LIVRE BLANC 2006 >> DEUXIÈME PARTIE>> CHAPITRE 1

CHAPITRE 1: BIEN QUE LES PEUPLES ET DE NOMBREUX GOUVERNEMENTS DU MONDE S’Y OPPOSENT, LES ETATS-UNIS S’ENTETENT A MANIPULER LES TRAVAUX DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DANS LE CADRE DE LEUR POLITIQUE ANTICUBAINE.

C’est dans les années 80 du siècle dernier que l’extrême droite conservatrice arriva au pouvoir aux Etats-Unis. Le Document de Santa Fe, qui servit de plate-forme électorale et politique aux forces qui secondaient alors Ronald Reagan, annonçait au sujet de Cuba : « Un programme de droits de l’homme vigoureux et équitablement appliqué est une arme miraculeuse des Etats-Unis contre l’Union soviétique et ses satellites et laquais. Or, curieusement, l’administration actuelle … n’a pas vraiment tenté d’appliquer sa doctrine des droits de l’homme à la Cuba castriste. »

Ainsi, dans le cadre de cette nouvelle stratégie anti-cubaine, l’administration Reagan ordonna à des terroristes cubano-américains avérés, dirigés et financés par la CIA, de modifier leur image de marque et de se convertir en « groupes d’opposition politique pacifique et de défense des droits de l’homme ». Des fonds publics nord-américains furent utilisés pour créer à Cuba de petits groupes subversifs de ce genre, de recruter des personnes impliquées auparavant dans des activités violentes de nature contre-révolutionnaire, voire d’anciens fonctionnaires et agents de police du régime dictatorial de Batista. Ce travail de recrutement toucha aussi des délinquants, des opportunistes, des rancuniers et les annexionnistes de toujours.

C’est de 1985 et 1986 qui datent les premières tentatives ratées de faire condamner Cuba, à la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour violation des droits de l’homme.

Mais la première tentative de faire condamner Cuba à la Commission des droits de l’homme remonte à 1987, quand les Etats-Unis présentèrent un projet de résolution qui ne fut pas mis aux voix du fait de l’adoption d’une motion de non-action.

Les Etats-Unis présentèrent en 1988 un nouveau projet de résolution qui fit fiasco lui aussi, compte tenu du fait que Cuba avait pris l’initiative d’inviter une mission formée du président de la Commission et de cinq autres représentants d’Etats membres à visiter le pays.

Les Etats-Unis ne parvinrent pas non plus en 1989 à imposer une condamnation de Cuba. Plusieurs amendements qu’ils présentèrent dans ce but au projet de résolution initial furent repoussés, et le texte finalement voté se borna à prendre note du rapport de la mission ayant visité Cuba et à inviter le gouvernement cubain à travailler à l’application de ses recommandations.

C’est finalement en 1990, après les Etats-Unis furent devenus la seule superpuissance à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique et du camp socialiste, qu’ils parvinrent à imposer à la Commission leur projet de résolution contre Cuba.

Compte tenu du vice d’origine de cette manœuvre nord-américaine, de ses motivations illégitimes et des méthodes de pression et de manipulation politique brutales utilisés pour la faire adopter que Cuba repoussa toute possibilité de coopérer avec cette résolution.

La position de principes du peuple cubain, sa résistance digne face à l’infamie et au mensonge, lui obtinrent peu à peu la reconnaissance et le soutien des membres de la Commission, si bien qu’en 1998, le projet des Etats-Unis fut repoussé par 16 voix pour et 19 contre.

Surpris par cette défaite, le gouvernement nord-américain s’attacha à modifier l’image de ses actions anti-cubaines à la CDH. Pour ce faire, recourant à ses méthodes « traditionnelles », il « convainquit » la République tchèque, qui avait alors besoin du soutien de Washington pour entrer à l’OTAN, d’assumer la présentation publique du projet. L’équipe d’opportunistes conduite par l’ex-président Havel qui a, des années durant, appris à obéir au pied de la lettre aux instructions de Washington et à tirer profit de son argent, n’eut pas de mal à jouer un rôle aussi dénigrant.

C’est selon cette nouvelle formule – mais en devant toutefois recourir ouvertement à leurs pressions et chantages économiques et politiques habituels – que les USA parvinrent à faire voter leur projet contre Cuba, en 1999, 2000 et 2001, mais toujours par une très faible majorité de une à trois voix.

Fin 2001, il était devenu clair que ce nouveau mécanisme était tout à fait discrédité. Les Etats-Unis devaient de nouveau changer leur image de marque pour faire fonctionner leur projet anti-cubain, un point qui devint d’autant plus stratégique que la superpuissance avait perdu sa place à la Commission à la suite d’un scrutin secret réalisé au Conseil économique et social.

58ème Session de la CDH (2002)

Quelques semaines avant le début de la 58ème session de la CDH de hauts fonctionnaires de l’administration Bush engagèrent de nombreuses démarches pour obtenir qu’un ou plusieurs pays latino-américains présentent le projet anti-cubain à la cinquante-huitième session de la CDH en 2002.

Les pressions exercées par de hauts fonctionnaires nord-américains, d’une part, la vulnérabilité et la dépendance accrues envers la politique hégémonique de la superpuissance de plusieurs gouvernements latino-américains à très maigre assise populaire, d’autre part, aboutirent à leurs fins : le président uruguayen, Jorge Batlle, accepta le rôle de la marionnette chargée de présenter publiquement le projet de condamnation de Cuba, rédigé d’un bout à l’autre, bien entendu, par les diplomates de Washington en coordination avec la mafia terroriste de Miami.

Contrairement à la position soumise de certains gouvernements latino-américains, les peuples condamnèrent unanimement la manœuvre anti-cubaine. Non seulement on vit des manifestations de rue en Argentine, au Pérou, au Mexique et au Guatemala ; des parlements demandèrent à leurs gouvernements de maintenir une position d’indépendance et de dignité à Genève.

Le projet anti-cubain voté en 2002 à la cinquante-huitième session de la Commission, prétendument « novateur » et « à approche constructive » selon les marchands à la criée qui lui faisaient l’article, rétablissait purement et simplement un mécanisme de suivi injuste de la situation des droits de l’homme à Cuba, la circonstance aggravante étant que la manipulation, conçue pour satisfaire les visées de domination de Washington, impliquait rien moins que le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Les représentants de la mafia terroriste cubano-américaine jouèrent en ce sens un rôle important de soutien aux actions de l’administration nord-américaine. Profitant de la présence au Congrès de ses représentants, ils participèrent directement aux pressions et au chantage contre plusieurs gouvernements. Ils accomplirent par ailleurs des missions de propagande en vue de vendre l’image que, derrière les actions de l’administration Bush, il y avait les « réclamations » du prétendu « exil » cubain.

59ème session de la CDH (2003)

Dès très tôt les mandataires de Washington et la maffia anti-cubaine commencèrent leurs démarches dans le but d’imposer une nouvelle résolution anti-cubaine lors de la 59ème session de la CDH.

Ainsi, le 18 septembre 2002, onze législateurs qui émargent au budget de la mafia terroriste de Miami, conduits par Ileana Ros-Lehtinen et par Lincoln Díaz-Balart, adressèrent une lettre au Haut-commissaire des Nations Unies pour le presser de participer directement aux actions contre Cuba.

Le 13 décembre, Ros-Lehtinen lui adressa une nouvelle lettre le sommant de demander au gouvernement cubain la libération de plusieurs mercenaires au service des Etats-Unis condamnés à juste titre.

Début janvier 2003, Marc Grossman, sous-secrétaire du département d’Etat aux questions politiques, lui adressa à son tour un message pour lui « rappeler » qu’il n’avait pas encore nommé son représentant personnel pour Cuba, lui signalant que les Etats-Unis estimaient important qu’il le fasse dans les meilleurs délais.

Le gouvernement uruguayen ayant refusé de continuer de jouer le rôle de «protagoniste» dans la pièce mise en scène par Washington à cause du coût politique qu’il avait dû payer devant son peuple, la superpuissance dut exercer de nouvelles pressions sur les gouvernements latino-américains vulnérables pour dénicher un nouveau « protagoniste » en 2003.

Ainsi, Mme Poblete, factotum de la mafieuse législatrice anti-cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, se rendit à Genève début janvier 2003 et se réunit un par un avec des représentants diplomatiques latino-américains en vue d’explorer leurs perceptions de la manœuvre anti-cubaine, de jauger les secteurs les plus vulnérables de chaque gouvernement latino-américain et de préparer des recommandations concrètes en vue d’intensifier la portée du chantage et des conditions qui seraient imposés plus tard tant par le Congrès que par l’administration.
À la fin de ce même mois, Paula Dobriansky, sous-secrétaire d’Etat aux affaires mondiales, se rendit dans plusieurs pays latino-américains, rencontrant présidents et ministres des affaires étrangères, en vue d’ « obtenir » un engagement en ce qui concernait la présentation du projet contre Cuba à la cinquante-neuvième session de la CDH.

