CHAPITRE 7 : LE PLEIN EMPLOI. L’ASSISTANCE ET LA SÉCURITÉ SOCIALES GARANTIES À TOUS LES CUBAINS
Les transformations socio-économiques engagées par la Révolution à partir de 1959 ont permis de concevoir et de mettre en œuvre une stratégie de développement qui harmonise croissance économique et politiques sociales. En matière d’emploi, la Révolution s’est efforcée d’entrée de procurer un emploi rémunéré à chaque citoyen apte au travail et d’éliminer les taux de chômage et de sous-emploi élevés hérités du régime de domination néo-colonial souffert durant plus d’un demi-siècle.
La politique du travail, l’assistance et la sécurité sociales occupent une place de choix dans les conquêtes de la Révolution, en contraste notable avec le panorama d’avant 1959. à cette date, le pays comptait 600 000 Cubains sans travail ; 500 000 ouvriers agricoles ne travaillant que quatre mois par an ; 400 ouvriers industriels et journaliers dont les pensions de retraite avaient été rognées par les gouvernements de service et des gérants corrompus ; et dix mille jeunes professions libérales (médecins, ingénieurs, avocats, vétérinaires, pédagogues, dentistes, pharmaciens, journalistes, peintres, sculpteurs, entre autres) qui concluaient leurs études sans espoir de trouver un emploi.
La politique d’emploi menée d’entrée par la Révolution visa à modifier radicalement cette situation et à faire participer les grandes masses au développement économique et social de la nation, par la création de postes de travail dotés de salaires décents. Elle supprima dès le départ la morte-saison qui frappait les travailleurs du sucre ; le travail domestique à nature servile ; la tragédie des dix mille salles de classe sans instituteurs ; l’abandon sanitaire dans lequel vivaient les régions rurales ; le pillage des caisses de sécurité sociale ; et le manque de protection sociale des travailleurs et de leurs familles.
Une fois le peuple arrivé au pouvoir, on constata un réduction sensible du chômage grâce aux programmes agricoles, industriels, de construction, de santé, d’éducation, de sports, entre autres, qui enclenchèrent la transformation de tout l’espace cubain. les années 80 constituèrent en particulier une période d’essor extraordinaire dans la création de capacités d’emplois par suite des gros investissements réalisés dans le pays.
Durant la Période spéciale, marquée par la perte des principaux partenaires commerciaux de Cuba, par la chute de 34,8 p. 100 du PIB de 1989 à 1993, par la chute abrupte (78 p. 100) des capacité d’exportations et par la recrudescence brutale du blocus de USA, dont la loi Torricelli et la loi Helms-Burton, le déséquilibre financier interne, la stagnation du travail et la diminution de l’efficacité s’aggravèrent sensiblement, au point que le pays enregistrait un taux de chômage de 8,3 p. 100 en 1995.
Mais la Révolution, même dans ces conditions difficiles, maintint son principe inaltérable : aucun travailleur ne peut rester à l’abandon, aucun pensionné ou retraité ne peut manquer de toucher sa pension, personne ne peut être livré à son sort.
À partir de la relance économique qui démarra dans la seconde moitié des années 90 – il n’existe pas de précédent d’un pays capable de se relever en si peu de temps d’une crise aussi grave dans des circonstances aussi défavorables et hostiles – la politique d’emploi a visé à réduire le chômage, à accroître la stimulation au travail et à contribuer à une meilleure efficience par l’application de programmes territoriaux ; la redistribution de la force de travail excédentaire ; la protection des revenus des travailleurs et des groupes vulnérables ; la garantie d’un emploi aux diplômés de l’enseignement supérieur ; la priorité à la création d’emploi pour les jeunes, les femmes, les handicapés et les diplômés de l’enseignement technique, et l’élargissement des possibilités de travailleurs à leur compte et des coopératives.
L’Etat a continué de créer des milliers de postes de travail dans les secteurs productifs et de services vitaux, comme l’éducation, la santé, la culture, le tourisme, le bâtiment, l’industrie sidérurgique et mécanique, l’agriculture, entre autres.
Cuba, selon les concepts et indicateurs des organismes internationaux, a atteint le plein-emploi, puisque son taux de chômage a été de 2,3 p. 100 en 2004 pour atteindre 1,9 p. 100 fin 2005, ce qui fait de l’île l’un des pays au taux de chômage le plus bas au monde.
Des pays à grand développement économique affichent des résultats bien inférieurs au nôtre dans ce domaine : aux USA, le taux de chômage est de 5 p. 100 ; au Royaume-Uni, de 4,9 p. 100; en Espagne, de 8,4 p. 100.
De toute façon, ce succès extraordinaire reste un motif de profonde préoccupation à Cuba, car ce chiffre signifie qu’il existe encore des gens sans travail.
La politique du travail cubaine se base sur un principe clef : dans le socialisme, l’homme ne saurait être de trop, de sorte que la catégorie chômage doit disparaître. Un homme ne peut jamais être de trop, et la société où cela arrive n’est pas juste, ne résiste pas à une analyse morale et est donc condamnée du point de vue du respect et de l’exercice total des droits de l’homme et des valeurs humaines.
La stratégie cubaine est conçue non tant pour réduire le taux de chômage en soi que pour favoriser la participation de tous ceux qui le veulent et qui sont aptes au travail.
À Cuba, l’emploi, en particulier pour les jeunes, constitue une priorité stratégique. Et la politique dans ce sens, surtout à partir de la récupération économique et de la Bataille d’idées, s’est renforcée, ce qui a eu des retombées très positives sur l’amélioration de la qualité de la vie des Cubains.
