CHAPITRE 2: LA MANIPULATION POLITIQUE DES RELATIONS MIGRATOIRES BILATÉRALES PAR LES DIFFÉRENTES ADMINISTRATIONS ÉTASUNIENNES. LE PRÉSIDENT BUSH S’EN PREND AUX FAMILLES CUBAINES ET PROHIBE LA POURSUITE DES MAIGRES ÉCHANGES SAVANT, CULTURELS ET ÉDUCATIONNELS ENTRE LES PEUPLES ÉTASUNIEN ET CUBAIN
La migration cubaine vers les Etats-Unis avant 1959
La victoire du 1er janvier 1959 a marqué une rupture dans les liens migratoires normaux entre Cuba et les Etats-unis, à partir du moment où les autorités de ce pays ont décidé très tôt de manipuler cette question en vue de déstabiliser la Révolution cubaine et de bloquer les transformations engagées par le peuple cubain.
La migration cubaine aux Etats-Unis ne date pas de 1959 ; elle remonte bien avant, quand Cuba était encore colonie espagnole, dans la plénitude du XIXème siècle.
Ainsi, en 1870, on comptait environ 12 000 Cubains aux Etats-unis, dont près de 4 500 vivaient à New York, quelque 3 000 à la Nouvelle-Orléans et 2 000 à Key West, les causes de cette migration étant économique aussi bien que politiques. En fait, elle s’était accélérée à partir de 1860, quand le facteur politique devient prépondérant : aggravation des contradictions avec la métropole espagnole et début de la première guerre d’Indépendance (1868).
L’année 1869 marqua le début d’une des étapes les plus importantes dans cette migration : en effet, des centaines de patrons et de travailleurs en rapport avec la manufacture de cigares se déplacent à Key West, et ce pour diverses raisons : accès à des techniques de fabrication plus modernes ; investissements accrus sur le principal marché ; insécurité quant à l’avenir de l’île où la crise économique, politique et sociale déjà en cours s’était aggravée par suite du lancement de la première guerre d’Indépendance contre la couronne espagnole.
En fait, la manufacture de tabac se convertit, à partir de la main-d’œuvre cubaine, en la source de revenus la plus importante des habitants de Key West entre 1969 et 1900. Tampa, de son côté, fut aussi utilisé comme point de destination des émigrés cubains, qui passèrent de 720 à 5 532 en une décennie (1880-1890).
À partir de 1895, la population cubaine immigrée aux Etats-Unis commença à diminuer, quand une partie importante rentra pour participer à la seconde guerre d’Indépendance (1895-1898) dont la fin accentua l’intégration des immigrants cubains, dont le chiffre n’avait pas sensiblement augmenté (environ 12 000 personnes) à la société étasunienne.
L’arrivée du XXe siècle accentua la tendance à l’émigration, dont la destination principale continua d’être les Etats-Unis, surtout à partir du début des années 30. La population émigrant aux Etats-Unis dans les années 20 et 30 était constituée avant tout de travailleurs en quête d’emploi qui s’installèrent à New York et à New Jersey : encouragés par les facilités offertes par les autorités états-uniennes, plus de 40 000 Cubains émigrèrent dans les années 20, et plus de 43 000 dans les années 30. Au total, 135 000 Cubains émigrèrent aux Etats-Unis, au Venezuela et au Mexique de 1930 à 1958.
Ce courant migratoire souffrit des fluctuations en accord aussi bien avec la situation des années 40 et 50 à Cuba qu’avec les politiques des Etats-Unis dans ce domaine et les sentiments anti-immigrants qui commençaient à se faire jour dans ce pays.
En plus des travailleurs, les émigrants cubains étaient constitués du petit secteur de la population qui disposait des moyens suffisants pour vivre à l’étranger, les Etats-Unis étant la destination favorite de la bourgeoisie et des classes moyennes qui y envoyaient leurs enfants faire des études ou passer les vacances, et qui y plaçaient une partie des leurs capitaux pour créer de petites et moyennes entreprises.
C’est ainsi que les liens de toutes sortes se nouèrent entre les deux sociétés. La migration et le réseau de parentés se mêlèrent à d’autres phénomènes de nature subjective et à de forts échanges de passagers et à différents stimulants à la migration de Cubains. Il s’agissait en somme du courant migratoire d’un petit pays sous-développé vers l’un des pays les plus développés au monde, qui en contrôlait en plus la vie économique, politique et sociale.
On comptait officiellement environ 125 000 Cubains aux Etats-unis en 1958, y compris les descendants nés dans ce pays. Plus de 50 000 restèrent aux Etats-Unis après la victoire de la Révolution.
Avant le 1er janvier 1959, l’émigration cubaine – permanente et provisoire – aux Etats-Unis était relativement élevée par rapport à celles des autres pays des Caraïbes et de l’Amérique centrale : ainsi, de 1950 à 1958, quelque 65 200 furent admis aux Etats-Unis à titre permanent, soit plus que tous les émigrants centraméricains et 53 p. 100 des ceux des Caraïbes.
Le chiffre de visiteurs temporaires était considérablement élevé : plus de 72 600 Cubains voyagèrent aux Etats-Unis en 1958.
Différentes études estiment que l’émigration cubaine aux Etats-Unis aurait augmenté même sans la victoire de la Révolution, compte tenu de la stagnation de l’industrie sucrière et d’autres activités économiques engendrant de nombreuses sources d’emploi.
La manipulation des relations migratoires comme arme d’agression contre la Révolution cubaine
La manipulation des relations migratoires avec Cuba a fait partie intégrante de la politique d’hostilité des différentes administrations étasuniennes en vue de discréditer le système politique, économique et social cubain, de drainer la main-d’œuvre cubaine, d’imposer des situations d’instabilité émotionnelle et psychique aux familles cubaines, d’offrir un asile et d’assurer l’impunité à des terroristes, annexionnistes et mercenaires au service de leur politique anti-cubaine, fabriquer des conditions permettant de stimuler des exodes massifs utilisés ensuite dans le cadre de campagnes d’intoxication et, en dernier ressort, pouvant servir de prétexte à une agression militaire.
Avant la victoire de la Révolution, tout Cubain arrivant aux Etats-Unis était traité comme n’importe quel autre citoyen du reste du monde, sans discrimination ni privilège : s’il arrivait par des voies illégales, il était immanquablement bon soit pour la prison soit pour l’expulsion.
Or, à partir de 1959, ceci changea du tout au tout : pour être accepté aussitôt aux Etats-Unis, il suffisait à n’importe quel Cubain de se dire opposant à la Révolution.
Et ce, dès la nuit même du 1er janvier 1959 où les plus importants affidés de Batista prirent la poudre d’escampette en direction des Etats-Unis, dont les autorités accueillirent sans sourciller des assassins, des sbires, des tortionnaires et des voleurs avérés, bref, la lie humaine qui avait fleuri à l’ombre de la dictature ayant servi Washington et en ayant reçu le soutien. Ces gens-là s’installèrent principalement dans le Sud de la Floride où ils furent bientôt recrutés par les services secrets états-uniens pour former l’ossature des forces mercenaires qui réaliseraient ensuite l’invasion de Playa Girón et exécuteraient des centaines d’actions terroristes contre l’île.
Les autorités nord-américaines se refusèrent à extrader à Cuba à des fins de jugement un seul tortionnaire, un seul responsable des milliers d’exécutions extrajudiciaires commises sous Batista.
