

Les politiques, les programmes et les actions agressives des différentes administrations étasuniennes contre Cuba, en vue d’en détruire la Révolution entreprise par son peuple, ont été une constante durant ces quarante-neuf ans.
L’hostilité maladive des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba a atteint des niveaux sans précédent. Jamais aucun gouvernement au monde n’a utilisé en politique extérieure une telle panoplie de mesures agressives dans les domaines politique, économique, culturel, diplomatique, militaire, psychologique et idéologique. Aucun gouvernement au monde n’a suivi aussi longtemps contre un autre une politique de coercition et d’hostilité, bien qu’il s’agisse de deux pays qui ne se trouvent pas dans un état de guerre déclaré.
Les actions et les mesures de l’administration Bush ont visé, sans respecter ni légalité ni bon sens, ce qui a toujours été le but central de la politique impériale des USA : liquider les profondes transformations révolutionnaires engagées par le peuple cubain depuis 1959, et ce par tous les moyens, militaires y compris.
L’euphémisme éculé : « Promouvoir la transition à la démocratie et le respect des droits de l’homme », qui prétend camoufler les motivations impérialistes des plans agressifs des Etats-Unis contre Cuba, se double ces dernières années d’une vision d’urgence constamment martelée par de hauts fonctionnaires de Washington dans leurs déclarations: autrement dit, la « transition » à Cuba – donc le « changement de régime » selon le vocabulaire à la mode – doit se faire au plus vite. Et ce facteur temporel permet de mieux évaluer les plans de l’administration Bush contre Cuba.
Le « changement de régime » a toujours été l’axe de la politique des Etats-Unis par rapport à Cuba. D’où la mise en place, en flagrant déni du droit international et au vu et au su de l’opinion publique internationale, d’un plan annexionniste intégrant la totalité des programmes et des actions agressives contre Cuba.
La rhétorique hypocrite et cynique au sujet de la « liberté » a été l’axe des nombreuses déclarations de Bush et de hauts fonctionnaires du département d’Etat, et des meneurs les plus furibonds de la mafia anti-cubaine terroriste de Miami au sujet de Cuba.
Libérer Cuba ? Le peuple cubain s’est bel et bien libéré en 1959 de la sanglante tyrannie de Fulgencio Batista, imposée et soutenue par les USA en vue de consolider leur contrôle néocoloniale sur l’île.
La Révolution a libéré, sauvé et renforcé la nation cubaine. Le peuple cubain a brisé le joug du racisme institutionnel, de la discrimination de la femme, du népotisme et de la corruption politiques, des assassinats et des disparitions politiques, de l’analphabétisme, du chômage chronique, de l’insalubrité, de la domination idéologique et du diktat des modèles pseudoculturels qui lui sont étrangers, de la faim et de la misère.
De la seule chose dont le peuple cubain a encore à se libérer, c’est du blocus et de l’hostilité des Etats-Unis, de leurs agressions, de leurs visées, de leurs plans de lui réimposer leur domination, du sous-développement hérité du colonialisme et du néo-colonialisme, ainsi que d’un ordre économique international injuste qui limite ses possibilités de développement.
La décision inébranlable du peuple cubain d’exercer en plénitude son droit à l’autodétermination constitue un écueil évident pour les plans de domination politique, économique et militaire des cercles impérialistes états-uniens, non seulement parce qu’il est invulnérable sur le plan de la défense militaire, mais surtout par le défi politique que représente cette attitude d’un petit pays dans l’ « arrière-cour » traditionnelle des Etats-Unis, et par l’alternative prometteuse que son projet de justice sociale et d’équité représente pour des millions de personnes dans le monde.
C’est justement pour annihiler cet exemple que la thèse de la prétendue « menace » que Cuba représenterait pour la sécurité des Etats-Unis a été fabriquée de toutes pièces à partir de prétextes que différents hauts fonctionnaire de l’administration Bush ne cessent de présenter dans leurs interventions, entre autres les prétendus liens de Cuba avec le terrorisme et le narcotrafic ; l’existence de programmes cubains visant à « la mise au point d’armes biologiques d’extermination massive »; l’éventualité d’un exode massif vers la Floride. Or, le gouvernement cubain a démenti et désarticulé publiquement chacune de ces allégations par des preuves absolument irréfutables.
Parallèlement, les USA ont augmenté d’une manière exponentielle leur financement des groupes contre-révolutionnaires internes qui agissent comme des mercenaires salariés de la puissance étrangère qui prétend conquérir Cuba et asservir son peuple.
Les actions que le gouvernement étasunien mène contre Cuba depuis les USA vont depuis la transmission illégale de milliers d’heures de radio et de télévision à teneur subversive, dont l’incitation au terrorisme, jusqu’aux poursuites légales engagées contre les Etasuniens se rendant à Cuba et aux amendes qui leur ont été infligées.
Toutes ces actions ont été systématisées dans un programme entériné par le locataire de la Maison-Blanche – n’oublions pas toutefois l’existence de la Loi d’ajustement cubain, de la loi Torricelli et de la loi Helms-Burton, entre autres – un programme qui est en fait un véritable plan d’annexion de Cuba, adopté le 6 mai 2004 et actualisé et aggravé le 10 juillet 2006.
Nous présentons ci-après, pour 2006, quelques composantes de la politique d’hostilité, de blocus et d’agression des USA contre Cuba et offrons des exemples concrets qui en confirment la recrudescence.
La Section d’Intérêts des Etats-Unis à Cuba : Q.G. de la contre-révolution.
La Section d’intérêts des Etats-Unis (SINA) a été établie à La Havane sous l’administration du président James Carter en 1977, dans l’ancienne ambassade de ce pays afin d’ouvrir un canal de communication direct et permanent entre les deux gouvernements, ainsi que de faciliter les démarches consulaires d’intérêt commun. Cependant, bien des choses ont changé depuis, au point que, comme l’a dénoncé le président Fidel Castro en janvier 2006, la SINA est devenue un véritable Q.G. de la contre-révolution.
Au déni des objectifs pour lesquels elle a été fondée, les fonctionnaires de la SINA ont maintenu durant toute l’année 2006 une conduite constamment marquée au sceau de l’ingérence, de l’irrespect des lois cubaines et de la dignité du peuple cubain, n’ont cessé de conspirer et de stimuler la subversion, et ont mené les actions les plus diverses pour renforcer l’efficacité et l’impact de la politique d’hostilité, de blocus et d’agressions de l’administration Bush.
Dès janvier 2006, les fonctionnaires de la SINA ont aggravé leurs provocations contre notre peuple, installant à l’un des étages supérieurs de l’édifice un gigantesque « panneau lumineux déroulant » destiné censément à « faire passer des messages au peuple cubain », mais ne visant avant tout qu’à l’offenser par des mensonges. Il s’agit d’une provocation sans précédent : quelle représentation diplomatique d’un pays respectant le droit international et la souveraineté e l’Etat devant lequel il est accrédité réaliserait-elle une agression de cette nature, s’arrogeant le droit de faire passer de gigantesques annonces lumineuses appelant à détruire l’ordre constitutionnel adopté par le peuple concerné ? A plus forte raison quand il s’agit des fonctionnaires d’un gouvernement qui a réprimé la courageuse Cindy Sheehan rien que pour avoir tenté de déployer un message de paix lors du discours du président Bush sur l’état de l’Union en janvier 2006 !
Voyons donc le genre de « messages » que les fonctionnaires de la SINA ont fait dérouler sur toute la façade de l’édifice : « De nombreuses Cubaines décentes ne peuvent vivre décemment qu’en faisant des choses indécentes. Si tu es jeune et jolie, qu’est-ce qu’il te rapporte le plus : suivre des études ou suivre un Espagnol ? » (transmis le 7 et 8 avril 2006).
Parallèlement, le chef de la SINA, Michael Parmly, a continué d’organiser dans sa résidence ou dans les locaux officiels des activités et des conférences destinées à endoctriner ses mercenaires salariés.
Le 20 janvier, au cours d’une des causeries “instructives”, l’ancien président polonais Lech Walesa a donné une téléconférence dans laquelle il a conseillé aux contre-révolutionnaires présente de ne pas renoncer à leur tentative de liquider le communisme à Cuba.
Le 19 février, le journal de la mafia anticubaine de Miami, The Miami Herald, a publié des déclarations de John Virtue, directeur du Centre international des médias, rattaché à l’Université international de la Floride : « Nous donnons maintenant des vidéoconférences à la SINA et elles sont très efficaces. »
Poursuivant ses causeries conspiratives, Parmly a, le 10 juillet 2006, réuni chez lui des représentants des groupuscules contre-révolutionnaires afin de leur présenter la seconde mouture du Plan Bush d’annexion de Cuba et de leur renouveler « l’engagement » de l’administration auprès du peuple cubain.
La Section des intérêts nord-américains est devenue un véritable centre de recrutement, d’entraînement et de formation de mercenaires salariés au service de la politique anticubaine des Etats-Unis.