C’est dans ce contexte que sont apparus deux cents programmes sociaux , dont certains consacrent le principe révolutionnaire de l’étude comme emploi, entre autres le Cours de perfectionnement intégral pour jeunes qui a permis de faire reprendre des études à plus de 194 200 jeunes gens, dont plus de 47 000 sont entrés à l’université .
Ces programmes sociaux ont permis de procurer des emplois nouveaux à environ 28 326 travailleurs sociaux ; plus de 13 000 professeurs d’informatique ; plus de 8 000 instituteurs ; 1 053 professeurs d’éducation physique ; 4 570 infirmiers ; 3 191 technologues de la santé ; 2 408 responsables des nouvelles salles de télévision et de vidéo ouvertes dans des quartiers et des communautés, et des dizaines de milliers dans d’autres services à fortes retombées sociales et humaines .
Des milliers d’handicapés ont trouvé du travail grâce à un programme ciblé ; on a ouvert des dizaines de centres de formation socioprofessionnelle pour développer leurs connaissances et leurs aptitudes, en particulier de ceux qui sont touchés par une arriération mental légère et modérée.
En ce qui concerne l’emploi féminin, dans le cadre du suivi des accords de la Quatrième Conférence mondiale sur la femme (Beijing, 1995), Cuba exécute un plan d’action national qui traduit par des mesures et des actions concrètes la volonté politique de favoriser l’incorporation de la femme au travail, aux études et aux tâches de la société.
La participation active de la femme à la société constitue un facteur essentiel de la politique d’emploi de la Révolution. Si, en 1953, les femmes ne représentaient que 17,6 p. 100 des travailleurs, dont 30 p. 100 comme domestiques mal payées, elles constituaient en 2005 plus de 45 p. 100 des travailleurs dans le secteur public et 66 p. 100 des techniciens du pays. Dans l’enseignement, 72 p. 100 des travailleurs sont des femmes ; dans la santé publique, 70 p. 100 ; dans le secteur scientifique, 44,6 p. 100 et dans la recherche, 51,6 p. 100.
Personne n’est contraint de travailler à Cuba, où, par ailleurs, le travail des enfants n’existe pas dans la mesure où l’enseignement est obligatoire jusqu'à la fin du premier cycle du second degré et l’âge d'embauche minimal est de dix-sept ans.
La conception révolutionnaire consistant à promouvoir chaque fois que de besoin l’étude et la formation comme formes d’emploi rémunéré a permis à de nombreux jeunes qui ne travaillaient pas ni n’étudiaient de cesser d’être des chômeurs et de mieux se former pour accéder à des emplois plus favorables ou tout simplement pour poursuivre des études supérieures. Cet investissement dans la mise en valeur des ressources humaines concerne aujourd’hui 107 923 jeunes, dont plus de 30 000 font maintenant des études supérieures.
L’étude comme forme d’emploi a aussi favorisé des dizaines de milliers de travailleurs du secteur sucrier, compte tenu de la nécessité inéluctable de restructurer cette activité économique plongée dans le marasme à cause des conditions du marché mondial du sucre, des cours déprimés de ce produit et de l’augmentation du commerce des édulcorants.
De son côté, l’essor de l’agriculture urbaine à partir de 1996 a non seulement assuré à la population plus de trois millions de tonnes de légumes et condiments par an, a généré 354 000 emplois nouveaux .
À la suite des efforts que consent le pays, Cuba compte en matière d’emploi des indicateurs supérieurs à bien des pays industriels développés. Le taux d’activité, qui indique la proportion de la population économiquement active par rapport à la population totale en âge de travailler, a été en 2004 de 71 p. 100. Le taux d’emploi, autrement dit le nombre de personnes travaillant par rapport au nombre de personnes en âge de travailler, est passé cette même année à 69,4 p. 100, alors que ce taux n’est que de 49,8 p. 100 en Espagne et de 57,2 p. 100 en Italie.
Les niveaux d’emploi actuels ont eu des répercussions favorables sur la vie économique, politique et sociale de la nation. À partir de 1995, le pays a créé 1 288 973 emplois.
Evolution des nouveaux emplois créés et des taux de chômage
dans les années de récupération économique
ANNÉE |
Emplois créés |
Taux de chômage |
1996 |
186 203 |
7,6 |
1997 |
139 986 |
7,1 |
1998 |
131 410 |
6,2 |
1999 |
113 331 |
6,3 |
2000 |
140 852 |
5,4 |
2001 |
195 625 |
4,1 |
2002 |
158 339 |
3,3 |
2003 |
123 227 |
2,3 |
2004 |
100 000 |
1,9 |
2005 |
99 906 |
1,9 |
Total |
1 388 879 |
|
Chiffres du ministère du Travail et de la Sécurité sociale.
Ces nouveaux emplois productifs permanents et de qualité ont aidé à augmenter la quantité de biens matériels et immatériels, d’élever en quantité et en qualité les services de base et de renforcer la mise en valeur des ressources humaines. Ainsi, 45 p. 100 des nouveaux emplois créés en 2005 ont été occupés par des femmes et 73 p. 100 par des jeunes.
Par ailleurs, dans les provinces orientales, les plus touchées par le chômage, ce taux est passé de 10,4 p. 100 en 1995 à 2,7 p. 100 fin 2005.
Pour continuer de réduire le chômage, le gouvernement cubain s'est fixé comme objectif prioritaire dans les prochaines années offrir des emplois aux jeunes terminant le service militaire, aux personnes qui ne travaillent pas ni n'étudient, aux détenus libérés et aux personnes dont la peine consiste en des mesures subsidiaires, aux diplômés des différents enseignements, aux femmes et aux handicapés.