Au contraire, elles stimulèrent l’essor massif de professions libérales cubaines afin de priver Cuba de son personnel dans les domaines de la santé, de l’éducation et autres, le but étant de paralyser l’économie faute de force de travail. Ainsi, plus de la moitié des six mille médecins que comptait Cuba, des centaines de techniciens et de personnels qualifiés émigrèrent aux Etats-Unis par suite de promesses cyniques et de campagnes d’information.
Tous les Cubains arrivant aux Etats-Unis recevaient le titre de « réfugiés », et l’administration Eisenhower ouvrit à Miami, en décembre 1960, le Centre d’urgence pour réfugiés cubains, ce terme de « réfugié » étant utilisé pour discréditer la Révolution cubaine, sans le moindre rapport avec les conditions légales spécifiques fixées dans la Convention sur le statut des réfugiés (1951) et dans son Protocole de 1967.
Fin 1962, l’administration Kennedy décida brutalement d’interrompre les liaisons aériennes entre les deux pays et d’arrêter les départs légaux aux Etats-UNis, ce qui, de pair avec la guerre économique déclenchée dès 1959, stimula fortement l’émigration illégale.
Cette même année, Kennedy signa la loi 87-510, dite « Loi d’aide à la migration et aux réfugiés d’Amérique », qui prétendait faire croire que tous les Cubains émigraient à cause des poursuites qu’ils enduraient pour « opinions politiques contraires au régime ». L’émigration des Cubains devint un problème de « sécurité nationale ». Cette loi fixait des conditions financières spéciales pour soutenir les émigrants cubains, au point que le Programme des réfugiés cubains bénéficia de plus d’un milliard de dollars.
À partir de février 1963, les autorités étasuniennes renforcèrent leur offensive pour stimuler les départs illégaux en restreignant encore plus les possibilités d’émigration légale. Ceux qui arrivaient aux Etats-Unis directement depuis Cuba – y compris les pirates maritimes et aériens, et d’autres délinquants – étaient considérés comme des « réfugiés » auxquels l’entrée immédiate était garantie ; en revanche, ceux qui arrivaient par des pays tiers étaient traités comme des étrangers sujets aux mêmes conditions normales que les autres immigrants.
Cette manipulation des relations migratoires pour de si basses motivations provoqua dans ce domaine une pression critique qui se libérait périodiquement par des départs illégaux dans des conditions de risques et de vulnérabilité élevés et qui engendrait de nouveaux cycles de migration.
Les Etats-unis, tout en refusant à de nombreux Cubains la possibilité d’émigrer légalement, voire simplement de rendre visite temporelle à leur famille, accueillaient sans broncher ceux qui émigraient illégalement, à grand renfort de publicité et de politicaillerie, afin de faire croire au monde que les Cubains « fuyaient » leur pays pour des raisons politiques et à cause du fiasco de son système socio-économique.
Dénaturation et exagération du phénomène de l’émigration cubaine aux Etats-Unis.
A différence de ceux qui abandonnèrent le pays lors des premières années après la victoire de la Révolution, l’émigration cubaine actuelle a un caractère éminemment économique. Ceci se montre dans les liens toujours plus forts qu’entretiennent les Cubains vivant à l’extérieur avec le pays, notamment avec leurs familiers.
On calcule en plus de 1 million 350 000 les Cubains nés à Cuba vivant aujourd’hui à l’extérieur. Si on ajoute leurs descendants – entre 300 000 et 400 000 enfants de Cubains, lesquels sont à l’extérieur – le nombre total monte d’environ 1 million 700 000.
Cuba ne fait pas partie des vingt premiers pays à plus forte émigration aux Etats-Unis, mais y possède de toute façon une importante communauté. Environ 1 300 000 Cubains– émigrés directs et descendance- vivent aux Etats-Unis (dont environ 300 000 nés dans ce pays).
En plus des changements enregistrés dans la composition de l’émigration cubaine, nous assistons aussi à une diversification quant aux pays où il existe d’importants noyaux de Cubains.
On calcule que des Cubains vivent actuellement dans 148 Etats du monde entier. 98 p. 100 d’entre eux se concentre dans 20 pays. Même si le nombre le plus grand d’eux vive aux Etats-Unis, le poids de cette communauté en proportion avec le total d’émigrants s’est réduit lors de ces dernières années.
Or, bien que des centaines de milliers de Latino-américains soient arrêtés tous les ans aux frontières pour tentative d’entrée illégale aux Etats-Unis, ce sont les émigrés cubains – dont les quantités sont bien inférieures aux autres en comparaison – qui occupent presque constamment l’intérêt des médias occidentaux.
Des 35 200 000 Latinos ou Hispanos enregistrés aux Etats-Unis selon le recensement de 2000, les personnes d’origine mexicaine se montaient à 20 900 000, celles d’origine portoricaine à 3 400 000, celles d’origine centraméricaine à presque 2 000 000, celles d’origine sud-américaine à 1 400 000, tandis que les Dominicains étaient 800 000.
On parle à peine du reste des émigrés latino-américains, et encore moins de la pauvreté, de la misère, de la faim, du désespoir, de la corruption qui provoquent l’émigration, pas plus que des conditions d’exploitation et des abus dont ces personnes sont victimes. Seuls les immigrants cubains retiennent l’ « attention politique » de l’administration états-unienne que ses instruments médiatiques présentent comme des « exilés » et des « réfugiés » en quête d’un avenir de « liberté ».
Cela arrive quand des plus de 35 millions de personnes d’origine latino-américaine ou Hispanos vivant aux Etats-Unis, seulement 1,3 million sont d’origine cubaine. C'est à dire, 3,5 p.100 de cette population.
On se garde bien aussi de dire que les Cubains, à l’instar de la plupart des émigrants des pays sous-développés, émigrent soit pour des raisons de regroupement familial soit pour des motifs économiques, facteurs qui, dans le cas de Cuba, sont aggravés par le blocus que la Maison-Blanche applique depuis très longtemps et qu’elle ne cesse de renforcer.
L’opération Peter Pan
L’obsession des autorités états-uniennes de déstabiliser et de détruire la Révolution cubain connut dans les années 60 l’un de ses épisodes les plus horrifiants dans l’ « Opération Peter Pan » qui constitue la pire manœuvre de manipulation d’enfants à des fins politiques dont on ait mémoire en Occident et l’un des plus tristes épisodes de l’histoire de l’émigration cubaine aux Etats-Unis.
Ce fut une opération montée par le gouvernement nord-américain et ses services secrets qui propagèrent la rumeur que l’autorité paternelle serait retirée aux parents et confiée à l’Etat qui se chargerait de la protection et de l’éducation des enfants. Bien entendu, cette propagande eut un impact sur certains milieux et 14 mille petits Cubains furent envoyés aux Etats-Unis sans la compagnie de leurs parents. Nombre de ces enfants furent envoyés dans des orphelinats, des foyers adoptifs, voire des centres de redressement juvénile, de trente-cinq Etats des Etats de l’Union.
Les organisateurs de ce plan machiavélique parvinrent à maintenir longtemps en secret leurs méthodes, leurs moyens et leurs visées, occultant toute information à l’opinion publique et faisant apparaître comme une opération « humanitaire » ce qui fut l’une des opérations secrètes et de guerre psychologique les plus sinistres du gouvernement nord-américain.
