LIVRE BLANC 2006 >> TROISIÈME PARTIE >> CHAPITRE 8

CHAPITRE 8 : CUBA PARTAGE SES ACQUIS ET SES RESSOURCES AVEC D’AUTRES PEUPLES DU MONDE AFIN DE CONCRÉTISER L'OBJECTIF : « TOUS LES DROITS DE L'HOMME POUR TOUS »

C'est seulement quatre ans après son triomphe de janvier 1959 que la Révolution cubaine dépêcha une brigade de médecins en Algérie : l’année 1963 marque donc le début de la coopération civile cubaine qui, jusqu’en 2004, totalisait 223 280 coopérants venus des domaines économiques et sociaux les plus divers.

La solidarité nationale et internationaliste constitue une valeur centrale dans l’éducation de chaque Cubain et un principe essentiel de la pratique révolutionnaire de notre peuple.

De fait, le peuple cubain a toujours pu compter dans sa lutte révolutionnaire, engagée le 10 octobre 1868, sur le soutien décisif et solidaire de héros provenant d'autres pays, les exemples les plus emblématiques en étant le Dominicain Máximo Gómez et l’Argentin Ernesto Guevara.

De leur côté, les Cubains ont partagé les premières tranchées des justes batailles menées par d’autres peuples, comme lors de la guerre des Espagnols contre le fascisme, avant la Révolution, ou celles des Africains contre le colonialisme et l’apartheid, après. Ces terres ont absorbé le sang généreux des meilleurs enfants du peuple cubain qui n’en a ramené à la fin que leurs restes, l’amitié de leurs peuples et l’orgueil du devoir rempli. Cuba n’est jamais allé demander ni ne l’aurait jamais accepté un seul titre de propriété sur les ressources de ces peuples.

Telle est l’essence même de la conception internationaliste du peuple cubain : partager ce que l'on a sans rien demander en échange. Pour Cuba, pays en développement soumis à un blocus et dont les ressources ne sont jamais de trop, la solidarité et la coopération internationales se fondent sur cette idée foncière : partager ce qu'elle a avec les plus nécessiteux, sans aspirer à une récompense ou à une rétribution.

De nos jours, la coopération internationale du peuple cubain est éminemment civile et couvre plusieurs domaines économiques et sociaux.

En mars 2006, un total de 38 865 spécialistes de la santé, du sport et de l’éducation coopérait dans 110 nations d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Nord, des Caraïbes et d’Europe.

29 223, soit 75,2 p. 100, correspondaient au secteur santé, dont 25 100 dans douze pays latino-américains, et 1 104 dans quatorze caribéens.

7 352 étaient des coopérants sportifs, et 513 des coopérants en éducation.

Plus de 800 projets sont en cours dans des pays du Sud grâce au soutien de ces spécialistes.

L'humanisme et la solidarité désintéressée avec ceux qui en ont le plus besoin dans le monde sont des valeurs absolument étrangères à ceux qui prétendent s'arroger le titre de défenseurs des droits de l'homme, en particulier à la camarilla militariste assise à la Maison-Blanche.

Washington ne se borne pas à violer avec entêtement ses engagements internationaux en matière d’Aide publique au développement (ADP) ou à laisser sans couverture médicale 44 millions d'Étasuniens : il a même été capable d'abandonner à leur sort des centaines de milliers de personnes aux maigres ressources après le passage du cyclone Katrina sur plusieurs États du Sud.

Ci-dessous quelques principes directeurs de la coopération internationale cubaine :

• Respect total des priorités décidés par les pays d’accueil.
• Non-ingérence et non-intervention dans les affaires intérieures des pays d’accueil.
• Respect des cultures, des religions et des convictions des peuples et ethnies, ainsi que des normes locales et nationales.
• Application rigoureuse de la non-discrimination dans la prestation des services médicaux et autres d’intérêt social, bien que la priorité soit accordée aux régions où se trouvent les personnes les plus nécessiteuses et les plus pauvres.
• Intégration et concertations d’actions avec les forces locales en vue de l’objectif de coopération fixé.
• Soutien à la formation du personnel local nécessaire à la durabilité du projet.

II. DÉVELOPPEMENT DE L'AIDE TECHNIQUE

Cuba a noué des relations de coopération avec 155 pays auprès desquels il existe plus de 120 commissions mixtes, autrement dit un mécanisme gouvernemental bilatéral qui permet de réviser périodiquement l’état d'avancement des projets et d'en concerter de nouveaux.

 

Pays bénéficiaires de l’aide technique cubaine :

• 17 pays d’Amérique latine : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, El Salvador, Equateur, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela.

• 22 pays des Caraïbes : Antigua, Aruba, Bahamas, Barbade, Belize, Bonaire, Caïman, Curaçao, Dominique, Grenade, Guadeloupe, Guyana, Haití, Jamaïque, Martinique, Porto Rico, République dominicaine, Saint-Vincent, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Suriname, Trinité-et-Tobago.

• 2 pays d’Amérique du Nord : Canada, Etats-Unis.

• 33 pays d’Afrique : Afrique du Sud, Algérie, Angola, Botswana, Burkina-Faso, Burundi, Cap-Vert, Congo, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Lesotho, Mali, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sahara occidental, Sao-Tomé-et-Principe, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad, Zimbabwe.

• 16 pays d’Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Suisse, Turquie, Ukraine.

• 18 pays d’Asie et du Moyen-Orient : Azerbaïdjan, Cambodge, Chine, Inde, Iran, Japon, Koweït, Laos, Malaisie, Nauru, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Qatar, Sri Lanka, Syrie, Timor-Leste, Viet Nam, Yémen.

Coopération avec l'Amérique latine

• Total de coopérants dans 17 pays : 33 568.

• Organismes cubains impliqués : 25 100 coopérants (74,7 p. 100) du ministère de la Santé publique (MINSAP) ; 7 182 de l’Institut national de l’éducation physique, du sport et des loisirs (INDER) ; 409 du ministère de l’Éducation (MINED) ; 213 du ministère de l’Agriculture (MINAGRI) ; 171 du ministère de l’Investissement étranger et de la coopération économique (MINVEC) ; 159 du ministère du Sucre (MINAZ) ; 143 du ministère de l’Enseignement supérieur (MINES) ; 113 du ministère de la Culture (MINCULT) ; 39 du ministère de l’Industrie sidérurgique et des constructions mécaniques; 39 du ministère de la Construction (MINCONS).

• Total de coopérants de la santé : 25 100, dont 16 772 médecins (66,8 p. 100) dans 12 pays.
• Programme intégral de santé (PIS) : 951 coopérants, dont 666 médecins (70 p. 100) dans 4 pays, dont le Guatemala (125 internes et 153 résidents) et le Honduras (70 internes).

• Programme spécial Venezuela : 23 415 coopérants, dont 15 420 médecins (65,9 p. 100).

• Contingent internationaliste Henry Reeve : 602, dont 601 médecins (99,8 p. 100) en Bolivie.

• Opération Miracle : 115, dont 80 médecins, dans 7 pays.

• Formation professionnelle à Cuba même : 8 718 jeunes de 18 pays, dont 3 815 au niveau secondaire et 4 903 au niveau supérieur, dont 1 266 à l'Université latino-américaine des sciences médicales (ELAM) et 504 dans la spécialité Médecine générale intégrale.

• Boursiers à Cuba : 19 036 de 17 pays, dont 17 204 (90,4 p. 100) en médecine :

o Ministère de la Santé publique : 17 495 de 17 pays.
 Médecine : 17 204.
 ELAM : 8 007 :
- Siège central : 3 157
- Filiales : 4 850.
 Nouveau programme de bourses : 9 018 de 8 pays.
 Via ministère des Relations extérieures (MINREX) : 179 de 14 pays.
 Autres études (dentaires, soins infirmiers, technologie) : 291 de 17 pays.
o MINED : 103 de 11 pays.
o MINES : 596 de 17 pays.
o MINCULT : 29 de 12 pays.
o INDER : 813 de 17 pays.
o École internationale d’éducation physique et de sport : 806 de 17 pays.

• Cette année, 1 266 jeunes de 15 pays (dont 1 199 à l'ELAM) recevront leur diplôme de médecin.

Alphabétisation : En cours dans 9 pays. À ce jour : 2 061 845 alphabétisés au Venezuela ; 118 835 au Mexique ; 8 893 en Équateur ; 5 620 au Paraguay ; 4 330 en Argentine ; 1 581 au Nicaragua ; 442 au Honduras et 97 au Pérou. Démarre au Brésil.

Travailleurs sociaux en formation à Cuba : 5 999 Vénézuéliens, accompagnés de 179 cadres du Front Francisco Miranda. 36 251 ont aussi suivi des stages de 45 jours.

