, ne cesse d’intensifier son hostilité et ses agressions contre la Révolution cubaine : cette guerre n’est plus seulement « tiède », car les menaces périodiques et toujours plus graves de la superpuissance risquent de lui faire atteindre le stade de l’ébullition.
Une télévision que personne ne voit
C’est très tôt après la victoire de la Révolution cubaine que le gouvernement états-unien, parfaitement au courant des caractéristiques technologiques des équipements de télévision installés dans le pays – absolument tous fabriqués aux Etats-Unis – et de la grande couverture des signaux, envisagea d’utiliser la télévision à des fins d’agression.
Dès 1962, l’Agence d’information des Etats-Unis (USIA) mit au point un plan de propagande anti-cubaine qui comprenait l’utilisation de deux avions DC-6 évoluant à 18 000 pieds à la limite de l’espace aérien cubain.
Le projet fut ajourné, mais l’idée resurgit sous l’administration Carter quand le professeur George Chester, de l’université du Maryland, proposa une variante de transmission à partir de Key West à travers un canal cubain non utilisé.
Mais c’est sous l’administration Reagan qu’un projet dans ce sens circula pour la première fois au Congrès, demandant une étude de faisabilité afin de pouvoir lancer des transmissions de télévision à des fins d’agression politique et idéologique et de propagande contre Cuba. Bien entendu, la mafia terroriste cubano-américaine de Miami intervint activement pour soutenir cette initiative et exercer des pressions.
En 1989, la Chambre des représentants et le Sénat adoptèrent chacun une résolution autorisant le lancement de la station de télévision à partir du moment où les essais auraient donné des résultats satisfaisants.
La variante choisie fut un ballon captif doté d’un transmetteur d’une puissance d’environ 10 000 watts, qui serait maintenu à une altitude de 10 000 à 14 000 pieds dans la région de la caye Cudjoe. Le signal de télévision serait engendré à Miami, transmis à une station terrienne située sur la caye Cudjoe, puis renvoyé au transmetteur placé dans la nacelle de l’aérostat et enfin réexpédié en direction de Cuba.
Le gouvernement cubain fit son possible sur les plans politique et diplomatique, dont une lettre au président du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour convaincre assez à l’avance l’administration états-unienne de renoncer à cette nouvelle escalade de l’agression sur le terrain des télécommunications et fit savoir sa disposition à négocier un arrangement concernant des échanges de programmes et de transmissions de télévision.
Mais l’agression télévisuelle débuta pourtant le 27 mars 1990. Elle fut neutralisée à peine dix minutes après être entrée sur les téléviseurs cubains. Depuis, jour après jour, les spécialistes cubains bloquent ce signal, y parvenant désormais en une minute.
Les Etats-Unis tentèrent d’enregistrer la station abord de l’aérostat dans l’Enregistrement maître international des fréquences de l’UIT, sollicitude refusée par le Comité international de l’Enregistrement des fréquences arguant que ces transmissions depuis l’aérostat étaient contre le Règlement des radiocommunications
Le 27 juillet 1990, l’administration états-unienne présenta au Congrès un rapport d’évaluation de la période d’essais de Tele Martí, reconnaissant que Cuba avait bloqué les signaux d’une manière efficace et systématique, que le Comité international d’enregistrement des fréquences (International Frequency Registration Board) avait certifié l’illégalité de ces transmissions et que la réaction internationale avait été défavorable aux Etats-Unis. N’empêche que Bush père ordonna la poursuite des émissions.
Les Etats-Unis prétendent camoufler leur agression impudente à la souveraineté et à la dignité du peuple cubain en arguant que leurs transmissions de télévision ne causent pas d’interférences à Cuba puisqu’elles ont lieu à des tranches horaires où la télévision cubaine ne fonctionne pas. Ils oublient de dire que les chaînes cubaines ont été enregistrées pour offrir des services permanents.
Les Etats-Unis non seulement transmettent des programmes de télévision bourrés de mensonges, de falsifications de l’histoire et de la réalité cubaines, qui offensent profondément la volonté d’indépendance et de justice du peuple cubain, mais ils prétendent aussi entraver le droit de celui-ci à l’autodétermination en l’empêchant de gérer souverainement, à l’instar de n’importe quel autre pays, ses fréquences radioélectriques et de décider dans ses frontières les modalités et les horaires de transmissions des services de radio et de télévision.