Fin 2005, 218 693 personnes ont été inscrites dans les catégories susmentionnées, dont 160 789 ont eu un emploi et 57 913 ont fait des études.
Cet effort gigantesque se traduit par des services de santé plus nombreux et meilleurs ; par des capacités plus nombreuses et meilleures d’accès à l’éducation, à la connaissance, aux activités sportives et culturelles ; par de nouvelles possibilités de formation et d’épanouissement pour les jeunes ; par plus de bénéfices pour la femme en matière de participation, d’indépendance économique et d’émancipation ; par une meilleure prévention sociale des causes qui provoquent la délinquance et les conduites asociales ; par plus de sécurité citoyenne. Bref, par une augmentation sensible de la qualité de vie des Cubains et des Cubaines.
L’élimination de la catégorie chômage constitue le plus grand défi que doit relever Cuba, ce qui implique non seulement qu’elle crée de nouveaux postes de travail, mais encore qu'elle modifie et révolutionnaire certains concepts (par exemple, en faisant des études une forme d'emploi), qu'elle élargisse les possibilités d'occupation utile, qu'elle renforce le travail social à un niveau supérieur et qu'elle développe une culture générale intégrale dans la population.
En plus de la réduction du nombre de chômeurs, l’Etat cubain poursuit sa politique de bénéfices sociaux. L'un des principes fondamentaux de la Révolution est l’élévation du salaire des travailleurs, à commencer par les salaires les plus bas, et la réduction progressive des différences sociales, aggravées durant la Période spéciale par les mesures qu’elle a dû forcément prendre face à la disparition du camp socialiste, puis à l’effondrement et à la désintégration de l’URSS.
Ainsi, à compter du 1er mai 2005, le salaire minimal mensuel a été élevé à 225 pesos, alors qu’il n’était que de 100 pesos, ce qui a favorisé 1 657 191 travailleurs, soit 53 p. 100 du total, et représenté un coût annuel de 1 065 947 414 pesos, soit encore une augmentation moyenne de 54 pesos par travailleur, tandis que le salaire mensuel moyen est passé de 282 pesos à 321 .
Des hausses de salaires ont aussi été adoptées à partir du 1er juillet 2005 dans l’enseignement et la santé publique, ce qui a favorisé 857 434 travailleurs dont le salaire mensuel moyen a augmenté de 49 pesos, pour un coût annuel de 523 300 000 pesos.
À partir de décembre 2005, une nouvelle hausse de salaires a favorisé 2 214 213 travailleurs, dont le salaire mensuel moyen a augmenté de 43 pesos, pour un coût annuel de 1 259 400 000 de pesos. Cette mesure comprend une nouvelle échelle salariale, le perfectionnement des qualificateurs de postes et emplois, l'introduction de primes en fonction de la qualification et de la qualité du travailleur, ce qui a entraîné une hausse des salaires de nombreux travailleurs de l'activité budgétisée, entre autres ceux de l'Administration centrale de l'État et des pouvoirs populaires. Par ailleurs, 1 058 963 travailleurs ayant bénéficié en mai de la hausse du salaire minimal ont bénéficié d'une nouvelle hausse.
L’ensemble de mesures appliquées en 2005 a fait passer le salaire moyen de 282 pesos à 312, les estimations pour 2006 le faisant s’élever à 385 pesos.
La sécurité et l’assistance sociales
Le plein-emploi est la principale garantie de la sécurité sociale dont bénéficient tous les Cubains sans distinction de race, de sexe, de religion ou d’idéologie politique. Conçue comme un système intégral, la sécurité sociale comprend la sécurité de l’emploi, du poste de travail, des revenus, des conditions de travail, de la formation et du recyclage, ainsi que la protection prioritaire et différenciée de la maternité, des personnes handicapées, des personnes du troisième âge, des victimes des désastres naturelles et de toutes les personnes en ayant besoin, ce qui a permis de garantir une vie digne à tous les citoyens.
La sécurité sociale ne se borne pas à l’octroi de pensions et de prestations, mais souffre des changements profonds au rythme du perfectionnement du travail social et de la lutte pour instaurer la justice pleine. Le programme de sécurité sociale cubain opère à trois niveaux essentiels : communautaire, institutionnel et hospitalier.
C’est pour garantir une réponse adéquate et efficace à la population bénéficiaire de la sécurité sociale et une planification et un contrôle corrects des ressources financières et humaines qui lui sont consacrés que le Conseil d’État a créé en 2001 l’Institut national de la sécurité sociale, qui compte des filiales dans toutes les communes du pays.
La sécurité sociale cubaine repose sur une série de lois, de décrets-lois et de résolutions qui en règlementent le cadre juridique. La Constitution de la République lui consacre plusieurs de ses articles et charge l’État de la garantir à tous les citoyens.
La sécurité sociale a, ces dernières années, redimensionné son approche pour porter une attention prioritaire aux retraités et pensionnés, à l’exécution du plan d’emploi, au perfectionnement du système de prise en charge des personnes âgées, en particulier de celles qui vivent seules, au perfectionnement de la prise en charge des handicapés et de leur insertion professionnelle, et à l'accroissement des services sociaux.
C’est pour s’occuper individuellement de chaque personne qui en a besoin que les 28 000 travailleurs sociaux travaillent au sein de la communauté, s’occupant directement des familles, des jeunes et des autres citoyens qui ont besoin de leurs conseils, de leur aide solidaire et d’une réponse efficace à leurs problèmes. On accorde aussi la priorité aux personnes âgées par des actions visant à améliorer leur santé et leur bien-être physique, psychique et social, ainsi que par des interventions comme l’élargissement des services sociaux aux niveaux institutionnel, communautaire et domiciliaire.