Les ambassadeurs nord-américains dans plusieurs capitales du monde remplirent aussi parallèlement, comme de tradition, d’importantes missions de soutien à cette manœuvre anti-cubaine. Ils intensifièrent leurs activités de désinformation et d’intoxication contre Cuba, distribuant aux chancelleries respectives des pamphlets rédigés par le département d’Etat bourrés de mensonges et de demi vérités « actualisées ». Ils exigèrent par ailleurs – avec plus ou moins de subtilité et de clarté, en fonction du degré de dépendance de chaque gouvernement envers les Etats-Unis – un soutien à ce que la superpuissance qualifie comme prioritaire au sein de la Commission des droits de l’homme et « rappelèrent » les avantages d’une bonne relation bilatérale avec la puissance hégémonique.

L’administration Bush, faisant preuve du cynisme et de l’opportunisme qui la caractérisent, réalisa aussi des démarches infructueuses pour que le Groupe de Rio, un des forums de concertation politique des pays latino-américains et caribéens, assume collectivement la présentation du projet nord-américain, pensant profiter du fait que le Pérou était alors chargé de sa coordination.

Après l’échec de ses tentatives de « latino-américainiser » le patronage publique du projet anti-cubain, Washington dut se conformer avec l’engagement du gouvernement péruvien pour présenter le projet de résolution anti-cubain, conçu et intrigué postérieurement par les Etats-Unis. Le Pérou – un pays qui ne s’est pas caractérisé dans les travaux de la CDH pour assumer un leadership contre les pays de l’Amérique Latine au service d’une puissance extrarégionale – s’engagea dans l’acharnement anti-cubain en compagnie d’un gouvernement costaricien à la botte et du ex-président uruguayen Jorge Batlle, rappelé dans son pays comme le pire des cauchemars.

À mesure que le début de la session approchait, les Etats-Unis intensifièrent leurs pressions qui furent soutenues «inconditionnellement» par certains gouvernements clients et alliés de Washington, en particulier par celui de José María Aznar, fasciste défenestré par le peuple espagnol à cause de sa servilité à Bush et de sa manipulation constante de la vérité.

L’administration Bush ne recula devant aucune borne morale ou légale pour garantir les voix nécessaires à l’adoption de sa résolution anti-cubaine. On annonça de Washington des promesses d’ « aide » financière et d’autre nature à ceux qui fourniraient leur voix. Mais la pratique la plus commune ne fut pas celle d’une nouvelle aide, mais la vieille méthode des menaces directes ou larvées de blocage de prêts et d’assignations aux institutions financières multilatérales qu’elle contrôle, tels le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, le retrait de facilités bilatérales en matière commerciale et migratoire, voire le conditionnement de la conduite des Etats-Unis dans leur approche de questions politiques vitales pour les pays faisant l’objet du chantage.

Quelques jours avant le vote, l’administration Bush intensifia ses démarches pour inclure dans son projet de texte anti-cubain une condamnation explicite des justes peines judiciaires infligées à Cuba à des mercenaires au service de sa politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions.

Le 18 mars, Richard Boucher, porte-parole du département d’Etat, appela la Commission à condamner l’arrestation des mercenaires des Etats-Unis dans les termes les plus énergiques.

La superpuissance décida de travailler de nouveau en coulisses. Mais elle se heurta cette fois-ci à des obstacles plus sérieux. Certains gouvernements latino-américains qui s’étaient déjà engagés à se porter coauteurs du projet anti-cubain ou à le soutenir, mais qui étaient acculés par le rejet de leurs opinions publiques de l’agression impérialiste contre l’Irak et par la peur des protestations populaires s’ils se faisaient les complices d’une nouvelle escalade de propagande qui pourrait servir de prétexte à une agression militaire contre le peuple cubain, décidèrent de ne pas soutenir cette nouvelle prétention états-unienne.

Ce fut en fin de compte le gouvernement costaricien qui accepta la mission indigne de présenter le nouvel amendement conçu par les Etats-Unis en vue de jeter les conditions qui leur faciliteraient l’agression militaire destinée à mettre fin à la Révolution cubaine. Le Costa Rica fut le seul pays latino-américain et en développement à voter l’amendement. Sans commentaires!

Cuba, le 16 avril 2003, présenta officiellement deux amendements au projet nord-américain (cotes E/CN/4/L.77) exigeant la levée immédiate du blocus unilatéral et illégal appliqué contre elle et demandant au Haut-commissaire d’entreprendre une évaluation des effets pour le peuple cubain des actes terroristes perpétrés contre elle depuis les Etats-Unis.

L’examen de ces deux amendements déclencha un long débat de procédure, si bien que le vote du projet anti-cubain des Etats-Unis fut reporté de vingt-quatre heures. Au cours de ce débat, quand il devint évident que le vrai auteur de l’amendement présenté par le Costa Rica était bel et bien la superpuissance, son représentant, perdant la boussole, déclara que sa délégation «soutiendrait n’importe quoi contre Cuba» !

Malgré les énormes pressions exercées par les USA, leur amendement de condamnation présenté par le Costa Rica fut repoussé par la Commission par 31 voix contre 15, beaucoup plus de la moitié votèrent contre.

Ce vote assena un coup dur à Washington et à la mafia annexionniste et terroriste d’origine cubaine de Miami, laquelle, quand la superpuissance déclencha sa guerre contre l’Irak, avait organisé la seule manifestation de soutien que l’on ait connue dans le monde, aux cris de : «L’Irak maintenant, Cuba ensuite».

Quant à l’amendement cubain condamnant le blocus nord-américain comme grave violation des droits de l’homme, il fut repoussé par ce même groupe de gouvernements européens et latino-américains qui, prétextant avec cynisme et hypocrisie de leur inquiétude au sujet de la situation cubaine dans ce domaine, parrainent le texte anti-cubain ou votent pour, sans avoir assez de dignité et d’attachement à la justice pour condamner la politique que les Etats-Unis imposent au peuple cubain au déni de ses droits les plus élémentaires, dont le droit à la vie.

Les gouvernements complices de l’empire et subordonnés à lui dans sa manigance anti-cubaine à la CDH firent la preuve de leur morale à deux vitesses, de leur hypocrisie et de leur soumission aux intérêts de Washington et à ses prétentions de domination de la nation cubaine.
Les amendements une fois repoussés, le projet de résolution anti-cubain (E/CN.4/L.2) fut mis aux voix et adopté par une différence de quatre voix (24 contre 20, avec 9 abstentions), bien que les Etats-Unis aient bénéficié de vingt-quatre heures de plus pour poursuivre leurs pressions brutales.

La résolution anti-cubaine (E/CN.4/RES/2003/13), même sans satisfaire toutes les expectatives de l’administration nord-américaine, lui permit toutefois de poursuivre sa manigance un an de plus à la Commission des droits de l’homme et de consolider le mécanisme de ladite Représentante personnelle du Haut-commissaire, attirant ainsi à sa croisade anti-cubaine les services d’un fonctionnaire qui collecterait et reproduirait les mensonges fabriqués à Washington et à Miami et aussi, pourquoi pas ?, - grâce à l’argent de l’oncle Sam - à Prague et à Varsovie.

60ème session de la CDH (2004)

En vue de la soixantième session de la Commission prévue en 2004, l’administration états-unienne saisit très tôt la moindre occasion d’exercer des pressions sur les autres gouvernements, entre autres les visites de plusieurs sous-secrétaires d’Etat dans des capitales latino-américaines et d’Europe de l’Est, notamment de la sous-secrétaire d’Etat aux affaires mondiales, Paula Dobriansky; deux délégations de législateurs envoyées sous ces mêmes latitudes, dont l’une comprenait la mafieuse d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, représentante républicaine de la Floride ; plusieurs tournées et visites dans des pays latino-américains d’Otto Reich, ambassadeur spécial de la Maison-Blanche pour cette région, protecteur de terroristes et anti-cubain patenté; et de Roger Noriega, ancien collaborateur de Jesse Helms, autre anti-cubain patenté et sous-secrétaire d’Etat aux questions interaméricaines.

Une fois conclue cette première étape de pressions politiques et diplomatiques, les maîtres de Washington se rendirent compte qu’ils ne pourraient imposer la présentation publique de la résolution anti-cubaine à la soixantième session de la CDH qu’à un ou quelques gouvernements centraméricains ou d’Europe centrale et de l’Est. C’était là une alternative peu agréable, car maints gouvernements de ces deux régions sont perçus par une bonne partie de l’opinion publique internationale comme des clients de l’Empire. Et Washington dut se résigner à l’option centraméricaine.
En effet, les gouvernements centraméricains ont l’avantage comparatif de faire partie du concert latino-américain, si bien que si l’un d’eux (ou plusieurs) occupait le devant de la scène à la CDH, le puissant appareil d’intoxication états-unien aurait beau jeu de présenter la manigance anti-cubaine comme une inquiétude née de la «région même».