III. AIDE MÉDICALE

En mars 2006, un total de 29 223 coopérants de la santé cubains prêtait service dans 68 pays.

La catastrophe provoquée en 1998 par les cyclones George et Mitch, qui frappèrent lourdement des pays centraméricains et caribéens, causant des milliers de morts et endommageant gravement l’économie, incita Cuba à mettre sur pied le Programme intégral de santé (PIS), consistant en l’envoi de brigades de médecins et de paramédicaux aux endroits les plus reculés et les plus touchés de ces pays.

Dans le cadre du PIS, 3 189 coopérants cubains opèrent aujourd'hui dans 29 pays.

Principes généraux du PIS

a) Envoi gratuit et aussi longtemps que nécessaire de professionnels et de techniciens de la santé, consacrés essentiellement aux soins de santé primaires.
b) Intervention uniquement dans les zones rurales.
c) Soins à toute la population, sans distinction de race, de religion et d’idéologie ; non-ingérence dans les affaires intérieures ; respect des lois et des us et coutumes.

Domaines de coopération du PIS

• Prestations de services de santé.
• Formation de ressources humaines.

 

Portée du PIS

En œuvre dans 186 départements ou régions de 28 pays où vivent 58 729 596 habitants :

• Amérique latine et Caraïbes : 6 pays (Belize, Bolivie, Guatemala, Haïti, Honduras, Paraguay).
• Afrique : 21 pays (Botswana, Burkina-Faso, Burundi, Érythrée, Gambie, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Lesotho, Mali, Namibie, Niger, Rwanda, Sahara occidental, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Zimbabwe.
• Asie et Océanie : 1 pays (Timor-Leste).
• Programmes spéciaux : Éradication de l’onchocercose au Guatemala ; Programme de soins aux ethnies Tawashkas au Honduras ; Programme spécial de Gonaïves, en Haïti.

Résultats les plus marquants du PIS

 67 625 807 patients soignés.
 13 996 661 patients visités à domicile.
 625 059 accouchements.
 1 867 611 interventions chirurgicales.
 1 319 741 patients sauvés.
 20 137 560 enfants soignés, dont 4 817 991 âgés de moins d'un an.
 4 386 282 femmes enceintes en consultations médicales.

IV. PROGRAMME DE COOPÉRATION INTÉGRAL ENTRE LE VENEZUELA ET CUBA EN MATIÈRE DE SANTÉ

Ce programme, lancé en 2003, a impliqué de nombreuses actions de coopération bilatérale dans de nombreux secteurs, en particulier la santé, le sport, l’agriculture et l’éducation.

Mais la coopération avait démarré avant : ainsi, du 30 novembre 2002 au 30 avril 2005, plus de 15 000 Vénézuéliens ont reçu des soins spécialisés à Cuba, accompagnés de plus de 10 000 personnes de leurs familles dont beaucoup ont été soignées à leur tour.

Plus de 900 élèves et étudiants vénézuéliens font des études supérieures et secondaires à Cuba, suivant des cours de recyclage et de formation comme travailleurs sociaux.
Brigade médicale cubaine au Venezuela

Plus de 22 000 coopérants cubains de la santé prêtent service dans 348 communes de 24 Etats vénézuéliens.

Principaux résultats

 Environ 185 millions de consultations médicales.
 Près de 55 000 patients soignés à domicile.
 Plus de 2 000 accouchements.
 Environ 27 000 vies sauvées en urgences.

Programmes spéciaux institués au Venezuela avec la coopération médicale cubaine

1. Mise en marche de 600 Centres de diagnostic intégral, de 600 salles de récupération intégrale et de 35 Centres de haute technologie.
2. Formation dans le pays de 40 000 médecins et de 5 000 spécialistes d’équipements de diagnostic et de récupération.
3. Plan Au cœur du quartier (Barrio Adentro) I et II :
a) Participation de milliers de médecins et paramédicaux cubains.
b) Participation à Au Cœur du quartier I de plus de 20 000 médecins et paramédicaux cubains.

V. CONTINGENT HENRY REEVE SPÉCIALISÉ EN CATASTROPHES ET GRANDES ÉPIDÉMIES

Ce contingent a été créé en 2005 par le gouvernement cubain en vue de pouvoir disposer d’une force capable de se rendre n’importe où dans le monde pour apporter des soins médicaux aux victimes de catastrophes naturelles et de grandes épidémies toujours plus fréquentes et plus graves.

Cette force médicale a été composée au départ par 759 hommes et 857 femmes, dont :

• 1 097 spécialistes en médecine générale intégrale, dont plus de 600 font diverses maîtrises en sciences médicales.
• 351 généralistes et intensivistes.
• 72 professionnels dominant deux spécialités et 66 spécialistes en cardiologie, pédiatrie, gastroentérologie, chirurgie, psychiatrie, épidémiologie et autres.

La moyenne d’âge était de trente-deux ans, si bien que la plupart des membres n'était pas né au triomphe de la Révolution, et la moyenne d'exercice professionnelle était de dix ans :

• 699 médecins ont rempli au moins une mission internationaliste dans 43 pays ; et 3 en ont rempli trois.
• 727 sont sur le point de partir en mission en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

Ces professionnels de la santé sont prêts à partir dans les plus brefs délais n'importe où dans le monde où il le faut : ils emportent deux sacs à dos de douze kilogrammes chacun contenant les ressources nécessaires, entre autres une quarantaine de médicaments à l’efficacité prouvée pour faire face sur le terrain aux problèmes ayant à voir avec la déshydratation, l’hypertension artérielle, le diabète sucré, les infections affectant n’importe quelle partie de l’organisme : les poumons, les os, la peau, l’ouïe, les voies urinaires, le système reproductif, l’appareil digestif. Ainsi que des médicaments contre les vomissements, contre la douleur et la fièvre, pour soigner sans retard les urgences cardiaques ou les allergies, ou l’asthme et d’autres problèmes.

Ce contingent a déjà rempli trois missions : au Guatemala (688 coopérants), au Pakistan (2 654) et en Bolivie (602), soit 3 854 au total.

Au Guatemala (octobre 2005), il s’agissait de prêter secours aux plus de 300 000 sinistrés du cyclone Stan, les membres Henry Reeve étant venus renforcer les coopérants déjà sur place et les interventions s’étant déroulées dans 11 des 22 département du pays. Les médecins cubains ont soigné une population de plus de 500 000 habitants, aidés de 34 tonnes de médicaments, de 6,6 tonnes de bacille espféréique, de 40 poudreuses à dos et de 32 asperseurs.

Mission au Pakistan

La seconde mission de ces combattants de la vie et de la santé s'est déroulée au nord du Pakistan, frappé par le tremblement de terre du 8 octobre 2005.
Dommages causés par le séisme

• Pertes matérielles : 5 000 millions
• Infrastructure de santé endommagée à 70 p. 100.
• 3 300 000 sans abri, dont 150 000 familles rien qu'au Cachemire. Selon le président Musharraf, il faudra bâtir 500 000 nouveaux logements.
• Plus d'un million de personnes ayant perdu leur emploi.
• 70 000 morts et 78 881 blessés (chiffres officiels).
• Des 4 millions de sinistrés, on compte 600 000 enfants de moins de cinq ans et 40 000 femmes, dont probablement 9 000 enceintes.

RESULTATS DU TRAVAIL DE L’HENRY REEVE

• 2 564 coopérant, dont 1 463 médecins (57 p. 100). En mars 2006, on comptait encore 835 coopérants, dont 394 médecins.
• Travail dans les deux provinces touchées : don par Cuba de 32 hôpitaux, dont 30 de campagne et 2 en dur équipés par Cuba.
• 1 649 565 patients soignés, dont 808 176 femmes (48,9 p. 100) et 737 979 visités à domicile (44,7 p. 100 des cas).
• 14 146 opérations chirurgicales, dont 6 391 de chirurgie complexe.
• 88 256 examens de laboratoire, 35 814 échographies et 20 137 rayons X.
• 152 674 patients en consultations de physiothérapie.
• Plus de 960 226 soignés par des techniques de physiothérapie.
• 14 patients ont reçu des prothèses à Cuba et sont rentrés chez eux, tandis que 16 y sont en cours de traitement.

L’Henry Reeve, en se retirant avec l’accord du gouvernement pakistanais, a laissé sur place les hôpitaux et leurs équipements : instruments de chirurgie générale et orthopédique, laboratoires cliniques, machines d’anesthésie, équipements de soins intensifs, rayons X, échographes, équipements de physiothérapie, deux groupes électrogènes de 60 et 25 kVA par hôpital, entre autres. Au 27 avril 2006, les forces armées pakistanaises a reçu 25 hôpitaux ; et 1 729 coopérants sont rentrés à Cuba en neuf vols.

