

La guerre non déclarée que les cercles de pouvoir aux Etats-Unis mènent contre la nation cubaine et qui est devenue une vraie politique d’Etat a recouru aux formes d’agression les plus diverses.
Le recrutement de mercenaires au service de cette politique dans l’île – que la Maison-Blanche dirige, soutient logistiquement et finance – a joué un rôle clef dans la conception et l’exécution de cette stratégie anticubaine.
Les mercenaires au service de la politique impérialiste contre leur peuple ont – même s’ils agissent toujours sur instructions formelles des services secrets nord-américains – ont modifié leurs « méthodes de lutte » en fonction des exigences de chaque étape de cette stratégie agressive contre la Révolution cubaine : d’envahisseurs à terroristes, de terroristes à « défenseurs des droits de l’homme ».
Les opérations clandestines des services secrets états-uniens contre Cuba ont débuté dès l’été 1959, comme le prouvent des documents déclassifiés de la CIA.
C’est le 17 mars 1960, au terme d’une réunion à laquelle participaient, entre autres, Richard Nixon, vice-président, Christian Herter, secrétaire d’Etat, et Allen Dulles, directeur de la CIA, que le président Eisenhower entérina le « Programme d’action secrète contre le régime Castro », préparé par la CIA, qui autorisait « la création et le développement à Cuba d’une organisation chargée d’actions secrètes et d’opérations de renseignements », en vue de quoi des fonds seraient débloqués.
Aussitôt après la réunion, le général Goodpaster admettrait dans un mémorandum (aujourd’hui déclassifié) : « Le président a dit ne pas connaître un meilleur plan pour gérer cette situation. Le grand problème, ce sont les fuites et les défauts de sécurité. Tout le monde doit être prêt à jurer qu’il [Eisenhower] n’est au courant de rien… Il a dit que notre main doit absolument rester cachée . »
En fait, se rendant compte que Cuba lui échappait des mains, Eisenhower ordonna d’intensifier le soutien aux groupes contre-révolutionnaires dans l’île et donna le feu vert aux préparatifs de l’invasion de Playa Girón, une attaque militaire à grande échelle ratifiée par son successeur Jonh F. Kennedy.
Et c’est ainsi que Washington lança le 17 avril 1961 mille cinq cents mercenaires contre le peuple cubain, des mercenaires à la tête desquels on trouvait une bonne partie de militaires de la tyrannie américanophile de Fulgencio Batista, renversée deux ans plus tôt par l’Armée rebelle.
L’invasion de Playa Girón fut liquidée en moins de soixante-douze heures par l’armée et le peuple cubains, l’administration étasunienne ayant fait l’erreur de sous-estimer la volonté de lutte et l’ardeur au combat d’un peuple qui défendait alors son droit à exister dans la dignité et dans l’indépendance.
Plus de 90 p. 100 des envahisseurs furent fait prisonniers. Malgré la gravité de leur acte – plus d’une centaine de patriotes moururent aux mains des envahisseurs – tous ces mercenaires bénéficièrent d’un traitement exemplaire de la part de notre peuple. Aucun d’eux ne fut molesté ni insulté. Aucun ne fut touché dans son intégrité corporelle et sa dignité humaine. Chaque mercenaire blessé fut soigné.
Le tribunal qui jugea ces mercenaires fut extraordinairement magnanime. En fait, on exigea du gouvernement étasunien une indemnisation que celui-ci ne versa même pas en sa totalité. En décembre 1962, Cuba échangeait les mille trois cent treize mercenaires contre des médicaments et des compotes pour enfants à hauteur de cinquante-trois millions de dollars.
Les forces mercenaires ayant piteusement échoué sur les sables de Playa Girón, le président Kennedy créa au sein du Conseil de sécurité nationale un Comité spécial qui se chargerait d’approuver diverses opérations – dont l’opération Mangouste – et d’ « utiliser tous les moyens disponibles pour aider le peuple cubain à renverser le régime communiste de l’intérieur et à instaurer un nouveau gouvernement avec lequel les Etats-Unis pourraient vivre en paix ».
Au fil des années, toutes administrations confondues, les motivations, les méthodes de recrutement, les modalités de paiement et les méthodes pour assigner les tâches aux mercenaires sont restés telles quelles. Seuls ont varié le déguisement et les instruments d’agression qui leur ont été fournis.
L’arrivée de Reagan à la Maison-Blanche au début des années 80 marqua des changements tactiques significatifs dans la volonté des Etats-Unis de liquider la Révolution cubaine.
Du jour au lendemain, des terroristes patentés et des agents de la CIA d’origine cubaine se retrouvèrent déguisés – avec bureaux, « organisations » et connexions à des ONG internationales – en défenseurs des droits de l’homme et en « pacifiques opposants » au castrisme.
