LIVRE BLANC 2006 >> TROISIÈME PARTIE >> CHAPITRE 3

CHAPITRE 3 : L’ANNÉE 2005, L’UNE DES PLUS FRUCTUEUSES DE LA RÉVOLUTION CUBAINE, MALGRÉ LES DIFFICULTÉS À SURMONTER ET LES DÉFIS À RELEVER

L’année 2005 a été sans aucun doute l’une des plus fructueuses de la Révolution, car elle a marqué le point de départ d’importantes transformations dans l’économie et enregistré des résultats tout à fait impressionnants, malgré les énormes difficultés que causent l’agressivité et l’hostilité accrues de l’administration étasunienne, les retombées de catastrophes naturelles et la sécheresse, et la nécessité permanente de développer une pensée créatrice dans la recherche de solutions aux problèmes du pays, compte tenu de la nécessité de garantir un développement économique durable dans le contexte d’un ordre économique international injuste et fondé sur l’exclusion.

L’année 2005 s’est caractérisée par de sérieuses adversités – trois cyclones, la sécheresse la plus intense en un siècle et de longues pannes de courant – conjuguées à la mise en pratique d’idées nouvelles et révolutionnaires en matière de développement socio-économique, à la poursuite et à maturation d’importants programmes de la Bataille d’idées et à la croissance économique la plus élevée et la plus justement mesurée depuis 1959.

Quelques chiffres le confirment :

1. La recrudescence du blocus. Le manque à gagner accumulé provoqué par le blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis dépasse d’ores et déjà 82 milliards de dollars, les retombées accrues des actions agressives lancées contre notre pays s’étant chiffrées pour cette seule année 2005 à 1,8 milliard de dollars.

2. La saison cyclonique a été particulièrement active : trois cyclones ayant causé de lourdes pertes ont balayé le pays.

Dennis a touché dix provinces (sur quatorze), a détruit 28 082 logements et endommagé 175 615, soit des pertes estimées à 1,4 milliard de dollars. Rita et Wilma, bien que n’ayant pas touché directement l’île, ont pourtant provoqué de grosses pertes économiques : 207 000 000 de dollars et 704 200 000 dollars respectivement, le dernier ayant même causé des inondations sans précédent par suite de la montée de la mer, en particulier à La Havane, où plus de cent mille habitants ont été sinistrés.

Le pays a fait face à ces phénomènes atmosphériques par une organisation élevée qui a mis en lumière, une fois de plus, la priorité maximale qu’il accorde à la préservation des vies humaines et à la protection des ressources matérielles essentielles du peuple. Comme de coutume, le rétablissement et le redressement ont été entrepris aussitôt, tandis que l’on continue de travailler à l’évaluation des risques et aux mesures de prévention avec toujours plus rigueur.

Les capacités d’alerte précoce et de réponse rapide atteintes par le pays en matière de catastrophes naturelles ont été reconnue par plusieurs organisations internationales, comme l’Organisation météorologique mondiale (Rapport de 2005).

L’expérience accumulée par le pays dans ce domaine lui a permis de donner de nombreux exemples d’aide solidaire et désintéressée, notamment au Guatemala et en El Salvador (cyclone Stan), en Indonésie et à Sri Lanka (tsunami), à la Grenade, à la Jamaïque et en Haïti (différents cyclones dans l’année). De même, à la suite des ravages causés par le cyclone Katrina, Cuba a offert au peuple étasunien une aide que son gouvernement a refusée.

3. Le pays a dû faire face à la pire sécheresse des cent dernières années, au point que les retenues d’eau n’étaient plus pleines qu’à 26,7 p. 100, ce qui a contraint les autorités à transporter l’eau par route et chemin de fer au bénéfice de 2,6 millions de personnes, cette opération onéreuse et compliquée ayant coûté la somme de 1 350 000 000 de dollars.

4. Les pannes de courant, si gênantes pour la population et si coûteuses pour l’économie, ont servi à générer une véritable révolution énergique, aussi bien dans la façon de produire l’électricité que dans les moyens de l’économiser et d’en optimiser l’emploi, parallèlement à une meilleure qualité de moyens de production qui entraîne à son tour une meilleure qualité de vie de la population.

5. Les actions visant à remédier aux points faibles du système électrique ont visé à une solution intégrale du problème qui place le pays dans une situation bien meilleure en termes d’efficacité, de sécurité du service, de sécurité militaire et de vitalité économique.

6. L’aggravation de la flambée des cours du pétrole, qui ont tourné autour de 65 dollars le baril pour atteindre jusqu’à 70 à certains moments de l’année.

Malgré cette situation, Cuba a enregistré en 2005 un taux de croissance significatif de son PIB : 11,8 p. 100, le meilleur depuis 1959.