La sélection de mille jeunes Pakistanais pour faire des études de médecine à Cuba a commencé.

En plus de cette aide médicale, l’Henry Reeve a développé un programme de formation pratique destinée à des élèves de médecine pakistanais des dernières années dans trois hôpitaux de campagne cubains et dans d'autres institutions où travaillaient des brigades médicales.

La troisième mission de l’Henry Reeve s’est déroulée en février 2006 en Bolivie, touchée par des pluies très intenses : 140 coopérants emportant avec eux plus de 15 tonnes de médicaments.

Antécédents de la coopération médicale cubaine en cas de catastrophes naturelles

Trois brigades de secours avaient été dépêchées en 2005. Une à Sri Lanka et une seconde en Indonésie, pour aider les victimes du tsunami de décembre 2004. La brigade pour l'Indonésie était formée de 23 médecins, emportant neuf tonnes de médicaments et d'équipements.

Une autre brigade de 40 membres était partie pour le Guyana le 1er février 2005.

VI. OPÉRATION MIRACLE

L’Organisation mondiale de la santé estime à 50 millions le nombre d’aveugles dans le monde, dont plus de 1,5 sont des enfants de moins de seize ans.

La prévalence de la cécité varie selon le développement économique national : dans les pays développés, elle n’est que 0,25 p. 100 de la population, dans les pays à économie et services de santé très pauvres, elle peut toucher 1 p. 100 des habitants.

Dans les pays du tiers monde, les principales causes de cécité sont la cataracte, le glaucome, la rétinopathie diabétique, ou des maladies infectieuses comme le trachome et l'onchocercose, ou la carence de vitamine A. D'autres affections ophtalmologiques comme le ptérygion, la ptose palpébrale et le strabisme sont fréquentes chez les enfants et les adultes.

La cataracte s’avérant la cause évitable de plus de la moitié des cas de cécité dans le monde, il faudrait réaliser de 2 000 à 4 000 opérations par million de personnes par an pour pouvoir l’éradiquer graduellement. Or, ces indicateurs ne sont atteints que dans les pays hautement développés, du fait, essentiellement, de l'accessibilité restreinte aux services médicaux et des coûts chirurgicaux élevés qui prédominent dans les pays en développement.

Le glaucome pour sa part est au départ de 15 p. 100 des cas de cécité dans le monde et touche de 1 à 2 p. 100 de la population mondiale, quoique ce chiffre soit le double dans la population noire. Il dégénère en cécité dans 10 p. 100 des cas, dont un pourcentage élevé requiert une chirurgie filtrante ou trabéculoplastie au laser.

La rétinopathie diabétique constitue une autre cause évitable de cécité à l'échelle mondiale. Le diabète sucré, une maladie en hausse dans le monde, touche de 2 à 3 p. 100 de la population mondiale, 20 p. 100 des cas dégénérant en rétinopathie proliférante. Dans ces cas, la panphotocoagulation rétinienne s’avère très efficace pour prévenir la cécité.

Le 5 juillet 2004, Fidel Castro, président de Cuba, et Hugo Chávez, président du Venezuela, ont décidé de développer un programme de coopération entre les deux peuples en vue de soigner les personnes atteintes d'affections oculaires, de cataracte dans la plupart des cas. Le programme, qui a débuté au Venezuela où plus de 189 338 personnes ont déjà été opérées, s’est maintenant étendu à 23 pays, dont 14 des Caraïbes (15 805 opérations) et 9 d’Amérique latine (18 666). Depuis le lancement de ce programme jusqu’au 8 mai 2006, 280 800 personnes, dont 56 992 Cubains, ont bénéficié d'une opération.

Composants de l'Opération Miracle

• Soins médicaux et chirurgicaux à Cuba.
• Montage et équipement de centres de chirurgie ophtalmologique.
• Formation de ressources humaines par des bourses spécialisées en ophtalmologie.

Soins médicaux et chirurgicaux à Cuba

Les phases en sont les suivantes : détection, transport, hébergement et alimentation ; traitement chirurgical, rétablissement, consultations d'après opération et optométrie.
En coordination avec les autorités nationales, régionales ou locales de santé, et d’autres institutions soutenant l’Opération Miracle ou coopérant avec elle, des équipes d'ophtalmologues cubains réalisent des consultations de détection dans les territoires concernés en vue de repérer les personnes souffrant d'affections visuelles qui peuvent être soignées par des traitements chirurgicaux où Cuba a atteint un niveau de spécialisation élevé.

Les traitements offerts dans le cadre de l’Opération Miracle concernent tous les citoyens, mais accordent la priorité aux personnes vivant dans les endroits les plus reculés ou aux possibilités économiques moindres.

L’ensemble des services médicaux, le transport aérien, l’hébergement, l’alimentation et le transport local à Cuba, ainsi que les consultations d’après opération, sont absolument gratuites pour les personnes et leurs gouvernements. Chaque groupe voyage encadré par des travailleurs de la santé ou des travailleurs sociaux, bien que cet encadrement puisse être individuel dans le cas des personnes les plus limitées ou d’âge très avancé.

Une fois conclus le repérage initial et l’établissement des documents de voyage requis, les patients se rendent à Cuba par avion en fonction des capacités de transport disponibles.

Arrivés à Cuba, les patients sont hébergés dans des installations spécialement aménagées pour leur garantir un séjour confortable, fondamentalement des centres touristiques réaménagés en hôpitaux, et disposent des personnels médicaux et infirmiers et de l’équipement nécessaire pour faire face à des urgences, l’encadrement étant à la charge de travailleurs sociaux. Ils subissent aussitôt un examen médical pour déterminer leur état de santé général et leur capacité à être opérés. S'ils ne peuvent être opérés immédiatement pour différentes causes, comme des crises d'hypertension ou le diabète, on leur prescrit le traitement requis pour qu'ils soient en conditions d'être opérés.

Une fois opéré, le patient suit une phase de rétablissement qui dure en moyenne une semaine, si bien que la durée totale du séjour est en moyenne d’une dizaine de jours, en fonction de la rapidité du rétablissement et des disponibilités aériennes de retour au pays. La durée du séjour se prolonge un peu plus pour les patients devant être d'abord stabilisés avant l'opération.

Formation de ressources humaines par des bourses spécialisées en ophtalmologie

Le programme Opération Miracle serait incomplet sans la formation de personnels nationaux qualifiés en diagnostic et traitement des affections visuelles.

OPÉRATIONS DE LA VUE DE L’OPÉRATION MIRACLE (2004-MARS 2006)

No.

Pays

Coopérants

2004-Déc. 2005

Janvier-Mars 2006

Août 2004-mars 2006

Total

Médecins

1

VENEZUELA

 

 

175,449

13,889

189,338

2

SAINT- VICENT

2

2

1156

422

1578

3

GRENADE

2

2

1078

235

1313

4

BAHAMAS

2

2

0

294

294

5

DOMINIQUE

2

2

744

397

1141

6

BELIZE

0

0

1321

141

1462

7

GUYANA

2

2

2577

553

3130

8

ANTIGUA

2

2

743

260

1003

9

SAN KITTS -ET- NEVIS

3

3

303

205

508

10

SAINTE LUCIE

2

2

932

707

1639

11

JAMAÏQUE

2

2

1078

1099

2177

12

HAÏTI

0

0

377

288

665

13

SURINAME

2

2

339

554

893

14

MONSERRAT

0

0

1

0

1

15

REP. DOMINICAINE

0

0

1

0

1

Sous-total Caraïbes

 

21

21

10,650

5155

15,805

16

BOLIVIE

LA HAVANE

 

 

1518

407

1925

LA PAZ

28

14

1536

4399

5935

Villa Tunari

21

10

0

631

631

Santa Cruz

19

9

 

624

624

Sous-total Bolivie

76

41

3054

6061

9115

17

GUATEMALA

7

7

404

531

935

18

HONDURAS

1

1

714

416

1130

19

MEXIQUE

 

 

0

1010

1010

20

ARGENTINE

2

2

183

155

338

21

URUGUAY

3

3

125

557

682

22

EQUATEUR

3

3

505

1123

1628

23

PARAGUAY

 

 

399

919

1318

24

PANAMA

2

2

182

1678

1860

25

El SALVADOR

0

0

0

650

650

Amérique latine

94

59

5566

13,100

18,666

CUBA

 

 

37,402

19,589

56,991

TOTAL

115

80

229,067

51,733

280,800

VII. PROGRAMME DE COOPÉRATION SUD-SUD

À la Conférence au sommet du Groupe des 77 et de la Chine tenue à La Havane, le gouvernement cubain a répondu à l'appel lancé par les présidents nigérian et libyen et s'est joint comme donateur au Programme de coopération Sud-Sud en offrant des personnels de santé qui travailleraient sur le continent africain, tandis que les gouvernements nigérian, algérien, libyen et botswanais se sont offerts comme bâilleurs de fonds.