A partir du 26 octobre 1960 et pendant plusieurs jours ensuite, ils firent diffuser sur Radio Swan, une radio illégale du gouvernement nord-américain dirigée par la CIA de l’étranger, des extraits d’une loi fausse et jamais conçue, « Loi de l’autorité paternelle » émise prétendument par le gouvernement de La Havane. L’information fut ensuite répercutée par d’autres médias (radio et presse) au service des Etats-Unis, et par les réseaux de contre-révolutionnaires dans l’île même. Des copies de cette loi commencèrent par ailleurs à circuler afin de choquer les familles cubaines et créer une crainte infondée de perte des enfants.
Le cheville ouvrière visible de l’Opération Peter Pan fut le père (plus tard, évêque) Bryan O. Walsh, curé de l’église du Sacré-Cœur de Miami, très lié aux secteurs les plus agressifs de l’émigration contre-révolutionnaire de cette ville. Ce curé, passant par l’intermédiaire du Catholic Welfare Bureau, mit en place une équipe de collaborateurs et d’employés qui se chargeait de délivrer des visas, d’accueillir les enfants à l’aéroport et de les distribuer dans différentes installations créées dans ce but en Floride et dans d’autres villes états-uniennes. Ainsi donc, ce qui est absolument sans précédent, le département d’Etat céda à une autorité religieuse le pouvoir de délivrer des visas sur feuille volante à tous les petits Cubains âgés de six à seize ans !
Les cinq premiers enfants envoyés aux Etats-Unis dans le cadre de l’Opération Peter Pan arrivèrent à Miami le 26 décembre 1960, à 16 h 30, sur le vol 422 de la Pan American.
Ces enfants durent vivre seuls, sans leur famille, dans des conditions parfois très défavorables. On a reporté des centaines de cas d’enfants victimes d’abus, parfois sexuels, de la part de leurs tuteurs et de leurs professeurs. Leurs témoignages d’adultes indiquent à quel point ils se sentirent seuls et abandonnés, certains en arrivant même à croire que leurs parents ne les aimaient plus.
Leur situation empira après la crise des Missiles d’octobre 1962 quand les autorités états-uniennes interdirent l’émigration pour accentuer les pressions sur la Révolution. Plus de la moitié des enfants Peter Pan durent souffrir de longues années de séparation de leurs parents, et certains ne les retrouvèrent jamais plus.
Le drainage des médecins et autres professions libérales dans les années 60
Dans les premières années de la Révolution, les autorités états-uniennes s’efforcèrent d’attirer par tous les moyens possibles les médecins, les infirmiers, les professeurs, les instituteurs et d’autres spécialistes universitaires ou techniciens en vue de paralyser l’économie et les services du pays, promettant de payer les salaires équivalents à leurs qualifications, bien supérieurs, évidemment, à ceux d’un petit pays sous-développé, encore tout récemment néo-colonie de l’empire.
En fait, 3 000 des 6 000 médecins que comptait Cuba en 1959 émigrèrent aux Etats-Unis.
La loi d’Ajustement cubain
Si l’on veut un exemple patent de la politique criminelle, immorale et discriminatoire des Etats-Unis en matière de migration, il suffit de mentionner la Loi d’ajustement cubain signée le 2 novembre 1966 par le président Johnson dans le but délibéré de stimuler les départs illégaux. La seule de ce genre au monde, elle offre aux Cubains qui arrivent aux Etats-Unis de manière irrégulière et illégale des privilèges dont ne bénéficie aucun autre ressortissant étranger.
Le traitement « préférentiel » octroyés aux citoyens cubains et qui a fait jusqu’aujourd’hui la différence à l’égard du reste des étrangers qui arrivent aux Etats-Unis, acquit un support légal le 2 novembre 1996, où le président Johnson signa la « Loi d’ajustement cubain ».
Que dit cette loi ? « Tout étranger né [à Cuba] ou citoyen cubain, qui aurait été inspecté et admis ou déclaré libéré conditionnel aux Etats-unis à partir du 1er janvier 1959 et qui aurait été présent physiquement au moins pendant deux ans, pourra être ajusté par l’Attorney General à sa guise et en conformité avec les réglementations qu’il pourrait prescrire, au statut d’étranger admis légalement à y vivre en permanence. »
Autrement dit, cette Loi d’ajustement cubain établit que tout Cubain arrivant aux Etats-UNis, quelle que soit la méthode utilisée pour y arriver, et y vivant au moins deux ans (en fait, le délai actuel est d’un an) peut bénéficier de l’Attorney General (dans la pratique, les autorités d’immigration ou INS) de la condition de résident permanent.
Ainsi, à la différence des immigrants d’autres nationalités, tout Cubain arrivant aux Etats-Unis, à plus forte raison s’il le fait par des moyens illégaux, bénéficie aussitôt d’avantages tels que reconnaissance de sa présence légale, des facilités d’emploi et l’accès à diverses prestations sociales, à quoi il faut ajouter le possibilité d’obtenir la résidence légale presque automatiquement au bout d’un an.
Cette faculté de l’Attorney General, mise en œuvre par les autorités d’immigration a été utilisée depuis ce moment pour accueillir aux Etats-Unis tout Cubain, indépendamment de son casier judiciaire, ce qui revient dans la pratique à accorder l’impunité à des auteurs de graves crimes, dont beaucoup commis précisément pour atteindre les Etats-unis.
C’est en vertu de cette loi que les autorités états-uniennes manipulent systématiquement l’octroi de la condition de « réfugié », concédée automatiquement à tout Cubain arrivant à leur territoire. On qualifie de réfugié prima facie, les personnes dont les motivations de départ sont avant tout économiques.
La Loi d’ajustement cubain permet aux Cubains arrivant aux Etats-Unis de recevoir sur-le-champ et automatiquement un permis de travail, de ne pas avoir à présenter une attestation de soutien financier (AFFIDAVIT OF SUPPORT) pour bénéficier de la résidence légale, pour obtenir un numéro de sécurité sociale, les avantages publics d’alimentation et de logement, d’ajuster sa situation migratoire sans avoir besoin de rentrer dans son pays d’origine – à la différence des migrants d’autre nationalité – tout ceci sans avoir besoin de recourir à un avocat ni d’engager des frais pour obtenir la résidence permanente.
Par ailleurs, le gouvernement états-unien ne s’est pas contenté de concéder ces privilèges aux Cubains une fois arrivés : il a stimulé les départs illégaux en vantant abondamment les « avantages » que les habitants de l’île recevraient s’ils émigraient illégalement. Les services publics de radio et de télévision, dont la propagande anti-cubaine est financée et contrôlée par les autorités, ont servi à encourager l’émigration illégale, présentant des sinistres pirates maritimes ou aériens comme des héros et occultant les dangers réels qui menacent ceux qui se lancent à travers le mer sur de fragile esquifs.
L’application opportuniste de cette loi criminelle d’Ajustement cubain, la carence de mesures efficaces pour freiner l’émigration illégale et supprimer le trafic d’êtres humains, l’impunité accordée à ceux qui détournaient à main armée des bateaux et d’avions, le gel quasi-total de l’accord migratoire bilatéral de 1984 et les retombées brutales du blocus génocide renforcé alors que Cuba se retrouvait soudainement privé de ses partenaires commerciaux habituels après la disparition du camp socialiste, furent les facteurs clefs qui engendrèrent en août 1994 la crise dite des balseros durant laquelle plus de 30 000 personnes émigrèrent illégalement aux Etats-Unis.