Une nouvelle téléconférence contre-révolutionnaire a eu lieu le 23 octobre 2006, depuis le siège des stations de radio et de télévision financées et dirigées par le gouvernement étasunien, et baptisées rien moins que du nom du Héros national de Cuba qui fut un profond anti-impérialiste : de là, donc, James Howard Meredith, qui fut autrefois un courageux activiste afro-américain défenseur des droits civiques, mais qui a viré casaque pour devenir un conservateur et se trahir lui-même et tous les Afro-Américains, a échangé avec des contre-révolutionnaires réunis chez Parmly sur la situation « raciale » et l’actualité socio-politique à Cuba, s’engageant à faire connaître la « vérité » sur la situation des « prisonniers politiques afro-cubains et des jeunes Noirs harcelés et poursuivis dans l’île ».
Mais quand on sait que le premier étudiant noir à avoir foulé le campus de l’Université du Mississippi en 1962 est entré en 1989 au service du sénateur Jesse Helms, le coauteur de la loi anticubaine qui porte son nom, l’homme connu aussi comme Lynching Jesse, et a travaillé ensuite en faveur de la candidature de David Duke – membre du Ku Klux Klan – au poste de gouverneur de la Louisiane, on ne saurait s’étonner qu’il ait été capable d’offenser si profondément la dignité des Cubains descendants d’Africains et des métis ! Il aurait dû savoir que la Révolution a concrétisé l’idée de Martí selon qui Cubain est quiconque aime sa patrie, indépendamment de la couleur de sa peau.
Le Plan Bush d’annexion de Cuba : seconde mouture
La publication du second Rapport de la Commission dite d’aide à Cuba libre – créée par l’administration Bush en 2004 afin de préparer et d’actualiser périodiquement son plan d’annexion de Cuba – avait été annoncée pour le 20 mai 2006.
En fait, ce ne fut que le 10 juillet que ce second Rapport, qui contient de nouvelles mesures pour hâter l’exécution du Plan Bush, fut rendu public d’une manière officielle par une brève déclaration écrite du président Bush et une conférence de presse offerte par les co-présidents de la Commission, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et le secrétaire au Commerce Carlos Gutiérrez, et par le prétendu « coordonnateur de la transition à Cuba », Caleb McCarry, du département d’Etat. Deux jours plus tard, le 12 juillet, celui-ci s’en alla rendre compte aux représentants de la mafia cubaine à Miami auxquels il présenta formellement ledit Rapport.
Ce second rapport de 2006 ne se substitue pas à celui-ci de 2004, pas plus qu’il ne le modifie. Au contraire, il en prend pour base le Plan qu’il enrichit par de nouvelles mesures de guerre économique, par l’intégration de nouvelles forces et par l’augmentation substantielle du financement direct et indirect de la subversion interne : bref, toutes les mesures de 2004 visant à renverser la Révolution cubaine restent d’actualité.
En fait, la nouveauté est qu’il assorti d’un annexe secret « pour des raisons de sécurité nationale et d’exécution effective» de recommandations ayant toutes à voir avec le chapitre 1 qui porte justement sur la manière de hâter le renversement du gouvernement révolutionnaire.
Le Plan vise en fait à appliquer rigoureusement un instrument antérieur, la loi Helms-Burton de 1996 qui signalait que le blocus serait maintenu même après la victoire hypothétique de la contre-révolution tant qu’une série de conditions ne serait pas remplie, en tout premier lieu « des progrès tangibles dans la restitution des biens » aux anciens exploiteurs (section 206), cette clause constituant même « une condition sine qua non du rétablissement total des relations diplomatiques et économiques » (section 207) entre les deux pays.
Le second Rapport ne compte que 93 pages (contre environ 450 le précédent) distribuées en sept chapitres. Plus d’une centaine de fonctionnaires de dix-sept départements et agences du gouvernement ont participé à sa rédaction.
Activité intense du proconsul anticubain Caleb McCarry
C’est le 28 juillet 2005 que, dans le cadre des mesures annoncées dans le plan d’annexion, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice avait présenté Caleb McCarry, ancien conseiller républicain de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants, comme « coordonnateur de la transition à Cuba ».
L’agenda du proconsul impérial a été chargé en 2006. Dès janvier, il s’est réuni, aux côtés du chef du Bureau des affaires cubaines du département d’Etat, Stephen McFarland, avec des représentants de la mafia anticubaine et terroriste de Miami, à l’Université internationale de la Floride, pour annoncer que la Commission présenterait en mai un « plan stratégique » destiné à « apporter un soutien concret gouvernemental quand la transition politique s’engagerait dans l’île » : « la Commission a pour mission essentielle que le gouvernement soit prêt à fournir un soutien à Cuba quand la possibilité d’un changement se présentera ».
McCarry a rappelé alors que l’administration Bush s’opposait à toute succession dans le cadre de la Révolution cubaine : « On ne peut prédire ce qu’il se passera, mais faire partie du régime actuel et penser à une transition démocratique n’est pas la bonne manière d’avancer sur la voie de la liberté. »
En avril, Caleb McCarry a rencontré José Miguel Insulza, secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), et John Maisto, l’ambassadeur des USA accrédité devant cette dernière – qualifiée à juste titre de « ministère étasunien des Colonies » – afin d’analyser l’avenir politique de Cuba et les actions que l’OEA pourrait entreprendre éventuellement pour hâter la transition (autrement dit, le « changement de régime »).
On dit que McCarry a exercé de fortes pressions pour que l’OEA applique à Cuba la Charte démocratique interaméricaine sous prétexte de violations des droits de l’homme. Mais Insulza, qui connaît très bien les limitations de son organisation et la résistance que provoquerait une complicité de sa part avec une agression des USA, a refusé cette proposition en arguant du fait que Cuba ne faisait pas partie de l’OEA.
Le 18 avril 2006, McCarry a réitéré que le second rapport de la Commission serait remis à Bush le 20 mai et qu’il comprendrait un plan stratégique devant permettre au peuple cubain de « retrouver » sa souveraineté. Il a ajouté que « le processus doit être nettement cubain et que la décision finale sera aux mains des Cubains ». Comment un processus dirigé, réglé et financé par la superpuissance qui prétend imposer sa domination impériale à la nation cubaine pourrait-il être « nettement cubain » ?
Le 27 avril, McCarry, Stefhen McFarland, chef du bureau Cuba au département d’Etat, et Kirsten Madison, sous-secrétaire adjointe du département d’Etat pour les affaires interaméricaines, ont rencontré des représentants du Congrès, entre autres Jo Ann Emerson (républicain du Missouri), William Delahunt et Jim McGovern (démocrates du Massachusetts), Sam Farr (démocrate de Californie) et Jeff Flake (républicain de l’Arizona), dont le commun dénominateur est qu’ils travaillent tous à modifier la politique des USA envers Cuba. Bien entendu, McCarry et les fonctionnaires gouvernementaux ont défendu du bec et des ongles la politique de Bush et refusé toute initiative de modifier le statu quo.
Le 24 mai, quatre jours après la date à laquelle la seconde mouture du Plan Bush devait être publiée, Caleb McCarry a participé à la création de l’Association des Nations amies de Cuba démocratique, au cours d’une réunion tenue au Centre pour Cuba libre, à Washington : parmi les présents, Lincoln et Mario Díaz Balart (républicains de la Floride), représentants au Congrès de la mafia terroriste et anticubaine de Miami, une adjointe d’Ileana Ros-Lehtinen (républicaine de la Floride), tout aussi anticubaine ; les ambassadeurs de Hongrie, de Tchéquie, de Lituani et de Slovaquie, des fonctionnaires des ambassades polonais et slovène, et des membres d’organisations de la mafia terroriste de Miami. Cet auditoire n’a rien de surprenant : des gouvernements d’Europe centrale et de l’Est se soumettent de bon gré aux diktats de l’empire qui prétend imposer son hégémonie mondiale, la plupart étant des supporters enthousiastes de sa politique d’hostilité contre Cuba. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs dépêché des troupes mercenaires à la guerre de conquête impérialiste contre le peuple iraquien.
Le 10 juillet, au point de presse ayant accompagné la présentation du second Rapport du plan Bush, Caleb McCarry assurait que le document « définissait les actions qu’il est possible d’engager maintenant pour développer les plan de soutien à la transition démocratique de demain ».
Le 11 août, après l’adresse de Fidel Castro au peuple cubain, des agences de nouvelles faisaient état du point de presse organisé par Thomas Shannon, secrétaire d’Etat adjoint pour les questions interaméricaines, et Caleb McCarry. Le premier a affirmé que « le transfert de pouvoir temporaire ne fonctionnera pas, car aucune figure politique ne peut égaler Fidel Castro à Cuba ». Et d’ajouter : « La communauté internationale doit impérativement offrir sa solidarité à une transition démocratique. »
Fin septembre 2006, McCarry entreprenait une tournée de travail en Europe. Arrivé en Espagne, les 27 et 28 septembre, il y rencontrait des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et des membres de la fondation FAES, dirigé par l’ancien président et toujours fasciste José María Aznar. Il affirmait que « l’objectif de son voyage était d’avoir des consultations avec d’autres gouvernements, d’écouter leurs points de vue et d’expliquer la politique étasunienne ». Et d’ajouter : « Les pays démocratiques ayant des affinités avec Cuba, tels les Etats-Unis et l’Espagne, peuvent aider à ouvrir l’espace de la démocratie dans l’île : »
Le 29 septembre 2006, il était en Finlande où il rencontrait des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, des professeurs et des étudiants de l’Université d’Helsinki et des journalistes, déclarant que les prochains mois seraient témoins d’un grand changement à Cuba et que les USA et l’Europe devraient être prêts à œuvrer de concert pour promouvoir une « transition démocratique » véritable dès que l’occasion s’en présentera.