Décision fut prise à ce Sommet de mobiliser 406 travailleurs de la santé, dont 242 Cubains.

Les contributions financières des pays bâilleurs de fonds ont commencé à se matérialiser dans une banque genevoise.

Le Programme a identifié six pays africains comme premiers bénéficiaires, le Burkina-Faso, le Niger, le Tchad et le Sierra Leone ayant été choisis dans une première phase.

Distribution de travailleurs de la santé fournis par les pays donateurs

Pays d’accueil

Pays donateur

Cuba

Nigeria

Libye

Total

Niger

42

10

10

62

Burkina Faso

60

15

15

90

Tchad

60

20

20

100

Sierra Leone

15

12

12

39

Sous total

177

57

57

291

Mali

50

15

15

80

Gambie

15

10

10

35

Total

242

82

82

406

Actuellement, 159 coopérants cubains de la santé, dont 77,9 p. 100 sont médecins, travaillent dans ces pays, garantissant des soins à plus de 14 millions de personnes. Ils ont réalisé à cette date différentes actions de santé :

• Consultations de 1 250 000 patients.
• Visite à domicile de quelque 25 000 familles.
• Environ 28 000 accouchements, dont plus de 4 000 césariennes.
• Soins à 180 000 enfants, dont environ 65 000 de moins d’un an.
• Soins d’environ 85 000 femmes enceintes par des personnels cubains, nigérians et libyens.
• Plus de 35 000 interventions chirurgicales par ces mêmes personnels.
• Vaccination de plus de 520 000 enfants et femmes enceintes.
• Près de 50 000 vies sauvées en urgences par ces mêmes personnels cubains, nigérians et libyens.

Impact sur les services de santé

• Soins garanties dans sept hôpitaux nationaux, treize hôpitaux régionaux, trente-neuf hôpitaux départementaux et trois hôpitaux préfectoraux.
• Au Niger, présence de personnels cubains dans deux maternités de référence nationale.

Ce Programme a permis au Burkina-Faso de recevoir un financement équivalent à 350 000 dollars, entre médicaments (200 000) et équipements médicaux.

Sierra Leone

A l’occasion de la visite à Cuba du président sierra-léonien (15-19 avril 2005), décision a été prise de :

• Élargir la coopération cubaine dans le cadre du Programme Sud-Sud.
• Envoyer une brigade médicale de vingt coopérants dans les trois principales villes de Sierra Leone.
• Créer trois centres de diagnostic, à savoir un plus complexe dans la capitale, et deux moins complexes dans les deux autres villes.
• Former des médecins dès la première année d'études selon le nouveau système de formation cubain.
• Envoyer des équipements audiovisuels (téléviseurs, magnétoscopes, cassettes vidéo, etc.).

VIII. PROGRAMME DE BOURSES DU GOUVERNEMENT CUBAIN ET ÉCOLE LATINO-AMÉRICAINE DE SCIENCES MÉDICALES (ELAM)

Depuis 1961, Cuba a diplômé 45 352 élèves et étudiants de 129 pays, dont 30 109 (66,4 p. 100) d’Afrique subsaharienne et 8 718 (19,2 p. 100) d’Amérique latine.
Actuellement, 25 596 jeunes provenant de 120 pays font des études à Cuba, dont 20 325 (79,4 p. 100) des études de médecine.

• ELAM : 9 605
• Nouveau programme de bourses en médecine : 9 488 (neuf pays):

o Bolivie 4 001
o Colombie 144
o Equateur 199
o Guatemala 202
o Honduras 471
o Paraguay 59
o Pérou 491
o Venezuela 3 451
o Timor-Leste 470
o A travers le ministère des Relations extérieures : 1 232

Autres études (médecine dentaire, soins infirmiers, technologies de la santé) : 533

Future promotion

La promotion de cette année-ci à Cuba comprendra 1 733 élèves de médecine de 56 pays, dont 1 501 issus de l'ELAM.

Actuellement, 536 jeunes se forment dans 4 pays d’Afrique subsaharienne : 99 en Gambie, 182 en Guinée équatoriale, 104 en Érythrée, 90 en Guinée-Bissau, et dans un pays asiatique : 61 à Timor-Leste.

Ecole latino-américaine de sciences médicales (ELAM)

Inaugurée en 1999, l’Ecole latino-américaine de sciences médicales (ELAM) a été conçue pour garantir la durabilité du Programme de santé intégral (PSI) dans les pays bénéficiant de la coopération médicale de Cuba, et ce par la formation gratuite de ressources humaines, autrement dit de jeunes gens qui, au terme de six années d’études, rentreront dans leurs communautés respectives pour y renforcer les systèmes de santé. Le point de départ de l’ELAM est donc une profonde conception humaniste et solidaire dans le cadre d'un grand projet scientifique et pédagogique qui accueille aujourd'hui des élèves de 24 pays : 19 latino-américains, 4 africains et les Etats-Unis.

La mission de cette université est de former des médecins généralistes intégraux (MGI) axés sur les soins de santé primaires en tant que théâtre essentiel de leur exercice professionnel, dotés d’une forte préparation scientifique, humaniste, morale et solidaire, capables d'intervenir dans leur environnement en fonction des besoins locaux et d’un développement humain durable.

Ces jeunes gens sont issus fondamentalement des couches les plus modestes de leurs sociétés et se caractérisent par leurs diversités ethniques, éducationnelles et culturelles, ce qui ne les empêche pas toutefois de faire des études dans une ambiance fraternelle et amicale.´
L’ELAM accueille 1 500 élèves par an. Elle en compte actuellement plus de 12 000 provenant de 27 pays et de plus de 100 groupes ethniques.

La première promotion (celle de l’an dernier) comptait 1 610 jeunes diplômés, dont 554 (37 p. 100) sont revenus à Cuba faire la spécialité de Médecine générale intégrale, tandis que 153 la font au Guatemala aux côtés de la brigade médicale cubaine, 98 en Haïti, 51 au Venezuela et 25 en Bolivie, soit un total de 881.

À leur entrée à l’ELAM, les élèves non hispanophones suivent un cours d’espagnol intensif d’un semestre. Tous suivent un cours de propédeutique permettant de niveler les connaissances concernant les sciences de base enseignées durant les deux premières années d’école.

À la fin du cycle, les futurs médecins rejoignent les facultés de médecine du pays pour poursuivre leurs études cliniques. Leurs études se concluent en sixième année par un internat rotatif et par un examen d’État théorique et pratique qui leur donne le titre de docteur en médecine.

L’ELAM compte des laboratoires, des salles et des amphithéâtres modernes, équipés des nouvelles technologies de l’information et des communications en vue de garantir l'enseignement en fonction du programme d'études.

Tous les secteurs d'assistance du pays travaillent en fonction du projet, tandis que les secteurs utilisés pour l'enseignement font l'objet d'une évaluation permanente, tout comme le font les professeurs sur les plans pédagogique et scientifique.

Dans le cadre de ce même programme, la faculté de médecine de Santiago de Cuba accueille 727 élèves haïtiens, maliens et djiboutiens.

À quoi il faut ajouter le Nouveau Programme de formation d’étudiants de médecine, qui touche 6 967 élèves de 7 pays.

 

IX. PROPOSITION CUBAINE DE LUTTE CONTRE LE VIH/sida
Pour l’Afrique

Compte tenu de l’expérience cubaine dans le contrôle épidémiologique du VIH/sida, de l’existence dans le pays des ressources humaines requises pour la coopération et caractérisées par leur capacité scientifique et leur profonde vocation humaniste et de l’appel lancé par les Nations Unies à la création d'un fonds mondial d'aide à la lutte contre l'épidémie de VIH/sida dans le monde, le gouvernement cubain a proposé le 25 juin 2001, à la Session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée au VIH/sida (New York, 25-27 juin 2001), un programme de coopération pour l'Afrique consistant en la contribution suivante :

• 4 000 personnels médicaux et paramédicaux.
• Les professeurs cubains nécessaires pour ouvrir vingt facultés de médecine capables de former 1 000 médecins par an dans les pays bénéficiaires.
• Les médecins, pédagogues, psychologues et autres spécialistes nécessaires pour coopérer en tant que consultants aux campagnes de prévention du sida et d’autres maladies.
• Les équipements et les kits diagnostiques nécessaires aux programmes préventifs de base.
• Le traitement antirétroviral pour 30 000 patients.