Les prestations sociales
Alors que les organismes internationaux reconnaissent que plus de la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas de la sécurité sociale, Cuba peut dire que la totalité de sa population en est bénéficiaire.
Les prestations légales auxquelles ont droit le travailleur et sa famille sont classées en prestations en services, prestations en nature et prestations monétaires.
Plus de 1 800 000 perçoivent des prestations monétaires, en nature et en services dans le cadre de la sécurité sociale, dont 1 464 049 sont retraités et pensionnées, et 395 821 bénéficient de l’assistance sociale
Les prestations en services, offertes gratuitement depuis maintenant quarante-sept ans de Révolution, sont les soins médicaux et dentaires, les soins préventifs et curatifs, l’hospitalisation en installations générales et spécialisées, et le rétablissement physique, psychique et professionnel. Mais une série de services sociaux a aussi été mise en place ces dernières années, entre autres :
• Assistance sociale à domicile.
• Paiement à domicile aux bénéficiaires de la sécurité sociale.
• Centres de formation socio-professionnelle.
• Service de télé-assistance.
• Service d'alimentation.
On applique aussi des politiques actives de sécurité sociale qui favorisent toute la population et qui représentent un traitement personnalisé en fonction de besoins concrets.
Les prestations en nature (« consommation sociale ») comprennent la collation scolaire que reçoivent gratuitement des centaines de milliers d’élèves et de travailleurs de l’éducation, les livraisons spéciales d’aliments à 1 363 297 enfants jusqu’à quinze ans ou adultes de plus de soixante ans dans les provinces orientales, 444 019 livraisons destinées aux femmes enceintes, aux mamans qui allaitent, aux personnes âgées et aux invalides ; un supplément nutritionnel à 71 000 enfants dont le poids et la taille sont inférieurs à la normale ; des livraisons d’aliments supplémentaires à des communes de Pinar del Rio, de La Havane-province et de l’île de la Jeunesse touchées par des cyclones, ainsi qu’aux province d’Holguín, de La Tunas et à cinq communes de Camagüey frappées par la sécheresse.
En juste reconnaissance sociale aux millions d’hommes et de femmes qui ont consacré leur vie au travail créateur au cours de plus de quarante ans de construction de la nouvelle société, l'Etat cubain a décidé, à partir du 1er mai 2005, d'élever les pensions de 1 468 641 bénéficiaires de la sécurité sociale, soit 97,3 p. 100 du total, à un coût annuel de plus 1 035 513 000 pesos, la pension minimale étant passé de 55 pesos à 150, et la pension moyenne de 120 à 180 pesos .
Les 257 038 familles couvertes par l'assistance sociale, soit 476 512 personnes, ont vu leurs pensions augmenter de 50 pesos, à un coût annuel de plus de 154 22 000 pesos, le montant de l’assistance sociale minimale étant passé de 62 à 112 pesos, et le montant moyen de 92 à 129 pesos.
Cette mesure, à un coût annuel de 1 189 735 000 pesos, vise à élever les revenus des personnes aux pensions et prestations les plus basses ainsi que les modestes prestations sociales, dans la mesure où le développement économique et social du pa’s le permet.
Fin 2005, le gouvernement cubain a réalisé d’autres hausses des pensions les plus basses. Ainsi, 762 433 retraités et pensionnés de la sécurité sociale qui touchaient le montant minimal de 150 pesos, en touchent maintenant 164.
Les 443 837 retraités et pensionnés qui en touchaient 190 pesos en touchant aujourd’hui 202.
Ces hausses ont favorisé 1 260 270 retraités et pensionnés aux revenus les plus bas, à un coût annuel de 192 100 272 pesos.
Toutes les familles bénéficiaires de l’assistance sociale, soit 476 512 personnes, ont vu leur pension augmenter de 10 pesos, d’où une hausse du montant minimal à 122 pesos, à un coût annuel de 30 844 560 pesos.
Ces nouvelles mesures ont touché 1 682 782 personnes, à un coût annuel de 222 845 832 pesos.
L’ensemble de ces hausses a représenté un total annuel de 1 412 581 788 pesos.
La hausse des pensions, retraites, prestations des sécurité et assistance sociales, et celle des salaires en 2005 ont touché 5 111 267 personnes.
Ces hausses sont intervenues malgré le blocus impitoyable appliqué par le gouvernement des USA, les sévères dégâts causés par les cyclones et la sécheresse, et le renchérissement des cours du pétrole.
Toutes ces actions favoriseront sans aucun doute l’épanouissement de l’individu, élèveront sa qualité de vie, garantiront davantage d’équité et de justice sociales et une assistance sociale plus efficace aux personnes en ayant besoin.
Elles prouvent aussi le caractère humaniste de la Révolution cubaine qui met l'homme au coeur même de son action.
Protection de la mère travailleuse
La législation en vigueur en ce qui concerne la protection de la maternité est l’une des plus avancées au monde : promulguée le 13 août 2003, le décret-loi 234 (Maternité de la travailleuse) a élargi les droits de celle-ci et la protection à la maternité, lui assurant des soins médicaux durant toute la grossesse, des congés avant et après l’accouchement, pendant l’allaitement et l’éducation des enfants mineurs, ainsi que le traitement différencié des enfants handicapés.
Ce décret-loi a été complété par la résolution 22, du 23 octobre 2003, qui reconnaît la responsabilité partagée de la mère et du père en ce qui concerne la protection et l’éducation des enfants, et la responsabilité du père en cas de décès de la mère.