En décembre, il était en République dominicaine où il participait à diverses activités anticubaines, dont des interviews télévisées, des causeries et des conférences.
Le lot de Caleb McCarry sera celui de tous ceux qui, tout au long de l’histoire cubaine, ont pris en charge la coordination de plans orchestrés par les milieux impérialistes de Washington, avec la complicité de la mafia terroriste et anticubaine : les poubelles. En attendant, nous continuerons de dénoncer ses agissements.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le gendarme chargé de faire appliquer la politique de sanction et de restrictions
Aggravant sa politique de sanctions et de restrictions économiques contre Cuba, l’administration étasunienne a chargé l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) de renforcer son contrôle sur toutes les activités financières, commerciales et économiques en général ayant Cuba comme point d’origine ou de destination. Cette officine a donc déclenché une véritable traque et imposé une politique de terreur afin de poursuivre au mieux les actifs cubains. En 2006, elle a établi de nouvelles interdictions et réprimé les échanges de toute nature avec Cuba et les voyages de personnes juridiques et naturelles des Etats-Unis.
Après les dévastations causées à Cuba par le cyclone Michele en décembre 2001, le Congrès des Etats-Unis a autorisé les ventes de produits agricoles à notre pays, mais en l’assortissant de restrictions rigoureuses. Or, il devient de plus en plus difficile de les acheter.
Dans la seconde quinzaine d’août, l’OFAC a congelé les paiements à titre de frets dus à la société maritime étasunienne San Juan Navigator, si bien que le déchargement ou le départ de deux cargos emportant des aliments pour Cuba a été interrompu : le San Juan Orcas V-5, avec 27 000 tonnes de maïs (fret : 852 023 dollars), et le Grain Trader V-11, avec 25 000 tonnes de maïs (fret : 613 639,44 dollars).
Le 11 octobre 2006, le bureau du procureur fédéral du Sud de la Floride, Alexander Acosta, a annoncé officiellement la création du Groupe de travail pour l’application des sanctions à Cuba, composé de membres de l’OFAC, du FBI, du Service des revenus internes (IRS), de l’immigration et du contrôle des douanes (ICE) et du département du Commerce, ainsi que d’agents du service des garde-côtes et des forces aériennes et terrestres des Douanes et de la protection des frontières (CBP), et dont l’objectif fondamental est d’enquêter d’une manière rigoureuse et agressive sur les violations aux réglementations du blocus et de punir les infracteurs. La création de ce groupe a été recommandée dans le second Rapport d’annexion de Cuba.
L’obsession anticubaine de l’OFAC a atteint des niveaux inouis le 6 novembre 2006 : elle infligeait une amende de 967 dollars à quelqu’un pour avoir acheter des cigares cubains sur Internet.
- L’OFAC impliquée dans l’épisode du María Isabel Sheraton
Le 3 février 2006, la délégation d’hommes d’affaires cubains qui participait à Mexico au Sommet énergétique Cuba-USA a été expulsée de l’hôtel María Isabel Sheraton, propriété de la société étasunienne Starwood Hotels and Resorts Worlwide, à la suite d’instructions reçues du département du Trésor. Non contente de cela, la direction de l’hôtel a confisqué les fonds versés d’avance par la délégation et les a fait parvenir à l’OFAC où ils ont rejoint les fonds cubains mis sous séquestre par l’administration étasunienne.
Le 6 février, le journal cubain Granma dénonçait cette expulsion dans un éditorial intitulé : « La mesquinerie et la haine contre Cuba et le mépris envers le gouvernement mexicain inondent le Sheraton ».
Des représentants du secteur privé étasunien ont même mis en cause cette action extraterritoriale de l’administration. William A. Reinsch, président du Conseil national du commerce extérieur, affirmait dans une lettre adressée à John Snow, secrétaire du Trésor, que les sanctions « minaient la coopération entre les gouvernements en matière d’économie et de sécurité et ternissent l’image des USA devant le peuple mexicain », et exprimait l’espoir que « compte tenu des répercussions négatives provoquées par l’application extraterritoriale des sanctions… l’OFAC s’abstiendrait à l’avenir d’appliquer ce genre de mesures ».
Cet incident apparaît comme l’un des exemples les plus honteux de violation de la souveraineté d’un pays tiers, en l’occurrence le Mexique, dans l’application extraterritoriale des dispositions du blocus contre Cuba, et représente une mesure préjudiciable aux récentes relations commerciales entre hommes d’affaires des deux pays dans le domaine énergétique où il existe de larges possibilités de coopération mutuelle.
- Voyager à Cuba est un crime
Dans ce domaine, l’OFAC remplit de manière efficace et honteuse une triple fonction : il établit de nouvelles restrictions aux voyages ou accentue les précédents, exerce des pressions sur des personnes naturelles ou juridiques qui prétendent voyager à Cuba et punit les personnes qui osent le faire sans demander l’autorisation à la suite de démarches insensées et écrasantes, et toujours dans le cadre de restrictions précises.
L’année 2006 a été marquée par des restrictions de voyage accrues et par une recrudescence des poursuites et de sanctions.
Le 27 janvier 2006, l'OFAC entreprend une série d’audits d’agences de voyages dont la destination est Cuba. Molly Millerwise, porte-parole de l’OFAC, annonce que l’Office réaliserait environ vingt-cinq vérifications de comptes similaires chaque année « pour garantir que les voyagistes respectent au pied de la lettre les dispositions correspondantes, pour leur faire comprendre la nécessité de maintenir les restrictions en cours et renforcer les dispositions de l’OFAC en ce qui concerne la mise en œuvre du programme de sanctions contre Cuba ». Plusieurs agences se voient ensuite retirer le droit d’opérer.
Le 29 mars 2006, l’OFAC reprenait son offensive d’inspections et d’audits non annoncés d’agences de voyage et de charters installées à Miami pour détecter d’éventuelles violations des autorisations de voyages religieux à Cuba.
Le 28 avril 2006, des fonctionnaires de l’OFAC se réunissaient à Miami avec des représentants d’agences de voyage et de charters pour leur expliquer les réglementations qu’ils devaient observer s’ils voulaient conserver les autorisations en cours, compte tenu des nouvelles restrictions imposées en 2004.
El Nuevo Herald reproduisait des déclarations menaçantes de Molly Millerwise : le département du Trésor dispose à Miami de nombreux agents qui enquêtent au sujet des voyages et des envois de fonds familiaux illégaux à Cuba. Seize agences, la plupart de Miami, ont perdu en mars l’autorisation d’organiser des voyages à Cuba, soit un total de vingt-six depuis le début de l’année, dont quatre pour violations flagrantes des conditions établies dans les autorisations : Baby Envíos Travel, Fortuna Travel Services, Cubatur Express et La Estrella de Cuba.
Toujours selon Molly Millerwise, « les autorisations de six organismes qui parrainaient des voyages religieux à Cuba ont été annulées », « le processus est toujours en cours » et « les violations repérées aboutirons à des avertissements, des amendes ou à la suspension définitive de l’autorisation ».
La traque s’est poursuivie : en juin, trois nouvelles agences assurant des voyages et des envois de fonds à Cuba, La Perla del Caribe, Transair Travel et Uno Remittance Inc., étaient touchées à leur tour.
A la suite de cette offensive, le département du Trésor informait le 3 novembre que durant l’exercice fiscal 2006, l’OFAC avait infligé des amendes à vingt-trois personnes naturelles pour un total de 57 265 dollars, et à quatre personnes juridiques pour un total de 208 000 dollars, pour violations des réglementations frappant les voyages et le commerce avec Cuba. Ces chiffres n’incluent pas, bien entendu, l’évaluation des retombées économiques découlant du retrait de l’autorisation ou de la fermeture des agences de voyages.
Des cas récents de piraterie à l’ombre de la politique anticubaine : le vol des marques commerciales
Le 28 juillet 2006 a été témoin d’une des actions les plus sales de la guerre économique étasunienne contre Cuba, contraire aux principes les plus élémentaires du droit international : l’OFAC refusait à la société cubaine CubaExport le droit de renouveler le brevet de la marque Havana Club devant le Bureau des marques et brevets des Etats-Unis, laissant donc la porte ouverte au vol de cette marque et à son utilisation aux USA, ce qui est survenu d’ailleurs à peine quelques jours plus tard.
Le 8 août 2006, The Wall Street Journal et The Miami Herald informaient que la société Bacardí Ltd. espérait pouvoir annoncer ce jour-là le relancement de sa part de la marque Havana Club aux USA : le vol de la marque cubaine était donc consommé, à la suite d’une opération coordonnée entre les autorités étasuniennes et les propriétaires de Bacardí, une compagnie absolument au service de la politique anticubaine des USA.
