CubaMinrex. Ministerio de Relaciones Exteriores de Cuba

  English   RSS Cubaminrex  

LIVRE BLANC 2007

  • CHAPITRE 2. UN NOUVEAU PROGRAMME IMPÉRIALISTE DE DOMINATION ET DE RECOLONISATION DE LA NATION CUBAINE

Un des exemples les plus frappants de la façon dont l’administration Bush renforce sa politique d’hostilité, de blocus et d’agression contre le peuple cubain et contre son droit à l’autodétermination est l’aval donné par son président aux dispositions contenues dans le Rapport que la Commission d’aide à Cuba libre lui a soumis, le 6 mai 2004, et la rapidité avec lesquelles elles sont mises en œuvre.

Ce Rapport présente une vaste programme de mesures agressives destinées à détruire l’ordre constitutionnel que le peuple cubain a érigé et entériné de sa propre volonté, et ce en vue de restaurer la domination imposée à la nation cubaine pendant plus de cinquante ans après que les troupes étasuniennes eurent occupé l’île en 1898 et imposé un régime néocolonial au terme de la première guerre impérialiste de l’histoire.

La Commission d’aide à Cuba libre a été instituée par le locataire actuel de la Maison-Blanche en vue de hâter ce qu’il appelle le « changement de régime » sur l’île. Les différents documents préparés par cette Commission, aux visées foncièrement annexionnistes, prônent des méthodes et des mesures s’inscrivant dans le droit fil de la brutalité impériale qui a caractérise les agissements de l’administration républicaine en matière de politique extérieure.

Le mandat confié à cette Commission dès le premier instant ne faisait pas l’ombre d’un doute quant à ses objectifs : elle devait dégager d’urgence les moyens d’accélérer ou de précipiter la « transition à la démocratie » à Cuba, celle-ci étant entendue comme la destruction du système politique, économique et social mis en place par le peuple cubain et son remplacement par celui que Washington a conçu dans ses moindres détails. Bref, il s’agissait de fouler aux pieds la liberté et l’indépendance des Cubains et de convertir leur patrimoine en une possession étasunienne.

La Commission a identifié différentes tâches stratégiques pour renverser le gouvernement cubain : soutenir plus intensément le recrutement, l’organisation et le financement de la contre-révolution interne ; promouvoir des campagnes politiques et diplomatiques dans différentes tribunes internationales ; renforcer la guerre d’intoxication médiatique ; financer des acteurs internationaux pour en obtenir le soutien : gouvernements alliés et subordonnés, prétendues « organisations non gouvernementales », « usines à penser » et institutions « savantes » alignées idéologiquement sur Washington ou financées par lui ; « intellectuels » louant leur talent et vendant leurs « principes » au plus offrant, et plusieurs autres du même acabit ; adopter de nouvelles mesures pour renforcer le blocus et la guerre économique ; miner les prétendus « plans de succession du régime » en concevant les modalités et les étapes du « changement » et en décrivant par le menu les conditions que devra remplir le gouvernement fantoche imposé à l’île.

La mise en oeuvre des tâches susmentionnées – qui présuppose la recrudescence du blocus, de la subversion et des campagnes médiatiques et politico-diplomatiques contre Cuba – a eu pour résultat :

  • Une diminution de 54 p. 100, entre 2004 et 2006, des voyages de Cubano-Américains à Cuba pour rendre visite à leurs familles, plus des restrictions draconiennes aux envois de fonds familiaux et de colis, ce qui viole carrément des droits aussi élémentaires que le respect des liens d’affection et d’entraide entre les membres d’une famille.

  • De plus grandes restrictions aux voyages d’Etasuniens, soit une diminution de 45 p. 100 ces deux dernières années. L’annulation d’autorisations déjà accordées par le gouvernement étasunien et le refus de demandes déjà présentées.

    La réduction au minimum des échanges savants, universitaires, culturels, scientifiques et sportifs, déjà bien limités, entre les peuples étasunien et cubain. Ainsi, plus de trois cents universités ont perdu l’autorisation d’envoyer des étudiants à Cuba.


  • La recrudescence des sanctions infligées à des personnes juridiques et naturelles pour violation des réglementations du blocus.

  • La traque accrue des transactions commerciales et financières de Cuba à l’étranger. La mise en place d’un Groupe d’identification des avoirs cubains chargé d’enquêter sur les voies d’entrée et de sortie de devises à Cuba. Rien qu’en 2005, le commerce extérieur cubain a subi des préjudices supérieurs à 945 millions de dollars, soit 15 p. 100 de plus qu’en 2004.