C’est à la suite de cette crise que les deux pays signèrent de nouveaux accords migratoires. Mais l’application maintenue de la Loi d’ajustement cubain, aggravée par la nouvelle interprétation dite « pieds mouillés ou pieds secs » – autrement dit les Cubains mettant pied aux Etats-Unis ne sont pas renvoyés à Cuba – constitue, dans les conditions concrètes des limitations économiques qu’impose le blocus, un stimulant permanent au départ illégal de la part de personnes souhaitant émigrer aux Etats-Unis mais ne pouvant le faire par des voies légales.
La précaire et la fragilité des moyens utilisés pour ces traversées maritimes et les risques associées aux opérations de trafic d’êtres humains réalisées sur des bateaux en provenance de la Floride, ont coûté des centaines de vies humaines et continueront de mettre en danger bien d’autres à l’avenir.
Les Etats-Unis ne pourront instaurer le contrôle et la discipline sur leurs propres côtes tant qu’existera cette Loi d’ajustement cubain, à plus forte raison tant qu’ils continueront de financer et de perfectionner les transmissions de radio et de télévision qui ne cessent d’encourager constamment les départs illégaux dans le cadre de la guerre politique et psychologique contre notre pays.
C’est justement cette politique criminelle de manipulation des liens migratoires et d’encouragement aux départs risqués du pays qui a provoqué le triste épisode du petit Elián Gonzalez, dont la mère mourut en mer et qui fut kidnappé par une lointaine famille de Miami.
Les autorités états-uniennes sont absolument responsables des vies, dont celles d’enfants, qui se sont perdues pendant presque quarante ans et de celles qui continueront de se perdre, tant qu’elles maintiendront cette politique assassine, dénuée de toute morale et de sens humain.
Cuba continuera de dénoncer cette « loi de la mort » et de mettre en garde au sujet des graves risques qu’elle entraîne en tant qu’encouragement à l’émigration illégale des Cubains dans des conditions de grande vulnérabilité.
Les « crises migratoires » et les accords bilatéraux
La politique migratoire arbitraire des successives administrations états-uniennes a provoqué trois crises migratoires : Camarioca (1965), Mariel (1980) et les balseros (1994).
C’est à la suite de celle de Mariel que des réunions entre des représentants des deux pays permirent la signature d’un Accord de normalisation des relations migratoires, le 12 décembre 1984 (Communiqué conjoint et acte d’exécution), en vertu duquel Cuba accepta de recevoir 2 746 personnes que les Etats-Unis jugeaient « indésirables » et que ceux-ci s’engageait à permettre l’entrée annuelle de jusqu’à vingt mille Cubains souhaitant émigrer légalement.
En fait, des 160 000 visas que les Etats-Unis auraient dû délivrer pendant les huit années où l’accord fut en vigueur, ils n’en délivrèrent que 11 222, soit à peine 7 p. 100.
Les Etats-Unis n’appliquèrent pas non plus leur part de l’accord suivant laquelle ils s’efforceraient d’éviter les départs risqués mettant en danger des vies humaines. Au contraire, ils continuèrent de stimuler les départs illégaux puisqu’ils ne cessèrent pas d’octroyer automatiquement le droit de séjour à tout Cubain arrivant par des moyens illégaux.
La « crise des balseros » de 1994 permit d’atteindre de nouveaux accords bilatéraux cette même année, aux termes desquels les autorités étasuniennes s’engageaient à « interrompre la pratique consistant à octroyer l’entrée provisoire à tous les émigrés cubains qui arriveraient aux Etats-unis par des moyens irréguliers ».
L’application de ces accords a été analysée au cours de treize cycles de conversations qui ont débuté le 1er septembre 1994 a duré jusqu’en 2003, où l’administration étasunienne a décidé de les suspendre indéfiniment. Cuba n’a cessé d’y attirer l’attention des Etats-Unis sur les irrégularités qui continuent de contredire et de violer les accords, tant dans leur lettre que dans leur esprit.
Par exemple, les autorités états-uniennes ont mis maintenant en œuvre la politique dite « pieds secs, pieds mouillés », une politique illégale et contraire à la lettre même des accords, en vertu de laquelle les émigrants qui parviennent à mettre le pied aux Etats-Unis y sont admis, indépendamment des moyens utilisés et des faits commis pour y parvenir, une politique d’autant plus illégale que les émigrants interceptés en mer ne sont pas tous rendus à leur pays d’origine.
Depuis la signature de la Déclaration conjointe le 2 mai 1995, les autorités états-uniennes ont rapatrié plus de 9 000 émigrants illégaux, dont ceux interceptés en mer et ceux qui pénètrent dans la base navale états-unienne de Guantánamo. Une fois rapatriés, ces émigrants sont soumis à un examen médical et renvoyés dans leurs foyers, exception faite des fugitifs ou de ceux que les tribunaux réclament. Cuba a appliqué strictement cet engagement et a créé toutes les facilités pour que ces personnes se réinsèrent dans la société.
Cuba n’a cessé de dire, tant lors des contacts officiels à La Havane et à Washington qu’au cours des conversations migratoires, son refus absolu de cette politique sélective au moment du rapatriement des émigrés. Si les autorités étasuniennes avaient vraiment l’intention de rendre les personnes qu’elles admettent sous prétexte de soins médicaux, elles pourraient les accepter à titre provisoire afin de les renvoyer à Cuba ensuite. Or, cela n’est jamais arrivé : aucune personne acceptée sous ce prétexte n’a été renvoyé à Cuba. Par ailleurs, les autorités états-uniennes n’ont jamais répondu aux questions que leur pose Cuba à cet égard.
En franche violation de l’Accord migratoire de mai 1995, du total d’émigrants illégaux cubains interceptés par le Service de garde-côte des Etats-Unis en 2005, 420 ne furet pas renvoyés pour un 14,2 p. 100 du total. Ces chiffres démontrent une augmentation par rapport à l’année 2004, où les autorités états-uniennes ne renvoyèrent pas 139 émigrants illégaux représentant un 9,3 p. 100 du total.
La pratique consistant à ne pas renvoyer tous les émigrants interceptés en mer et à les expédier à la base de Guantánamo constitue un autre stimulant aux départs illégaux. Certains sont parfois renvoyés à Cuba par la porte terrestre de la base, après un examen détaillé, mais d’autres y restent dans l’attente d’être expédiés aux Etats-Unis à titre de réfugiés ou dans un pays tiers. Les allégations de ces personnes selon lesquelles le autorités cubaines les persécuteraient pour des raisons politiques, religieuses ou autres sont absolument fausses et constituent des prétextes éculés pour tenter de légitimer une procédure illégale et arbitraire.
Cet encouragement à l’émigration illégale a fait prospérer un autre négoce : celui des passeurs ou trafiquants d’êtres humains, qui profitent pour des sommes rondelettes des possibilités que leur offre cette nouvelle conception de « pieds secs, pieds mouillés ».
La faible réaction des autorités états-uniennes encourage ces pratiques non seulement criminelles, mais encore illégales aux yeux de la législation nord-américaine et du droit international, ainsi que des accords migratoires bilatéraux, dont le paragraphe relatif au trafic d’immigrants non content de rappeler la résolution de l’Assemblée générale correspondante, stipule l’obligation des deux pays de coopérer à des mesures opportunes et efficaces qui empêchent le transport illicite de personnes à destination des Etats-unis.
La volonté permanente de Cuba de promouvoir une émigration légale et organisée. Son engagement dans le combat contre le trafic d’êtres humains
Cuba a donné des preuves innombrables du sérieux avec laquelle elle applique les accords migratoires bilatéraux, combat la migration illégale et lutte contre le trafic d’êtres humains.