La haine impériale contre le peuple cubain, une constante dans les déclarations de hauts fonctionnaires de Washington
Les références offensantes et menaçantes à Cuba et ses dirigeants ont toujours occupé une place privilégiée dans l’administration Bush. En 2006, nombre de sénateurs et de hauts fonctionnaires ont proféré des menaces et des insultes contre notre pays. Le rosaire d’offenses s’est vu couronné par des déclarations de Bush en personne, de Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat, de Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense, et d’autres membres du pouvoir exécutif.
- Déclarations du président Bush et d’autres membres du pouvoir exécutif
Le 3 mars 2006, en visite en Inde, Bush affirmait dans un discours que « des hommes et des femmes, de la Corée du Nord à Myanmar, à la Syrie, au Zimbabwe et à Cuba, aspirent à la liberté ».
Le 12 mai 2006, il affirmait à Orlando (Floride) qu’il s’opposerait à ce que des sociétés étasuniennes fassent des prospections pétrolières près de Cuba, sous prétexte que « l’argent servirait à soutenir un gouvernement qui viole les droits de son peuple ».
Le 10 juillet 2006, Bush faisait une déclaration entérinant la seconde mouture du Rapport de la Commission d’aide à Cuba libre et l’Engagement auprès du peuple cubain : « Le Rapport prouve que le gouvernement étasunien travaille activement à un changement à Cuba, sans attendre simplement qu’il survienne. » Il exhortait tous « les amis et alliés démocratiques » du monde à rejoindre sa campagne de soutien à « la liberté du peuple cubain ».
Il s’agissait donc d’un véritable appel à l’internationalisation d’une politique d’hostilité, de blocus et d’agressions contre le peuple cubain. Les déclarations du président de la superpuissance impérialiste ratifiaient en tout cas ce que le peuple cubain ne cesse de dénoncer : les Etats-Unis ont intensifié leurs actions agressives en vue d’entraîner « un changement de régime », même contre la volonté souveraine de la nation cubaine.
La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice s’est aussi prononcée à plusieurs reprises en 2006 au sujet de Cuba. Elle reconnaissait en février devant la commission des Relations internationales de la Chambre des représentants : « Nous nous efforçons d’appliquer notre politique de la manière la plus efficace, parce que le régime cubain vit ses dernières années… et nous voulons être sûrs que ce régime de Fidel ne se répétera à l’avenir. » Et d’ajouter : « Voilà pourquoi nous avons renforcé, entre autres, notre politique par rapport aux voyages. »
Le 21 mai 2006, elle déclarait à des journalistes : “L’embargo vise à empêcher le régime dictatorial de Fidel Castro d’utiliser le commerce et les affaires pour financer et renforcer son régime et son contrôle sur la population cubaine… car presque toutes les activités économiques cubaines sont bénéfique au régime castriste. »
- Déclarations agressives de membres du pouvoir législatif
Une fois de plus, en 2006, les sénateurs cubano-américains Mel Martínez (républicain de la Floride) et Bob Menéndez (démocrate du New-Jersey), et les représentants Ileana Ros-Lehtinen, Lincoln et Mario Díaz-Balart (tous républicains de la Floride) ont émis des déclarations pleine de haine et de revanchisme.
Le 8 février, la revue Newsmax faisait savoir que Mel Martínez avait adressé une lettre à Condoleezza Rice et à Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, y exprimant « sa profonde déception devant le fait que dans son discours sur l’état de l’Union, le président Bush avait omis de mentionner la tyrannie la plus grande et la plus ancienne du monde actuel, Cuba ». Le sénateur de la mafia anticubain ajoutait que « cette omission était d’autant plus incompréhensible que Bush avait bien de fois parlé clairement de son espoir de liberté et de démocratie à Cuba ».
Le 27 mars, Radio Martí faisait savoir que Bob Menéndez (D-NJ), au cours d’une réunion avec des leaders de la mafia anticubaine de Miami, avait promis de « favoriser une intensification des émissions de Radio Martí et de TV Martí ».
Le 30 août 2006, Lincoln Díaz-Balart déclarait à une station de télévision de Miami éprouver un profond respect et une profonde affection envers Santiago Álvarez et Osvaldo Mitat, deux fameux terroristes, et envers leurs familles, et que, de concert avec Mario Díaz-Balart et Ileana Ros- Lehtinen, il réalisait des démarches secrètes pour les libérer ; selon lui, ces gens-là ne posaient pas de bombes dans des marchés, mais il justifiait le fait que Posada Carriles, Álvarez et Mitat aient posé des bombes dans des hôtels et des restaurants de Cuba, indépendamment de la mort de civils innocents.
Le 25 octobre 2006, The Miami Herald informait que Mario Díaz-Balart s’était de nouveau engagé à faire maintenir les sanctions économiques contre Cuba et qualifiait Fidel Castro de « terroriste à seulement cent cinquante kilomètres ».
La mafieuse Ileana Ros-Lehtinen n’a pas été de reste dans ce concours d’idioties et de mensonges formulées par les représentants des organisations anticubaines et terroristes de Miami et du New Jersey au Congrès des USA.
Fin 2006, ses déclarations dans le cadre d’un documentaire britannique intitulé 638 manières de tuer Castro et divulgué sur Internet provoquaient un scandale : elle applaudirait à « toute initiative visant à assassiner Fidel Castro et tout dirigeant opprimant son peuple… Elle verrait d’un très bon œil que Castro meure de mort naturelle, de maladie ou aux mains d’un assassin… Je l’ai toujours dit et je ne crains pas de le redire… Je n’ai jamais appelé personne à l’assassiner… mais si quelqu’un le fait, je ne pleurerais pas. » Le 8 décembre, elle s’empressa de démentir ces déclarations qui auraient été censément manipulées. Le 21, son conseiller de presse, Alex Cruz, admettait que la représentante avait bel et bien incité à l’assassinat de Fidel Castro. Celle-ci ayant refusé de répondre à la presse, Cruz affirmait : « Si c’est dans le documentaire, alors elle l’a dit. »
Comment pourrait-on admettre que des législateurs du pays le plus puissant au monde poussent ouvertement à l’assassinat d’un président étranger ? Comment douter dès lors des véritables visées des Etats-Unis et des moyens auxquels ils recourent dans leur politique d’hostilité, de blocus et d’agression contre Cuba ?
Tentatives d’interdire l’accès de Cuba à des organismes internationaux
Anxieux de discréditer Cuba et son prestige au sein des organismes internationaux, le gouvernement étasunien a exécuté de nombreuses actions visant à la sataniser et à lui interdire l’accès auquel elle a droit. En 2006, il s’est efforcé d’empêcher son élection au nouveau Conseil des droits de l’homme et de miner le soutien de la communauté internationale à la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies concernant la levée de son blocus économique, commerciale et financier.
Le 9 mars 2006, John Bolton, alors représentant des USA devant l’ONU, affirmait en conférence de presse au département d’Etat : « Les Etats-Unis réclament un Conseil fort et efficace, alors que Cuba veut un Conseil faible et inefficace. »
Expliquant le refus des USA de voter la résolution de l’Assemblée générale portant création du Conseil, Bolton affirmait : « La véritable preuve du Conseil serait la qualité de ses membres et sa capacité à agir efficacement pour faire face aux cas de graves abus des droits de l’homme, comme cela se passe au Soudan, à Cuba, en Iran, au Zimbabwe, au Bélarus et à Myanmar. »
Le 16 mars, El Miami Herald reproduisait des déclarations de la représentante mafieuse Ileana Ros-Lehtinen, républicaine de la Floride, au sujet du vote de l’Assemblée générale des Nations Unies établissant le nouveau Conseil des droits de l’homme : « La résolution adoptée… n’établit aucun obstacle… à l’entrée de violateurs des droits de l’homme », car « elle demande essentiellement à des dictateurs comme Fidel Castro d’examiner l’état des droits de l’homme en Chine, au Soudan, au Venezuela ou en Iran et de décider s’ils peuvent être membres du Conseil. »
Le 31 mars 2006, le sénateur Bill Frist (républicain du Tennessee) présentait le projet de résolution S. Res. 419 dans lequel le Sénat – celui-là même qui n’a pas hésité à exercer le chantage financier le plus grossier contre les Nations Unies – exprimait sa consternation devant le fait que « le nouveau Conseil des droits de l’homme ne parvienne pas à réformer dûment la Commission et empêche celle-ci de devenir de devenir un superviseur efficace des droits de l’homme dans le monde », la preuve la plus évidente de « l’échec » de la Commission étant, selon le Sénat, que des pays comme Cuba en fassent partie et qu’on n’ait pu éviter leur entrée au nouveau Conseil.
Le 6 avril 2006, justifiant la décision du gouvernement étasunien de ne pas présenter sa candidature au nouveau Conseil des droits de l’homme, Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat, affirmait que les USA « travailleraient de concert avec leurs alliés… pour presser instamment le Conseil à se pencher sur de graves abus des droits de l’homme dans des pays comme l’Iran, Cuba, le Zimbabwe, Myanmar, le Soudan et la Corée du Nord ».