Washington s’attacha donc à imposer aux gouvernements centraméricains comme groupe qu’ils présentent publiquement sa résolution à Genève. Néanmoins, en plus de la résistance de tel ou tel gouvernement parfaitement au courant du fait que son attitude provoquerait des protestations populaires et aurait de graves répercussions sur les relations bilatérales avec l’île, la Maison-Blanche se heurta à un écueil qu’il ne parvint pas à contourner malgré ses pressions et son chantage.

La Maison-Blanche, après la défaite de l’amendement présenté par le Costa Rica à la 59ème session de la CDH, avait besoin d’insérer dès la première version de la nouvelle résolution anti-cubaine d’une référence critique aux autorités cubaines pour avoir puni plusieurs dizaines de mercenaires émargeant à la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane. Or certains gouvernements centraméricains refusaient de faire partie des auteurs du projet si mention était faite de ce point.

La Maison-Blanche dut donc renoncer à sa stratégie d’impliquer la sous région centraméricaine comme un tout dans sa manigance anti-cubaine et concentra dès lors ses pressions sur les gouvernements les plus vulnérables et les plus dépendants, même s’il fallait pour cela sacrifier le prestige et la crédibilité publique du gouvernement qui serait condamné à jouer le rôle d’ «auteur principal». Elle se faisait fort de trouver ensuite des «coauteurs» qui succomberaient à ses menaces.

Nous donnerons plus loin le nom du gouvernement qui joua ce triste rôle. Disons pour l’instant qu’il s’agit, comme de bien entendu, d’un gouvernement qui archive un des pires dossiers du continent américain en matière de droits de l’homme, d’un gouvernement qui n’a pas même pas été capable de mettre fin à l’impunité dont jouissent ceux qui se consacrent à l’exécution extrajudiciaire de dizaines d’enfants.

Pour soutenir les pressions de la Maison-Blanche et du département d’Etat, la commission des relations internationales du Congrès se réunit en mars 2004 à la demande d’Ileana Ros-Lehtinen, représentante de la mafia cubano-américaine de Miami. Des diplomates de plusieurs pays latino-américains, invités à leur tour, durent écouter cette mafieuse convertie en législatrice leur exposer les visées du projet anti-cubain à Genève et leur affirmer d’un ton péremptoire qu’il faudrait ajouter à la version votée l’année précédente un ou deux paragraphes contenant une condamnation bien plus explicite.

Le régime client de l’Empire en place à Prague joua de nouveau le rôle lucratif de héraut de la contre-révolution cubaine. Des politiciens et des diplomates visitèrent, à la demande du gouvernement tchèque et avec les fonds de la superpuissance, différentes capitales du monde, ânonnant comme de mauvais acteurs la pièce écrite à Washington avec la complicité avec certains individus de Miami. N’oublions pas que l’ancien président Havel a eu le grand « honneur » d’avoir reçu « l’hommage » des plus hauts représentants de la mafia terroriste anti-cubaine de cette ville. Quant au vice-ministre des Affaires étrangères, Vosalik, l’un des individus embauchés dans ce but, il visita plusieurs pays latino-américains et même africains en février et mars 2004.

Bien au courant de l’exactitude et de l’efficacité des dénonciations de la Révolution cubaine, la Maison-Blanche affina ses actions et exigea de ses complices le plus grand hermétisme quant à ces préparatifs. C’était vouloir l’impossible : faire croire que la résolution anti-cubaine à la CDH était vraiment le fruit d’une inquiétude authentique de la communauté internationale.

La réalité fut de nouveau dure pour Washington à la soixantième session de la Commission en mars 2004. Jamais la facture typiquement états-unienne du projet de résolution n’avait été plus claire, au point que les Etats-Unis refusèrent qu’on y change la moindre virgule. Et jamais l’implication des diplomates de l’Empire n’avait été plus publique : tout le monde vit les pressions qu’ils exercèrent pour obtenir les voix nécessaires et les signatures complices des pays contraints d’en devenir les coauteurs.

Afin d’assurer le cloisonnement des informations concernant la gestation de la manœuvre anti-cubaine et de mieux briser les volontés – aucune voix discordante quant au produit final ne fut admise – le texte fut rédigé totalement dans le plus grand secret à Washington.

Quant au présentateur public de la résolution, la tâche avait été facilitée par les agissements d’un inconditionnel de l’Empire : José María Aznar avait de nouveau joué le rôle d’entremetteuse au service des intérêts de Washington, puisque c’est lui qui, le 5 mars 2004, demanda directement à Madrid au président hondurien, Ricardo Maduro, lors du Sommet Amérique centrale-Espagne, de présenter le projet anti-cubain à Genève, Bush en personne lui demandant spécialement de faire ce geste.

Le 9 mars, c’est le secrétaire d’Etat en personne, Colin Powell, qui exigea directement à Washington au président hondurien d’assumer la responsabilité de présenter officiellement le projet anti-cubain à la soixantième session de la CDH, lui promettant en échange que les USA incluraient le Honduras parmi les pays aptes à recevoir les miettes d’aide financière qu’ils avaient promis de distribuer dans le cadre de l’Initiative du millénaire.

De retour au Honduras, Maduro annonça cette promesse d’aide états-unienne, se gardant bien de dire à quelle condition: que l’Etat hondurien renonce à agir en toute souveraineté aux Nations Unies et, pis encore, qu’il joue le rôle indigne de complice principal des Etats-Unis dans l’agression conçue à Genève contre la vérité et la justice que revendique le peuple cubain.

Le département d’Etat convoqua une réunion à Washington le 24 mars. Marc Grossman, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires politiques, annonça aux diplomates d’un groupe de pays que le Honduras serait l’ « auteur principal » de la résolution contre Cuba à la CDH, puis ses adjoints entreprirent de distribuer le texte en anglais, et ce n’est qu’ensuite que l’ambassadeur hondurien put prendre la parole pour confirmer l’annonce d’une voix timide. Visiblement nerveux, gêné et humilié, il balbutia quelques mots incohérents et demanda aux autres de soutenir la résolution.

Tandis que tout ceci se passait en coulisses, le rapport de ladite représentante personnelle pour Cuba du Haut-commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme avait été distribué officiellement à Genève.

Mme Christine Chanet, qui a rempli à ce jour le mandat douteux découlant de la résolution imposée à la cinquante-huitième session de la CDH (E/CN.4/RES/2002/18), présenta donc son premier rapport écrit devant la Commission.

Compte tenu des sources d’information utilisées, des pressions exercées par les Etats-Unis et les complices de leur politique hostile au peuple cubain et des motivations injustes qui le sous-tendent, ce document ne pouvait pas ne pas être un nouveau pamphlet sans la moindre objectivité, puisque son auteur se borne à accréditer les allégations mensongères fabriquées par les experts en contrevérités de la CIA, du département d’Etat et de la mafia terroriste anti-cubaine de Miami.

Ladite Représentante personnelle a fini par interpréter le triste livret anti-cubain conçu par les Etats-Unis et leurs complices. Dans un système international des droits de l’homme foncièrement soumis à un profonde manipulation politique à des fins de domination mondiale, un expert qui tient à défendre sa crédibilité et son impartialité doit évaluer avec soin la nature et les circonstances du mandat qu’on lui confie avant de l’assumer ou de l’exercer, bien qu’il ne soit jamais trop tard pour se reprendre et agir honnêtement.

De toute façon, quiconque accepte de remplir le rôle anti-cubain imposé par cette résolution de la Commission, mécanisme mis au point par la superpuissance en vue de fabriquer des prétextes lui permettant de poursuivre sa politique d’hostilité, de blocus génocide et d’agressions contre Cuba, ne pourra jamais attendre d’autre sentiment que celui du mépris le plus profond chez son peuple.

Les conclusions et recommandations de la Représentante personnelle sont une copie, une reproduction mimétique des exigences posées par la superpuissance hégémonique au peuple cubain en vue de détruire ses transformations révolutionnaires et de ramener le pays à la triste condition de néo-colonie que le jeune impérialisme états-unien lui avait imposée pendant plus de cinquante ans après avoir occupé l’île militairement.