Cette agression radiophonique et télévisuelle prouve non seulement l’insanité de la politique d’hostilité et d’agression contre Cuba du gouvernement états-unien, mais encore son mépris total des normes et des principes du droit international qui régissent les relations entre les Etats.
La guerre radioélectronique des Etats-Unis contre le peuple cubain viole directement la lettre et l’esprit d’instruments internationaux tels que :
La Charte des Nations Unies et de nombreux instruments internationaux dont les principes et les objectifs consacrent l’égalité souveraine des Etats et la non-ingérence dans les affaires intérieures de ceux-ci.
La Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la Charte des Nations Unies [résolution 2625(XXV) de l’Assemblée générale des Nations Unies, 1970].
Le Traité international des télécommunications et le Règlement des radiocommunications de l’UIT, en particulier l’alinéa 23.3 qui interdit les transmissions de télévision au-delà des limites nationales.
L’article 1 commun au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 1996.
La Déclaration sur les principes fondamentaux concernant la contribution des organes d’information au renforcement de la paix et de la compréhension internationale, à la promotion des droits de l’homme et à la lutte contre le racisme, l’apartheid et l’incitation à la guerre, adoptée le 28 novembre 1978 par la vingtième Conférence générale de l’Unesco.
La Résolution 37/92 de l’Assemblée générale des Nations Unies, du 10 décembre 1982, qui fixe les Principes régissant l'utilisation par les Etats de satellites artificiels de la Terre aux fins de la télévision directe.
Le 20 novembre 1997 marqua une phase qualitativement nouvelle dans l’agression par télévision, puisque Tele Martí commença à transmettre sur la bande des fréquences ultra hautes (UHF). Mais le peuple cubain sut riposter de nouveau à l’agresseur, neutralisant en quelques minutes ce signal subversif.
Les différentes tentatives de l’agresseur d’agir par surprise en modifiant le canal ou les heures de transmission ont toutes fait fiasco.
Le 24 février 2003, le Gouvernement des Etats-Unis a permis de réaliser des transmissions télévisuelles sur des fréquences employées par les radioamateurs états-uniens depuis un aéronef appartenant à une des organisations de la maffia terroriste et anti-cubaine de Miami, « Hermanos al Rescate ». Ce fait constitue une violation sévère du Règlement des radiocommunications qui établit l’interdiction des signaux de radiodiffusion sur des eaux internationales ou dans des espaces aériens internationaux.
Après plusieurs déclarations de la FCC où elle reconnaissait et avertissait que ces transmissions étaient violatrices des lois internationales, le 20 mai 2003 un aéronef des Forces armées a réalisé ce genre-ci de transmissions en plein vol, depuis l’espace aérien des Etats-Unis dans ce cas.
En septembre 2003 on a commencé à retransmettre le signal de TV Martí par le système de satellites HISPASAT en simultanéité avec le système NSS-806 employé jusqu’à ce moment. Depuis ce moment les transmissions se réalisent 24 heures sur 24 heures.
Lors de cette même année un programme d’une demie heure, baptisé « Ventana a Cuba », a été établi dans les transmissions de la VOA.
Bush décide d’intensifier l’agression radioélectronique contre Cuba
Le 6 mai 2004, le président Bush décidait d’intensifier l’agression radioélectronique et les campagnes de désinformation et d’encouragement à la subversion : il annonçait l’allocation de dix-huit millions de dollars supplémentaires aux transmissions de Radio Martí et de Tele Martí, afin que les transmissions se fassent à partir d’un avion militaire C-130 destiné exclusivement à ces fins.
Cette rallonge de dix-huit millions de dollars complète les fonds dégagés dans la Loi d’assignations budgétaires pour 2005 et élève le financement public de ces deux émetteurs à un niveau sans précédents.
En novembre 2005, en adoptant la « Loi d’assignations pour la science et les départements d’Etat, de la justice et du commerce pour l’année fiscale 2006 » on a approuvé une somme de 37.7 millions de dollars pour les transmissions de Radio et TV Martí. Il faut mettre en relief que ce chiffre signifie une augmentation d’environ 10 millions de dollars en comparaison avec celle qui a été approuvée sous cette même rubrique en 2004.