C’est là un chiffre qui reflète la réalité du pays, où des secteurs aussi importants pour l’emploi que l’éducation, la santé publique, la culture et le sport ne font pas des affaires la base de leur existence, comme cela se passe dans les économies de marché.

Cette croissance du PIB de 11,8 p. 100 est réelle et ne se fonde pas sur la production d’armes, sur le trafic de drogues, sur la construction massive de prisons, sur l’exercice privé de la médecine et de l’éducation, et sur d’autres activités marchandes qui accroissent, par exemple, le PIB des Etats-Unis. Elle repose sur la valeur ajoutée qu’engendrent ces services sociaux, d’une importance sociale et humaine fondamentale, même si sa méthode de calcul reflète encore des tarifs très inférieurs aux normes internationales.

À cet écart, on ne saurait passer sous silence le développement accéléré de ces services à haute valeur ajoutée qui expriment la maturité du capital humain créé par la Révolution, qui est d’ailleurs reconnu à l’échelle internationale.

Le Bilan préliminaire des économes d’Amérique latine et des Caraïbes pour 2005, de la CEPAL, signale : « L’accélération de la croissance économique en 2005 a répondu… à la spécialisation dans des services d’une grande complexité dans lesquels Cuba a atteint une qualité reconnue à l’échelle internationale, au dynamisme des services touristiques et au bâtiment. »

L’année 2005 a été une année de conquêtes indiscutables, mais cela n’aurait pas été possible sans la mise en pratique par la Révolution de transformations décisives dans les concepts appelés à régir la direction d’une économie vraiment socialiste. Les conditions créées ont permis en effet de donner une attention prioritaire à des secteurs clefs du développement et de commencer à répondre à des demandes hautement prioritaires pour la population.

L’un des programmes qui a représenté un changement profond et à signification stratégique pour le pays comprend le domaine de l’énergie électrique. De nombreuses actions ont déjà été entreprises à cet égard et constituent une révolution profonde dans la façon de produire et d’utiliser l’énergie électrique, ainsi que de l’économiser, entre autres :

• Introduction de groupes électrogènes.
• Réparation et modernisation de centrales thermiques et de réseaux de transmission et de distribution.
• Appareils électroménagers et ampoules à faible consommation.
• Solution au carburant ménager.
• Sources alternatives.

La production de pétrole brut et de gaz a diminué de 3,7 p. 100 en 2005, bien que l’extraction de gaz ait augmenté. L’extraction de pétrole brut, elle, a diminué parce que la production prévue n’a pas été atteinte dans les grandeurs prévues, ainsi qu’à cause de retard dans le forage et des dommages causés par les cyclones.

Un programme a donc été conçu, qui recourt à davantage d’appareils de forage en vue d’intensifier au maximum l’extraction de pétrole brut et de gaz aussi bien de la part des compagnies étrangères associées que de l’entreprise nationale CUPET.

On prévoit pour 2006 une croissance de la production conjointe de pétrole et de gaz, tandis que les mesures d’économie mises en place devraient réduire la consommation destinée à la production d’électricité.

Cherchant à régler un problème qui touche depuis des années son économie, celui du transport, le pays a conçu un programme de réparation des moyens existant et d’économie des porteurs énergétiques, si bien que ce secteur, qui a reçu une priorité spéciale, a enregistré une croissance de 7,7 p. 100 en 2005 et en prévoit une de 15,5 p. 100 en 2006.

Le Programme du logement adopté en 2005, qui inclut de nouvelles conceptions dans la politique de construction et de distribution de logements, plus en accord avec la réalité économique et sociale cubaine, a eu une énorme signification.

Ce programme déjà en exécution peut compter sur les ressources et les investissements requis. Dans ce contexte, le pays a entrepris de relancer l’industrie des matériaux de construction, l’objectif fixé étant de conclure 150 000 logements entre septembre 2005 et décembre 2006 et de garantir un rythme de construction annuelle de non moins de 1oo 000 logements à partir de 2006.

Le Programme prévoit aussi 280 000 actions de conservation et de réparation, un concept qui a permis une croissance de 64 p. 100 en 2005, celle de 2006 étant prévue à plus de 10 p. 100.

La direction du pays n’a jamais cessé de prêter attention à l’amélioration de l’alimentation, en qualité et en quantité.

Des actions avaient été engagées en 2004 en vue de livrer en priorité à la population une série de produits subventionnés, lesquels se sont élargis sensiblement en 2005, tant en productions agricoles qu’en articles industriels. Le pays a engagé à cet égard de nouveaux investissements et a récupéré des capacités de production dans des domaines comme les vermicelles et les pâtes alimentaires, le yaourt de soja, les conserves de tomate et l’emballage d’huile raffinée, ainsi que la production porcine.