Pour concrétiser cette protection, l’État cubain a engagé des actions déterminées, en particulier des prestations économiques pendant dix-huit semaines et une prestation sociale durant la première année de vie de l’enfant. Il a établi en plus des congés payés complémentaires qui fixent le paiement de journées déterminées de travail pour les consultations médicales de la mère et de l’enfant, ainsi que pour l’allaitement dans la première année de vie, et des congés non payés pour l’éducation des enfants de moins de seize ans.
Le décret-loi 233 protège surtout la mère travailleuse. S’agissant des mères au foyer, il prévoit la protection des enfants à travers l’assistance sociale le cas échéant.
Les congés payés complémentaires pour consultations médicales ou dentaires totalisent six journées complètes ou douze demi-journées jusqu’à la trente-quatrième semaine de la grossesse et si ces délais ne sont pas suffisant, l’administration du lieu de travail devra l’assumer comme absence justifiée. Durant la première année de vie, la travailleuse a droit à une journée de congés payés par mois pour consultations pédiatriques. La maman qui reprend son travail a droit à une heure par jour pour allaiter son enfant durant la première année de vie.
Quand l’enfant entre dans une garderie où il reçoit la protection médicale requise, la maman travailleuse a le droit d’une journée de congés payés par mois pour des consultations de puériculture qui ne se substituent pas en l’occurrence à la protection médicale susmentionnée.
La travailleuse doit cesser de travailler à compter de la trente-quatrième semaine de grossesse, ou de la trente-deuxième en cas de grossesse multiple. Les prestations économiques consistent dans le paiement du salaire durant dix-huit semaines, six avant l’accouchement et douze après.
Les prestations économiques sont aussi payables quand l’accouchement ne survient pas durant la période établie pour les congés prénataux, lesquels pourront être étendus jusqu'au jour de l’accouchement. Ce nouveau délai fera l’objet d’une rétribution durant deux semaines.
Quand l’accouchement est prématuré ou tardif, les ajustements concernant le paiement des prestations économiques se feront par semaines complètes en faveur de la travailleuse et toujours dans le cadre de congés postnataux qui commencent à être payés à compter du jour de l’accouchement.
En cas de décès de la mère, le père ou le parent travailleur auquel celui-ci concède ce droit touchera des prestations sociales équivalentes à 60 p. 100 du salaire moyen mensuel des douze mois précédents.
Si la travailleuse tombe malade une fois terminés les congés postnataux, elle pourra bénéficier des prestations sociales que prévoit le décret-loi durant la première année de vie de l’enfant. Si, passé ce laps de temps, elle est toujours malade, elle a droit à une subvention.
Une fois terminés les congés postnataux, les deux parents pourront, dans les soixante jours suivants, pourront décider lequel de deux s’occupera de l’enfant dans sa première année de vie.
Si la travailleuse tombe malade avant la trente-quatrième ou la trente-deuxième semaine et doit prendre du repos, elle touchera la subvention maladie prévue dans ces cas jusqu’à ce moment où commencent les paiements des prestations économiques.
Quand la travailleuse touche les prestations économiques ou sociales pour raisons de maternité, ses journées seront considérées comme des journées de travail et son salaire comme celui qu’elle aurait perçu si elle travaillait. La période durant laquelle elle perçoit des prestations sociales est reconnue comme durée de travail normal et le salaire est celui qui a servi de base au calcul des prestations.
La protection des personnes du troisième âge, des retraités et des pensionnés
Environ 14 p. 100 de la population cubaine a plus de soixante ans, des études calculant qu’en 2025, un Cubain sur quatre sera dans la tranche du troisième âge, ce qui fera de Cuba un des pays latino-américains à plus fort vieillissement. L’ampleur de ce phénomène et la rapidité avec laquelle la pyramide des âges s’est transformée constituent l’une des préoccupations de l’avenir.
C’est là un phénomène caractéristique des pays développés et relativement nouveau pour Cuba. L’Europe, par exemple, vieillit depuis le XIXe siècle. À Cuba, ce phénomène s’est accéléré du fait des actions menées par la Révolution, ce qui a eu des retombées concrètes : hausse de l’espérance de vie et réduction de la croissance démographique, ce dernier facteur découlant de l’élévation du niveau de scolarité et de l’entrée de la femme dans le monde du travail.
La tendance décroissante à la rénovation et au remplacement de la force de travail constitue un autre problème. S’il est vrai que l’accroissement de la productivité du travail constitue une réponse efficace à ce phénomène, il n’en reste pas moins qu'il faut étudier des variantes qui stimulent le maintien à leurs postes des personnes à l'âge de la retraite et leur permettent de poursuivre leur contribution sociale en fonction de leurs conditions physiques, intellectuelles et psychiques.
C’est pour répondre aux questions que soulève le vieillissement de la population que le Programme du troisième âge a vu le jour en 1974, qui met l’accent sur les personnes incapables de faire face à la vie sans une aide. Ce programme s’est graduellement perfectionné pour pouvoir répondre d’une manière intégrale aux demandes et aux besoins de ces personnes : il implique non seulement les institutions hospitalières et de sécurité sociale, mais aussi la participation active de la famille, de la communauté, des organisations politiques et non gouvernementales dans le cadre d'une action collective où le protagoniste reste la personne âgée elle-même.
C’est dans le cadre de ce perfectionnement que le programme de Protection intégrale des troisième et quatrième âges a vu le jour en 1995 en tant qu’une des priorités du ministère de la Santé publique. Il est applicable à tous les niveaux de prise en charge, autrement dit non seulement la santé, mais encore la sécurité sociale, les sports, la culture, la législation, etc.
Ce programme comprend trois sous-programmes :
• Prise en charge institutionnelle.
• Prise en charge communautaire.
• Prise en charge hospitalière.