  • Une application extraterritoriale accrue du blocus. Quinze sociétés de pays tiers ont été déclarées comme à participation cubaine et sanctionnées à ce titre.

  • Un financement accru de la subversion et de la propagande anticubaines : de 2004 à 2006, les USA ont alloué 59 millions de dollars supplémentaires dans ce but, dont 10 millions ont servi à financer le vol d’un avion chargé de faire des transmissions de télévision illégales.

  • La nomination de Caleb Mccarry,allié notoire de la mafia terroriste anticubaine de Miami, au poste de « coordonnateur de la transition à Cuba », autrement dit le proconsul chargé de la mise en œuvre du plan d’annexion de l’île.

Jamais la brutalité et le manque de scrupules d’un gouvernement étasunien vis-à-vis de Cuba n’avaient été si patents. Au point de ne pas reculer devant les plus graves violations de droits aussi élémentaires que le respect des liens d’affections des familles.

De fait, la seconde mouture (juillet 2006) a mis encore mieux en lumière les visées conspiratives et agressives du Plan anticubain, puisque nombre des mesures adoptées ont été classées secrètes pour des « motifs de sécurité nationale » et afin d’en garantir « l’application efficace ».

Cette façon d’agir permet à l’administration étasunienne non seulement de modifier à sa guise la teneur ou la portée de ses actions anticubaines inconnues de l’opinion publique, mais encore de garantir que des parties essentielles de son Plan d’annexion ne pourront être ni connues ni dénoncées, conservant ainsi les coudées franches pour tout type de plans et d’agressions contre le peuple cubain. L'Histoire témoigne éloquemment de la nature et de la portée des actions secrètes des USA contre Cuba, qui vont depuis une agression militaire directe jusqu'à des attaques terroristes, en passant par les tentatives d'assassinat de ses principaux dirigeants.

Aux pressions économiques et financières toujours plus agressives de la première version du Plan d'annexion, vient s'ajouter maintenant la mise en place de nouveaux mécanismes interdépartementaux visant à perfectionner l'application des réglementations du blocus et à maximiser ses effets extraterritoriaux ; à empêcher toujours plus les produits cubains d’accéder aux marchés non seulement des USA, mais encore d’autres pays. Nous n'en voulons pour exemple évident que la création d’une Equipe spéciale interdépartementale chargée de traquer les ventes de nickel cubain, de contrôler les importations de produit contenant ce minerai et de décourager le commerce international du nickel et du cobalt cubains, le tout accompagné de sévères sanctions contre les personnes naturelles ou juridiques qui violeraient ces réglementations. Il faut savoir que le nickel est devenu l’un des principaux postes d'exportation de l'économie cubaine.

Le premier chapitre de ce nouveau Rapport recommande une fois de plus d'appliquer strictement les sanctions contenues dans le Titre IV de la Loi Helms-Burton qui interdit de délivrer des visas d'entrée aux USA aux investisseurs étrangers de Cuba ; annonce l’application rigoureuse de mesures contre les hommes d’affaires qui auraient investi ou investiraient dans des secteurs stratégiques pour notre pays, comme le forage et l'extraction de pétrole, le tourisme, le nickel et la production et la vente de rhum et de cigares.

En ligne avec l’escalade obsessionnelle de mesures extraterritoriales de l’administration, ce second Rapport recommande d’appliquer le Titre III de la loi Helms-Burton aux hommes d'affaires de pays tiers censés soutenir la continuité du gouvernement révolutionnaire par leurs activités économiques ou par leur liens avec Cuba.

L'administration, sous pression de la communauté internationale, a ajourné pendant des années la mise en œuvre de ce Titre qui exhorte à engager des procès contre les hommes d’affaires de pays tiers qui feraient des affaires avec Cuba. L’application cas par cas et pays par pays de cette mesure vise à menacer directement les hommes d'affaires et les gouvernements dont la politique bilatérale et multilatérale par rapport à Cuba ferait l'objet d'une analyse en vue d'ouvrir ces procès devant des tribunaux étasuniens qui pourraient les affecter pour le restant de leurs jours. Cette mesure sélective vise aussi à diviser la communauté internationale qui refuse cette loi Helms-Burton, fondement législatif et antécédent direct du Plan d'annexion de Cuba.

En adoptant cette nouvelle version, l’administration étasunienne continue d’ignorer le droit du peuple cubain à l’autodétermination au nom duquel, selon la Charte des Nations Unies, il peut établir librement son système politique et travailler sans ingérences extérieures à son développement économique, social et culturel. Le nouveau document soutient et consolide la mise en œuvre d’une campagne immorale et agressive de diplomatie publique de l’administration étasunienne, braquée contre Cuba et déjà définie dans le premier Rapport, en vue de compromettre et de subordonner aux fins du projet d'annexion les alliés, les laquais et les organisations internationale.