Ladite Représentante personnelle coïncida avec les fonctionnaires de l’administration Bush et la mafia de Miami quand elle demanda à Cuba un certain nombre de choses : que le gouvernement intervienne dans la justice et suspende les justes décisions adoptées par des tribunaux dans le cadre de procès corrects et aux termes de lois existant avant des actes considérés comme de graves crimes ; qu’il libère – ce qui reviendrait de fait à l’impunité – un groupe de mercenaires qui remplirent sur paiement des missions assignées par la superpuissance qui agresse leur pays; qu’il modifie des lois et des préceptes constitutionnels entérinés par la majorité écrasante du peuple cubain dans le plein exercice de son droit à l’autodétermination et à la souveraineté; qu’il facilite l’entrée dans le pays d’étrangers au service de la politique hostile du pouvoir impérial états-unien et de la mafia terroriste et annexionniste de Miami afin de remplir des missions financées – entre autres postes – sur les cinquante-neuf millions de dollars que Washington destine dans le cadre du Plan d’annexion de mai 2004 à la promotion d’actions visant à liquider le système constitutionnel cubain.

Ayant fini par trouver un « auteur » public de son projet contre Cuba, l’administration Bush ne renonça pas pour autant à continuer de diriger la manœuvre, dans la mesure où ses représentants ne cessèrent de s’agiter dès l’ouverture même de la soixantième session de la Commission à Genève.

Elle interdit toute possibilité de négociation au sujet du projet de résolution et obligea les représentants du Honduras à l’enregistrer tel quel, et en hâte, devant le secrétariat de la CDH. Elle interdit même aux pays qui allaient s’en faire les complices en parrainant ou en soutenant la résolution de proposer ne serait-ce qu’une simple modification de ponctuation.

Sans même les consulter ni les prendre en considération, la superpuissance hégémonique entraîna un par un ses différents alliés à parrainer le projet de résolution. On retrouvait encore et toujours les mêmes complices : d’anciennes puissances coloniales sur le tard, qui jouent aujourd’hui le triste rôle d’alliés au petit pied de l’Empire ; des « alliés » serviles et des sous impérialismes qui étanchent leur soif de domination en servant de cerbères sous-régionaux de Washington ; des régimes clients qui subsistent encore contre la volonté des peuples dans la région que la superpuissance continue de considérer son arrière-cour ; et d’autres qui n’ont tout simplement pas le courage de résister aux pressions de Washington.

C’est le 2 avril 2004, à 18 heures, que la délégation hondurienne inscrivit le projet de résolution anti-cubain. Mais les représentants états-uniens dirigèrent chaque détail de l’opération. Pour que le gouvernement hondurien – qui n’avait jamais encore présenté le moindre projet devant la Commission – avalait plus facilement la pilule et acceptait sans trop rechigner cette humiliation publique, Washington lui assura la compagnie de gouvernements aussi « indépendants » et aussi «attachés » à la cause des droits de l’homme que ceux du Nicaragua, d’El Salvador, de la République tchèque et de l’Australie.

Fort de sa longue expérience en la matière, le protagoniste continuait de jouer en coulisses, à la recherche de parrains et de soutiens, poussant le cynisme et l’impudence jusqu’à ne pas apparaître sur la liste des auteurs initiaux du projet !

Si l’on ne connaissait pas la motivation profonde qui sous-tend en fin de compte ce texte, celui-ci mériterait de servir de « cas d’étude » pour politiciens et diplomatiques souhaitant analyser une rhétorique futile capable de dire si peu en si peu de mots.

Or, il est important de saisir le danger que représente ce genre de piège. Si la manœuvre contre Cuba à la CDH est illégitime et inacceptable pour notre peuple et pour quiconque est attaché dans le monde à la vérité et à la raison, ce n’est pas seulement à cause du projet en soi, mais aussi parce que celui-ci contribue à la fabrication d’un prétexte permettant à la superpuissance de poursuivre la politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions qu’elle mène contre l’île depuis maintenant plus de quarante ans (bien plus dangereuse de nos jours), toutes administrations confondues, à plus forte raison quand le «changement de régime» dans les pays qui ne se soumettent pas à l’impérialisme étasunien est devenu la politique officielle de Washington.

La résolution imposée à la soixantième session de la CDH n’inclut pas la moindre référence, même larvée, à la politique de blocus, d’hostilité et d’agression des Etats-Unis contre le peuple cubain, qui est bel et bien la seule violation massive, systématique, grave et continue des droits des Cubains et des Cubains ! Comment pourrait-on donc attendre qu’elle reconnaisse ou soutienne le droit du peuple cubain d’adopter des mesures légales pour protéger son indépendance, son autodétermination et pour défendre le système politique, économique et social qu’il a choisi en toute souveraineté pour bâtir un avenir de bien-être, de justice sociale et de solidarité pour tous?

Le projet de résolution contre Cuba fut adopté à la soixantième session de la CDH par 22 voix contre 21, avec 10 abstentions, soit une seule voix de différence ! C’était là une victoire à la Pyrrhus pour la superpuissance dont les fonctionnaires avaient pourtant exercé les pressions les plus brutales sur les gouvernements de pays en développement. Le résultat du scrutin prouvait aussi le discrédit croissant de la manœuvre anti-cubaine à Genève, puisque plus de pays que jamais votèrent contre et que deux pays de moins qu’en 2003 la votèrent.

Le Honduras joua un rôle lamentable. Ses représentants, dont tout le monde savait qu’ils avaient été contraints d’inscrire un projet de résolution auquel ils n’avaient même pas eu le droit de modifier une virgule, ne faisaient un pas dans la salle que sur instructions de la délégation états-unienne qui leur signalait les sièges où ils devaient s’adresser pour obtenir des signatures de parrainage et les exhortait à remplir leur «mission», leur présentant des chiffres mensongers quant aux votes de soutien que Washington avait obtenus. Bien entendu, le Honduras n’aurait pas obtenu à lui tout seul une seule voix de soutien à «son» projet.

Pour assurer l’adoption du projet, la délégation gouvernementale états-unienne fut «renforcée» par un personnel chevronné dans l’exécution de la politique anti-cubaine et dans le maniement du bâton contre les gouvernements du Sud, entre autres Frank Almaguer, un sinistre personnage d’origine cubaine.

Cet Almaguer fut ambassadeur de Washington à Tegucigalpa de 1999 à 2002, après avoir rempli d’autres missions d’ingérence et d’intervention en Amérique centrale et dans d’autres pays latino-américains derrière la façade «humanitaire» des Corps de la paix et de l’US/AID.

Jamais l’engagement d’une administration états-unienne auprès des individus les plus réactionnaires et les plus agressifs de la mafia terroriste anti-cubaine de Miami n’avait été plus évident. Au comble de l’impudeur et du mépris à la crédibilité de la Commission, Washington inscrivit même dans sa délégation officielle un terroriste avéré d’origine cubaine, Luis Zúñiga Rey.

Cet individu fut arrêté en août 1974 et condamné par les tribunaux pour être entré illégalement à Cuba en provenance des Etats-Unis, chargé d’armes et d’explosifs en vue de commettre des attentats terroristes dans le cadre d’une opération de la CIA. Libéré et de retour aux Etats-Unis, et devenu responsable de l’appareil paramilitaire de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), il participa à l’organisation et au financement d’attentats à la bombe, dans les années 90, contre des hôtels de La Havane et d’autres actions terroristes contre des hôpitaux cubains.

Dans son rapport à la cinquante-sixième session de la Commission, le rapporteur spécial sur l’utilisation des mercenaires révéla que Zúñiga Rey avait recruté le Guatémaltèque Percy Francisco Alvardo Godoy afin qu’il étudiait les points vulnérables à des attentats terroristes à Cuba, tels qu’hôtels, centrales thermiques et raffineries de pétrole.

Or, le terroriste Zúñíga Rey intervint dans les débats de la soixantième session de la CDH rien moins qu’à partir du siège officiel du pays dont le gouvernement se dit engagée dans le combat antiterroriste et son grand promoteur !

La mafia terroriste d’origine cubaine installée aux États-Unis, de connivence avec l’administration Bush qui la protège et la promeut, fit agir ses influences pour faire participer à la farce de Genève des législateurs étasuniens qu’elle arrose de ses ‘’généreuses’’ contributions financières.

C’est ainsi qu’on vit déambuler dans les couloirs et les salles de Genève, en quête de soutien au projet anti-cubain et la menace à la bouche contre quiconque le lui refuserait, Chris Smith, représentant républicain de New Jersey, un Etat qui, de pair avec la Floride, accueille des groupes terroristes d’origine cubaine comme Alpha-66 et Commandos L. Smith reçut le concours de Mme Poblete, adjoint de la représentante républicaine d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, fameuse par sa complicité avec les auteurs de l’enlèvement du petit Cubain Elián González et par son activisme en faveur de la recrudescence du blocus génocide contre le peuple cubain.

Les tenants du pouvoir impérial recoururent aux menaces les plus mesquines pour imposer à tout prix le projet de résolution.

Ils rappelèrent à plusieurs gouvernements centraméricains que les États-Unis pouvaient expulser les centaines de milliers d’émigrés qui y travaillent et mettre fin aux envois de fonds aux familles restées dans leur pays d’origine.