Les importations d’aliments ont augmenté de 43,2 p. 100 pour pallier aux carences provoquées par la sécheresse et pour accroître les réserves requises.

En 2005, la consommation nationale par habitant a été de 3 356 kilocalories et de 88 grammes de protéines, soit une croissance de 1,5 et de 2,9 p. 100 respectivement par rapport à 2004, des valeurs supérieures aux normes fixées par la FAO. Il faut aussi signaler que la population atteint ce niveau d’alimentation dans une proportion majoritaire par la consommation de produits subventionnés, par les réfectoires et par l’autoconsommation, soit à des prix accessibles soit gratuitement, ce qui confirme la politique de la Révolution d’assigner les ressources nécessaires pour répondre à ce besoin vital de la population.

Les programmes associés à la Bataille d’idées, points de départ de la révolution en cours dans les services sociaux et exemples de l’équité et de la solidarité qu’encourage la société socialiste, se sont consolidés et développés en 2005. Les investissements dans ces programmes ont reçu une attention spéciale, en tant que pose des infrastructures nécessaires au développement prospectif du pays. Ces six dernières années, le pays a lancé plus de 200 programmes et conclu presque 7 000 ouvrages.

En plus des avancées dans les domaines prioritaires – on trouvera plus de détails dans les chapitres suivants – le pays a aussi obtenu des résultats favorables dans d’autres secteurs et branches de l’économie.

En 2005, le commerce de biens et services s’est accru à un rythme élevé, les exportations à ce titre ayant augmenté de 27,9 p. 100, dont 70 p. 100 correspondent aux services. Les importations ont augmenté de 36,4 p. 100 – le renchérissement des cours du pétrole à hauteur de 37 p. 100 ayant exercé une influence notable à cet égard. Celles de denrées alimentaires ont aussi augmenté, du fait de la baisse de la production nationale par suite des affectations climatiques.

Les investissements ont enregistré une croissance de 39 p. 100, soit plus du quintuple de la croissance de 2004, ce qui reflète la forte impulsion donnée aux tâches stratégiques en 2005.

Le nickel s’est consolidé comme la première source de recettes en ce qui concerne les exportations de biens, avec une production similaire à celle de l’année précédente, mais avec des cours supérieurs sur les marchés aux cours prévus.

Le tourisme, le secteur le plus dynamique de l’économie ces dernières années, a enregistré une croissance de 12,3 p. 100, le total de visiteurs ayant été de 2 300 000, l’occupation de 62 p. 100, tandis que les recettes ont augmenté de 10,7 p. 100 et que les frais ont diminué, ce qui traduit une plus grande efficacité.

La production industrielle non sucrière a augmenté de 3,2 p. 100, avec des accroissements dans douze de ses vingt branches, les plus forts taux ayant été dans la métallurgie ferreuse (19 p. 100), les boissons et tabacs (6,4 p. 100) et les carburants (6,1 p. 100).

Un groupe significatif de productions s’est développé, dont l’acier, les câbles électriques et téléphoniques, le ciment, la peinture et les autocuiseurs.

Le pays a consolidé d’importantes avancées dans les domaines des communications et de l’informatique, avec une croissance de 8 p. 100, le taux de numérisation étant de presque 90 p. 100 et celui de densité téléphonique de 8,7 p. 100.

Les conditions créées à partir des profonds changements adoptés dans la politique économique et monétaire, en particulier la centralisation des décisions sur l’utilisation des devises, ont joué un rôle déterminant dans les notables résultats de 2005.

Le contrôle des changes, la consolidation du peso convertible et la disparition du dollar comme monnaie circulante ont constitué de mesures très importantes, à quoi se sont ajoutées la réévaluation du peso cubain et la dévaluation du dollar.

Ces décisions de politique monétaire ont renforcé la souveraineté du pays, ont ôté aux USA des armes dans leur guerre économique contre Cuba et ont contribué à faire fonctionner l’économie en accord avec les intérêts stratégiques de la nation.

L’orientation juste de la politique monétaire et l’amélioration de l’activité économique en général, de pair avec l’exécution rigoureuse des engagements financiers extérieurs, ont consolidé les capacités de crédit du pays, au point que 73 p. 100 des financements l’ont été à long et à moyen termes. Les décisions de nature stratégique pris d’une manière centralisée et en pensant avant tout au pays sont en train de prouver que ce n’est qu’ainsi que l’on peut avancer dans la construction du socialisme.

Il faut souligner à cet égard que le pays a pu accroître sa capacité de recevoir des crédits, réévaluer le peso cubain de 7,4 p. 100 face au peso convertible et dévaluer le dollar de 8 p. 100 face à ce dernier.

Tout ceci a permis de répondre à des priorités imprescriptibles du développement et à des besoins de premier ordre de la population, tout en maintenant le taux de chômage à 1,9 p. 100.