En ce qui concerne les voyages et les envois de fonds familiaux à Cuba, le nouveau rapport inclut différentes actions renforçant celles qui frappent déjà les Etasuniens et les Cubains résidents aux USA, de nature foncièrement inhumaine, et aggravant les entraves imposées aux relations familiales et à la capacité de soutien et d'entraide, totalement naturelles dans n'importe quelle culture.

Par ces mesures, l’administration étasunienne continue de violer l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en ce qui concerne le droit de circuler dont jouissent les personnes installées légalement dans n’importe quel Etat, ce principe ayant été réaffirmé par l’Assemblée générale dans sa résolution 59/203 intitulée : « Respect de la liberté universelle de circulation et importance capitale du regroupement familial ». Les locataires de la Maison-Blanche ignorent aussi que l’Assemblée générale a aussi reconnu dans sa résolution 60/206 intitulée « Facilitation des transferts de fonds des migrants et réduction de leur coût » qu’il importait « de réduire le coût des transferts de fonds des migrants » et que les gouvernements devaient « faciliter les transferts vers les pays de destination, notamment en simplifiant les procédures applicables et en facilitant l’accès à des moyens officiels de transfert de fonds ».

Parmi les mesures additionnelles préconisées par le Plan d'annexion sous sa seconde mouture, on trouve les suivantes :

  • Emettre une directive aux organes chargés d'appliquer les lois du blocus afin qu’ils procèdent à des investigations pénales, voire ouvrent des procès, contre ceux qui violeraient les réglementations de l'OFAC, en particulier contre eux qui auraient organisé ou facilité des transactions de voyages à Cuba sans autorisation.

  • Eliminer l’usage des cartes de crédit pour les voyages autorisés à Cuba.

  • Prohiber les envois de fonds directs à travers des institutions de pays tiers, et exiger que tous les fonds soient envoyés à travers des organes étasuniens possédant l’autorisation requise.

  • Appliquer de nouveaux critère pour la délivrance d'autorisations et de requêtes d’informations de la part des fournisseurs de services de voyages et de transport, dont l'obligation que tous deux procèdent à des vérifications extérieures de compte une fois l’an.

  • Inscrire aussi sur la Liste des nationaux spécialement visés les sociétés qui participeraient à des efforts destinés à promouvoir la vente de biens cubains ou les transactions de voyages, les envois de fonds familiaux et autres sans autorisation des USA à Cuba.

Visant à interdire la solidarité et la coopération du peuple cubain avec d'autres peuples du monde, dont ceux qui sont touchés par des catastrophes naturelles et des désastres, ce nouveau Rapport en arrive au comble d’interdire l’exportation à Cuba d’équipements médicaux qui pourraient être utilisées dans des mission humanitaires à grande échelle ! Cette nouvelle mesure de l’administration étasunienne est absolument incompatible avec les principes d’humanité et de solidarité les plus élémentaires, d’autant que pour Cuba, pays en développement et soumis à un blocus, et qui n'a pas de ressources en trop, la solidarité et la coopération internationales veulent dire qu'elle partage ce qu'elle a avec les plus nécessiteux sans prétendre à des récompenses ou à des rétributions. Aveuglée par son obsession annexionniste, l'administration étasunienne se moque comme d'une guigne de l’impact que sa décision peut avoir sur la santé et la vie même des millions de personnes de la planète, en particulier dans le Sud.

La nouvelle mouture du Plan d'annexion de Cuba comprend aussi des dispositions visant à renforcer les restrictions imposées aux ventes déjà bien limitées que des hommes d'affaires étasuniens font à Cuba.

Elle recommande aussi d’allouer 80 millions de dollars de plus sur deux ans, et non moins de 20 millions annuels par la suite, pour financer des campagnes internationales contre Cuba et pour recruter et payer les mercenaires la politique anticubaine de la Maison-Blanche tant à Miami que dans l'île, une somme qui dépasse largement les 39 millions que cette même Commission avait recommandés voilà deux ans.

Le nouveau Rapport envisage aussi un accroissement des fonds et des moyens pour poursuivre la guerre illégale à travers la radio et la télévision, puisqu'il prône des transmissions à partir de pays tiers.