Pour la Communauté des Caraïbes (CARICOM)

Le 8 décembre 2002, à la Conférence au sommet des chefs d'Etat des Caraïbes organisée à La Havane pour commémorer le trentième anniversaire des relations diplomatiques entre Cuba et les pays de la CARICOM, Cuba a proposé le programme d'appui ci-après à la stratégie régionale de lutte contre le VIH/sida déjà conçue :

1. Contribuer à la formation des ressources humaines par la création d'un centre capable de former jusqu’à cent personnels infirmiers spécialisés en prestations de services à des séropositifs et sidéens dans chaque pays membre de la CARICOM.

2. Offrir 50 bourses annuelles pendant trois ans afin que des personnels de santé caribéens puissent obtenir des titres scientifiques (maîtrises et diplômes) à l’Institut de médecine tropical Pedro Kouri, au Centre national de promotion et de prévention du VIH/sida et à l’Institut national d’hygiène, d’épidémiologie et de microbiologie, trois institutions au grand prestige international par leur développement en science et en recherche.

3. Dépêcher dans tout pays caribéen le demandant les spécialistes et experts requis pour, en coordination avec les gouvernements et les institutions compétentes, fournir des conseils et une aide technique en appui aux programmes nationaux de lutte contre le VIH/sida.

4. Mettre à la disposition de la région les médicaments antirétroviraux génériques de l'industrie pharmaceutique cubaine en vue de faciliter l’accès aux traitements.

5. Apporter gratuitement au moins 30 p. 100 de la valeur des équipements et des kits diagnostiques produits à Cuba pour le montage de laboratoires SUMA, qui facilitent le dépistage massif dans la population. Cette coopération inclurait l’installation, la mise en marche et l’assistance technique de l’équipement, et la formation du personnel local dans l’exploitation de cette technique.

6. Pour Haïti, Cuba serait prête à partager avec d’autres pays donateurs jusqu’à 40 p. 100 de la valeur de ces équipements et kits diagnostiques.

X. ALTERNATIVE BOLIVARIENNE POUR LES AMÉRIQUES (ALBA)

Un des principes clefs de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) est qu'elle est axée sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

C’est dans ce but, donc, que Cuba et le Venezuela ont élaboré et adopté en avril 2005 le Plan stratégique de mise en oeuvre de l'ALBA, qui signale entre autres points :

1. Ouvrir au Venezuela :
a. 600 centres de diagnostic intégraux.
b. 600 salles de physiothérapie.
c. 35 centres de technologie de pointe.

2. Former au Venezuela 40 000 médecins et 5 000 spécialistes en équipements de diagnostic et de physiothérapie.

3. Former à Cuba 10 000 étudiants en médecine et soins infirmiers qui seront distribués dans les polycliniques et les hôpitaux du pays et qui vivront dans des familles.

4. Poursuivre la contribution cubaine au développement de la Mission Au cœur du quartier I et II, à partir de 30 000 médecins et autres travailleurs de la santé dans tout le Venezuela.

5. En 2005, opérer de différentes affections de la vue 100 000 Vénézuéliens (en fait, 158 315 l’ont été), ce pourquoi toutes les conditions ont été créées dans les hôpitaux qui ont été dotés des équipements les plus modernes et dans les lieux d’hébergement confortables pour les patients et ceux qui les accompagnent. Le Venezuela se chargera des frais de transport jusqu’à son territoire, et Cuba depuis le Venezuela jusqu’à son territoire et assumera les frais de soins médicaux et de séjour.

6. Éventuellement, recevoir 100 000 patients d’autres pays latino-américains et caribéens (18 932 provenant de 21 pays l’ont été en 2005).

XI. PROGRAMME CUBAIN DE TRAITEMENT DES ENFANTS TOUCHÉS PAR LES CONSÉQUENCES DE LA CATASTROPHE SURVENUE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL

Ce Programme a été inauguré officiellement le 29 mars 1990.

Son objectif fondamental est de fournir un traitement médical hautement spécialisé et de mener dans un environnement approprié un plan de récupération basé sur des actions intégrales qui permettent de déterminer l’état de santé des enfants et de prendre une série de mesures préventives et thérapeutiques, médicales et dentaires, en appliquant des programmes de récupération physique et mentale, ainsi que des évaluations dosimétriques à partir desquelles il est possible de suivre ces personnes au fil des années.

Ce Programme se mène sous la conduite du ministère de la Santé publique, avec les services consultatifs du Centre de protection et d’hygiène des irradiations, rattaché au ministère de la Science, de la Technologie et de l’Environnement.

Le programme se déroule principalement au camp de pionniers de Tarará (plage de la grande banlieue de La Havane), qui est doté d’un hôpital, d’autres institutions médicales spécialisées de la capitale y intervenant aussi.

Entre 1990 et 1992, ce Programme a accueilli des enfants russes, biélorusses et ukrainiens, et un petit nombre d’Arméniens et de Moldaves. En 1992, il a accueilli aussi 53 Brésiliens. À partir de 1993, il s’est concentré sur les enfants ukrainiens.

De 1990 à 2004, ce Programme a accueilli 21 510 patients, dont 85 p. 100 étaient des enfants et le reste des adultes.

À partir de 1998, cette coopération se fait à travers une brigade médicale de sept membres opérant au sanatorium d’Evpatoria (Crimée).

PATIENTS PAR PAYS (1990-2004)

PAYS

Total

Enfants

Adultes

Ukraine

17784

14666

3118

Russie

2928

2715

213

Bélarus

730

671

59

Brésil

53

34

19

Arménie

11

9

2

Moldavie

4

2

2

T O T A L

21510

18097

3413

 

PATIENTS PAR PAYS ET PAR ANNÉE

(1990-2004)

Année

Total

Enfants

Adultes

1990

3032

2640

392

1991

6415

5621

794

1992

3127

2630

497

1993

1377

1089

288

1994

1016

738

278

1995

729

582

147

1996

820

656

164

1997

732

626

106

1998

777

644

133

1999

592

496

96

2000

662

578

84

2001

475

397

78

2002

387

305

82

2003

608

506

102

2004

761

589

172

TOTAL

21510

18147

3413


XII. COOPÉRATION CUBAINE EN ÉDUCATION : UNE RÉVOLUTION DANS LA « DESTINÉE » DE NOS PEUPLES

Depuis 1961, Cuba partage d’une manière solidaire et désintéressée ses connaissances et ses expériences avec des pays frères, étant entendu qu’ « il y aura toujours beaucoup à faire, pour une raison ou pour une autre, en faveur de l’éducation des êtres humains ».

Bien que le blocus économique, commercial et financier imposé criminellement par les Etats-Unis qui posent des obstacles et des entraves accrus, cette coopération cubaine avec de nombreux pays, essentiellement du tiers monde, s’est renforcée en 2005.

 

 

Formation de spécialistes au service de nos peuples

De 1961 à 2005, un total de 45 352 étudiants provenant de 129 pays, dont plus de 32 000 d’Afrique, a fait des études supérieures à Cuba, (cf. Annexe 1).

En cours de la dernière année universitaire (2004-2005), Cuba a accueilli environ 18 000 boursiers de différentes parties du monde, dont 19 p. 100 de 23 pays caribéens (surtout Haïti, la Jamaïque, la République dominicaine, le Guyana, Sainte-Lucie et Dominique), pour la plupart en médecine, télécommunications, informatique, économie, médecine vétérinaire et architecture.

Actuellement, 22 707 élèves, essentiellement du tiers monde, font des études gratuites à Cuba dans des centres comme l’École latino-américaine de médecine (ELAM), l’École internationale de sports et d’éducation physique, l’Institut supérieur d’art et d’autres établissements d’enseignement supérieur et secondaire (cf. Annexe 2).

Ces élèves et étudiants proviennent des secteurs les plus défavorisés de leurs pays et n’ont que de maigres possibilités de faire des études chez eux. C’est la raison pour laquelle Cuba leur offre l’occasion de recevoir une formation et de se doter des connaissances requises pour contribuer à leur retour au développement de leurs communautés.

Cuba s’est engagée auprès de l’Unesco à lancer à partir de mars 2005 un Projet de bourses annuelles destinées au départ à l’Afrique et extensible à d’autres continents. Le coût de cette initiative a été évalué à environ 500 000 dollars, Cuba prenant en charge les frais d’inscription, les frais d’études, l’hébergement et les services médicaux.

PROGRAMME DE COOPÉRATION CUBAIN EN MATIÈRE D’ALPHABÉTISATION

Le renforcement de la coopération éducationnelle est aussi passé par la participation directe à des programmes d’alphabétisation.