Les perspectives de 2006

Le budget national a dégagé pour 2006 les ressources nécessaires à la poursuite des transformations importantes engagées en 2005 dans divers secteurs et reflète les perspectives favorables attendues qui permettront sans aucun doute de continuer d’atteindre des progrès significatifs dans les domaines économique et social. Il tient compte en même temps des principales tendances de l’économie mondiale, dont la hausse sensible des cours pétroliers qui frappe bien entendu l’économie cubaine.

À quoi s’ajoute les retombées négatives de la guerre économique des USA contre nous – le manque à gagner causé par le blocus se chiffrant à ce jour à 82 milliards de dollars – des retombées aggravées ces dernières années par la recrudescence de l’agressivité de l’administration Bush. Elles empireront sans aucun doute en 2006, vu les actions et mesures de renforcement du blocus que celle-ci a annoncées.

Compte tenu de ce scénario, les prévisions essentielles pour 2006 sont les suivants :

 Continuer de donner la priorité au renforcement de la capacité défensive et combative du pays et de son invulnérabilité militaire en vue de faire face à une agression éventuelle.
 Maintenir en priorité les livraisons de denrées alimentaires subventionnées et accroître toujours plus la consommation sociale.
 Garantir les carburants indispensables à l’économie nationale et à la population, tout en garantissant les ajustements requis dans la révolution énergétique.
 Garantir le contrôle et l’économie de ressources, prémisse fondamentale du plan économique, notamment les économies d’énergie.
 Continuer de restructurer l’activité économique du pays.
 Continuer de soutenir les programmes sociaux de la Bataille d’idées.
 Garantir les ressources nécessaires à la lutte contre d’éventuels phénomènes naturels.

C’est la volonté inébranlable de la Révolution de continuer de donner la priorité à l’amélioration soutenue du bien-être de la population et au développement économique du pays, un objectif auquel sont destinées toutes les ressources humaines et matérielles requises, au milieu de difficultés tant intérieures qu’extérieures qui guidé une fois de plus la construction du budget national. Les postes relatifs à l’éducation, à la santé publique, à la culture et à l’art, à la science et à la technique, au sport, et à la sécurité et à l’assistance sociales représentent 70 p. 100 du budget total.

Le budget destine 3 502 000 000 de pesos aux prestations de la sécurité sociale, soit une hausse de 20 p. 100 par rapport à 2005, ce qui permet de verser une pension à plus de 1 500 000 pensionnés, dont les mesures d’élévation de la pension minimale et des niveaux de pension.

Les recettes au titre de la contribution à la sécurité sociale ont été calculées à 2 058 000 000 de pesos, ce qui couvrira 59 p. 100 des dépenses, la différence – soit 1 444 000 000 de pesos – étant couverte par le budget central.

La subvention pour différence de prix – visant à maintenir les prix du panier de la ménagère à des niveaux bien inférieurs aux coûts réels – ainsi que les subventions destinées aux écoles, aux hôpitaux, aux garderies et à d’autres institutions socioculturelles, représentent 900 millions de pesos dans le budget.

Les investissements financés d’une manière centralisée ont été planifiés à hauteur de plus de 6,4 milliards de pesos, soit le double de 2005, ces ressources devant soutenir les programmes prioritaires de la Révolution, le plus gros revenant aux ouvrages de la Bataille d’idées, à la construction de logements, au développement de l’infrastructure électrique et hydraulique, à l’élévation de la production d’aliments et aux économies d’énergie.

Compte tenu des effets de la sécheresse et des cyclones ces dernières années, il a été établi pour la première fois un poste budgétaire à hauteur de 500 millions de pesos pour faire face à ces catastrophes naturelles et à d’autres.

Il sera de même accordé une attention prioritaire à la mise en valeur des ressources humaines forgées par la Révolution et à leur déploiement comme facteur du développement économique, sans parler des effets qu’elles commencent à avoir comme facteur clef dans l’amélioration de la qualité de la vie

Ce sont les prestations et les exportations de services qui, selon les prévisions, enregistreront la croissance économique la plus élevée, notamment ceux à forte valeur ajoutée dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la biotechnologie et de l’informatique.

Le pays a commencé à trouver des solutions réelles et à créer des conditions pour surmonter les difficultés les plus pressantes. On voit se dégager une croissance et une mise en valeur durable des ressources humaines, en tant que fruit authentique de la Révolution, et que traduction de la signification stratégique de la Bataille d’idées. Aussi la croissance du pays est-elle prévue à hauteur de 10 p. 100 en 2006, face aux importants défis que le peuple cubain devra continuer de relever dans sa marche vers une société toujours plus juste, plus pleine, à plus fort développement économique et social, vers une société dont l’axe continuera d’être les valeurs humaines, morales et solidaires.