La prise en charge institutionnelle concerne :
• Les personnes âgées fragiles et vulnérables.
• Les personnes âgées à handicap moteur ou mental.
• Les personnes âgées à graves problèmes sociaux.
On compte aujourd’hui 432 équipes multidisciplinaires de protection gériatrique, une par polyclinique, qui sont chargées de veiller essentiellement sur les personnes âgées dont la santé est fragile ou sur d’autres nécessitant une protection à long terme pour des raisons biomédicales, psychologiques, sociaux ou économiques ou par abandon familial.
Ces équipes ne se substituent pas à l’action du médecin de la communauté ; elles la soutiennent en apportant aux personnes des troisième et quatrième âges une protection plus directe et plus spécialisée, et en impliquant aussi leur famille pour que celle-ci apprenne la meilleure manière de s’occuper d’eux.
En matière d’institutions, le pays compte cent vingt-sept foyers du troisième âge touchant environ neuf mille personnes qui y reçoivent une alimentation, des vêtements et les services dont elles ont besoin.
La prise en charge communautaire implique une évaluation pluridisciplinaire et multidimensionnelle de toutes les personnes âgées vivant dans la communauté, ce qui permet d’établir un diagnostic de leur état de santé et des stratégies visant à répondre à leurs besoins.
Le programme communautaire comprend aussi les cercles de grands-parents, les foyers de grands-parents (où viennent ceux qui ne sont pas capables de se baigner seuls, par exemple, voire d’utiliser le téléphone, et ayant besoin d’une vie sociale) et une aide à domicile concernant 59 000 personnes âgées vivant seules.
Les Cercles de grands-parents groupent actuellement cinq cent mille membres, dans onze mille groupes d’affiliés qui s’occupent d’activités de promotion et de prévention de la santé.
On a aussi créé les Groupes d’instruction et de récréation, formés de personnes âgées – affiliées ou non aux Cercles de grands-parents – en vue d’activités de loisirs, de liens avec la culture et à l’éducation, ou de réinsertion dans la vie professionnelle soit à titre bénévole soit contre rémunération. On stimule aussi la participation des personnes âgées à la vie culturelle, sportive et récréative.
Cuba compte aujourd’hui 636 chaires et collèges universitaires pour personnes du troisième âge, qui ont diplômé à ce jour plus de 30 000 élèves ayant suivi des cours de recyclage culturel, de perfectionnement scientifico-technique, de continuité sociale. On a ouvert des cours universitaires des troisième et quatrième âges et des cours d’informatique spécialement conçus pour eux. Bref, le pays travaille à procurer une vieillesse active, salutaire et heureuse à tous les Cubains, en favorisant l’intégration et la participation sociales les plus actives possible des personnes âgées.
La prise en charge hospitalière vise à offrir des soins différenciés, en équipe, aux personnes âgées fragiles en milieu hospitalier, en leur garantissant le secours des différentes spécialités correspondantes. Les 34 hôpitaux généraux du pays disposent d’une salle de gériatrie.
Des gériatres de renom international ont reconnu publiquement la priorité que le gouvernement cubain accorde aux troisième et quatrième âges. Ainsi, Robert Butler, président du Centre international de longévité des USA, s’est déclaré impressionné devant l’attitude positive du peuple cubain envers la famille, qu’il considère très importante dans le cas des personnes âgées, et il a souligné l’importance des groupes ou sociétés de personnes âgées fondés dans toute l’île qui leur permettent de mener une vie sociale et de faire des activités utiles.
La protection des handicapés et des invalides
Ces quatre dernières décennies, l’État cubain s’est efforcé de connaître les différentes causes pouvant engendre des handicaps et des invalidités et de garantir aux personnes dans ce cas une vaste protection et de larges possibilités d’épanouir leurs potentialités en matière de santé, d’éducation, d’emploi et de pleine intégration à la société.
Il s’est agi d’élever toujours plus la qualité de vie des handicapé, ce qui a été possible, entre autres mesures, grâce au perfectionnement soutenu de services de santé spécialisés absolument gratuits, à la mise en place de programmes de rétablissement différenciés ; à une protection de la mère et de l’enfant de première qualité ; à la promotion d’une éducation générale intégrale – dont sexuelle et reproductive – à la prévention de la toxicomanie et de l’alcoolisme et à la désintoxication des personnes dans ce cas ; à la mise en place d’un système complet d’écoles spécialisées accueillant les handicapés et les invalides ; à l’extension des plans de rétablissement et d’incorporation au travail des handicapés n’importe où dans le pays ; à la promotion de mesures de contrôle épidémiologique et au développement de recherches spécialisées ; aux facilités et au soutien accordés aux associations d’handicapés.
C’est dans ce but qu’a été lancé en 1995 le Plan d’action national pour la prise en considération des handicapés en vue de proposer, d’exécuter et de superviser la politique dans ce domaine et d’intégrer les actions correspondantes des ministères et des institutions. Ce Plan, qui va de la commune au niveau national, a permis de conjuguer les efforts des organismes publics, des associations d'handicapés et d'autres organisations sociales et de masse, et de garantir de la sorte une coordination étroite en matière d'emploi, d'accessibilité, de santé, d'éducation, de formation et d'utilisation des technologies de l'information et des communications.
Les acquis obtenus sur ce terrain de la politique sociale reposent sur :
• Des soins médicaux, dentaires et hospitaliers gratuits et ouverts à tous.
• Des services médicaux spécialisés pour handicapés et invalides.
• Plus de 27 000 médecins et personnels infirmiers de la communauté, 281 hôpitaux, 11 instituts de recherche médicale, 440 polycliniques, 168 cliniques dentaires et 208 foyers pour femmes enceintes dans les régions rurales.