Cuba a mis fin aux détournements d’avions depuis les Etats-Unis en punissant sévèrement leurs auteurs. Elle a par ailleurs durci – jusqu’à la prison à perpétuité - les peines dont sont passibles les trafiquants d’êtres humains. Le gouvernement cubain a depuis 2000 réitéré à différentes reprises sa proposition d’un accord bilatéral relatif au combat contre la migration illégale et le trafic d’êtres humains, mais les Etats-Unis n’ont jamais accepté d’en discuter. Il a aussi neutralisé des dizaines de plans et de tentatives de détournements violents d’avions et de bateaux et fait échouer de nombreuses opérations de trafic d’êtres humains dont la plupart sont exécutées par des trafiquants basés aux Etats-Unis.
Les autorités cubaines ont appliqué avec rigueur et honnêteté les accords migratoires signés le 9 septembre 1994 et complétés le 2 mai 1995 par les mesures contenues dans la Déclaration conjointe.
Cuba a pris des mesures exemplaires et efficaces contre les trafiquants, sans recevoir pour autant la moindre collaboration des Etats-unis. Notre pays a arrêté environ soixante-dix criminels de cet acabit. Comment se fait-il que les autorités nord-américains n’en aient arrêté aucun, malgré l’information publique existant au sujet de leur façon d’agir et de leurs déplacements ? Cuba a offert à l’administration états-unienne de lui envoyer les trafiquants arrêtés pour qu’ils soient jugés aux Etats-Unis et que toutes les personnes impliquées dans ces opérations fassent l’objet d’une investigation et soient punies, mais elle s’est heurtée, une fois de plus, à une fin de non-recevoir.
Cuba a adopté plusieurs mesures et a consolidé son cadre légal pour punir le trafic d’êtres humains. Ainsi, l’article 348 du Code pénal prévoit une peine de prison à vie pour les auteurs en cas de recours à la violence et de perte de vies humaines, ou quand les vies humaines sont menacées. Elle a promulgué un décret-loi qui permet de saisir les bateaux appartenant aux personnes impliquées dans le trafic d’émigrants, d’assurer un contrôle plus rigoureux des bateaux publics et privés et de matériaux utilisés pour commettre ces délits. Par ailleurs, les autorités compétentes ont renforcé les mesures de vigilance.
Les familles cubaines, victimes et otages des visées impériales de l’administration Bush. Les mesures annoncées le 6 juin 2004 et leurs retombées sur les rapports affectifs et l’entraide des familles cubaines
Tenant à bien prouver qu’elle était en pleine escalade agressive, l’administration Bush a, le 5 janvier 2004, soit trois jours avant la date prévue, annulé unilatéralement et indéfiniment les conversations migratoires entre les deux gouvernements, sous des prétextes infondés. Or, ces accords migratoires ont permis ces dix dernières années à environ deux cent mille Cubains d’émigrer aux Etats-Unis d’une façon légale et dans l’ordre.
L’administration Bush a, le 6 mai 2004, annoncé de nouvelles mesures destinées à renforcer sa politique agressive et hostile contre Cuba. Le Rapport présenté à Bush par la Commission d’aide à Cuba libre, co-présidée alors par le secrétaire d’Etat Colin Powell, proposait des mesures visant directement les droits des émigrés et de leurs familles cubaines et ayant commencé à s’appliquer en juillet 2004. A partir de ce jour, les Cubains vivant aux Etats-Unis ne pourront plus se rendre dans l’île qu’une fois tous les trois ans – au lieu d’une fois l’an – et ce, qu’à condition de voir la famille que l’administration Bush qualifie de proche, autrement dit les grands-parents, les parents, les frères, les femmes et les enfants, toute exception à titre humanitaire étant désormais totalement prohibée. Les mesures sont d’ailleurs rétroactives, puisque ce délai de trois ans est calculé non à partir de juillet 2004, mais à partir de la date d’arrivée aux Etats-unis ou du dernier voyage à Cuba.
Le département du Commerce a annoncé le 22 juin 2004 de nouvelles restrictions aux envois de colis à Cuba : ils ne doivent plus contenir d’articles de première nécessité et d’effets personnels comme des vêtements et des produits d’hygiène personnelle. Il est évident que ces mesures touchent directement les familles réceptrices.
Par ailleurs, ces nouvelles mesures interdisent à tout jamais à bon nombre de Cubains des Etats-Unis de revoir leur terre d’origine, faute des liens de parenté qu’exige Bush.
Il est très malaisé de chiffrer le montant des envois de fonds des émigrés cubains aux Etats-Unis, mais cela doit vraisemblablement représenter des centaines de millions de dollars. Ainsi, un grand nombre de familles de l’île se verront privées de cette aide dans leur vie quotidienne. Corrélativement, cette réduction d’entrée de devises dans le pays portera préjudice aux ressources disponibles pour des programmes de bien-être social, notamment ceux concernant les enfants, les personnes âgées, les handicapés et le plus nécessiteux.
Alors que l’administration Bush entrave de plus en plus les rapports entre les Cubains des Etats-Unis et leur pays d’origine, le gouvernement cubain – malgré l’hostilité, l’agressivité et le terrorisme accrus de l’autre partie - n’a cessé depuis 1978, mais surtout depuis 1994, de prendre des mesures pour assouplir ses rapports avec les émigrés cubains qui ne participent pas à des actions agressives stimulées par Washington.
En 1994, 37 000 Cubains vivant à l’étranger vinrent en visite. A partir de l’année 2000 le volume de visites de cubains était stable et en 2003, il a atteint le chiffre record de 167 710, dont 115 142 en provenance directe des Etats-Unis.
Les mesures adoptées par l’Administration Bush contre la famille cubaine à partir du deuxième semestre de 2004, ont eu un effet très négatif et les visites des cubains vivant à l’étranger sont tombées à 125.084 dont 57.145 depuis les Etats-Unis (pour une réduction de 50.9 p. 100 par rapport à l’année 2003).
Même si en 2005 il y a eu une légère récupération et à la fin de l’année 146 mille 451 Cubains voyagèrent au pays, dont 61 mille 920 directement des Etats-Unis - l’impact négatif des mesures adoptées par l’Administration Bush est d’actualité. On a restreint encore d’avantage le droit des cubains vivant aux Etats-Unis de rencontrer leurs familles.
Les mesures anti-familiales de Bush sont fortement rejetées par une partie pas négligeable de l’émigration cubaine aux Etats-Unis. Nombreux Cubains vivant dans ce pays ont été obligé d’utiliser un pays tiers pour évader ces restrictions ce qui leur impose un surplus pas nécessaire dans leurs frais de voyage.
En ce qui concerne les Etats-uniens, qui ont également vus leurs droits touchés par la politique anti-cubaine de leur Administration, ils ont aussi diminué leurs voyages à Cuba. En 2004 48 mille 591 contre 35 mille en 2005, une diminution de 28 p. 100.
En 2000, 38 mille Cubains visitèrent leurs familles aux Etats-Unis. L’année dernière pas plus que 8 mille à cause de restrictions arbitraires de l’octroi de visas pour la part des autorités états-uniennes.
Cuba élimina en août 1994 l’exigence d’un permis d’entrée pour les Cubains vivant à l’étranger à titre temporaire, soit plus de 70 000. Il s’agit des Cubains qui vivent de manière temporaire à l’étranger et ont toujours leur résidence permanente dans le pays.