Cette augmentation répond à une demande faite au Congrès par l’administration Bush dans le but d’acheter un avion permettant de garantir les transmissions de Télévision Martí vers Cuba d’une manière permanente. Ledit avion remplacerait le C-130 du Comando Solo, utilisé depuis août 2004 pour accomplir cette infâme mission.
Les vols du C-130 ont eu lieu une fois par semaine, ce qui a été dénoncé par Cuba devant le Comité de radiocommunications de l’UIT dans ses 34ème, 35ème, 36ème, et 37ème réunions. Ce sujet a été aussi présenté dans les conseils de l’UIT des années 2004 et 2005.
Le Comité a conclu lors de sa 37ème réunion, en juin 2005, que tant les transmissions quotidiennes depuis l’aérostat que celles hebdomadaires sur le vol du C-130, causaient effectivement une interférence préjudiciable aux services de télévision que Cuba avait inscrits sur l’enregistrement du Comité international des fréquences et il a demandé l’administration nord-américaine d’arrêter ces interférences. Les autorités états-uniennes, en franche désobéissance de l’avis de cette entité internationale compétente, ont refusé mettre un terme à ces transmissions illégales contre Cuba.
Durant moins d’une année – dans une période comprise entre août 2004 et juillet 2005 – 46 transmissions ont été effectuées depuis cet aéronef militaire et en même temps les transmissions, effectuées quotidiennement depuis l’aérostat, ont continué.
Par cette décision agressive et défiante, le gouvernement des Etats-Unis non seulement aggravera ses violations systématiques des réglementations établies par l’Union internationale des télécommunications, mais violera en plus les résolutions 110 (II) et 127 (II) adoptées par l’Assemblée générale de l’ONU en 1947, deux ans à peine après la fin de la seconde guerre mondiale.
Dans sa résolution 110 (II), l’Assemblée générale condamnait « toute propagande, dans quelque pays qu’elle soit menée, qui est destinée ou qui est de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix ou tout acte d’agression » ; dans sa résolution 127 (II), elle invitait tous les Etats « à étudier les mesures qu’il y aurait lieu de prendre sur le terrain national pour lutter… contre la diffusion des nouvelles fausses ou déformées qui sont de nature à nuire aux bons rapports entre les Etats ».
Chronologie des faits relatifs à l’agression radiophonique et télévisuelle contre Cuba :
le 21 mars 1960. Début de La voix de l’Amérique en transmettant en espagnol.
le 17 mai 1960. Début des transmissions de Radio Swan.
Octobre 1960. Début des émetteurs radiophoniques anti-cubains de Cayo marathon (1180 khz) et Sugar Loaf (1040 khz).
le 23 octobre 1962. Quelques 12 émetteurs radiophoniques commerciaux des Etats-Unis commencent à retransmettre vers Cuba les contenus de la VOA.
Le 1er juillet 1974. Suppression du supplément « Cita con Cuba » transmis par la VOA.
Genève 1979. Conférence administrative mondiale de radiocommunications. La République de Cuba déclare ne pas reconnaître la notification, l’inscription et l’utilisation des fréquences par le gouvernement des Etats-Unis dans le territoire de la bai de Guantanamo, dans la base navale états-unienne, qu’occupe illégalement contre la volonté exprimée du peuple cubain.
Le 10 mars 1980. L’administration cubaine envoie une lettre au Comité international d'enregistrement des fréquences (IFRB) de l’UIT dans laquelle il dénonce l’existence d’émetteurs radiophoniques pirates affectant les bandes des radioamateurs et d’un émetteur radiophonique côtier cubain.
Le 26 mars 1980. Buenos Aires, Argentine. IVème Réunion plénière de la Conférence régionale de radiodiffusion sur des ondes moyennes de l’UIT. Cuba dénonce de nouveau la problématique des émetteurs radiophoniques opérant depuis la base illégale états-unienne site dans la province de Guantanamo, Cuba.
Juillet 1981. Le Comité international d'enregistrement des fréquences (IFRB) de lÛIT dépose une plainte devant la Commission fédérale des communications des Etats-Unis sur des transmissions radiophoniques illégales d’ondes courtes depuis Miami vers Cuba.