• Vingt-six foyers pour handicapés physiques et mentaux.
• Des mesures préventives par des plans de divulgation sanitaire et d’éducation de santé.
Divers programmes de protection et d’orientation concernent les handicapés. On garantit l’insertion au travail de ceux qui le souhaitent et le peuvent – les capacités étant identifiées au terme d’une profonde analyse psychopédagogique, sociale et clinico-génétique réalisée dans tout le pays et sans équivalent au monde par son ampleur et ses répercussions sociales, ce qui a facilité leur insertion à des emplois communs, à des ateliers spécialisés et à des centres de formation socioprofessionnels.
Le droit au travail rémunéré est garanti aux handicapés par un programme d'emploi spécial (PROENDIS), conçu en vue de leur assurer une formation et un emploi adéquats et comprenant :
• 134 ateliers spécialisés où travaillent 4 600 handicapés.
• L’appui à l’emploi dans des centres de travail normaux, dont bénéficient 10 292 handicapés.
• Des facilités de travail à domicile touchant 1 800 handicapés.
On garantit aussi la protection des travailleurs handicapés qui ne peuvent pas travailler pour des raisons de maladie, de maternité, d’invalidité partielle ou totale, et d’âge. En cas de décès, la protection se reporte sur la famille.
Une série de programmes – génétique, immunochimie, néonatologie, soins intensifs, entre autres – a permis depuis plusieurs années d’obtenir des résultats favorables et de diminuer certaines maladies congénitales et d’autres troubles périnataux provoquant des handicaps :
• Détermination de l’alpha-fœto protéine chez les femmes enceintes, en vue de diagnostiquer avant la naissance des défauts du tube neural, ce qui s’est avéré utile ces dernières années pour découvrir, avec l’appoint de l’écographie, certaines malformations du système nerveux.
• Programme de l’hyperthyroïdie qui permet le diagnostic précoce et le traitement par réduction des enfants atteints de crétinisme.
• Diagnostic prénatal congénital qui permet de dépister un pourcentage élevé de patients atteints du syndrome de Down.
• Dépistage de la phénylcétonurie chez plus de 90 p. 100 des nouveau-nés.
• Dépistage précoce de la rétinite pigmentaire.
• Dépistage précoce de surdité et d’hypoacousie.
• Programme de protection et de stimulation précoce de sourds et de personnes atteintes d’hypoacousie, d’aveugles et de malvoyants, et de personnes atteintes de troubles neuromusculaires congénitaux ou acquis.
• Programme de protection des débiles profonds dans vingt-six institutions ouvertes dans ce but et Programme communautaire dans soixante polycliniques.
On a aussi lancé plusieurs programmes de rétablissement communautaire qui disposent de :
• Des milliers de spécialistes du rétablissement (physiatres, orthopédistes, ophtalmologue et autres).
• Plus de 4 000 techniciens dans des disciplines ayant à voir avec le rétablissement.
• 260 aires thérapeutiques appliquant des programmes de rétablissement physique.
• Un centre de rétablissement pour aveugles et malvoyants.
• Des services de rétablissement physique dans des hôpitaux provinciaux et dans 120 communes du pays.
• Agrandissements des capacités de rétablissement aussi bien dans les hôpitaux que dans les centres de soins primaires, dans des foyers de personnes âgées et dans des foyers d’handicapés moteurs et mentaux, des instituts et des stations thermales.
L’éducation spéciale compte un vaste système d’écoles, de demi-pensions, d’internats et de bourses spécialisées pour satisfaire aux différentes sortes de handicaps. Au début de l’année scolaire 2005-2006, le pays comptait 418 établissements d'éducation spéciale accueillant 45 620 élèves handicapés ou à troubles du comportement, encadrés par 14 642 enseignants , soit un rapport de 3,1 élèves par professeur, ce qui permet de répondre aux besoins particuliers de chacun. 841 enseignants donnent des classes à domicile ou dans des salles de classe d’hôpital. À quoi s’ajoutent 17 000 spécialistes en psychologie, logopédie et psychopédagogie.
L’éducation spéciale comprend :
• 263 écoles pour arriérés mentaux.
• 16 pour sourds ou malentendants.
• 20 écoles pour déficients visuels (aveugles, malvoyants, strabiques et amblyopes).
• 43 écoles pour élèves à troubles de conduite.
• 9 écoles pour élèves à troubles de la communication.
• 64 écoles pour élèves à retard du développement psychique.
• 1 école pour autistes.
• 1 établissement de rétablissement d’asthmatiques et de diabétiques.
La protection des handicapés requérant des prestations en nature ou en services est garantie.
Les handicapés peuvent faire du sport sous la conduite d’entraîneurs spécialisés qui pratiquent une approche différenciée. Des athlètes cubains ont participé aux différents Jeux olympiques pour handicapés, y obtenant d’excellents résultats.
Le droit des handicapés au sport et aux loisirs est favorisé par :
• Des compétitions sportives provinciales et nationales.
• Des rencontres de zones dans différentes disciplines.
• Une pratique massive du sport communautaire.
• Des activités de la Fédération cubaine des sports et loisirs pour handicapés.
Les handicapés ont fondé diverses associations en vue de mieux participer à la conception et à l’application des politiques et programmes, de canaliser leurs initiatives et inquiétudes, et de mieux influer sur la solution de leurs besoins, de renforcer leurs liens avec des organisations homologues étrangères et de s’occuper de toute autre question les concernant.
Parmi les principales ONG d’handicapés, signalons :
• Association nationale de l’aveugle (ANCI) qui compte 19 000 membres.