Depuis 1995, la vigencia de viaje permettait pendant 10 années, d’entrer librement au pays sans permis d’entrée aux cubains qui en étaient possesseur.
En vertu des efforts du gouvernement cubain pour normaliser ses rapports avec l’émigration, en septembre 2003, à New York, lors d’une réunion avec les résidents cubains aux Etats-Unis, le Ministre des Affaires étrangères, M. Felipe Pérez Roque annonça l’élimination du permis d’entrée à Cuba pour les Cubains vivant à l’étranger, avec une nouvelle modalité connue comme Habilitation de passeports. Cette mesure est appliquée depuis le 1 juin 2004 et à la fin 2005, plus de 162 mille Cubains vivant à l’étranger comptaient déjà d’un passeport habilité ce qui leur permet de visiter leur pays à leur souhait.
À partir de l’adoption par l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, en 1995, de la Loi sur les investissements étrangers, les autorités compétentes ont, ces deux dernières années, analysé quatre-vingt-huit propositions d’affaires ou d’investissements faites par des Cubains vivant dans vingt-deux pays. Des sept compagnies de vols nolisés à Cuba depuis les Etats-Unis, six sont propriété de Cubains. Plus de cent agences de voyages, propriété de Cubains, participent à l’organisation de voyages à Cuba depuis les Etats-Unis.
À la troisième Conférence La Nation et l’Emigration, le gouvernement cubain a annoncé de nouvelles décisions en vue de faciliter les rapports avec les Cubains vivant à l’étranger :
• Création d’un nouveau bureau rattaché au départ au Ministère des Affaires étrangères en vue de traiter avec les Cubains vivant à l’étranger, doté de fonctions et d’attributions plus larges que celles dont dispose aujourd’hui la Direction d’affaires consulaires et des Cubains vivant à l’extérieur du MINREX.
• Octroi de bourses d’études universitaires aux enfants d’émigrés cubains. Cette décision fut prise en 1994 pour que de jeunes Cubains vivant à l’étranger pouvaient faire des études de post-diplôme à Cuba, et en 1995 on accorda qu’ils pouvaient faire des études universitaires en les payant. En 2004, le gouvernement a décidé d’octroyer des bourses d’études universitaires aux enfants d’émigrés cubains qui pourront en faire gratuitement, comme tous les autres Cubains vivant dans l’île.
• Programme de cours d’été d’espagnol, d’histoire et de culture cubaines, conçus spécialement pour des descendants de Cubains vivant à l’étranger, surtout ceux pour lesquels la recherche des racines familiales, de la langue, de la culture et de l’histoire de leur patrie constitue une priorité.
• Nouvelles mesures rendant les démarches douanières plus rapides et plus sûres, dont un système d’évaluation des bagages par poids qui devra régler un des points provoquant le plus de plaintes et de gêne.
En ce qui concerne les rapports entre la Nation cubaine et l’Emigration, il faut souligner certains points:
• Il n’existe pas de problèmes de fonds entre la nation et ses émigrés. La normalisation graduelle des rapports n’a pas conclu avec les mesures annoncées : elle est continue, irréversible et permanente, grâce aux conditions jetées ces dix dernières années. Ceux qui présentent l’agression permanente des Etats-Unis, en alliance avec une élite corrompue, ambitieuse et antipatriotique de Cubains vivant dans ce pays, comme un problème entre Cubains mentent.
• Le problème réel, aussi bien pour les Cubains vivant dans l’île que pour tous ceux qui, indépendamment du pays où ils vivent, sentent de l’amour pour leur patrie et souhaitent qu’elle soit libre et souveraine, est la prétention de l’administration Bush, héritière de deux siècles de convoitise impériale, de nier au peuple cubain, contrairement aux principes de la Charte des Nations Unies, son droit à l’autodétermination, son droit à l’indépendance, son droit de choisir sans ingérences extérieures son modèle de développement économique, politique et social, de mettre au point ses propres lois et d’établir ses propres institutions. Voilà bel et bien le vrai problème.
• Le blocus économique et la politique d’agression constituent aujourd’hui le pire obstacle à la normalisation totale des rapports entre l’émigration cubaine et sa patrie. En fait, le blocus est le pire obstacle, non seulement pour les Cubains vivant aux Etats-Unis, mais pour tous les Cubains vivant à l’étranger, car s’il porte préjudice en premier lieu à leurs familles restées dans l’île, il restreint aussi les droits de tous les Cubains à l’étranger. Voilà pourquoi la première priorité pour tous ceux qui se sentent Cubains, est de lutter contre ce qui constitue aujourd’hui le pire obstacle aux efforts consentis pour que les rapports et les échanges de cette communauté du dehors soient plus larges, plus diverses et normales.
• La Révolution cubaine comprend qu’il existe dans la communauté cubaine de l’étranger des idées politiques différentes quant au présent et surtout à l’avenir du pays, des conceptions idéologiques et des croyances religieuses différentes, et elle les respecte.
• Quand le blocus et l’hostilité cesseront d’exister – ce qui n’est pas une chimère, mais quelque chose de parfaitement possible – quand les plans de « transition » conçus à Washington et les visées d’annexion ne seront plus qu’un mauvais souvenir, alors les Cubains pourront voyager légalement sans aucune restriction entre les deux pays, exception faite du petit nombre de personnes qui n’en seront pas dignes à cause de leur attitude honteuse et nocive à leur patrie. Alors, ceux qui souhaiteront prendre leur retraite à Cuba pourront le faire, s’ils en ont les moyens.
• Le droit de s’appeler Cubain découle, indépendamment de l’endroit où l’on vit, de la position qu’on adopte face à l’alternative essentielle suivante : se faire le complice de l’amendement Platt, de la loi Helms-Burton, du Rapport de la Commission d’aide à Cuba libre du président Bush, ou prendre le parti du mot d’ordre de Martí : « Avec tous et pour le bien de tous. »
L’administration Bush :
- Entrave la possibilité d’une migration sûre, dans l’ordre et légale;
- Viole les droits des Nord-américains en renforçant les obstacles à leur droit de voyager;
- Empêche la coopération internationale et les échanges éducatifs, culturels, universitaires et savants entre les peuples cubain et étasunien.
La Section d’intérêts états-uniens à la Havane et le Département d’Etat ont fait savoir le 5 janvier 2004 à leurs homologues cubains qu’ils n’estimaient pas possible d’engager un nouveau cycle de conversations migratoires « jusqu’à ce que les autorités cubaines acceptent vraiment d’aborder sérieusement des points "très importants" pour une migration dans l’ordre, légale et sûre entre les deux pays ».
Dans le langage impérial, « aborder sérieusement » ce sujet veut dire faire que Cuba fasse toutes les concessions unilatérales possibles et accepte toutes les demandes et tous les caprices des autorités états-uniennes.
Avec cette décision, l’administration Bush tente tout simplement de détourner l’attention de se propres violations des accords migratoires : réduction des visas délivrés aux Cubains souhaitant rendre visite à leurs familles aux Etats-Unis ; non-renvoi à Cuba des émigrants illégaux interceptés en mer ; stimulation à l’émigration illégale et à des actes violents pour émigrer de la part de radios basées aux Etats-Unis ; pas d’action sérieuse contre les trafiquants d’émigrants illégaux, entre autres.
Les prétextes pour l’interruption des conversations étaient irréels et absurdes, ce qui prouve que cette décision avait bien plus à voir avec la politicaillerie de Miami qu’avec les vrais intérêts nationaux des Etats-Unis en matière de sécurité et de migration.