Fort de l’expérience accumulée depuis le début de la Révolution, le peuple cubain coopère actuellement avec vingt pays, tout en travaillant à la mise en œuvre des accords passés avec la Dominique, la Namibie et le Sierra Leone, et à la concrétisation des réponses à l’intérêt exprimé par l’Angola, le Swaziland, le Guatemala, le Panama et la Jamaïque. Il s’agit d’une combinaison de méthodes d’alphabétisation et de suivi novatrices mises au point par Cuba, recourant à la radio, à la télévision et au magnétoscope, et permettant à de nombreuses populations d’atteindre l’instruction primaire et secondaire, et ce avec un minimum de ressources humaines et matérielles.

Ce programme a déjà permis d’alphabétiser 2 327 419 personnes dans onze pays, dont 89 p. 100 au Venezuela.

Les pays bénéficiant de ce programme sont : le Venezuela, Haïti, le Paraguay, l’Argentine, le Mexique, l’Equateur, la Bolivie, le Pérou, le Honduras, le Nicaragua, la République dominicaine, la Grenade, le Brésil, la Nouvelle-Zélande, la Guinée-Bissau, le Nigeria, Timor-Leste, l’Egypte et l’Afrique du Sud.

Les méthodes « Oui, je peux » et « Oui, je peux continuer » sont extrêmement utiles dans des régions comme l’Amérique latine où le taux d’analphabétisme est de 11,7 p. 100, le taux de scolarité dans le primaire de 92 p. 100, mais dans le secondaire de seulement 52 p. 100, où l’on compte des centaines de millions d’analphabètes totaux et fonctionnels parmi les jeunes et les adultes, les peuples autochtones et d’0rigine africaine, les paysannes et les personnes âgées et dans les régions géographiques les plus inhospitalières.

Le programme d’alphabétisation cubain « Oui, je peux », mis au point par l’Institut pédagogique latino-américain et caribéen (Cuba), a été appliqué avec succès dans onze pays, dont le Venezuela, le Mexique, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et le Brésil (cf. Annexe 3), qui peuvent témoigner de la solidarité du peuple cubain avec d’autres peuples du monde dans la lutte commune contre ce fléau de l’analphabétisme qui touche aujourd’hui plus de 860 millions de personnes, surtout dans le tiers monde.

Le gouvernement cubain a fait don de 37 521 510 cassettes vidéo contenant les classes (plus de 2 millions de jeux), de 92 802 téléviseurs Panda, de 40 00o téléviseurs de 29’’, de 123 829 magnétoscopes, de 10 panneaux solaires, de 3 ordinateurs, ainsi que de 2 008 740 abécédaires et de 230 455 livres du maître.

Fidel Castro a proposé un programme d’alphabétisation universel qui, si les pays presque tous européens de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) y allouaient 0,01 p. 100 de leur PIB, permettrait en douze ans d’alphabétiser 1,5 milliard d’analphabètes et de semi-analphabètes dans le monde et de leur faire conclure des études primaires.

Cuba a mis à la disposition de l’Unesco et des pays intéressés toute son expérience pédagogique en alphabétisation d’adultes, son potentiel scientifique et ses programmes d’alphabétisation et d’éducation primaires, en vue d’appuyer les efforts conjoints de toutes les nations du monde dans la lutte contre l’analphabétisme et la sous-scolarisation de jeunes et d’adultes, ainsi que pour contribuer à inverser le fait que plus de 100 millions d’enfants âgés de six à onze ans dans le monde ne vont pas à l’école. Tout ceci permettrait d’atteindre un des objectifs du Millénaire pour le développement : qu’en 2015, tous les enfants du monde aillent à l’école primaire.

Cuba apporterait une part importante des techniques et des ressources humaines spécialisées requises. Il suffirait de dégager un montant infime des ressources financières en action dans le monde tous les ans : en tout cas, infiniment moins que le billion de dollars qui s’envole chaque année en publicité, que le billion de dollars gaspillé en dépenses militaires, ou les 500 milliards du marché de la drogue.

C’est pour maintenir et développer encore plus cette politique solidaire que Cuba a créé à partir des années 90 un ensemble d’institutions spécialisées au sein du Groupe d’échanges scientifiques de l’éducation (ICE), dont l’Institut pédagogique latino-américain et caribéen (IPLAC) et la Chaire Unesco en sciences de l’éducation pour l’Amérique latine et les Caraïbes : cette dernière, qui a obtenu en 2001 et en 2002 une des mentions d’honneur des Prix Roi Sejong de l’Unesco pour ses résultats dans les programmes et projets d’alphabétisation dans des pays du tiers monde, a offert a ce jour des cours de perfectionnement et de recyclage et de hautes études universitaires à plus de 6 000 éducateurs d’autres pays, surtout d’Amérique latine et des Caraïbes.

Cuba a organisé en 2005 le Premier Congrès mondial d’alphabétisation, dont l’un des points a été la coopération cubaine avec dix-neuf pays d’Amérique, d’Asie et d’Océanie à des programmes d’alphabétisation, entre autres la précieuse expérience du Venezuela où plus de 1 300 000 personnes ont été alphabétisées en moins d’un an et demi.

RÉSUMÉ DES PRINCIPES ACTIONS D’ALPHABÉTISATION ENGAGÉES DANS DIFFÉRENTS PAYS GRÂCE À LA COOPÉRATION CUBAINE

Venezuela

C’est en mai 2003 qu’a été lancée une expérience d’application pilote de la méthode d’alphabétisation cubaine « Oui, je peux ».

L’expérience a démarré à 26 points (17 à Caracas et 9 à Maracay) dans 14 quartiers. Au départ, 373 personnes, dont il était possible d’alphabétiser 268, se sont inscrites à ce cours, que 348 ont conclu. L’examen final a été passé par 268 élèves, dont 257 (soit 95,9 p. 100) ont réussi. Les alphabétisés représentaient donc 73,9 p. 10o du total d’élèves inscrits. Le taux de rétention final a été de 93,3 p. 100. Ont participé à ce projet pilote 44 facilitateurs et 16 superviseurs.

Compte tenu des résultats positifs de cette expérience, décision a été prise de l’étendre sous le nom de Robinson I, qui a débuté le 1er juillet 2003 : il s’agissait d’alphabétiser plus d’un million de Vénézuéliens par la méthode « Oui, je peux », sur un total, selon les statistiques et les sondages, de presque 1,5 million d’analphabètes.

Robinson I a touché en fait près de 1,5 million de personnes, dont 1 484 543 ont été alphabétisées, si bien que le Venezuela a pu se déclarer territoire libre d’analphabétisme le 28 octobre 2005.

Le programme d’alphabétisation implique comme principe clef le suivi ou la poursuite des études par la méthode « Oui, je peux continuer », qui a touché 1 352 482 personnes, dont 670 172 provenaient de la première phase de la Mission Robinson.

Toujours dans le cadre de cette stratégie, la Mission Rivas, lancée le 17 novembre 2003, a permis à 733 256 personnes de faire des études secondaires, dont plus de 193 les ont conclues à ce jour.

Par ailleurs, à compter du 3 novembre 2003, environ 488 376 bacheliers refusés à l’Université ont rejoint la Mission Sucre. 260 270 d’entre eux ont conclu le Programme d’initiation universitaire (sorte de propédeutique), dont 149 389 font actuellement des études supérieures. Le programme national de formation d’éducateurs a accueilli, lui, 62 731 étudiants, tandis que 25 128 bacheliers ont rejoint le cours d’introduction au programme de médecine intégrale communautaire.

Trois cents enseignants du ministère cubain de l’Éducation, préparés au préalable par l’Institut pédagogique latino-américain et caribéen (IPLAC), font office de conseillers des différentes missions éducatives.

Pour garantir la logistique de celles-ci, dont la Mission Vuelvan Caras, Cuba a envoyé 37 521 510 cassettes vidéo, 92 802 téléviseurs, 40 00o téléviseurs de 29’’ et de 123 829 magnétoscopes.

La Mission Robinson I a pu disposer de plus de deux millions d’abécédaires et de 230 455 livres du maître. Pour la Mission Robinson II, Cuba a imprimé 9 322 400 brochures ; pour la Mission Rivas, plus de 23 767 000 ; pour la Mission Sucre, plus de 3 345 000.

On fait actuellement les premiers pas dans la formation de professeurs vénézuéliens à de hautes études supérieures par l’intermédiaire d’un accord entre l’IPLAC et l’Université bolivarienne vénézuélienne, qui concerna mille candidats à la maîtrise et quarante au doctorat en sciences de l’éducation.

Haïti

Intéressé par les excellents résultats obtenus durant l’expérience vénézuélienne, le gouvernement haïtien a demandé à Cuba de mettre la méthode « Oui, je peux » en exécution sur l’île. Neuf campagnes d’alphabétisation antérieures s’étaient soldées par un échec.