Le 26 septembre 2006, parlant du rapport concernant Cuba présenté par Christine Chanet, la représentante personnelle du Haut-Commissaire, Warren Tichenor, le représentant des USA au Conseil des droits de l’homme, déclarait : « Cuba est l’un des régimes les plus répressifs au monde », tout en refusant la partie du rapport relative aux retombées du blocus étasunien sur Cuba.
En novembre 2006, les USA obtenaient de l’Australie qu’elle présente un amendement au projet de résolution intitulé : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par le gouvernement des Etats-Unis », qui justifiait cette politique génocide à partir de prétendues inquiétudes pour les droits de l’homme à Cuba, l’amendement ayant toutefois été repoussé par presque les deux tiers des membres de l’Assemblée générale. La résolution en soi a été finalement adoptée par 183 Etats, ce qui prouve à quel point les USA sont isolés dans leur politique anticubaine.
De l’argent en abondance pour payer les mercenaires au service de la politique anticubaine des USA
L’administration étasunienne offre un abondant soutien financier et matériel – issu de ses postes budgétaires publics et secrets - aux salariés de sa politique anticubaine, le leur faisant parvenir par différentes voies. En fait, le gros de l’argent destiné à la subversion à Cuba n’arrive pas dans l’île : il reste aux mains d’agents intermédiaires à Miami, à Prague, à Madrid et dans d’autres centres où opèrent des organisations contre-révolutionnaires cubaines et d’autres qui, bien que non formées en majorité de Cubains, tiennent à profiter de cette manne ; citons à cet égard des ONG étroitement liées à des gouvernements européens et aux services spéciaux étasuniens, telles que la tchèque People in Need et la française Reporters sans frontières.
Mais le canal favori de financement des mercenaires à Cuba sont les organisations contre-révolutionnaires et terroristes de Miami. Bien que Washington sache pertinemment que le gros de l’argent reste aux mains de la mafia anticubaine de cette ville, cela lui permet de payer les services des défenseurs les plus fervents de ses visées annexionnistes contre la nation cubaine, d’autant que nombre de ces organisations et fondations de la contre-révolution à Miami doivent leur existence même à la sale guerre de la Maison-Blanche contre Cuba.
Adolfo Franco, vice-gérant de l’US/AID pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a affirmé le 21 juin 2006 au cours d’une audience de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants, intitulée « La démocratie en Amérique latine : succès, défis et avenir » : « Le programme Cuba de l’US/AID travaille en coordination étroite avec le coordonnateur du département d’Etat pour la transition à Cuba et avec le Bureau des affaires interaméricaines, afin de contribuer à renforcer la société civile indépendante en augmentant le courant d’information sur la démocratie et la libre-entreprise vers Cuba, depuis Cuba et à Cuba. »
Il reconnaissait : « L’US/AID a alloué plus de 48 millions de dollars à des universités étasuniennes et à des ONG afin qu’elles se solidarisent avec des activistes des droits de l’homme, qu’elles répercutent les journalistes indépendants, défendent les droits des travailleurs, consolident les ONG indépendantes et contribuent au plan du peuple cubain en vue d’une transition à la démocratie. » Cet argent sert aussi à louer les services d’ « activistes » de plusieurs pays du monde qui expriment leur « solidarité » avec la prétendue cause des droits de l’homme à Cuba.
Pour Washington, les « libertés » passent toujours par l’argent. Les nouvelles mesures recommandées par la seconde mouture du Plan Bush d’annexion de Cuba comprennent la création d’un « Fonds Cuba pour un avenir démocratique », doté de 80 millions de dollars pour les deux premières années, et de 20 millions par an par la suite, en vue de fomenter des actions subversives et des campagnes d’intoxication, les fonds provenant de l’US/AID et du Bureau pour la démocratie et les droits de l’homme du département d’Etat.
Mais l’on sait d’ordinaire ce qu’il advient de tant d’argent aux mains de mafieux et de corrompus. Le 15 novembre 2006, le General Accounting Office (GAO) révélait dans un rapport intitulé : « L’aide des Etats-Unis à la démocratie à Cuba exige d’être mieux gérée et supervisée » que les millions fournis par Washington pour fomenter la subversion à Cuba faisaient l’objet de gaspillages. Bien que n’ayant supervisé partiellement que dix des trente-six programmes dotés de fonds par l’US/AID, le Bureau a découvert des « dépenses douteuses » et « des manques sensibles en matière de contrôle ». Selon ce rapport, les fonds destinés à ces fins subversives se sont chiffrés à 73,5 millions de dollars de 1996 à 2005.
Se basant sur ce rapport du Bureau et sur les sources étasuniennes, le journal Granma affirmait dans un éditorial du 14 décembre 2006, intitulé : « La valse des millions de la contre-révolution à Cuba », que plus de la moitié des fonds correspondants n’étaient pas arrivés dans l’île, une partie de l’argent ayant servi, entre autres, à acheter des jeux vidéos, des conserves de crabe, des vélos, des manteaux de luxe, des chocolats et des lecteurs de DVD. Tout ceci ne reflète toutefois qu’une petite partie des énormes dividendes que l’industrie anticubaine rapporte à la mafia de Miami.
L’argent contre Cuba part aussi outre-Atlantique
Mais on trouve aussi en Europe des gens et des organismes qui vendent leurs services à la politique anticubaine des USA. Ainsi, le 23 décembre 2006, le journal Gainsville Sun informait que le gouvernement étasunien avait, des années durant, envoyé des millions de dollars à des groupes travaillant sur ce continent pour « promouvoir la démocratie à Cuba » : « La National Endowment for Democracy (NED) (Fondation nationale pour la démocratie) a fait parvenir plus de 200 000 dollars au groupe tchèque "Gente en apuros", 33 000 dollars aux groupes slovaques "Gente en Peligro" et "Fondation Pontis"”, et 771 000 dollars à la revue espagnole Encuentro de la Cultura Cubana. » Ainsi que, ces vingt dernières années, près de 14 millions de dollars à des programmes pour la démocratie à Cuba.
Aggravation de l’agression radioélectronique et médiatique
Les émissions de radio et de télévision que les Etats-Unis réalisent contre Cuba violent les normes internationales pertinentes dans la mesure où elles provoquent des interférences aux services cubains et font fi des demandes réitérées de l’Union internationale des télécommunications (UIT) à ce qu’elles cessent. De plus, les USA recourent à des moyens perfectionnés et même à l’aviation militaire pour augmenter l’efficacité et la portée de leur guerre électronique et médiatique contre Cuba.
Les mesures de la seconde mouture du Plan Bush adoptées en vue d’application immédiate comprennent le financement des transmissions par satellite de TV Martí et l’expansion des émissions depuis des pays tiers.
Le 29 juin 2006, la Chambre des représentants a adopté par 393 voix contre 23 le projet de loi 2007 de budget destiné à la science et aux départements d’Etat, de la Justice et du Commerce (HR.5672), et où les 36,1 millions de dollars demandés par le représentant républicain de la Floride, Lincoln Díaz-Balart, ont été assignés à Radio Martí et à TV Martí, notamment en vue d’ « acheter,de louer, de construire et d’améliorer les installations destinées aux transmissions vers Cuba, ainsi que d’acheter, d’utiliser et d’installer les équipements nécessaires, dont un avion ».
Les transmissions quotidiennes de TV Marti vers Cuba à partir d’un avion débutaient le 5 août (El Nuevo Herald, 7 août 2006). Pedro Roig, directeur du Bureau des transmissions à Cuba (OCB), affirmait dans un communiqué : « La transmission… répond à l’engagement du président de briser le blocus informatif que la dictature cubaine maintient sur le peuple de l’île. » Selon le plan, les transmissions dureront cinq heures le week-end et quatre heures du lundi au vendredi. L’OCB a dégagé dix millions de dollars de plus par rapport au budget initial de 26 millions en vue de lancer le projet.
Le 8 août 2006, Alberto Mascaró, chef de l’OCB au département d’Etat, ratifiait que le Bureau avait utilisé un nouvel avion G-1 qui permettrait d’augmenter les transmissions télévisées. Il disposait de « rapports selon lesquels des gens de La Havane et de Matanzas les regardaient ».
Le 9 août, The Tampa Tribune reproduisait des déclarations de Mascaró selon qui « il n’y a pas besoin d’avoir des équipements spéciaux pour recevoir les signaux de la station. Le signal est dans l’air et il suffit donc d’avoir un téléviseur… Le nouvel avion n’est utilisé que pour les transmissions de TV Martí, mais une nouvelle génération d’appareils sera peut-être utilisée pour transmettre Radio Martí sur FM. »
C’est le 24 octobre 2006 que le nouvel avion transmetteur des émissions subversives de TV Martí a réalisé son premier vol officiel : il s’agit d’un bimoteur de la compagnie Phoenix Air, immatriculé N820CB, baptisé comme AERO MARTI, et chargé d’opérer depuis Key West de lundi à samedi de 18 h à 23 h.