Les Etats-Unis tentent de manipuler la vérité et de dissimuler le fait que la loi d’Ajustement cubain et la politique irrationnelle dite « pieds secs, pieds mouillés » sont les vrais obstacles à la normalisation de la migration entre les deux pays, les vrais stimulants à l’émigration illégale et la plus grande violation des accords migratoires.
Le département du Trésor a annonce un élargissement du cadre d’application des sanctions dont sont passibles les Nord-américains voyageant à Cuba sans autorisation ou violant d’autres réglementations, compte tenu du fait que toujours plus de Nord-américains, faisant fi de ces interdictions, souhaitent voyager à Cuba. C’est d’ailleurs la première fois qu’une instance officielle des Etats-Unis faisait connaître le montant des amendes prévues. On les trouvera ci-après :
Trouvez ci-dessous les principales cotations et amendements faits aux réglementations contre Cuba:
1. Transactions relatives au tourisme:
- Premier voyage : 7 500 dollars.
- Chaque nouveau voyage : 10 000 dollars.
2. Transactions relatives aux voyages d’affaires :
- Premier voyage : 15 000 dollars.
- Chaque nouveau voyage : 25 000 dollars.
3. Voyages non autorisées à des parents proches :
- Premier voyage : lettre d’avertissement.
- Chaque nouveau voyage :
Avant la communication du département du Trésor : 1 000 dollars.
Après la communication : 4 000 dollars.
4. Voyage sans autorisation spécifique :
- Voyage dont l’objectif entre dans les catégories d’activités pouvant requérir une autorisation :
i. Pour chaque voyage antérieur à la communication du Trésor : 3 000 dollars.
ii. Pour chaque voyage postérieur : 10 000 dollars.
5. Exportation (ou tentative d’exportation) non autorisée dans laquelle est impliquée un intérêt de Cuba ou d’un Cubain : le montant de l’amende sera fonction de la valeur de l’exportation. Possibilités de nouvelles peines en cas de nouvelle violation après l’amende.
6. Utilisation à Cuba de cartes de crédit :
- Premier voyage : 1 000 dollars.
- Chaque nouveau voyage : 2 000 dollars.
7. Importation de produits d’origine cubaine dans le cadre de voyages non autorisés :
- Quand la valeur ajoutée est inférieure ou égale à 500 dollars : 250 dollars.
- Quand la valeur ajoutée dépasse 500 dollars : 250 dollars + la valeur en sus des 500.
B. Clause de services de voyagiste, de marchandises et d’envois de fonds de la part de personnes non autorisés à titre de « prestataire de services » :
1. Service d’envois de fonds :
- Avant la communication du Trésor : 2 000 dollars.
- Après : 15 000 dollars.
2. Service de voyagiste :
- Avant la communication du Trésor : 2 000 dollars + 500 par voyageur.
- Après : 15 000 dollars + 500 par voyageur.
3. Service de marchandises :
- Avant la communication du Trésor : 5 000 dollars + 500 par personne bénéficiaire.
- Après : 25 000 dollars + 500 par personne bénéficiaire.
En instaurant de nouvelles restrictions aux envois de colis et de fonds, et aux voyages de Nord-américains et de Cubains vivant aux Etats-Unis - des restrictions qui ne frappent aucune autres communauté d’émigrés dans ce pays - l’administration Bush viole une fois de plus des droits de l’homme essentiels consacrés tant dans la Déclaration universelle des droits de l’homme que dans les deux Pactes internationaux.
Ainsi, on assiste à une flagrante violation de l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui établit les bases de la liberté de déplacement dont bénéficient les personnes dont la situation est légale dans n’importe quel Etat.
Il faut rappeler que ce principe fut réaffirmé par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 59/203 intitulée : « Respect du droit à la liberté universelle de circulation et importance capitale du regroupement familial. » malgré tout cela:
• En janvier 2005, Mlle. Rice, lors d’une audience de confirmation dans son poste de Secrétaire d’Etat devant le Comité de RREE du Sénat, affirma qu’elle accorderait spéciale attention à l’implémentation des recommandations de la « Commission pour l’Assistance de Cuba Libre » et réitéra que la « prohibition de voyages des Nord-américains à Cuba répond au besoin de couper les bénéfices tirés par le régime cubain ».
• Ce même mois, l’OFAC fit une nouvelle interprétation des réglementations en vigueur concernant les voyages à Cuba pour empêcher les citoyens nord-américains de participer à des réunions à Cuba, organisées et financées par les agences de l’ONU siégeant aux Etats-Unis, sauf s’ils obtiennent un permis spécifique pour le faire..
• En mars 2005, de nouvelles réglementations de l’OFAC entrèrent en vigueur pour délivrer des permis aux organisations américaines qui font de voyages à titre religieux à Cuba, fixant le nombre à 25 personnes, un voyage trimestriel et le permis valable pour une année. L’OFAC se réserve la prérogative de délivrer des permis pour un groupe plus nombreux ou des séjours plus long compte tenu d’une analyse « cas par cas ».
L’administration Bush viole aussi les engagements que son président a assumés au Sommet du G-8, tenu à Sea Island (Géorgie) lors du débat sur la pauvreté : en effet, les chefs d’Etat des pays les plus riches et les plus industrialisés du monde affirmèrent que les envois de fonds aux familles restée dans les pays d’origine pouvaient aider à combattre la pauvreté et décidèrent – selon l’annonce de Jim Wilkinson, conseiller adjoint à la sécurité nationale des Etats-Unis – que le G-8 faciliterait l’envoi d’argent liquide vers les pays pauvres et réduirait de moitié les coûts y afférents.
Les nouvelles mesures de Bush sont par ailleurs illégales au regard de la loi des Etats--Unis, puisque le Congrès de ce pays a adopté en 2000 une loi qui a codifié toutes les réglementations relatives aux restrictions et aux exceptions de voyage à Cuba, de sorte que le président a perdu la faculté de les modifier, ces réglementations ne pouvant plus l’être que par le Congrès lui-même.
Elles sont par ailleurs contraires aux décisions du Congrès majoritaires de la Chambre des représentants et, dans certains cas, du Sénat, qui ont adopté des amendements visant à lever les restrictions de voyages à Cuba de Nord-américains et de Cubains vivant aux Etats-Unis. Ainsi, en 2003, le Sénat et la Chambre ont voté une initiative visant à libéraliser les voyages à Cuba, bien que, suite à une manœuvre antidémocratique et compte tenu de la menace de Bush de recourir au veto, le texte ait été ensuite retirée du projet de loi auquel il était annexé.
L’OFAC a préparé un formulaire que doivent remplir les voyageurs et qui constitue une violation flagrante de l’intimité des personnes, puisqu’il faut, entre autres détails, donner le numéro de la carte d’identité du parent auquel on rend visite.
La suspension indéfinie des conversations migratoires et les nouvelles restrictions visent à aggraver les obstacles au développement du peuple cubain, à élever la quantité d’émigrants potentiels et à fabriquer des incidents qui provoqueraient la résiliation définitive des accords migratoires et donc, compte tenu du durcissement du blocus économique, commercial et financier, à engendrer une crise migratoire artificielle qui justifierait une action militaire contre Cuba.