Le 22 septembre 1981. Le président Ronald Reagan signe l’ordre exécutif 12323 en créant la « Commission présidentielle pour la radiodiffusion vers Cuba ».
Novembre 1981. Cuba dénonce l’ Accord NARBA.
Décembre 1982. Le projet de la mal baptisée Radio Martí est défait dans une séance extraordinaire du Congrès des Etats-Unis.
Le 13 septembre 1983. Le sénat états-unien approuve la création de la cyniquement baptisée Radio Martí.
Le 20 mai 1985. Radio Martí débute comme un service pour Cuba de la Voix de l’Amérique.
Mai 1986. Le sénateur pour la Floride, Lawton Chiles, demande l’USIA d’initier une enquête sur les possibilités de créer un système de télévision vers Cuba.
Le 7 août 1987. La résolution demandant la création de la mal baptisée Tele Martí est présentée devant le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
Le 27 mars 1990. Mise à l’essai d’un service de télévision en espagnol adressé exclusivement à Cuba.
Le 27 juillet 1990. Le gouvernement états-unien présente au Congrès un rapport où il évalue la dénommée période d’essai de Tele Martí. Malgré l’échec, le président Bush (père) ordonna de continuer l’agression télévisuelle.
Le 20 novembre 1997. Une nouvelle escalade d’agression télévisuelle a lieu quand les transmissions de la mal baptisée Tele Martí commencent sur la bande UHF.
Le 20 mai 2002. Les Etats-Unis introduisent des changements inattendus dans les horaires de transmissions de Tele Martí. Ils échouent de nouveau dans leur tentative d’imposer la réception de leur signal subversive dans l’île.
Le 24 février 2003. Le groupement de la maffia terroriste et anti-cubaine siégée à Miami, « Hermanos al Rescate », réalise des transmissions télévisuelles illégales vers Cuba depuis un avion dans l’espace aérien international proche à Cuba avec l’autorisation de l’Agence fédérale de l’aviation des Etats-Unis (FAA).
Le 20 mai 2003. Les Etats-Unis se sert d’un avion C-130 des Forces armées de ce pays pour émettre des signaux télévisuels vers Cuba entre 18:45 et 20:45 hrs. Ils utilisent les fréquences du canal de réception 13 de VHF, inscrites au nom de Cuba dans l’Enregistrement international des fréquences de l’UIT. Ils affectent avec cette agression le service des transmissions télévisuelles de la programmation nationale dans de différents endroits du pays.
Le 6 mai 2004.Le président Bush adopte de nouvelles mesures acheminées à accentuer l’agression radioélectrique et les campagnes de désinformation et d’encouragement de la subversion à Cuba. Il alloue 18 millions de dollars additionnels afin de garantir les transmissions de Radio et Tele Martí depuis un avion militaire C-130.
El 21 août 2004. Une violation, similaire à celle du 20 mai 2003, a lieu entre 18:00 et 22:00 hrs. A cette occasion, l’interférence intentionnelle, portant préjudice au fonctionnement normal des émetteurs radiophoniques et télévisuels cubains, s’est produit au milieu des travaux de récupération des dommages causés par l’ouragan Charley, en mettant un obstacle à la diffusion d’information d’intérêt pour tout le peuple cubain.
Le 12 décembre 2004. Radio Martí commence ses transmissions sur la bande de radiodiffusion commerciale de FM. Des essais additionnels de transmission sont réalisés sur d’autres fréquences de la bande radiodiffusion commerciale d’ondes moyennes.
Le 30 avril, le 7 et le 14 mai 2005.Trois vols d’exploration sont menés à bien avec des avions du genre RC-135 au même moment où le EC-130J transmettait vers Cuba avec la possible intention de vérifier l’effectivité et les paramètres de notre réponse a cette télé- agression.
Le 13 juillet 2005. Les Forces aériennes des Etats-Unis repositionnent deux avions EC-130 J se trouvant sur la 193ème Zone d’opérations spéciales de Pennsylvanie vers la station aéronavale de Key West, Floride, cinq jours après le passage de l’ouragan Dennis. Un de ces aéronefs vole consécutivement les jours 15, 16, 18, 20 et 23 juillet dans une autre escalade provocatrice et agressive des transmissions anti-cubaines.