Selon El Nuevo Herald du 19 décembre 2006, l’OCB a loué pour six mois des espaces à deux émetteurs de Miami au prix de 377 500 dollars pour transmettre les émissions de Radio Martí et de TV Martí : la WPMF-38, propriété de TVC Broadcasting, qui retransmet la programmation d’Azteca América (émissions débutées le 18 décembre), et Radio Mambí WAQI 710AM, de la chaîne Univisión (émission non encore débutées).
Les USA manipulent toujours la question migratoire entre les deux pays
On a constaté en 2006 une tendance très dangereuse de la part des autorités étasuniennes à chercher à interrompre l’application des accords migratoires en vigueur entre les deux pays. La presse de Miami et les représentants de la mafia anticubaine à Washington ont lancé une forte offensive pour exiger l’interruption de la politique dite « pieds secs pieds mouillés », le motif de cette campagne ayant été que quinze immigrants illégaux ont été interceptés par les garde-côtes sur un vieux quai actuellement désaffecté du Pont des Sept Milles et renvoyés à Cuba sous prétexte que le pont ne fait pas partie du territoire étasunien.
En janvier 2006, les représentants anticubains Ileana Ros-Lehtinen, Lincoln Díaz-Balart et Mario Díaz-Balart, tous républicains de la Floride, adressaient une lettre à la Maison Blanche, au département d’Etat et au département de la Sécurité intérieure pour exiger « la révision immédiate de la politique migratoire envers Cuba ». Ils demandaient de revoir la façon dont sont conduits les entretiens avec les Cubains interceptés en haute mer afin de pouvoir déterminer vraiment leur « peur crédible de faire l’objet de persécutions » ; de permettre une assistance légale aux personnes retenues à bord des bateaux des garde-côtes ; de transférer à la BNG les Cubains interceptés, au cas où il serait impossible d’envoyer des conseillers légaux sur les bateaux, pour leur garantir les mêmes droits procéduriers qu’à ceux qui demandent l’asile sur la terre ferme ; de destiner un certain pourcentage du quota de vingt mille visas à délivrer aux réfugiés de l’exercice fiscal 2006 aux Cubains qui ne seraient pas réinstallés dans des pays tiers après un séjour de quatre mois à la BNG ; et de demander à la Section des intérêts des USA à La Havane sur les rapatriés et sur l’état de leurs demandes relatives à des visas d’émigrants.
Jeffrey T. Bergner, secrétaire adjoint au département d’Etat pour les questions législatives, répondait dès le 20 janvier : « Nous serions heureux de vous rencontrer pour discuter des accords migratoires et pour faciliter des échanges avec d’autres organismes ayant à voir avec cette question importante. » Il les remerciait de leur intérêt pour le thème migratoire USA-Cuba et leur ratifiait « son attachement à une politique qui promouvrait les aspirations démocratiques du peuple cubain ».
Ce même 20 janvier, The Miami Herald faisait savoir que le Mouvement Démocratie avait renouvelé ses demandes à la Maison-Blanche pour qu’elle révise sa politique migratoire, exigeant entre autres que les arrestations en haute mer fassent l’objet d’une supervision et que les liens éventuels de fonctionnaires cubains avec des opérations de trafic d’êtres humains soient soumis à une investigation.
Selon The Miami Herald du 7 février 2006, les sénateurs de la Floride Mel Martínez (républicain) et Bill Nelson (démocrate) se prononçaient sur la politique dite « pieds secs pieds mouillés » et les accords migratoires avec Cuba. « Je pense que ç’a été un mauvais traité… les accords migratoires avec Cuba… n’ont pas été bons pour les USA… Ils n’ont été appliqués que d’un seul côté… Les USA les ont appliqués au pied de la lettre, et même cette notion absurde, comme nous l’avons constaté voilà quelques jours, au sujet de ce qui constitue le sol des USA et ce qui ne le constitue pas. » (Mel Martínez)
Selon Nelson, le problème n’était pas la politique en soi, mais la façon dont l’administration Bush l’appliquait. Les démocrates sont d’accord pour la soutenir, « à condition que l’administration l’applique sans tant de discrimination et sans avoir un cœur de pierre ». Pour lui, « l’administration Clinton avait engagé cette politique pour protéger nos frontières, pour éviter d’avoir à faire face à des vagues d’immigrants inondant soudainement nos côtes… nous devons remettre la politique dans son contexte. »
Le 22 février 2006, John McCain, sénateur républicain de l’Arizona, affirmait à la chaîne CBS News : « Il est temps de réviser la politique migratoire envers Cuba. »
Le 28 février, Federico Moreno, juge fédéral du district Sud de la Floride, se prononçait en faveur des quinze immigrants illégaux rapatriés : le pont étant territoire étasunien, le gouvernement devait faire l’impossible pour rectifier l’erreur qu’avait représentée leur rapatriement.
Le 8 mars 2006, une réunion à la Maison-Blanche pour analyser la politique « pieds secs pieds mouillés » rassemblait les législateurs anticubains Mario et Lincoln Díaz-Balart et Ileana Ros-Lehtinen, les prétendus leaders religieux Mgr Agustín Román et le révérend Martín Añorga, Michael Jackson, secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure, Thomas Shannon, secrétaire d’Etat adjoint aux questions interaméricaines, Dan Fisk, directeur pour l’Amérique latine au Conseil de sécurité nationale, et Emilio González, chef du Bureau d’immigration et nommé agent de liaison de l’administration avec les bureaux des législateurs et la communauté cubano-américaine sur cette question. Selon Maria Tamburri, porte-parole de la Maison-Blanche, « le dialogue a été sérieux, sans toutefois signifier le moindre changement dans la politique relative aux immigrants de Cuba ou de tout autre pays ».
Le 8 août 2006, à un point de presse au Texas, le porte-parole de la Maison-Blanche confirmait, parlant d’éventuels changements à la politique migratoire envers Cuba, qu’il existait bien un projet mais pas de modification pour l’instant ; par ailleurs, le département de la Sécurité intérieure, le département d’Etat et d’autres organismes du gouvernement continuaient d’observer et de suivre très rigoureusement la situation à Cuba : « Si un changement radical survenait dans la situation politique à Cuba, les USA pourraient ajuster leur politique. »
Le 11 août, le département de la Sécurité intérieure et le Bureau des services d’immigration et de citoyenneté annonçaient de nouvelles mesures migratoires envers Cuba. Le premier faisait savoir dans un communiqué qu’il s’engageait à travailler étroitement avec le Congrès pour créer une législation qui aggraverait les peines criminelles et civiles frappant le trafic d’êtres humains en mer. Les nouvelles mesures étaient les suivantes : 1) instaurer une nouvelle catégorie de « visas de réunification familiale accumulés » qui exclut les Cubains interceptés en tentant d’entrer illégalement aux USA ; 2) instaurer un système d’information pour faire connaître aux Cubains vivant aux USA le sort de proches cubains interceptés en mer ; 3) promouvoir l’émigration aux USA des personnels médicaux cubains travaillant ou faisant des études dans des pays tiers sous le parrainage du gouvernement cubain, et de leurs proches à Cuba ; 4) interdire l’entrée aux USA des membres du gouvernement cubain qui « auraient commis des abus des droits de l’homme » ou occupé des positions importantes.
La nouvelle mesure concernant les personnels médicaux est une offense à la dignité de ces derniers et vise à torpiller les programmes internationalistes que Cuba mène dans de nombreux pays du tiers monde.
En 2006, les garde-côtes des USA ont réalisé 59 opérations de rapatriement d’émigrants illégaux au port de Cabañas, soit 21 de moins ou encore 26 p. 100 de moins qu’en 2005, pour un total de 2 045 personnes, et un total de 2 102 si l’on ajoute les 57 rapatriées par la porte terrestre de la base navale de Guantánamo. Bref, en 2006, il y a eu 611 rapatriés illégaux de moins qu’en 2005, soit une baisse de 23 p. 100.
Or, selon leurs chiffres officiels, les garde-côtes étasuniens ont intercepté en mer 2 293 Cubains, ce qui veut qu’ils n’en ont pas rapatrié 191 (8 p. 100). C’est une légère diminution par rapport à 2005, où les non-rapatriés se sont montés à 14 p. 100. De toute façon, ces pourcentages constituent une violation des accords migratoires de mai 1995 qui stipulent le rapatriement de tous les Cubains interceptés en haute mer.
Le département d’Etat inclut Cuba dans toutes ses « listes noires »
Le 1er mars 2006, le département d’Etat a publié son Rapport 2005 sur la stratégie internationale relative au contrôle des stupéfiants, signalant dans la partie consacrée au contrôle des drogues et des produits chimiques que « l’accroissement du commerce avec le Venezuela » constitue l’un des « principaux facteurs exposant Cuba aux dangers du trafic de drogues ».