Ils menacèrent des pays africains de les priver des avantages de l’African Growth and Opportunity Act (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, AGOA) qui facilite l’accès de certaines exportations africaines au marché étasunien.

Ils firent tout simplement chanter des gouvernements de différentes régions en les menaçant, au cas où ils refuseraient de soutenir le projet de résolution, de leur faire subir le même sort. Le pouvoir impérial leur promit même d’interjeter ses « bons offices » pour décourager toute initiative qui viserait à les condamner, ce qui est d’autant plus facile pour lui que les manœuvres condamnatoires au sein de la Commission partent toujours des puissances industrielles.

Ils demandèrent à différents gouvernements de voter pour ou du moins de s’abstenir, auquel cas la superpuissance ne bloquerait pas les crédits à leur égard du Fonds monétaire international où elle exerce de fait un droit de veto.

Roger Noriega, le sous-secrétaire d’Etat, confirma le 14 avril 2004 que la Maison-Blanche avait eu des contacts avec des gouvernements latino-américains et européens pour obtenir leur appui au projet anti-cubain, allant même jusqu’à dire que le président Bush en personne téléphonerait personnellement à certains de ses homologues et à citer comme preuve à l’appui sa conversation avec le président mexicain Fox.

Kim Holmes, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux organismes internationaux, informa publiquement que son gouvernement bataillait dur et faisait des démarches auprès de plusieurs pays pour en obtenir le soutien.

Le porte-parole du département d’Etat confirma pour sa part que le président en personne, le secrétaire d’Etat et d’autres fonctionnaires du département d’Etat avaient passé des coups de fil aux gouvernements membres de la Commission pour leur faire connaître les intérêts prioritaires des États-Unis en matière de droits de l’homme et les exhorter à voter dans ce sens.

Certaines pressions furent si scandaleuses qu’elles finirent par être connues de l’opinion publique. Ainsi, le président de la République dominicaine, Hipólito Mejía, avait fait savoir au gouvernement cubain que le sien s’abstiendrait et maintint cette décision jusqu’au 14 avril 2004 dans l’après-midi, moins de douze heures avant le vote de Genève, où le gouvernement cubain apprit soudainement que la République dominicaine voterait le projet des États-Unis.

Hipólito Mejía fit savoir à Miami que Roger Noriega, mais aussi Otto Reich, envoyé spécial de Bush pour les Amériques, autre anti-cubain notoire, lui avait téléphoné personnellement pour exercer des pressions dans ce sens.

Il existe une correspondance très claire, surtout en Amérique latine, entre le degré de souveraineté, de dignité et de popularité d’un gouvernement et ses possibilités de résister aux pressions et aux chantages de Washington sur ce point de la résolution anti-cubaine.

Ce sont les gouvernements frappés par des scandales de corruption et de fraude, à maigre assise sociale, extrêmement dépendants de l’aide financière de Washington qui accepte sans rien dire la répression qu’ils déclenchent contre les secteurs populaires mécontents, représentant les intérêts égoïstes des oligarchies clientes du capital transnational, qui sont le plus enclins à se plier aux oukases de la superpuissance, au mépris de la volonté de leurs populations respectives.

On peut inclure dans cette liste d’ «hommes d’Etat» serviles des personnages de la « stature politique » d’un Menem (devenu millionnaire grâce à l’exercice
« honnête » de ses différents mandats de président argentin) ou un Battle (l’ancien président uruguayen qui battit des records d’impopularité et assura l’impunité aux individus ayant commis de graves violations des droits de l’homme, telles qu’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées de personnes et tortures).

Si les États-Unis étaient vraiment intéressés par la promotion des droits de l’homme en Amérique latine, ils n’imposeraient pas à la CDH l’adoption de leur projet de résolution injustifié contre Cuba; au contraire, ils lui présenteraient des textes visant précisément les gouvernements latino-américains qui montent sur leur char et défendent leur projet anti-cubain.

Il ne s’agit pas là d’une simple rhétorique: cette thèse repose sur les rapports que le département d’Etat rédige tous les ans au sujet de la situation des droits de l’homme dans le monde entier (exception faite des États-Unis, bien entendu!) et qui contiennent à propos des gouvernements qui se font leurs complices à la CDH des données concrètes et des jugements de valeur autrement plus graves que les accusations mensongères formulées contre Cuba.

Alors qu’au fil des années, le département d’Etat est absolument incapable de présenter, dans le cas de Cuba, un seul exemple de violation massive, grave et flagrante des droits de l’homme, il signale en revanche des dizaines, des centaines, voire des milliers de cas de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires – dont des enfants – d’assassinats politiques de journalistes et d’avocats, de corruption et de fraude au gouvernement, et un panorama d’impunité totale et de désespoir chez les peuples victimes des gouvernements qui font pourtant compagnie à la superpuissance pour attaquer la dignité des Cubains à Genève.

L’attitude du gouvernement hondurien à la soixantième session de la CDH souleva un tollé général dans la population.

Nombre de personnalités politiques et artistiques, d’intellectuels et de parlementaires, d’organisations non gouvernementales, d’associations d’amitié, voire certains des médias les plus importants du pays, comme La Prensa, La Tribuna, Tiempo et El Heraldo, publièrent des communiqués, des déclarations, des articles et des lettres condamnant l’attitude du président Maduro et dénonçant sa servilité envers les Etats-Unis.

Parmi ces communiqués et déclarations publics, citons le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Madariaga, l’Association d’organismes non gouvernementaux (ASONOG), la Septième Assemblée nationale ordinaire du Parti Unification démocratique, le Bloc populaire, l’Organisation fraternelle noire hondurienne (OFRANEH), le conseil de direction de Conseil de coordination des organisations paysannes du Honduras et le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) au nom de plusieurs ONG, des centrales syndicales et de syndicats sectoriels, des organisations d’étudiants, d’indigènes et de base de l’Eglise catholique, etc.

Le Comité des parents de détenus-disparus au Honduras (COFADEH) qualifia d’ « injuste, d’indigne et de moralement incompétente la position du Honduras à Genève contre Cuba », affirma que « le gouvernement du président Ricardo Maduro est inhabilité du point de vue juridique pour promouvoir à l’échelle internationale ce qu’il est incapable de faire dans le pays même » et conclut en disant que « l’accès aux prétendus bénéfices du Compte du millénaire en échange d’une condamnation de Cuba n’est pas une affaire dont nous pouvons nous enorgueillir en tant qu’Honduriens».

Le Commissaire National aux Droits de L’homme du Honduras, Ramón Custodio, parla au nom de son peuple à la soixantième session de la CDH pour condamner l’attitude de son gouvernement et démarquer le peuple hondurien de cette infâme manoeuvre anti-cubaine.

En 2004, les Etats-Unis échouèrent une fois de plus dans leur tentative de modifier l’image discréditée que projette leur manoeuvre anti-cubaine à la CDH, car rien ne put cacher sa motivation illégitime et les pressions et les chantages qu’ils exercent directement pour parvenir à l’imposer.

Aurait-il beau le seriner, Washington a toujours plus de mal à faire croire que sa manoeuvre à Genève n’a rien à voir avec une tentative de fabriquer un prétexte pour pouvoir poursuivre sa politique d’hostilité et de blocus contre l’île. Les faits se chargent de prouver exactement le contraire.

Le 6 mai 2004, peu de temps après la clôture de la soixantième session de la CDH, le président Bush annonça en effet la mise en pratique de nouvelles mesures visant à intensifier le blocus et à détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain en toute souveraineté.

Dès son entrée à la Maison-Blanche grâce au soutien enthousiaste des secteurs les plus extrémistes de Miami, Bush a mené de nouvelles agressions et renforcé les mesures visant à fabriquer de toutes pièces une situation de crise à Cuba qui fournirait le prétexte à une éventuelle intervention militaire, car son administration est convaincue que seule une attaque armée directe et massive pourrait stopper les transformations révolutionnaires engagées par le peuple cubain solidement regroupé autour de son gouvernement et bien décidé à les défendre coûte que coûte.

Le chapitre I du Rapport rédigé par la commission que Bush avait créée pour accélérer le «changement de régime» à Cuba, rendu public le 6 mai 2004, identifie deux tâches qui ont à voir directement avec la Commission des droits de l’homme : organiser une vaste campagne de désinformation à l’étranger et favoriser l’isolement de la Révolution en impliquant d’autres acteurs et en manipulant les créneaux offerts par les organisations multilatérales.

Le résumé de ce chapitre – le document entier a été entériné par Bush – affirme sans ambages que la promotion de manoeuvres anti-cubaines au sein des organisations internationales constitue une arme d’appoint très importante « à la politique visant à accélérer la fin du régime castriste » et il recommande en particulier de « renforcer le soutien au suivi des droits de l’homme ».