En effet, la loi Helms-Burton, en vigueur depuis 1996, stipule que l’administration étasunienne devra agir, en cas de nouvelle crise migratoire, comme s’il s’agissait d’un acte de guerre contre le pays. On comprend donc pourquoi l’administration Bush a communiqué officiellement à Cuba en 2003 que les détournements d’avions et de bateaux – stimulés alors par plusieurs facteurs de la politique anti-cubaine de la Maison-Blanche – constituaient « une sérieuse menace à la sécurité nationale des Etats-Unis » et elle a même fait savoir sur un ton menaçant que ceux-ci ne toléreraient pas des exodes massifs en provenance de Cuba.
Les mesures entrées en vigueur en juillet 2004 sont contestées par la plupart des émigrés cubains et de leurs organisations aux Etats-Unis. Selon un sondage du Canal 23 de Miami peu de temps après, de 65 à 68 p. 100 y sont opposés ; un sondage de la chaîne de télévision Univisión atteignait même un rejet de 75 p. 100. En tout cas, tous les sondages se situaient au-dessus de 60 p. 100 en moyenne.
Malgré le climat de violence et d’intolérance qui règne à Miami, une coalition de groupements opposés au blocus a fondé le 20 mai 2004 le Comité pour les droits de la famille qui a commencé le 21 juin à collecter des signatures en vue de faire savoir leur mécontentement à la Maison-Blanche. Le 20 juin 2004, les émigrés cubains ont organisé à Miami des défilés de voitures réunissant des centaines de personnes en guise de protestation.
Faisant preuve de leur fond fasciste, Lincoln Díaz-Balart et Ninoska Pérez Castellón – lui, législateur républicain, elle, collaboratrice de feu capo de la mafia terroriste de Miami, Jorge Mas Canosa, mais tous deux annexionnistes et défenseurs de terroristes – ont menacé les Cubains qui manifestaient de leur faire perdre le droit de résidence que leur confère la loi d’Ajustement cubain.
Des médias, des organisations professionnelles et des hommes d’affaires des Etats-Unis ont aussi critiqué les mesures draconiennes visant le peuple cubain. Mentionnons, entre autres, The New York Times, qui les a qualifiées d’outrageantes ; la National Lawyers Guilde (NLG) ; le National Council of Churches (NCC) ; l’Alliance des Etats-unis en faveur des voyages ; ATRIP-ETATS-UNIS Engage Alliance – formée par le National Foreign Trade Council (NFTC), Etats-Unis*Engage et l’Association for Travel-Related Industry Professionals (ATRIP) ; l’Education médicale en coopération avec Cuba (MEDICC) – un programme universitaire qui envoie des élèves de cent quinze universités des Etats-unis suivre des cours à Cuba ; l’Organisation américaine pour un commerce humanitaire avec l’île ; The United States Council for International Business; The Emergency Committee for American Trade (ECAT); et Diálogo Interamericano, un forum d’analyse et de formulations d’une nouvelle politique extérieure vis-à-vis de l’Amérique latine.
Exprimant les sentiments de la majorité de la société nord-américaine, la Chambre des représentants a, le 22 septembre 2004, voté par 255 voix contre 174 un amendement bipartite visant à suspendre les nouvelles restrictions frappant les voyages à Cuba d’émigrés cubains et à rétablir leur droit à un voyage annuel.
En 2005, le Congrès nord-américain aborda aussi cette question. Voilà quelques exemples.
• En avril, le sénateur Michel Enzi (R-WY) présenta le projet de loi S.894 « Loi pour la liberté de voyage à Cuba de 2005 », pour établir que le président ne pourra ni réguler, ni prohiber, d’aucune manière, les voyages vers et depuis Cuba des citoyens nord-américains ou de résident légaux. En même temps, le représentant Jeff Flake (R-AZ) présenta le projet de loi H.R. 1814 « Loi pour l’exportation de la liberté à Cuba 2005 », visant éliminer la prohibition de voyages à Cuba, dont le texte correspondait au S.894 introduit par le sénateur Enzi.
• En avril, on fêta au Congrès, « Journée d’action cubaine » dans le but principal de promouvoir la levée de restrictions de voyages. Entre 600 et 800 personnes qui sont pour un changement de politique y participèrent. Entre autres, de représentants des ONG’s, hommes d’affaires et d’origine cubain - américaine provenant de 35 Etats.
• En mai le représentant, Jim Davis (D-FL), présenta le projet H.R.2617 « Pour prohiber certaines restrictions upplémentaires aux voyages et aux remises de fonds vers Cuba », pour éliminer les réglementations du 16 juin 2004 sur les voyages des ubano– américains à Cuba et l’envoi de fons aux familles.
• En juin, à la réunion plénière de la Chambre de représentants, plusieurs amendements sur Cuba furent présentés au projet H.R.3058 « Loi des allocations pour les départements du Transport, Trésor et Logement, année 2006 » : l’amendement de Charles Rangel (D-NY), pour prohiber l’utilisation des fonds alloués pour implémenter, appliquer et administrer le blocus contre Cuba ; l’amendement de Barbara Lee (D-CA) , pour prohiber l’utilisation des fonds qui seraient approuvés dans le but d’appliquer l’interdiction de voyages académiques vers Cuba ; l’amendement de Jeff Flake (R-AZ), pour prohiber l’utilisation des fonds alloués dans le but d’empêcher les voyages à Cuba à titre religieux ; l’amendement de Jim Davis (D-FL) pour prohiber l’utilisation des fonds dans le but d’empêcher les voyages familiers à Cuba ; et l’amendement de Flake pour prohiber l’utilisation des fonds dans le but d’ empêcher le voyage à Cuba des membres des forces armées des Etats-Unis. Même si ces amendements furent battus en votation ou retirés pour des objections de procédure, leur présentation ratifia l’opposition existante à l’intérieur du Congrès aux nouvelles restrictions du blocus imposées par l’Administration Bush.
• En juillet, le représentant Serrano (D-NY) présenta à la Chambre le projet de résolution H.Con.Res.206, intitulé « Exprimant ce que le Congrès pense au fait que le Président doit suspendre temporellement les restrictions sur les remises des fonds, les colis et les voyages familiales des Cubano- américains à Cuba aux effets de l’ouragan Dennis ».
• En 2005, 478 citoyens des Etats-Unis furent sanctionnés pour violer le blocus, notamment les réglementations concernant les voyages à Cuba. Le montant total des amendes imposées fut 529.743 dollars.
Les seuls défenseurs à outrance de ces mesures criminelles sont les anciens membres des organes de répression de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, les anciens politicards qui s’enrichirent en saignant à blanc les Cubaines et les Cubains, et les représentants de la bourgeoisie antinationale qui profitèrent à fond de la structure de domination néo-coloniale imposée au pays jusqu’en 1959, ainsi que les terroristes et mercenaires de Miami qui ont causé tant de douleur, de destruction et de deuil aux familles cubaines.
Cuba réaffirme sa volonté de continuer d’œuvrer pour normaliser totalement les rapports avec les émigrés et son engagement de continuer de favoriser une émigration légale et dans l’ordre des Cubains le souhaitant, ainsi que des personnes vivant dans l’île. Il continuera de combattre le trafic d’êtres humains et de punir sévèrement les responsables de ces pratiques criminelles. Il continuera de respecter rigoureusement les accords migratoires bilatéraux, dont ceux signés avec les Etats-Unis.
Cuba saisira la moindre occasion d’améliorer ses relations bilatérales avec les Etats-Unis en matière de migration. En attendant, elle continuera de dénoncer – car c’est une obligation et un devoir – de dénoncer les actes hostiles et la manipulation des relations migratoires de la part de l’administration Bush.