La nouvelle version de ce Plan d’annexion constitue un pas de plus pour atteindre un but pervers : imposer un « changement de régime » dans l'île contre la volonté du peuple cubain, ce qui mettrait en danger l’existence même de la nation. Elle ratifie parmi les priorités la suppression de la propriété sur les logements et les terres, la privatisation de l’économie et de l'éducation, la suppression de la sécurité sociale et la dérogation de la Constitution.

Ses recommandations sont dans le droit fil de l’objectif historique que les différentes administrations étasuniennes ont poursuivi ces cinquante dernières années : liquider la Révolution cubaine et réinstaurer leur domination sur notre pays.

Le document réitère l’accusation mensongère que Cuba ne respecte pas ses obligations au titre des accords migratoires et recommande une série d’efforts diplomatiques contre le gouvernement cubain. L’administration étasunienne veut occulter les conséquences criminelles de la loi d'Ajustement cubain et sa fin de non-recevoir aux propositions de coopération bilatérale que le gouvernement cubain lui a soumises à plusieurs reprises en matière de questions migratoires, de lutte contre le trafic de drogues et de lutte contre le terrorisme. Le gouvernement cubain ratifie une fois de plus qu'il est prêt à souscrire des accords dans ces domaines et dans d'autres, et à discuter bilatéralement toute question, sur la base du respect le plus strict du principe de l’égalité souveraine des Etats.

Ces nouvelles réglementations violent les droits les plus élémentaires du peuple cubain et les principes les plus essentiels du droit international.

Rappelons que la première mouture recommandait au gouvernement étasunien de révoquer la Constitution votée par plus de 95 p. 100 des électeurs,

Le gouvernement d’occupation modifierait et restructurerait le système légal, les procédures civiles et criminelles, les lois et les programmes d’études des facultés de droit.

II pousserait à la création de partis politiques à la vieille mode, des syndicats marrons alignés sur les intérêts des transnationales états-uniennes et des affaires troubles de la mafia anti-cubaine de Miami, et des institutions devant servir de pilier à une caricature de république dans le style de celle que le peuple cubain a balayée à la suite de profondes transformations révolutionnaires.

La commission exige la restitution des biens nationalisés par la Révolution aux transnationales états-uniennes et aux représentants de l’ancienne oligarchie cubaine aux sentiments foncièrement antinationaux et dont la plupart ont acquis la nationalité états-unienne. Il vaut la peine de rappeler qu’une part importante des principaux propriétaires cubains se composait de sbires et de tortionnaires de la tyrannie batistienne, des politicards corrompus membres de gouvernements bradeurs, de voleur et pillards du trésor public et du patrimoine national, et de gens sans scrupules qui s’enrichissaient sur la souffrance, la faim et l’ignorance du peuple cubain.

La commission recommande la création d’une Commission gouvernementale étasunienne chargé d’assurer la restitution des biens et habilitée à prendre les décisions pertinentes et à imposer, le cas échéant, les mesures coercitives nécessaires à leur application. De toute évidence, il faudrait recourir à la violence pour déloger les paysans que la Révolution a convertis en propriétaires ou pour réimposer des loyers élevés aux 85 p. 100 des familles cubaines qui, grâce aux mesures révolutionnaires, sont maintenant propriétaires de leur logement.

Ceux qui prétendent, depuis Washington et Miami, faire revenir le peuple cubain à un passé d’expulsions, de mises à la rue et de spoliations systématiques se leurrent : pour y arriver, ils devront faire face à la lutte de résistance de millions de Cubains qui verseront jusqu’à la dernière goutte de leur sang.

Les recettes néo-libérales que les proconsuls appliqueraient à Cuba impliqueraient le démantèlement de la politique fiscale et monétaire en place qui vise à une redistribution équitable des revenus et au développement du pays ; la suppression du contrôle des prix et de subventions aux produits de consommation de première nécessité, dont les services de distribution d’électricité et d’eau ; l’élimination des coopératives et la saisie de leur patrimoine ; la redéfinition des priorités des dépenses du budget national ; la révision et l’élimination éventuelle des nombreux programmes sociaux qui ont situé Cuba à l’avant-garde du tiers monde pour ses résultats dans ce domaine.

Bref, l’escalade de l’administration Bush en matière d’hostilité, de blocus et d’agression – telle que la prône le Rapport de la Commission d’aide à Cuba libre – est en marche accélérée. De nouvelles mesures tout aussi dangereuses sont d’ores et déjà en cours. Le peuple cubain continue d’être menacé dans son droit à l’autodétermination, au développement et à la paix à cause de la politique de l’administration Bush et de ses visées de domination hégémonique et impériale.

 

<< Atrás

Copyright © Ministerio de Relaciones Exteriores

Escribir al WebmasterEscribir al Webmaster