Selon ce Rapport, « l’efficacité du régime cubain en matière de prévention et de saisie de drogue est le fruit de ses méthode tyranniques et coercitives qui lui permettent de noyauter les réseaux de production et de trafic… Le gouvernement cubain a noué des liens avec sa contrepartie étasunienne pour des motifs politiques, dont l’intérêt de présenter une fausse image de légitimité et de normalisation avec les USA. » Poursuivant sa kyrielle de mensonges sur les autorités cubains, le Rapport écrit : « C’est dans ce but qu’il a fait savoir son intérêt de signer avec le gouvernement étasunien des accords bilatéraux portant sur la lutte contre le trafic de drogues, le terrorisme et le traite d’êtres humains… mais de tels accords ne seront possibles que lorsque le régime cubain aura renoncé à son caractère totalitaire et cessé de parrainer le terrorisme. »
Le 5 avril 2006, le département d’Etat a publié son rapport intitulé « Soutien aux droits de l’homme et à la démocratie : le rôle des USA en 2005-2006 », qui reconnaît le rôle que joue la Section des intérêts nord-américains à La Havane en soutien à la subversion interne. Et d’ajouter une fois de plus : « Le gouvernement cubain a violé tous les droits de l’homme fondamentaux de ses citoyens, dont le droit à changer de gouvernement. » Selon ce rapport cynique, les priorités du gouvernement étasunien ont été « d’encourager une véritable transition pacifique à la démocratie et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la grave crise des droits de l’homme dans l’île ».
Le 28 avril, le département d’Etat publiait son Rapport 2005 sur le terrorisme par pays, dans lequel il cataloguait six pays comme promoteurs du terrorisme : Cuba, l’Iran, La Libye, la Corée du Nord, le Soudan et la Syrie. Selon le State Department, « la Libye et le Soudan ont continué de faire des pas significatifs pour coopérer à la lutte mondiale contre le terrorisme », tandis que « Cuba, l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie ont maintenu leurs liens avec des groupes terroristes ».
Le 3 mai 2006, la Commission fédérale des libertés religieuses émettait son rapport annuel, consacrant de nouveau une tête de chapitre à Cuba pour réitérer de fausses accusations selon lesquelles le gouvernement cubain aurait appliqué des politiques, des actions et des réglementations visant à limiter les libertés religieuses. Ce rapport, qui recommandait au gouvernement étasunien de maintenir Cuba sur la liste des pays « sous observation », sert essentiellement au département d’Etat à élaborer son propre Rapport sur les libertés religieuses.
Le 5 juin 2006, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice présentait le Rapport annuel pour 2006 sur la traite d’êtres humains, le sixième de ce genre. Et pour la quatrième année consécutive, Cuba était située au troisième niveau, le pire, aux côtés de onze autres pays accusés de ne pas respecter les standards minimums en la matière et de ne pas faire d’efforts significatifs pour combattre et éliminer la traite d’êtres humains. En conférence de presse, John Miller, directeur du Bureau de supervision et de combat de la traite d’êtres humains, affirmait : « Si Cuba adoptait certaines mesures, il serait possible de la retirer du troisième niveau… L’industrie touristique cubaine, dirigée par le gouvernement ou affiliée à celui-ci, promeut la prostitution infantile, ce qui est considéré comme de la traite d’êtres humains aux termes non seulement de notre droit mais encore du Protocole de l’ONU, et tout ceci se fait très ouvertement. »
Le 5 septembre 2006, la Maison-Blanche publiait sa Stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, qui faisait référence à Cuba dans la tête de chapitre intitulée « Stratégie pour remporter la lutte sur la terreur » : « Les Etats parrains sont une source capitale pour nos ennemis terroristes, car ils leur fournissent fréquemment des fonds, des armes, un entraînement, une entrée sûre et un refuge… Certains de ces pays ont mis au point, ou ont la capacité de le faire, des armes de destruction massive et d’autres technologies déstabilisatrices qui pourraient tomber aux mains de terroristes… Les USA désignent à ce jour cinq Etats parrainant le terrorisme : l’Iran, la Syrie, le Soudan, la Corée du Nord et Cuba. »
Le 15 septembre, Condoleezza Rice et John Hanford, ambassadeur pour les liberté religieuses internationales, présentaient le Huitième Rapport sur les libertés religieuses internationales (2006) qui, dans le chapitre consacré à Cuba, réitérait ses critiques au gouvernement cubain pour « son ingérence, son harcèlement, sa discrimination et sa répression vis-à-vis de groupes religieux ».
Ainsi donc, on peut le constater, Cuba fait systématiquement partie de chaque liste internationale préparée par le département d’Etat et d’autres organismes gouvernementaux des USA sur les Etats ayant « une mauvaise conduite ». Peu importe que cette systématicité même discrédite la valeur de ces documents ; peu importe les mensonges éhontés que Washington doit proférer à ces fins : tout est bon pour la superpuissance dans sa sale guerre impérialiste contre Cuba.
Même le base-ball est victime de la guerre imposée par les USA
L’équipe de base-ball cubaine, championne olympique et championne du monde, a été invitée à participer à la Classique mondiale organisée par les Etats-Unis en mars 2006 dans plusieurs pays, dont les USA mêmes et Porto Rico. Compte tenu de son palmarès, de la qualité de ses joueurs et du fait qu’elle détient tous les titres amateurs en jeu, Cuba s’est gagné le droit de participer à n’importe quelle compétition mondiale de ce sport.
Or, cédant aux pressions des représentants de la contre-révolution cubaine au Congrès et à d’autres milieux de pouvoir de la droite, les autorités des USA ont décidé au départ de refuser à Cuba la possibilité de participer à la Classique.
Mais elles ont été contraintes en fin de compte, heureusement, de le lui permettre dans la mesure où les organisateurs, y compris ceux du siège de Porto Rico, n’ont cessé d’insister dans ce sens, où des législateurs et d’autres personnes honnêtes aux USA ont réalisé des efforts similaires et où, surtout, Cuba a fait savoir qu’elle donnerait l’argent qu’elle pourrait toucher pour sa participation aux victimes du cyclone Katrina, ce qui avait retiré aux autorités étasuniennes l’un de leurs meilleurs prétextes : la politique de blocus qui interdit à Cuba de gagner de l’argent aux USA.
Le département du Trésor a donc dû, le 19 janvier 2006, concédé à l’organisation « Classique mondiale de base-ball, Inc. » l’autorisation de signer un contrat avec la Fédération de base-ball amateur cubaine afin que celle-ci puisse participer à la compétition, tout en précisant qu’elle ne toucherait aucun revenu direct ou indirect ni aucun prix monétaire et que le contrat n’engageait pas les autorités étasuniennes à délivrer des visas aux Cubains concernés.
Aussitôt, le représentant républicain de la Floride, Lincoln Díaz-Balart (R-FL), exprimait l’espoir, le 23 janvier 2006, que « des joueurs profiteraient de l’occasion [pour faire défection], malgré la surveillance à laquelle ils seraient soumis ». Et d’ajouter : « Tout en soutenant ceux qui chercheraient l’asile politique… je vais contrôler le département d’Etat pour qu’il ne délivre pas de visas à des membres de la sécurité cubaine. »
La Classique mondiale s’est déroulée du 3 au 20 mars 2006. Les sportifs cubains ont dû jouer à Porto Rico et aux USA sous les pressions et les harcèlements de la mafia terroriste anticubaine. Heureusement, ils ont su forcer le respect de l’immense majorité des spectateurs. Au point que faisant preuve de sa maîtrise sportive et, d’amour du maillot national, et forte de la confiance de son peuple, la sélection cubaine a fini vice-championne. Et ce, malgré les millions offerts à ceux qui feraient défection, les tentatives d’acheter des joueurs cubains et les fausses attentes concernant un échec de l’équipe nationale.
Notre pays avait offert une nouvelle leçon de simplicité, de patriotisme et de grandeur d’idéaux face à l’arrogance des puissants.
La mafia terroriste anticubaine renforce son influence dans l’administration Bush
De nouvelles promotions de personnages de la mafia anticubaine à des postes clefs de l’administration et du Congrès ont aussi eu lieu en 2006.
Ainsi, le 4 janvier, le Cubano-Américain Emilio González prêtait serment comme nouveau directeur du Bureau de citoyenneté et d’immigration, ce qui en fait un sous-secrétaire du département de la Sécurité intérieure.
Le 8 mars, au cours d’une réunion à la Maison-Blanche sur la politique migratoire dite « pieds secs pieds mouillés », il était nommé agent de liaison de l’administration sur ce point avec les bureaux des législateurs cubano-américains et avec la communauté correspondante.
Le 1er septembre 2006, Michael Chertoff, secrétaire du département de la Sécurité intérieure, faisait savoir l’intention de Bush de nommer la Cubano-Américaine Marta Brito Pérez chef des ressources humaines de ce département.
D’autres personnages un peu plus connus de la mafia anticubaine ont aussi obtenu deds promotions soit dans le pouvoir législatif soit dans leur parti.
Ainsi, le 13 novembre 2006, Bush a nommé le sénateur cubano-américain Mel Martínez, républicain de la Floride, président du Comité national de ce parti, après que les élections de mi-parcours eurent prouvé une baisse de soutien aux républicains de la part des électeurs latinos. Martínez est ainsi devenu le premier Latino à diriger l’un des deux grands partis du pays, ce qui pourrait de toute évidence favoriser les actions anticubaines.