En vue de sa réélection en novembre 2004, Bush continua de cultiver avec enthousiasme le soutien de tous ceux qui ont de longue date participé aux plans et aux actions les plus brutales visant à détruire la Révolution cubaine, y compris les représentants des groupes terroristes basés aux États-Unis.

Bush se rendit de nouveau en Floride quelques jours avant les élections. Le dimanche 31 octobre, lors d’une rencontre tenue là-bas avec la participation de plusieurs terroristes et d’ennemis avérés de la Révolution cubaine, le président états-unien a lancé que ‘’dans les quatre années à venir, nous maintiendrons la pressure pour que le cadeau de la liberté arrive finalement chez les hommes et les femmes de Cuba. Nous ne nous reposerons pas. Nous maintiendrons la pressure jusqu’à ce que le peuple cubain jouisse des mêmes libertés à La Havane qu’ici en Amérique’’.

Des mois plus tard, le peuple cubain ferait à nouveau face, au cours de la 61ème session de la Commission, à un autre chapitre de l’exercice ignominieux de manigances politiques que le Gouvernement des États-Unis promeut chaque année à Genève avec l’objectif raté de discréditer le processus de transformations révolutionnaires engagé dans l’île depuis janvier 1959. L’administration Bush ne s’attacherait à aucun critère éthique ou de droit pour atteindre ses visées anti-cubaines. Les pressions et les chantages seraient encore plus décharnés à cette occasion.

61ème session de la CDH (2005)

À peine quarante-huit heures après la réélection de Bush, la camarilla agressive et militariste dont le pouvoir reçut un surprenant soutien aux dernières élections impériales, se empressa de confirmer qu’elle poursuivrait sans changement sa politique de blocus et d’hostilité contre Cuba.
Ainsi, le 4 novembre 2004, le département d’Etat émit une note de presse intitulée: «Cuba, situation des droits de l’homme», dans laquelle il répète plusieurs des mensonges, des calomnies et des fausses accusations qui ont servi de base à la campagne anti-cubaine de l’administration en matière de droits de l’homme.

Cette oukase médiatique impérial recourt de nouveau à la falsification des faits survenus en mars 2003, date à laquelle le gouvernement et les tribunaux cubains durent intervenir pour faire appliquer la loi et neutraliser les actions délictuelles de mercenaires qui, financés et dirigés par la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane, prétendaient détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain. La fin de l’impunité dont jouissaient les transgresseurs de la loi fut décrite dans le pamphlet anti-cubain de Washington comme «un coup de filet total contre les activistes indépendants de la société civile».

Le département d’Etat mentit sans scrupules, une fois de plus, dans cette note. Les tribunaux civils ordinaires punirent, en vertu de lois préexistantes aux délits commis, non des activistes, encore moins indépendants, mais des mercenaires annexionnistes qui recevaient des ordres et de l’argent en abondance du gouvernement états-unien pour réaliser des actions illégales à Cuba au service de sa politique de blocus et d’agressions. Dans n’importe quel pays du monde, Etats-Unis compris, conspirer au service d’une puissance étrangère constitue un crime.

Le renforcement de l’hostilité de Washington contre Cuba et la manipulation de la question des droits de l’homme à cet égard, se mit de nouveau en relief dans une lettre que Bush a adressée aux organisateurs du séminaire anti-cubain tenu en novembre 2004 à Miami sous les auspices de l’Institut des Études cubaines et cubano-américaines de l’Université de Miami et de l’Ambassade de la République tchèque aux États-Unis. Le Chef de la Maison Blanche y réaffirma une fois de plus son engagement de soutenir toute action conduisant finalement à la destruction de la Révolution cubaine.

Ce n’était pas par hasard que cette lettre fut publiée immédiatement après les réélections présidentielles, où Bush se vit favorisé par la culture de la peur qui a été imposée au peuple nord-américain. Il voulut réitérer son soutien à la mafia terroriste et anti-cubaine de Miami toujours fidèle.
Les représentants de la mafia à Miami et les mercenaires de la politique anti-cubaine des États-Unis dans l’île ont soudain manifesté publiquement leur satisfaction suite à la réélection de l’Administration néo-conservatrice et impérialiste. Lincoln Díaz-Balart, congressiste avec un dossier anti-cubain éprouvé, déclara que ‘’la vérité est que ces élections ont fermé toutes les voies à Castro’’.

De son côté, Camila Ruiz, l’une des directrices de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), déclara au nom de cette organisation terroriste que ‘’Nous sommes très contents de pouvoir continuer à travailler avec l’administration du président Bush pour réussir un changement démocratique à Cuba’’. Les méthodes ‘’démocratiques’’ de la Fondation privilégient, entre autres pratiques, les bombes posées dans les hôtels, les plans pour assassiner le Président Fidel Castro et le sabotage contre les cibles économiques à Cuba.

En 2005, les États-Unis tentèrent de répéter le schéma des années précédentes en confiant à un pays tiers ou à un groupe de pays la présentation publique du projet anti-cubain. Pour imposer un nouveau présentateur de service, ils comptaient sur la subordination et la profonde dépendance de quelques gouvernements centraméricains et de l’Europe orientale à l’égard de leur politique hégémonique.

L’administration Bush exerça de fortes pressions sur les pays centraméricains afin de les imposer la présentation du projet anti-cubain comme une ‘’initiative conjointe’’ de la sous région. Cependant, ses démarches n’ont pas été couronnées de succès. L’Honduras refusa de rejouer le triste rôle de l’année dernière et d’autres gouvernements de la région ont réagi de la même manière.

Les Etats-Unis décidèrent alors de présenter directement le projet qui fut toujours à eux. D’un autre coté Washington considéra qu’apparaître publiquement comme le sponsor du projet pourrait arrêter la détérioration progressive enregistrée dans le patron de votation.

L’administration Bush utilisa à sa faveur le haut degré de subordination face à sa politique anti-cubaine de plusieurs pays de l’Union européenne, intéressés à dédommager l’atteinte causée à leurs relations avec la super puissance par leur questionnement timide sur l’invasion états-unienne à l’Irak. L’UE seconda inconditionnellement Washington dans sa manigance anti-cubaine à la 61ème session de la CDH, rôle joué brillamment par plusieurs gouvernements d’Europe centrale et orientale qui agissent comme des pions de la politique des Etats-Unis à l’intérieur de l’Union.

Tel que l’année précédente, les Etats-Unis exercèrent de façon discrète leurs pressions à faveur de l’adoption du projet anti-cubain, concentrant leurs démarches à Washington et dans les capitales des pays membre de la CDH.

Dans son intrigue anti-cubaine, les Etats-Unis travaillèrent non seulement pour engager le soutien à son projet, mais aussi ils demandèrent les membres de refuser n’importe quelle initiative à caractère de procédure pouvant être présentée par la délégation cubaine.

La chasse anti-cubaine déclanchée par les Etats-Unis, inclut des démarches et des pressions à faveur du projet anti-cubain, impliquant le propre président Bush et la secrétaire d’Etat, Condolezza Rice.

Les mandataires de la maffia anti-cubaine de Miami, y inclus ses représentants au Congrès états-unien, y aussi participèrent aussi.

En septembre 2004, le représentant états-unien auprès de l’ECOSOC, l’ambassadeur Sichan Siv, réalisa un parcours pour la région du golf arabique persique dans le but d’engager le soutien aux initiatives que le gouvernement nord-américain promouvraient à la prochaine CDH. Dans la conférence de presse donnée durant sa tournée, Sichan Siv critiqua la présence à la CDH de pays tels que Cuba, le Soudan et le Zimbabwe.

Le 15 septembre 2004, sur le titre « Pour la liberté des prisonniers de conscience à Cuba », une dépêche de presse d’Europa Press révéla que la Fondation FAES, présidée par le fasciste espagnol José maria Aznar, avait tenu une rencontre en défense des mercenaires de la politique anti-cubaine du gouvernement des Etats-Unis, qui avaient été jugés et condamnés à Cuba. Le secrétaire des relations internationales du parti populaire espagnol, Jorge Moragas, le président de l’Association espagnole, « Cuba en transition », Rafael Rubio, et le terroriste d’origine cubaine, Carlos Alberto Montaner, y participèrent.

Dans la République tchèque des événements de propagande anti-cubaine eurent lieu aussi, ceux-ci convoqués et subventionnés avec le patronage et l’argent de Washington. Du 17 au 19 septembre 2004, le prétendu Comité international pour la démocratie à Cuba (CIDC) et l’entité gouvernementale tchèque « Gens en difficulté » (People in Need) tinrent une rencontre baptisée « Vers une démocratie à Cuba », au siège du sénat à Prague. L’ex président de la République tchèque, Vaclav Havel, le défenestré, José Maria Aznar, et l’ex ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU en pleine guerre froide, Jeane Kirkpatrick, assistèrent à ce spectacle médiatique.