CHAPITRE 3 : L’ANNÉE 2005, L’UNE DES PLUS FRUCTUEUSES DE LA RÉVOLUTION CUBAINE, MALGRÉ LES DIFFICULTÉS À SURMONTER ET LES DÉFIS À RELEVER

L’année 2005 a été sans aucun doute l’une des plus fructueuses de la Révolution, car elle a marqué le point de départ d’importantes transformations dans l’économie et enregistré des résultats tout à fait impressionnants, malgré les énormes difficultés que causent l’agressivité et l’hostilité accrues de l’administration étasunienne, les retombées de catastrophes naturelles et la sécheresse, et la nécessité permanente de développer une pensée créatrice dans la recherche de solutions aux problèmes du pays, compte tenu de la nécessité de garantir un développement économique durable dans le contexte d’un ordre économique international injuste et fondé sur l’exclusion.

L’année 2005 s’est caractérisée par de sérieuses adversités – trois cyclones, la sécheresse la plus intense en un siècle et de longues pannes de courant – conjuguées à la mise en pratique d’idées nouvelles et révolutionnaires en matière de développement socio-économique, à la poursuite et à maturation d’importants programmes de la Bataille d’idées et à la croissance économique la plus élevée et la plus justement mesurée depuis 1959.

Quelques chiffres le confirment :

1. La recrudescence du blocus. Le manque à gagner accumulé provoqué par le blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis dépasse d’ores et déjà 82 milliards de dollars, les retombées accrues des actions agressives lancées contre notre pays s’étant chiffrées pour cette seule année 2005 à 1,8 milliard de dollars.

2. La saison cyclonique a été particulièrement active : trois cyclones ayant causé de lourdes pertes ont balayé le pays.

Dennis a touché dix provinces (sur quatorze), a détruit 28 082 logements et endommagé 175 615, soit des pertes estimées à 1,4 milliard de dollars. Rita et Wilma, bien que n’ayant pas touché directement l’île, ont pourtant provoqué de grosses pertes économiques : 207 000 000 de dollars et 704 200 000 dollars respectivement, le dernier ayant même causé des inondations sans précédent par suite de la montée de la mer, en particulier à La Havane, où plus de cent mille habitants ont été sinistrés.

Le pays a fait face à ces phénomènes atmosphériques par une organisation élevée qui a mis en lumière, une fois de plus, la priorité maximale qu’il accorde à la préservation des vies humaines et à la protection des ressources matérielles essentielles du peuple. Comme de coutume, le rétablissement et le redressement ont été entrepris aussitôt, tandis que l’on continue de travailler à l’évaluation des risques et aux mesures de prévention avec toujours plus rigueur.

Les capacités d’alerte précoce et de réponse rapide atteintes par le pays en matière de catastrophes naturelles ont été reconnue par plusieurs organisations internationales, comme l’Organisation météorologique mondiale (Rapport de 2005).

L’expérience accumulée par le pays dans ce domaine lui a permis de donner de nombreux exemples d’aide solidaire et désintéressée, notamment au Guatemala et en El Salvador (cyclone Stan), en Indonésie et à Sri Lanka (tsunami), à la Grenade, à la Jamaïque et en Haïti (différents cyclones dans l’année). De même, à la suite des ravages causés par le cyclone Katrina, Cuba a offert au peuple étasunien une aide que son gouvernement a refusée.

3. Le pays a dû faire face à la pire sécheresse des cent dernières années, au point que les retenues d’eau n’étaient plus pleines qu’à 26,7 p. 100, ce qui a contraint les autorités à transporter l’eau par route et chemin de fer au bénéfice de 2,6 millions de personnes, cette opération onéreuse et compliquée ayant coûté la somme de 1 350 000 000 de dollars.

4. Les pannes de courant, si gênantes pour la population et si coûteuses pour l’économie, ont servi à générer une véritable révolution énergique, aussi bien dans la façon de produire l’électricité que dans les moyens de l’économiser et d’en optimiser l’emploi, parallèlement à une meilleure qualité de moyens de production qui entraîne à son tour une meilleure qualité de vie de la population.

5. Les actions visant à remédier aux points faibles du système électrique ont visé à une solution intégrale du problème qui place le pays dans une situation bien meilleure en termes d’efficacité, de sécurité du service, de sécurité militaire et de vitalité économique.

6. L’aggravation de la flambée des cours du pétrole, qui ont tourné autour de 65 dollars le baril pour atteindre jusqu’à 70 à certains moments de l’année.

Malgré cette situation, Cuba a enregistré en 2005 un taux de croissance significatif de son PIB : 11,8 p. 100, le meilleur depuis 1959.