• Association cubaine d’handicapés physiques et moteurs (ACLIFIM) qui compte 42 000 membres.
• Association nationale des sourds de Cuba (ANSOC), qui compte 14 000 membres.
Les associations d’handicapés cubaines maintiennent des relations avec leurs homologues de la région et d’autres parties du monde. Certains de leurs dirigeants occupent des postes de responsabilité dans des associations internationales et assistent régulièrement à leurs réunions.
L’élimination graduelle des obstacles architecturaux a fait partie des programmes de promotion et de protection des droits des handicapés, notamment à travers la norme cubaine 53-190-90. Tous les projets de construction sont révisés par des inspecteurs publics aux côtés d’inspecteurs des associations d’handicapés. Des programmes d’ensemble sont en cours d’application dans ce sens au niveau de la communauté.
Le pays mène un grand travail de divulgation et de sensibilisation de la société concernant les besoins concrets des handicapés, par des actions telles que :
• Programmes de radio et de télévision.
• Journaux télévisés pour sourds.
• Information dans la presse écrite.
• Divulgation de rencontres, conférences, séminaires et autres axés sur des thèmes ayant à voir avec les handicapés.
• Journée internationale de l’handicapé (3 décembre).
Il vaut la peine de signaler différentes programmes et interventions publics ayant des retombées particulièrement positives sur les handicapés : formation d’assistants sociaux s’occupant des handicapés à domicile; protection des mères d’enfants sévèrement handicapés, dont le paiement intégral du salaire à celles qui souhaitent s’en occuper chez elles d’enfants dans ce bas en bas âge ; agrandissements et perfectionnement des services spécialisés et d’appoint en matière de blanchisserie, coiffure et autres ; renforcement du régime alimentaire des handicapés et octroi de subventions en fonction des besoins spécifiques ; création de facilités pour manger dans des restaurants proches du domicile, etc.
Bref, malgré les lourdes retombées du blocus génocide des USA et le fait que Cuba soit un pays sous-développé à ressources limitées, la Révolution a converti en réalités pour tous les Cubains des objectifs qui restent encore de vraies chimères pour la majorité des peuples du monde : le plein-emploi et un système de sécurité et d’assistance sociales réel qui garantit à toute personne qu’elle ne sera jamais livrée à son sort.
Les personnes atteintes de VIH/sida et l’emploi
Neuf des dix séropositifs ou sidéens dans le monde sont à l’âge économique actif. Beaucoup sont discriminés, souffrent de l’intolérance et de la peur qu’ils suscitent chez les autres, faute d’une législation qui les protège.
En plus de son expérience en matière de traitement médical de ces patients, Cuba peut faire connaître au monde son expérience en ce qui concerne l'emploi.
Cuba compte un Programme national de contrôle et de prévention du VIH/sida qui concerne non seulement le traitement médical, mais fait aussi sienne une approche morale et professionnelle.
Le fait qu’un travailleur soit atteint de VIH/sida ne signifie pas qu'il doive cesser de travailler s'il est en conditions physiques de continuer de donner son apport à la société.
C’est pour protéger légalement et soutenir les patients atteints de VIH/sida que le ministère de la Santé publique et le ministère du Travail et de la Sécurité sociale ont émis en 1997 la résolution 13/97, en vertu de laquelle ce sont les autorités médicales qui décident si un travailleur peut ou non réaliser une activité professionnelle donnée. Par ailleurs, les séropositifs et les sidéens pris en charge par le système de soins ambulatoires (SAA) ont le droit de retrouver leurs postes de travail.
Quand l’autorité médicale pertinente l’estime nécessaire ou quand on peut présumer à partir d’indices rationnels que, compte tenu du type d’emploi, sa réadmission pourrait provoquer des risques pour des tiers, le patient sera envoyé devant la Commission d’expertise médicale correspondant au lieu de travail qui décidera soit de le réadmettre à son poste soit lui appliquera les dispositions légales en vigueur en matière d’invalidité partielle ou totale, selon le cas.
S’il s’agit de patients ne travaillant pas mais souhaitant le faire, l’autorité susmentionnée les enverra, si elle l’estime nécessaire, devant la Commission d’expertise médicale du territoire correspondant qui jugera, en fonction de son aptitude au travail et de la nature de sa maladie, des facteurs de risque auxquels ils ne peuvent être soumis à un emploi donné.
Les directions du travail municipales chercheront des emplois, en fonction des possibilités existantes dans chaque territoire, pour les patients pris en charge par le SAA, mais ne travaillant pas et souhaitant le faire.
Pendant le temps où les séropositifs et les sidéens seront évalués pour décider de leur prise en charge ou non par le SAA, ils toucheront la subvention maladie assignée aux travailleurs hospitalisés.
Le jour où le séropositif ou le sidéen se rend à la consultation médicale mensuelle ou hebdomadaire, respectivement, en fonction du Programme national de contrôle et de prévention du VIH/sida, est considéré comme congé payé.
Les travailleurs et autres personnes qui étaient hospitalisés en sanatorium à compter de la date d’entrée en vigueur de la Résolution ont conservé leur traitement salarial et les prestations de la sécurité sociale, ainsi que ceux qui ont été hospitalisés ensuite et ceux pris en charge par le SAA, s'ils sont de nouveau hospitalisés au sanatorium ou dans les autres hôpitaux choisis à ces fins, ainsi encore que ceux qui, par exception, compte tenu des particularités de leurs cas, reçoivent un traitement à domicile.
Hormis les dispositions de la Résolution, les séropositifs et les sidéens reçoivent exactement le même traitement (emploi, sécurité et assistance sociales) que le reste des travailleurs et de la population.