Au départ, le programme avait été conçu en français, mais, compte tenu des caractéristiques socioculturelles du pays, le gouvernement haïtien a demandé que l’alphabétisation se fasse en créole, pour passer ensuite à l’enseignement du français.

En fait, un programme d’alphabétisation pilote avait été déjà lancé en 1999 à Petite-Place-Cazeau, proche de Port-au-Prince, pour vérifier les possibilités d’alphabétiser par radio puis d’enseigner le français comme seconde langue dans le cadre de la post-alphabétisation.

Le programme d’alphabétisation s’était étendu par départements, si bien que, en 2004, un total de 109 972 personnes avaient été alphabétisées par radio, et plus de 130 000 l’avaient été en utilisant les documents radio et en assistant aux cours. Un total de 38 experts cubains avait suivi le programme à différentes étapes. Deux spécialistes de la chaire d’alphabétisation de l’IPLAC avaient élaboré la stratégie dans le pays et mis au point les scénarios, les abécédaires, et servi de conseillers lors des enregistrements radiophoniques destinés à l’alphabétisation en créole et à l’enseignement du français comme seconde langue. Mais les problèmes politiques du pays n’avaient pas permis de poursuivre ce programme.

Paraguay

L’idée de mettre en œuvre le programme d’alphabétisation « Oui je peux » au Paraguay s’est renforcée en 2003. Le don destiné à ce programme, remis au peuple paraguayen par l’intermédiaire du notable écrivain Augusto Roa Bastos, comprenait 200 téléviseurs et autant de magnétoscopes, et 225 jeux de cassettes vidéo, soit un total de 3 835.

Un total de 180 centres sont ouverts actuellement dans les départements Central, Cordillera, Amambay, Caazapá et Concepción, touchant près de 9 000 personnes, dont 5 620 ont déjà été examinés et certifiées.

Le programme sera exécuté prochainement dans le département d’Alto Paraná, les autorités étant désireuses d’utiliser dans ce but la deuxième chaîne de Red Guaraní, qui a signé dans ce but un accord avec le ministère de l’Éducation. Pour des raisons financières, les conseillers cubains n’ont pu intervenir directement.

Argentine

Des représentants d’0rganisations de base argentines de visite à Cuba, ayant découvert l’expérience cubaine de « Oui je peux », décidèrent de l’introduire dans leur pays. Ils commencèrent par utiliser le programme enregistré par des comédiens cubains pour d’autres pays, puis décidèrent d’en enregistrer une version argentine avec des comédiens argentins dans les studios de la Chaîne éducative de la télévision cubaine. C’est ce programme qui est appliqué actuellement en Argentine.

Un total de 4 330 personnes a été alphabétisé jusqu’à décembre 2005. Il existe 129 centres d’alphabétisation accueillant 913 personnes encadrées par 259 facilitateurs.

Les premiers alphabétisés ont consolidé leurs connaissances grâce au cahier de lecture « Vos podés », dont environ 5 000 exemplaires ont été envoyés de Cuba. On compte 57 points d’alphabétisation accueillant 401 participants à l’étape de suivi.

A partir du travail du groupe Un Monde meilleur est possible, plusieurs provinces et municipalités ont déclaré ce projet d’utilité publique. Santa Fe, Córdoba Capital et les municipalités de Villa Allende, Mercedes et Catamarca ont signé des accords avec l’IPLAC pour généraliser ce programme.

Six enseignants cubains font office de conseillers.

Mexique

Le programme « Oui je peux » est en cours dans cinq Etats (Michoacán, Oaxaca, Tabasco, Puebla, Chimalhuacán) et a conclu dans ceux de San Luis Potosí, Veracruz et Nayarit. On y utilise la version mexicaine enregistrée dans les studios de télévision de Santiago de Cuba par des acteurs de Michoacán.

Le programme concerne 267 042 personnes dans tous les Etats signalés, dont 118 835 ont été alphabétisées et 148 207 étudient toujours, encadrés par 10 515 facilitateurs et cent conseillers cubains.

Ces résultats indiquent bien tout ce qui pourrait se faire à l’avenir pour éliminer ce mal de l’analphabétisme au Mexique.

Equateur

Les échanges de Fidel Castro avec des représentants d’organisations indigènes lors de sa visite en Equateur – inauguration de la Chapelle de l’homme – et les visites à Cuba du leader indigène Auki Tituaña constituent les antécédents de l’introduction dans le pays du programme d’alphabétisation cubain.

Cuba a fait don à Auki Tituaña, maire de Cotacachi, de 50 jeux de cassettes vidéo, de 4 000 abécédaires et de 100 livres du maître. L’étape pilote a conclu avec succès dans cette commune en juillet 2004, concernant 531 personnes, pour la plupart des femmes et des indigènes. Depuis qu’il a été généralisé, 1 036 personnes ont été alphabétisées en novembre 2004.

La commune de Cotacachi a été déclarée libre d’analphabétisme en avril 2005. Le programme est en cours de 44 communes de 16 provinces, touchant 16 769, dont 7 87 ont déjà été alphabétisées.

En vue de renforcer et d’étendre ce programme, des comédiens équatoriens viennent de conclure l’enregistrement à Cuba d’une version équatorienne. Il existe aussi une version équatorienne de la brochure « Je peux déjà lire », tandis que des enseignants du pays ont enregistré à Cuba les cassettes vidéo d’histoire et de géographie destinées à la première partie du programme de post-alphabétisation.

Le programme est encadré par 44 conseillers cubains, tandis que son extension envisage la participation de conseillers vénézuéliens.

Bolivie

Le programme a été introduit d’abord dans la préfecture de Tarija, où le taux d’analphabétisme est de 39,1 p. 100.

À partir de la signature d’un accord entre l’IPLAC et la préfecture, le programme a débuté dans onze communes, par une première étape de diagnostic et d’établissement de points de rencontre, et de formation de facilitateurs, de conseillers et de coordonnateurs.

C’est pour revitaliser le programme que le gouvernement cubain a fait don de cinquante jeux de cassettes vidéo, de deux mille abécédaires et de cent livres du maître, puis, compte tenu du déficit de magnétoscopes sur le marché bolivien, de cent appareils.

Le programme concerne aujourd’hui 5 047 personnes de 328 groupes encadrés par 330 facilitateurs. Et les premiers alphabétisés sont sortis de ces cours. Six enseignants cubains font office de conseillers.

Pérou

Le programme a été réclamé par une organisation d’instituteurs, « Derrama Magisterial », qui avait signé un accord de collaboration avec l’IPLAC depuis 1995. Cuba a fait don de 10 jeux de cassettes vidéo, de 330 abécédaires et de 25 livres du maître. L’expérience pilote a démarré en septembre 2004 avec 120 élèves dont 97 ont été alphabétisés. Deux coopérants cubains contribuent à généraliser le programme.

Compte tenu de l’intérêt suscité par les résultats de la première étape, décision a été prise de donner à Derrama Magisterial 50 jeux de cassettes vidéo, 1 000 abécédaires et 100 livres du maître.

Nicaragua

Le programme, qui bénéficie des conseils de six Cubains, a débuté par le don d’un premier lot de matériels. L’expérience pilote a débuté le 29 août 2005 dans 175 points de quinze communes et a touché 2 029 personnes, dont 1 644 ont conclu le cours et 1 581 ont été alphabétisées. Treize points ont dû fermés en cours de route faute d’élèves, les 162 restants ayant fonctionné jusqu'à la fin.

On prévoit dans un avenir immédiat l’ouverture de 5 000 points pouvant toucher 500 000 élèves. Les expériences de deux dernières années ont permis d’alphabétiser 2 832 personnes par radio.

République dominicaine

Le programme, qui compte sur les conseils de deux Cubains, a démarré en septembre 2005, après avoir acquis 16 jeux de cassettes vidéo, 340 abécédaires et 40 livres du maître.

Le projet pilote a débuté dans 12 points accueillant 24 personnes dans les localités de Monte Plata, de Capotillo et de Los Mina. Les autorités qui souhaitent étendre le programme à d’autres territoires ont demandé une augmentation des conseillers cubains et se sont dites prêtes à recevoir des conseillers vénézuéliens.

Le programme se déroule pour l’instant à 18 points et touche 271 personnes qui ont conclu leur alphabétisation le 13 janvier 2006 ; il a été ensuite étendu à d’autres endroits.

Deux nouveaux conseillers, un Cubain et un Vénézuélien sont arrivés sur les lieux.

Grenade

Les premières actions de prospection et de collecte de données sur le terrain ont été engagées sous la conduite d’un conseiller cubain. L’étude du vocabulaire le plus usité dans le pays a été conclue.