C’est là un chiffre qui reflète la réalité du pays, où des secteurs aussi importants pour l’emploi que l’éducation, la santé publique, la culture et le sport ne font pas des affaires la base de leur existence, comme cela se passe dans les économies de marché.

Cette croissance du PIB de 11,8 p. 100 est réelle et ne se fonde pas sur la production d’armes, sur le trafic de drogues, sur la construction massive de prisons, sur l’exercice privé de la médecine et de l’éducation, et sur d’autres activités marchandes qui accroissent, par exemple, le PIB des Etats-Unis. Elle repose sur la valeur ajoutée qu’engendrent ces services sociaux, d’une importance sociale et humaine fondamentale, même si sa méthode de calcul reflète encore des tarifs très inférieurs aux normes internationales.

À cet écart, on ne saurait passer sous silence le développement accéléré de ces services à haute valeur ajoutée qui expriment la maturité du capital humain créé par la Révolution, qui est d’ailleurs reconnu à l’échelle internationale.

Le Bilan préliminaire des économes d’Amérique latine et des Caraïbes pour 2005, de la CEPAL, signale : « L’accélération de la croissance économique en 2005 a répondu… à la spécialisation dans des services d’une grande complexité dans lesquels Cuba a atteint une qualité reconnue à l’échelle internationale, au dynamisme des services touristiques et au bâtiment. »

L’année 2005 a été une année de conquêtes indiscutables, mais cela n’aurait pas été possible sans la mise en pratique par la Révolution de transformations décisives dans les concepts appelés à régir la direction d’une économie vraiment socialiste. Les conditions créées ont permis en effet de donner une attention prioritaire à des secteurs clefs du développement et de commencer à répondre à des demandes hautement prioritaires pour la population.

L’un des programmes qui a représenté un changement profond et à signification stratégique pour le pays comprend le domaine de l’énergie électrique. De nombreuses actions ont déjà été entreprises à cet égard et constituent une révolution profonde dans la façon de produire et d’utiliser l’énergie électrique, ainsi que de l’économiser, entre autres :

• Introduction de groupes électrogènes.
• Réparation et modernisation de centrales thermiques et de réseaux de transmission et de distribution.
• Appareils électroménagers et ampoules à faible consommation.
• Solution au carburant ménager.
• Sources alternatives.

La production de pétrole brut et de gaz a diminué de 3,7 p. 100 en 2005, bien que l’extraction de gaz ait augmenté. L’extraction de pétrole brut, elle, a diminué parce que la production prévue n’a pas été atteinte dans les grandeurs prévues, ainsi qu’à cause de retard dans le forage et des dommages causés par les cyclones.

Un programme a donc été conçu, qui recourt à davantage d’appareils de forage en vue d’intensifier au maximum l’extraction de pétrole brut et de gaz aussi bien de la part des compagnies étrangères associées que de l’entreprise nationale CUPET.

On prévoit pour 2006 une croissance de la production conjointe de pétrole et de gaz, tandis que les mesures d’économie mises en place devraient réduire la consommation destinée à la production d’électricité.

Cherchant à régler un problème qui touche depuis des années son économie, celui du transport, le pays a conçu un programme de réparation des moyens existant et d’économie des porteurs énergétiques, si bien que ce secteur, qui a reçu une priorité spéciale, a enregistré une croissance de 7,7 p. 100 en 2005 et en prévoit une de 15,5 p. 100 en 2006.

Le Programme du logement adopté en 2005, qui inclut de nouvelles conceptions dans la politique de construction et de distribution de logements, plus en accord avec la réalité économique et sociale cubaine, a eu une énorme signification.

Ce programme déjà en exécution peut compter sur les ressources et les investissements requis. Dans ce contexte, le pays a entrepris de relancer l’industrie des matériaux de construction, l’objectif fixé étant de conclure 150 000 logements entre septembre 2005 et décembre 2006 et de garantir un rythme de construction annuelle de non moins de 1oo 000 logements à partir de 2006.

Le Programme prévoit aussi 280 000 actions de conservation et de réparation, un concept qui a permis une croissance de 64 p. 100 en 2005, celle de 2006 étant prévue à plus de 10 p. 100.

La direction du pays n’a jamais cessé de prêter attention à l’amélioration de l’alimentation, en qualité et en quantité.

Des actions avaient été engagées en 2004 en vue de livrer en priorité à la population une série de produits subventionnés, lesquels se sont élargis sensiblement en 2005, tant en productions agricoles qu’en articles industriels. Le pays a engagé à cet égard de nouveaux investissements et a récupéré des capacités de production dans des domaines comme les vermicelles et les pâtes alimentaires, le yaourt de soja, les conserves de tomate et l’emballage d’huile raffinée, ainsi que la production porcine.

Les importations d’aliments ont augmenté de 43,2 p. 100 pour pallier aux carences provoquées par la sécheresse et pour accroître les réserves requises.