En Amérique Latine les pressions anti-cubaines furent aussi exercées avec toute la force impériale. Plusieurs ambassadeurs latino-américains accrédités à Washington furent convoqués à une conférence de presse sur la 61ème session de la CDH qui eut lieu au siège du Congrès des Etats-Unis au mois de mars. La congressiste d’origine cubaine Ileana Ros-lehtinen y assura avec ses méthodes traditionnelles de chantage la présence de plusieurs représentants diplomatiques de la région.

Les pressions exercées sur les gouvernements du Mexique, du Pérou et du Guatemala se mirent en relief.

Dans le cas du Guatemala, les médias reportèrent que durant la visite du secrétaire de la Défense américain, Donald Rumsfeld, en mars 2005, ce fonctionnaire exigea le vote positif du Guatemala face au projet anti-cubain comme une condition préalable pour lever l’embargo militaire de Washington à ce pays et allouer 3,2 millions de dollars pour les forces aériennes, l’entretient des bases militaires ainsi que pour la formation et l’équipement des effectifs qui participeraient à des missions internationales de paix.

Du 4 au 6 avril, le sous administrateur pour l’Amérique Latine et la Caraïbe de l’USAID, Adolfo Franco, visita l’Argentine dans le but d’obtenir le vote de ce pays a faveur du projet anti-cubain. Franco demanda en plus la chancellerie argentine d’ouvrir les portes de son ambassade à La Havane aux mercenaires de la politique anti-cubaine des Etats-Unis.

Au Mexique, les pressions furent directement adressées au chancelier Derbez, intéressé à obtenir l’approbation de Washington pour pouvoir se placer à la tête de son baptisé Ministère des colonies, - l’Organisation des états américains. Dans son ambition et son désir véhément de protagoniste, Derbez engagea le vote anti-cubain en échange du soutien états-unien à son aspiration au Secrétariat général de l’OEA. Une année avant, Derbez avait obtenu le consentement de l’administration Bush à un vote éventuel du Mexique soutenant la résolution sur Guantanamo pourvu qu’il maintenait inaltérable ce vote contre Cuba. Son vote était décisif dans le cas de la manigance anti-cubaine ; dans le cas de Guantanamo en assurant la complicité de l’Union européenne, Washington pouvait se passe du vote mexicain sans un grand coût.

Le 7 avril 2005, dans un entretient donné par l’alors sous-secrétaire d’Etat pour l’Amérique Latine, Roger Noriega, à la chaîne CNN, celui-ci affirma que maintenir le sujet de Cuba dans l’agenda de la Commission était le plus important et que les Etats-Unis ne ménageraient pas d’efforts pour y réussir.

Les Etats-Unis étendirent leurs pressions aux pays qui ne sont pas membre de la Commission, dans le but d’amplifier le nombre des coauteurs du projet.

Les Etats-Unis, vissant ses objectifs anti-cubains, se servirent à nouveau de la Représentante personnelle pour Cuba du haut commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme.

Mme. Chanet présenta son deuxième rapport à la 61ème session de la CDH. Une copie de celui présenté en 2004. Pas un mot, évidemment, du texte pour faire hommage à la mémoire des victimes cubaines du terrorisme encouragé et autorisé par le Gouvernement des Etats-Unis. Pas un mot d’encouragement aux familles des Cinq héros de la lutte anti-terroriste séquestrés aux geôles américaines.

Mme. Chanet se fit l’écho des mensonges fabriqués par les autorités américaines et la mafia terroriste anti-cubaine de Miami dans son pamphlet anti-cubain, dans le but d’imposer « un changement de régime à l’île » et priver le peuple cubain de l’exercice de son sacré droit à la libre détermination.

Le point de départ de Mme. Chanet se correspond avec les prétentions de la superpuissance et les ex-métropoles européennes d’imposer de préceptes et de modèles favorisant leur schéma de domination, la coopération internationale pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme.

Mme. Chanet a malheureusement joué jusqu’à maintenant, le méprisable rôle lié au mandat dénaturé, conçu et imposé par les Etats-Unis, afin de fournir un prétexte à l’approfondissement des sa politique d’agressions et d’annexion contre la nation cubaine.

S’il lui en reste un peu d’éthique et de dignité, Mme. Chanet devrait renoncer à exercer un mandat prétentieux de conquête et domination impériale. Tant que vous exerceriez ces fonctions, ne vous attendait autre chose du peuple cubain que de la haine et du mépris qui méritent tous ceux qui collaborent avec la puissance assaillante.

Une fois initiée la Commission, les Etats-Unis refusèrent à nouveau de changer une seule virgule au projet de résolution anti-cubain élaboré à Washington. L’Union Européenne et autres furent contraints de signer un document dont on ne leur a pas demandé conseil.

Le 12 avril, quelques heures avant la présentation (15h00 à Genève), la délégation américaine a officiellement remis, au Secrétariat, le projet de résolution parrainé par 37 pays, les 25 membres de l’UE, Nicaragua, El Salvador, Monaco, Albanie, Israël, Croatie, Japon, Roumanie, Australie et Canada, ainsi que les Etats-Unis eux-mêmes. D’autres pays vinrent s’adhérer au projet initial, notamment ceux du Nord. La superpuissance dans son égarement pour faire croître le nombre de coauteurs du engendrement anti-cubain, alla même jusqu’à demander le soutien ridicule de deux petits états du pacifique – Palau et îles Marshall- . Le nombre de coauteurs fut de 44 pays.

Le texte de la résolution anti-cubaine accomplit les objectifs principaux établis par les Etats-Unis : poursuivre l’exercice anti-cubain ; assurer la condamnation de Cuba dans leur monopoles médiatiques et ; tenir en vigueur le prétexte utilisé pour le durcissement de son hostilité et agressivité contre Cuba.

Le texte ayant été imposé en votation compte de trois paragraphes comme préambule et deux dispositifs. Il n’inclut pas une condamnation explicite de Cuba, aux effets d’assurer son adoption et un co-patronage le plus vaste possible.

Tel qui était prévisible, la résolution ne fait aucune référence au blocus et à d’autres sujets de la politique hostile des Etats-Unis contre le peuple cubain ; elle ne reconnaît pas non plus le durcissement des mesures contre Cuba, décidées par le Président Bush, en mai 2004.

La résolution fut adoptée le 14 avril 2005, 21 voix pour, 17 contre et 10 abstentions. Le modèle du scrutin fut le reflet d’une polarisation nette Nord-Sud, à l’exception de quelques peu pays latino-américains qui, compte tenu de leur subordination et vulnérabilité face à Washington, adhérèrent de manière complice sa politique anti-cubaine.

Les pressions américaines furent fortement brutales les 48 heures précédents le scrutin. Deux jours avant, selon les intentions de votation informées par nos représentants, la résolution aurait été battue ou adoptée par une marge plus serrée.

Le 19 avril 2005, lors d’une audience du Comité qu’il préside, M. Christopher Smith - Président du Sous-comité d’Afrique, Droits de l’homme et Opérations internationales du Comité de relations internationales de la Chambre de représentants du Congrès américain - reconnut que l’approbation des résolutions contre Cuba et Biélorussie à la CDH demanda un déploiement à fond de la délégation américaine, en plus des pétitions à titre personnel de Bush aux présidents ukrainien et mexicain.

Pour atteindre son but, les Etats-Unis menacèrent de bloquer les négociations de résolutions dans le domaine des Nations Unies, de restreindre les importations de certains produits par les Etats-Unis et/ou d’éliminer les avantages de la Loi américaine des opportunités pour la croissance de l’Afrique (AGOA)

Le régime de Washington menaça et fit dépendre son aide à plusieurs gouvernements dans des sujets stratégiques ayant une importance fondamentale pour la sécurité nationale de leurs interlocuteurs, tels que la possibilité d’acquérir de l’armement moderne de facture américaine, le soutien aux gouvernements pour le contrôle de l’opposition durant les élections et même dans des sujets concernant les conflits frontaliers. Les menaces touchèrent aussi l’aide financière de la Banque mondiale et autres organismes financiers internationaux.

Pour renforcer les intrigues anti-cubaines à Genève, la délégation nord-américaine constitua à nouveau un Groupe de travail intégré par le Chef de la délégation lui-même, Rudy Boschwitz, et par les Ambassadeurs nord-américains à Genève et auprès de l’ECOSOC, Kevin Moley et Sichav Siv, respectivement.

Chris Smith, congressiste républicain représentant la Nouvelle Jersey et Michael Kozak, ancien chef du Bureau Cuba du département d’État et de la Séction des intérêts des États-Unis à La Havane, participèrent également aux démarches anti-cubaines.