Le 10 décembre 2006, la Convention républicaine élisait la représentante de la Floride Ileana Ros-Lehtinen leader de la minorité à la Commission des relations internationales de la Chambre en vue de la cent dixième législature.
Au niveau des Etats, le républicain de la Floride, Marco Rubio, a été élu le 21 novembre président de la Chambre des représentants de cet Etat, ce qui en fait le premier Cubano-Américain à occuper ce poste.
Ces promotions permettent à la mafia anticubaine de se situer dans une situation institutionnelle très solide pour s’opposer à toute tentative d’assouplissement de la politique de blocus et d’hostilité de l’administration, et à toute initiative qui pourrait faciliter la normalisation des relations entre les deux pays, aujourd’hui quasiment nulles.
Washington inquiet devant l’éveil des forces d’unité et d’intégration en Amérique latine
Plusieurs gouvernements attachés à l’intégration et à l’unité de la région, et désireux de contrer les séquelles découlant des recettes néolibérales ont vu le jour et se sont consolidés en Amérique latine en 2006. La vague de changements qui balaie le sous-continent a causé une nervosité spéciale à Washington. Ce qui explique pourquoi des fonctionnaires du pouvoir impérial ont fait des déclarations offensantes et accusé Cuba de ces modification préjudiciables aux visées hégémoniques des USA.
Le 2 février 2006, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, interrogé au Club national de la presse sur les tendances politiques en Amérique du Sud, affirmait : « Nous avons vu que la plupart de ces pays, exception faite de Cuba, se sont orientés vers la démocratie. » L’un des principaux responsables des crimes de guerre commis par les USA en Afghanistan et en Iraq osait déclarer : « Chávez a été élu légalement, tout comme Adolf Hitler, il a consolidé son pouvoir et il travaille maintenant avec Fidel Castro, M. Morales ert d’autres… ce qui nous inquiète. »
Le 8 mars 2006, John C. Hulsman, membre de The Heritage Foundation, et Michael A. Ledeen, membre de l’American Enterprise Institute, intervenenaient à l’audience « Politique des USA envers l’Iran », organisée par la commission des relations internationales de la Chambre des représentants. Le premier comparait la situation entre les USA et l’Iran avec la crise des Missiles d’octobre 1962, et le second affirmait que l’Iran pourrait lancer ses armes nucléaires « à partir des territoires de ses nouveaux alliés stratégiques : Castro, Chávez et Morales ».
Le 30 mars 2006, au cours de l’audience sur le trafic de drogues organisée par cette même Commission, son président, le représentant républicain de l’Indiana, Dan Burton, parlant des débats engagés au Congrès au sujet des questions migratoires, signalait : « Si les choses échappent à notre contrôle à cause de Chávez, de Morales, de Castro ou de Daniel Ortega, nous aurons un gros problème. » Le copromoteur de la loi Helms-Burton faisait des prévisions apocalyptiques, envisageant « des guerres qui seraient très préjudiciables et qui pourraient peut-être se comparer aux choses auxquelles nous avons fait face au Moyen-Orient ». Et pour contrer ces menaces à l’hégémonie étasunienne dans la région, il a proposé « de donner à nos amis les moyens nécessaires pour y faire face, tout de suite, sans attendre ». Qui sont ces « amis » ? Des individus et des organismes contre-révolutionnaires, terroristes, putschistes et fascistes, à l’instar des organisations de la mafia anticubaine ou des forces qui ont accédé au pouvoir en Amérique latine pendant plus d’une décennie dans le cadre de sanglantes dictatures militaires.
Le 20 avril 2006, El Nuevo Herald publiait un article du sénateur démocrate de la Floride, Bill Nelson, autre anticubain, intitulé : « Recomposer les relations avec l’Amérique latine ». Visiblement inquiet devant la situation dans la région, il affirmait qu’il était « révélateur qu’EvoMorales, le président démocratiquement élu de Bolivie, ait choisi de fêter sa victoire en se réunissant avec le dictateur communiste Fidel Castro ». Il jugeait encore pire que « le président vénézuélien Hugo Chávez échange des éloges avec le leader cubain – son allié le plus proche dans la région – tout en ne cessant d’accuser les USA d’impérialistes ». Bref, ajoutait-il en conclusion : « Le soutien que des leaders d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud offrent à Castro indique que les USA ont perdu beaucoup d’influence dans la région. »
Cuba constitue-t-elle une menace pour les USA ? Les faits indiquent tout le contraire
Les tentatives des Etats-Unis de qualifier Cuba de menace à leur sécurité échouent devant la transparence et l’objectivité avec lesquelles notre pays a démenti chacun de leurs allégations dans ce sens. Des faits, des témoignages et des preuves irréfutables ont neutralisé chaque mensonge.
Ce qui n’empêche pourtant pas ceux qui s’accrochent à l’idée de pouvoir fabriquer le prétexte d’une nouvelle escalade de la politique d’hostilité, de blocus et d’agression de persister dans leurs efforts. Notamment, les leaders de la mafia terroriste anticubaine de Miami qui peuvent compter sur des législateurs, de hauts fonctionnaires du pouvoir exécutif et des alliés dans les services de renseignement.
En 2006, le département d’Etat a de nouveau inclus Cuba dans les pays qui parrainent le terrorismo : notre pays “a continué de s’opposer activement à la coalition conduite par les Etats-Unis et a condamné publiquement différentes mesures et actions étasuniennes, il maintient des relations étroites avec d’autres Etats qui parrainent le terrorisme, tels que l’Iran et la Corée du Nord, et il accueilli des membres de l’ETA, des FARC et de l’ELN ; il réalise de gros investissements en biotechnologie, et il existe aux USA des divergences quant à l’existence et à la portée de son programme offensive en matière d’armes biologiques ; il n’a consenti aucun effort antiterroriste dans les différents organes internationaux et régionaux », entre autres accusations.
Le 4 août 2006, les médias internationaux informaient que le département d’Etat avait imposé des sanctions à sept organismes étrangers, dont le Centre de génie génétique et de biotechnologie de Cuba, pour « avoir fourni à l’Iran des matériaux qui pourraient servir à la mise au point d’armes de destruction massive ». La mesure, adoptée pour deux ans au nom de la Loi de non-prolifération vers l’Iran (2000), est entrée en vigueur le 28 juillet.
Des voix dignes qui se rendent compte de la portée de ces mensonges et de ces manipulations se sont toutefois fait entendre. Ainsi, le 28 mai, Joseph Royce, président de la compagnie de transport maritime TBS Internacional Limited, a adressé une lettre à la sénateure démocrate de New York, Hillary Clinton, pour contester le maintien du blocus et les arguments étasuniens selon lesquels « Cuba représente un danger militaire pour les USA ou possède des armes de destruction massive ».
Les fonctionnaires étasuniennes en personne se retrouvent sans arguments quand les personnages sans scrupules de la mafia anticubaine tentent de faire paraître notre pays comme une menace pour les USA.
Le 14 juin 2006, dans le cadre d’un groupe de réflexion sur le terrorisme tenu à la Commission des relations extérieure du Sénat, Henry Crumpton, coordonnateur du département d’Etat chargé de l’antiterrorisme, s’est élevé contre les allégations du sénateur républicain de la Floride et anticubain, Mel Martínez, qui avait exprimé « son inquiétude devant le programme cubain de recherches biologiques, disproportionné par rapport à la taille et au développement de l’île, et sa coopération biotechnologique avec l’Iran », affirmant « ne pas avoir une réponse exacte à cet égard », lui promettant de « faire une enquête et de l’en avertir », mais précisant « ne pas avoir jamais trouvé d’indices selon lesquels les Cubains tenteraient de mettre au point des armes biologiques ».
Cuba n’a jamais planifié, ni organisé, ni réalisé le moindre acte violent contre les USA, pas plus qu’elle n’en a permis le financement. Mais le contraire est loin d’être vrai !
Selon El Nuevo Herald du 17 février 2006, les organisations contre-révolutionnaires Movimiento de Recuperación Revolucionaria (MRR), Congreso Nacional Cubano, Comandos F-4, Comando Nazario Sargén, Fundación Caribe, Junta Militar, Municipio Bayamo et Cubanos Combatientes No Afiliados, qui prônent la lutte armée, ont annoncé la création d’un “Comité d’aide à l’insurrection à Cuba”.
Le 14 avril, les médias informaient de la découverte de plus de 1 517 armes, entre mitrailleuses, grenades et fusils – la plus grosse quantité d’armements jamais saisie dans l’histoire des USA, selon les autorité fédérales elles-mêmes – chez le Cubano-Américain Robert Ferro, en Californie.
Selon le Los Angeles Times du 20 avril 2006, Ferro reconnaissait devant les autorités fédérales être membre d’Alpha 66, une organisation terroriste qui « avait payé les armes ». Toujours selon ce même journal, mais du 27 avril, Ferro avouait que « certaines des armes saisies chez lui lui avaient été fournies secrètement par le gouvernement dans l’idée de tenter de renverser le président cubain Fidel Castro. »