Nouvelle-Zélande

C’est après l’échec de plus de soixante-dix programmes d’alphabétisation et d’éducation primaire auprès de la population jeune et adulte de la communauté des Maoris que Rongo Wetere, recteur de l’Université Te Wananga o Aoteaora, a demandé l’aide de Cuba, un accord ayant été signé avec l’IPLAC par l’intermédiaire de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP) et du musée de l’alphabétisation.

Un programme a été mis au point avec les conseils d’enseignants cubains afin de couvrir non seulement l’alphabétisation, mais encore l’éducation primaire des jeunes et des adultes, car il s’agit d’un pays développé où l’analphabétisme fonctionnel est présent. La méthode « Oui je peux » a été adaptée à l’anglais en combinaison avec le maori, la langue maternelle de la population qu’il fallait alphabétiser. Le programme a été consolidé selon quatre modules et évalué comme à fort impact social en 2005.

Le projet pilote a démarré en juin 2003 dans trois communautés : deux de Maoris et une d’insulaires du Pacifique, puis le programme a été généralisé en septembre de la même année sous le nom de Greenlight : sous l’encadrement de 72 facilitateurs, il touche aujourd’hui 5 260 personnes, dont 2 092 ont été alphabétisées et le reste est en train de terminer. Le programme de suivi (post-alphabétisation), autrement dit d’éducation primaire d’adultes, touche 490 personnes en trois modules, six coopérants cubains faisant fonction de conseillers.

Mozambique

Le programme d’alphabétisation en portugais à la radio a démarré en juin 2005, le projet pilote ayant conclu dans deux districts de Maputo (55 alphabétisés). Le programme en soi a débuté en septembre, avec les conseils de quatre coopérants cubains, dans trois provinces (Maputo, Manica et Cabo Delgado).

Nigeria

Une version nigériane en anglais de la méthode cubaine a été mise au point avec les conseils d’une spécialiste de la Chaire d’alphabétisation de l’IPLAC (abécédaire pour l’alphabétisation par radio, livrets radiophoniques et livre du maître), puis dans sept langues locales. L’expérience pilote a démarré au premier trimestre de 2006 dans 120 communautés de 12 des 36 Etats du pays, avec la coopération d’une conseillère cubaine.

Guinée-Bissau

Le sondage général a été réalisé et les conditions ont été créées pour lancer l’expérience pilote aux dix points prévus, dans la version portugaise enregistrée par des comédiens brésiliens. Deux conseillers cubains sont sur place.

Brésil

L’expérience pilote se déroulera à Piauí avec la participation d’un conseiller cubain, Cuba ayant fait don de 50 jeux de cassettes vidéo avec la version complète en portugais, de mille abécédaires et cent livres du maître. Les matériels approuvés ont été envoyés sur place.

Timor-Leste

À partir de la visite à Cuba de Mari Bim Amude Alkatiria, Premier ministre, décision a été prise de préparer les conditions pour appliquer le programme dans le pays. Un coordinateur de l’équipe de travail du MINED se trouve sur place afin de déterminer la modalité d’alphabétisation à utiliser compte tenu de la situation linguistique du pays.

Cuba a envoyé 5 jeux de la version portugaise de la méthode pour démarrer un projet pilote.

Égypte

L’ambassadeur égyptien à Cuba en ayant fait maintes fois la demande, des consultations ont été engagées pour la venue de spécialistes égyptiens qui ont échangé avec leurs homologues cubains en vue d’adapter le programme et introduire la méthode dans une province du pays à partir de juin 2006.

Afrique du Sud

Décision a été prise à la réunion de la Commission mixte Cuba-Afrique du Sud de dépêcher en janvier 2006 une conseillère cubaine qui a rejoint l’équipe technique locale pour réaliser le diagnostic et appliquer ensuite le programme.

D’autres exemples

On continue de travailler à la mise en place des accords signés avec la Dominique, la Namibie et le Sierra Leone.

Version éducative de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA)

Cuba et le Venezuela, en signant leur Déclaration conjointe et leur Accord pour la mise en place de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) – un nouveau programme d’intégration en opposition à la ZLEA – ont pris des engagements dans le domaine de l’éducation afin de renforcer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale sur le continent :

• Cuba offre à de jeunes Vénézuéliens deux mille bourse d’études supérieures dans n’importe quel secteur qui intéresserait la République bolivarienne du Venezuela, dont la recherche scientifique.

• Dans le domaine de l’éducation, les échanges et la collaboration s’étendront à l’aide en matière de méthodes, de programmes et de techniques d’enseignement intéressant la Partie vénézuélienne.

• Offrir à autant d’élèves de la mission Sucre qui le souhaiteraient la possibilité de faire des études de médecine et passer ensuite le diplôme de médecin généraliste intégral.

• Former à Cuba, à partir des bacheliers de la Mission Rivas, 10 000 étudiants en médecine et soins infirmiers qui seront distribués dans les polycliniques et les hôpitaux du pays et qui vivront dans des familles.

• Continuer de soutenir les programmes spéciaux bolivariens pour contribuer à leur succès, dont :

o La Mission Robinson I
o La Mission Robinson II
o La Mission Rivas
o La Mission Vuelvan Caras

En ce qui concerne la solidarité et la coopération avec les pays les moins avancés de la région, les deux pays ont adopté un Plan continental contre l’analphabétisme qui recourra à des techniques modernes déjà utilisées au Venezuela et un plan de bourses d’études de caractère régional dans les secteurs les plus important du développement économique et social.

Annexe 1

Boursiers étrangers diplômés à Cuba par niveau d’enseignement (1961-2005/2006)

 

Nombre de pays

 

Région

Niveau

 

 

Total

Secondaire

Supérieur

41

Afrique subsaharienne

17 901

12 208

30 109

18

Amérique latine

3 815

4 903

8 718

20

Caraïbes

291

1 886

2 177

14

Afrique du Nordet Moyen-Orient

1 520

1662

3 182

13

Asie et Océanie

56

927

983

2

Europe

11

151

162

2

Amérique du Nord

2

19

21

110

Total général

23 596

21 756

45 352

Date : Janvier 2006


Annexe 2

Boursiers étrangers par région et par organisme (année 2005-2006)

Date: 3 février 2006

Région

 

MINSAP

MES

INDER

MINED

MINCULT

 

Total

E

L

A

M

M

I

N

R

E

X

N

P

F

E

M

O

T

R

A

S

P

R

E

P

T

O

T

A

L

T

O

T

A

L

C

E

N

T

R

O

S

E

I

E

F

D

T

O

T

A

L

N. Sup

N. Med

Pre/

Sec

T

O

T

A

L

N. Sup

N. Med

T

O

T

A

L

A

437

418

0

100

133

1 088

565

4

217

221

75

23

0

98

1

0

1

1 973

B

7 501

180

6 633

292

0

14606

596

6

805

811

74

25

0

99

8

21

29

16141

C

977

474

0

84

72

1 607

1 090

9

218

227

48

3

0

51

1

6

7

2 982

D

0

60

0

34

4

98

114

3

5

8

38

95

392

525

0

0

0

745

E

0

87

334

18

9

448

276

0

30

30

16

5

0

21

0

0

0

775

F

0

8

0

2

1

11

1

2

0

2

2

0

0

2

1

0

1

17

G

68

1

0

1

0

70

0

0

0

0

0

0

0

0

1

3

4

74

Total général

8 983

1 228

6 967

531

219

17 928

2 42

24

1 275

1 299

253

151

 

392

796

12

30

42

22 707

LEYENDA:
A……… Afrique subsaharienne
B……… Amérique latine
C……… Caraïbes
D……… Afrique du Nord et Moyen-Orient
E……… Asie
F…..….. Europe
G…..…. Amérique du Nord

Note :
Niveau supérieure, de gauche à droite: Ministère de la Santé Publique, Ministère d' Education Superuire, Institut National des Sports, Education Physique et Recréation, Ministère d' Education, Ministère de la Culture.
Deuxième Niveau, de gauche à droite: École Latino-américaine de Médecine, Ministère des Affaires Etrangères, et École Internationale d' Education Physique et des Sports.

Annexe 3
Alphabétisation par pays

 

Pays

Population concernée

Elèves actuels

Déjà alphabétisés

Total

Venezuela

15 457

1 484 543

1 500 000

Haïti

-

239 972

239 972

Paraguay

3 380

5 620

9 000

Argentine

913

4 330

5 243

Mexique

148 207

118 835

267 042

Équateur

8 912

7 857

16 769

Bolivie

5 047

-

5 047

Pérou

-

97

97

Nicaragua

AR

-

2 832

2 832

ATV

-

1 581

1 581

Rép. Dominicaine

271

-

271

Nouvelle-Zélande

3 168

2 092

5 260

Mozambique

-

55

55

Total

185 355

1 867 814

2 053 169

Date : 11 janvier 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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Ultima actualización: 28.08.2006
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