À l’instar de années précédentes, les représentants de la mafia anti-cubaine de Miami arrivèrent à la ville suisse un ou deux jours avant la votation de la résolution anti-cubaine pour extérioriser toute leur haine contre le peuple cubain.

Plusieurs d’entre eux se virent contraints de porter des badges de presse pour l’accès à la salle de Session, car l’accréditation devenait de plus en plus difficile pour ces individus.

Contrairement aux dernières années, le terroriste Luis Zúñiga ne participa pas à la CDH. Apparemment les États-Unis avaient assimilé la leçon de l’épuisement politique subi après avoir facilité un badge et un siège à ce terroriste avéré l’année précédente.

Le traitement manipulé et sélectif du sujet des droits de l’homme à Cuba au sein de la Commission des droits de l’homme à Genève, fut dénoncé par l’appel ‘’Il faut stopper une nouvelle manoeuvre contre Cuba’’, qui a été signé par de milliers de personnalités importantes, dont des Prix Nobel de la Paix, des journalistes, des écrivains, des artistes et des professeurs renommés.

En 2005, il fut confirmé une fois de plus que le modèle de conduite permanente, servant d’ébauche de la politique d’hostilité anti-cubaine des États-Unis, était le mensonge. Si les preuves démontrent que les Etats-Unis constituent la principale source de demande de tourisme sexuel – ce qui est un fait – Washington fabriquera automatiquement de fausses allégations signalant Cuba comme « la principale destination de tourisme sexuel ».

Le but essentiel de l’administration Bush est celui de faire passer l’image que le gouvernement cubain prive ses citoyens de leurs droits de l’homme les plus élémentaires et opère en marge de la légalité internationale, le qualifiant d’Etat voyou, et créant ainsi des perceptions qui servent de prétexte à l’escalade de sa politique d’hostilité, de blocus et d’agressions contre le peuple cubain.

Le mensonge – peut-être seulement comparable à l’orgueil, à l’arrogance, à l’agressivité et au mépris des droits, des intérêts et des aspirations des autres – est le trait saillant qui fera passer à l’Histoire l’administration néo-fasciste états-unienne.

L’administration états-unienne n’a pas la moindre autorité morale pour accuser Cuba. Elle constitue l’une des responsables les plus patents et les plus impitoyables de violations graves et massives des droits de l’homme dans toute l’histoire de l’humanité, à quoi s’ajoutent les circonstances aggravantes du fait d’avoir piétiné et converti en lettre morte une partie significative des progrès les plus importants de la communauté internationale en matière de droit international, en particulier de droits de l’homme et de droit international humanitaire.

Alléguant de faux prétextes, les forces militaires de l’Empire ont causé au peuple irakien plus de cent mille morts civils, dont une proportion élevée de femmes et d’enfants. Les dimensions de la tragédie humanitaire en Irak et les pratiques massives de tortures, d’exécutions extrajudiciaires et de punitions collectives contre la population civile ont conduit bien des gens à qualifier cette guerre de conquête impériale de vrai génocide.

Par ailleurs, près de cinq cents personnes sont toujours incarcérées arbitrairement à la base navale de Guantánamo, territoire cubain illégalement occupé par les Etats-Unis, dans des conditions infra humaines, sans accusations ni procès, il y a plus de quatre ans.

Le Gouvernement américain est également le responsable de vols secrets à travers l’Europe, transportant illégalement de prisonniers, conduits par la suite aux centres secrets de détention et torture, en vertu de sa dite lutte contre le terrorisme.

Ce sont les Etats-Unis qui violent depuis plus de quarante ans les droits du peuple cubain en lui imposant un blocus cruel, inhumain et génocide.

C’est l’administration états-unienne qui, en violation flagrante des principes du droit international, fabrique, instruit et finance des groupuscules de mercenaires sans scrupules et à vocation annexionniste, conduits par sa Section des intérêts de La Havane, afin de réaliser des activités visant à détruire l’ordre constitutionnel de la République de Cuba.

C’est l’administration états-unienne qui viole les droits des millions de Nord-américains en leur interdisant de voyager à Cuba.

Le modèle cubain à titre d’exemple de justice sociale, véritable démocratie et respect au droits de l’homme énerve le Président Bush et ses acolytes de la mafia anti-cubaine. Grâce à son sacrifice, son talent et sa résistance, le peuple cubain a édifié une alternative politique, économique et sociale viable et fortement contraire aux idéaux de domination mondiale et d’hégémonisme unilatéral que les gouvernants états-uniens prétendent d’imposer au monde. Ils ont peur de la révolution, donc leur seul recours est le mensonge.

L’administration américaine est soucieuse de la mise en question galopante de sa manœuvre anti-cubaine à Genève. On entend plus fort la voix de ceux qui s’opposent aux manigances des travaux de la Commission contre les peuples du Sud.

Le Gouvernement américain entreprend des actions visées à neutraliser l’impact provoqué par la combativité et la forte inculpation de Cuba et autres pays du Sud.

Dans le domaine de cette stratégie se encadrèrent ses tentatives d’imposer ses conditions au nombre des membres du Conseil de droits de l’homme remplaçant la Commission, pour s’assurer l’exclusion automatique des voix dissidentes face à son projet de domination dans cet l’organe.

La dénommée initiative «Communauté des démocraties» s’encadre aussi dans cette ligne d’action.

En quoi cette comédie de la «Communauté des démocraties» consiste-elle?

N’étant pas parvenus à manipuler le Mouvement des démocraties nouvelles et restaurées pour en faire un instrument d’attaque, de condamnation et de domination - à partir de l’action concertée des pays du Sud et de quelques gouvernements du Nord qui comprirent le danger découlant du sacrifice de la coopération internationale destinée à consolider la démocratie pour des motivations politiques si mesquines – les Etats-Unis décidèrent de fabriquer un nouveau mécanisme répondant à leurs prétentions impériales.

Ils mirent donc sur pied la «Communauté des démocraties» lors d’une réunion organisée, dirigée et financée par eux à Varsovie. Cette «communauté» est absolument dénuée d’universalité, de légitimité et de crédibilité, mais elle compte, bien sûr, sur l’argent abondant de Washington et recourt aux sales pratiques utilisées aux pires moments de la Guerre froide.

Manipulant cette «communauté» que Washington l dirige et contrôle à travers des mécanismes n’ayant absolument rien de « démocratiques », le gouvernement impérial prétend d’atteindre plusieurs objectifs :

- Garantir sa présence permanente au sein d’organes comme la CDH en écartant se soumettre à des élections périodiques et éliminer ainsi le risque de voir se répéter son exclusion de cette Commission, expérience amère et humiliante.

- Contrôler la composition d’organes « utiles » pour condamner des gouvernements et pour imposer ses modèles idéologiques – notamment à la CDH – en stimulant l’entrée comme membres de gouvernements vulnérables à ses pressions et en bloquant l’admission de ceux qui s’opposent à ses politiques de domination hégémonique.

- Fabriquer de toutes pièces et imposer de faux « consensus » qui complètent et consolident sur le terrain idéologique son incontestable hégémonie militaire.

Ces derniers mois, on a vu fréquemment l’ambassadeur de la superpuissance devant le Conseil économique et social des Nations Unies ou la propre Mme Dobriansky en personne, aussi bien à New York qu’à Genève ou au Moyen-Orient, faire du prosélytisme en faveur de cette secte anti-démocratique qualifiée par euphémisme de «Communauté des démocraties » et exhorter à fermer les portes de la CDH aux pays qui contestent ses visées de domination impériale, entre autres, et au premier rang, à Cuba.

Le nouveau format de la 62ème session de la Commission a été difficile à prévoir, en février 2006. Les Etats-Unis et leurs principaux acolytes plaidaient pour une Commission courte, à caractère procédural, servant de transition rapide pour la première session du Conseil des Droits de l’homme. Ils prétendaient avec cela d’éloigner un débat réel en matière des droits de l’homme en contournant la considération des sujets tels que celui de Guantanamo qui firent de gros titres dans les médias du monde.

Cuba est persuadé que dans n’importe quel scénario futur, le gouvernement des Etats-Unis persistera à continuer sa manigance anti-cubaine de Genève et il est prêt à lui faire face au nom de la vérité et la raison et en demandant la justice de son peuple face aux appétences annexionnistes de l’empire.

Les gouvernements qui parraineront et soutiendront la résolution contre Cuba à Genève se feront les complices du plan impérialiste que l’administration Bush suit en vue de détruire par tous les moyens – sans renoncer à l’intervention militaire directe – le système politique, économique et social décidé par le peuple cubain. Ces gouvernements contribueront à la fabrication du prétexte dont a besoin Washington pour renforcer sa politique de blocus, d’hostilité et d’agressions contre le peuple cubain.

 

Recomendar este sitio:

Ultima actualización: 28.08.2006
Copyright © Ministerio de Relaciones Exteriores de la República de Cuba, 2004