En 2005, la consommation nationale par habitant a été de 3 356 kilocalories et de 88 grammes de protéines, soit une croissance de 1,5 et de 2,9 p. 100 respectivement par rapport à 2004, des valeurs supérieures aux normes fixées par la FAO. Il faut aussi signaler que la population atteint ce niveau d’alimentation dans une proportion majoritaire par la consommation de produits subventionnés, par les réfectoires et par l’autoconsommation, soit à des prix accessibles soit gratuitement, ce qui confirme la politique de la Révolution d’assigner les ressources nécessaires pour répondre à ce besoin vital de la population.

Les programmes associés à la Bataille d’idées, points de départ de la révolution en cours dans les services sociaux et exemples de l’équité et de la solidarité qu’encourage la société socialiste, se sont consolidés et développés en 2005. Les investissements dans ces programmes ont reçu une attention spéciale, en tant que pose des infrastructures nécessaires au développement prospectif du pays. Ces six dernières années, le pays a lancé plus de 200 programmes et conclu presque 7 000 ouvrages.

En plus des avancées dans les domaines prioritaires – on trouvera plus de détails dans les chapitres suivants – le pays a aussi obtenu des résultats favorables dans d’autres secteurs et branches de l’économie.

En 2005, le commerce de biens et services s’est accru à un rythme élevé, les exportations à ce titre ayant augmenté de 27,9 p. 100, dont 70 p. 100 correspondent aux services. Les importations ont augmenté de 36,4 p. 100 – le renchérissement des cours du pétrole à hauteur de 37 p. 100 ayant exercé une influence notable à cet égard. Celles de denrées alimentaires ont aussi augmenté, du fait de la baisse de la production nationale par suite des affectations climatiques.

Les investissements ont enregistré une croissance de 39 p. 100, soit plus du quintuple de la croissance de 2004, ce qui reflète la forte impulsion donnée aux tâches stratégiques en 2005.

Le nickel s’est consolidé comme la première source de recettes en ce qui concerne les exportations de biens, avec une production similaire à celle de l’année précédente, mais avec des cours supérieurs sur les marchés aux cours prévus.

Le tourisme, le secteur le plus dynamique de l’économie ces dernières années, a enregistré une croissance de 12,3 p. 100, le total de visiteurs ayant été de 2 300 000, l’occupation de 62 p. 100, tandis que les recettes ont augmenté de 10,7 p. 100 et que les frais ont diminué, ce qui traduit une plus grande efficacité.

La production industrielle non sucrière a augmenté de 3,2 p. 100, avec des accroissements dans douze de ses vingt branches, les plus forts taux ayant été dans la métallurgie ferreuse (19 p. 100), les boissons et tabacs (6,4 p. 100) et les carburants (6,1 p. 100).

Un groupe significatif de productions s’est développé, dont l’acier, les câbles électriques et téléphoniques, le ciment, la peinture et les autocuiseurs.

Le pays a consolidé d’importantes avancées dans les domaines des communications et de l’informatique, avec une croissance de 8 p. 100, le taux de numérisation étant de presque 90 p. 100 et celui de densité téléphonique de 8,7 p. 100.

Les conditions créées à partir des profonds changements adoptés dans la politique économique et monétaire, en particulier la centralisation des décisions sur l’utilisation des devises, ont joué un rôle déterminant dans les notables résultats de 2005.

Le contrôle des changes, la consolidation du peso convertible et la disparition du dollar comme monnaie circulante ont constitué de mesures très importantes, à quoi se sont ajoutées la réévaluation du peso cubain et la dévaluation du dollar.

Ces décisions de politique monétaire ont renforcé la souveraineté du pays, ont ôté aux USA des armes dans leur guerre économique contre Cuba et ont contribué à faire fonctionner l’économie en accord avec les intérêts stratégiques de la nation.

L’orientation juste de la politique monétaire et l’amélioration de l’activité économique en général, de pair avec l’exécution rigoureuse des engagements financiers extérieurs, ont consolidé les capacités de crédit du pays, au point que 73 p. 100 des financements l’ont été à long et à moyen termes. Les décisions de nature stratégique pris d’une manière centralisée et en pensant avant tout au pays sont en train de prouver que ce n’est qu’ainsi que l’on peut avancer dans la construction du socialisme.

Il faut souligner à cet égard que le pays a pu accroître sa capacité de recevoir des crédits, réévaluer le peso cubain de 7,4 p. 100 face au peso convertible et dévaluer le dollar de 8 p. 100 face à ce dernier.

Tout ceci a permis de répondre à des priorités imprescriptibles du développement et à des besoins de premier ordre de la population, tout en maintenant le taux de chômage à 1,9 p. 100.

Les perspectives de 2006

Le budget national a dégagé pour 2006 les ressources nécessaires à la poursuite des transformations importantes engagées en 2005 dans divers secteurs et reflète les perspectives favorables attendues qui permettront sans aucun doute de continuer d’atteindre des progrès significatifs dans les domaines économique et social. Il tient compte en même temps des principales tendances de l’économie mondiale, dont la hausse sensible des cours pétroliers qui frappe bien entendu l’économie cubaine.

À quoi s’ajoute les retombées négatives de la guerre économique des USA contre nous – le manque à gagner causé par le blocus se chiffrant à ce jour à 82 milliards de dollars – des retombées aggravées ces dernières années par la recrudescence de l’agressivité de l’administration Bush. Elles empireront sans aucun doute en 2006, vu les actions et mesures de renforcement du blocus que celle-ci a annoncées.

Compte tenu de ce scénario, les prévisions essentielles pour 2006 sont les suivants :

 Continuer de donner la priorité au renforcement de la capacité défensive et combative du pays et de son invulnérabilité militaire en vue de faire face à une agression éventuelle.
 Maintenir en priorité les livraisons de denrées alimentaires subventionnées et accroître toujours plus la consommation sociale.
 Garantir les carburants indispensables à l’économie nationale et à la population, tout en garantissant les ajustements requis dans la révolution énergétique.
 Garantir le contrôle et l’économie de ressources, prémisse fondamentale du plan économique, notamment les économies d’énergie.
 Continuer de restructurer l’activité économique du pays.
 Continuer de soutenir les programmes sociaux de la Bataille d’idées.
 Garantir les ressources nécessaires à la lutte contre d’éventuels phénomènes naturels.

C’est la volonté inébranlable de la Révolution de continuer de donner la priorité à l’amélioration soutenue du bien-être de la population et au développement économique du pays, un objectif auquel sont destinées toutes les ressources humaines et matérielles requises, au milieu de difficultés tant intérieures qu’extérieures qui guidé une fois de plus la construction du budget national. Les postes relatifs à l’éducation, à la santé publique, à la culture et à l’art, à la science et à la technique, au sport, et à la sécurité et à l’assistance sociales représentent 70 p. 100 du budget total.

Le budget destine 3 502 000 000 de pesos aux prestations de la sécurité sociale, soit une hausse de 20 p. 100 par rapport à 2005, ce qui permet de verser une pension à plus de 1 500 000 pensionnés, dont les mesures d’élévation de la pension minimale et des niveaux de pension.

Les recettes au titre de la contribution à la sécurité sociale ont été calculées à 2 058 000 000 de pesos, ce qui couvrira 59 p. 100 des dépenses, la différence – soit 1 444 000 000 de pesos – étant couverte par le budget central.

La subvention pour différence de prix – visant à maintenir les prix du panier de la ménagère à des niveaux bien inférieurs aux coûts réels – ainsi que les subventions destinées aux écoles, aux hôpitaux, aux garderies et à d’autres institutions socioculturelles, représentent 900 millions de pesos dans le budget.

Les investissements financés d’une manière centralisée ont été planifiés à hauteur de plus de 6,4 milliards de pesos, soit le double de 2005, ces ressources devant soutenir les programmes prioritaires de la Révolution, le plus gros revenant aux ouvrages de la Bataille d’idées, à la construction de logements, au développement de l’infrastructure électrique et hydraulique, à l’élévation de la production d’aliments et aux économies d’énergie.

Compte tenu des effets de la sécheresse et des cyclones ces dernières années, il a été établi pour la première fois un poste budgétaire à hauteur de 500 millions de pesos pour faire face à ces catastrophes naturelles et à d’autres.

Il sera de même accordé une attention prioritaire à la mise en valeur des ressources humaines forgées par la Révolution et à leur déploiement comme facteur du développement économique, sans parler des effets qu’elles commencent à avoir comme facteur clef dans l’amélioration de la qualité de la vie

Ce sont les prestations et les exportations de services qui, selon les prévisions, enregistreront la croissance économique la plus élevée, notamment ceux à forte valeur ajoutée dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la biotechnologie et de l’informatique.

Le pays a commencé à trouver des solutions réelles et à créer des conditions pour surmonter les difficultés les plus pressantes. On voit se dégager une croissance et une mise en valeur durable des ressources humaines, en tant que fruit authentique de la Révolution, et que traduction de la signification stratégique de la Bataille d’idées. Aussi la croissance du pays est-elle prévue à hauteur de 10 p. 100 en 2006, face aux importants défis que le peuple cubain devra continuer de relever dans sa marche vers une société toujours plus juste, plus pleine, à plus fort développement économique et social, vers une société dont l’axe continuera d’être les valeurs humaines, morales et solidaires.

 

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Ultima actualización: 28.08.2006
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