L’ancien agent de la CIA Philip Agee écrit : « Au début des années 80, on constata qu’il faudrait bien plus que des opérations terroristes pour imposer un changement de régime à Cuba. Le terrorisme n’avait pas fonctionné, ni l’invasion de Playa Girón, ni l’isolement diplomatique qui avait fini par diminue graduellement, ni le blocus économique. Il fallait donc insérer Cuba dans un nouveau programme mondial visant à financer et à développer des organisations non gouvernementales et de bénévoles, qu’on finirait par connaître comme la société civile dans le cadre des politiques néolibérales mondiale des USA. La CIA et l’US/AID y joueraient un rôle crucial, ainsi qu’une nouvelle organisation créée en 1983 : The National Endowment for Democracy (NED) ou Fondation nationale pour la démocratie . »
C’est donc à cette période qu’on vit surgir la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) dont le but déclaré était de « promouvoir une transition pacifique à la démocratie à Cuba ». En fait, cette Fondation ne renonça jamais à ses actions terroristes contre Cuba, comme le prouve la responsabilité directe des plusieurs de ses principaux cadres dans des tentatives d’attentat contre le chef d’Etat cubain et dans l’organisation et le financement d’actions terroristes contre des installations touristiques à la fin des années 90.
Dans l’île même, l’ouverture de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane sous l’administration Carter permit à ses fonctionnaires de travailler directement à la subversion et à la création de petits groupes de « dissidents pacifiques » et de « défenseurs des droits de l’homme » en recrutant des individus qui avaient été impliqués dans des activités violentes, voire d’anciens fonctionnaires et agents de police, d’anciens politicards et d’autres individus du même acabit étroitement liés au régime dictatorial de Fulgencio Batista.
C’est donc ainsi qu’on vit apparaître à Cuba comme par un coup de baguette magique, grâce à l’argent et aux instructions de l’administration étasunienne, les prétendus activistes et groupements des droits de l’homme qui, recrutés et payés comme de vulgaires mercenaires, réalisent les missions que leur confient les USA en vue de détruire l’ordre constitutionnel mis en place par les Cubains et de faire appliquer les clauses de la loi Helms-Burton.
En ce qui concerne Bush fils, aux visées impérialistes des milieux qui l’ont élu, il faut ajouter le grand pouvoir obtenu dans son administration par les secteurs les plus agressifs et les plus réactionnaires de la mafia terroriste d’origine cubaine.
Ces dernières années, le régime imposé par l’administration Bush aux Etats-Unis a entraîné une recrudescence sans précédents des mesures de blocus et d’hostilité contre Cuba, des actions d’ingérence publiques et larvées, des déclarations menaçantes de fonctionnaires de haut rang et, en particulier, une intromission directe croissante de ses fonctionnaires diplomatiques en poste à La Havane et une augmentation exponentielle des fonds publics alloués à ces opérations.
L’histoire prouve que les mercenaires que les USA recrutent dans l’île pour mener à bien leur politique de mainmise sur le peuple cubain n’ont pas le potentiel – du fait du refus populaire qu’ils engendrent et faute d’une assise sociale autochtone et d’un projet indépendant – pour devenir en soi une menace à la Révolution. Mais la nature du danger qu’ils représentent découle de la possibilité que le gouvernement étasunien, dont la capacité d’intoxication médiatique est largement prouvée, utilise leurs agissements comme prétexte à une éventuelle agression militaire qui se fait parfaitement réelle et proche dans la conjoncture actuelle.
L’accroissement étonnant des fonds et des moyens alloués au recrutement et au financement de ces mercenaires et la décision de hausser à des niveaux sans précédent l’implication des organes étasuniens dans la déstabilisation et l’usure de Cuba, ainsi que dans le resserrement du siège dont elle est victime, corroborent la gravité des menaces qui pèsent sur l’existence même de la nation cubaine. (Cf. sur ce point le chapitre 2 consacré au rapport de la Commission d’aide à Cuba libre.)
Dans sa nouvelle mouture (juillet 2006) du Plan Bush, cette Commission suggère d’allouer ces deux prochaines années 80 millions de dollars à la déstabilisation du système choisi librement par les Cubains, puis 20 millions par an ensuite jusqu’à « la fin de la dictature ».
En tout cas, la “dissidence à Cuba” et “la promotion de la démocratie chez les Cubains » est une juteuse affaire, non plus seulement pour les mercenaires embauchés dans l’île même pour conspirer contre leur peuple et pour la mafia terroriste d’origine cubaine installée à Miami, mais encore pour quiconque se prononce en Europe et en Amérique latine contre la Révolution.
Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil à un rapport de novembre 2006 du General Accounting Office , qui détaille clairement à travers quels labyrinthes l’US/AID finance les activités contre Cuba. Ainsi des personnages aussi connus que Mario Vargas Llosa et Vaclav Havel ont été payés pour publier des articles et d’autres textes contre Cuba. Le rapport révèle aussi les détournements de fonds publics étasuniens destinés censément à « l’aide au peuple cubain », mais employés de fait pour acheter des jeux vidéos, des vélos de montagne, des manteaux de fourrure, des pulls de casimir, des conserves de crabe et des chocolats Godiva, entre autres articles.
On ne saurait donc s’étonner de l’ampleur et de la virulence des campagnes de désinformation et de mensonges orchestrées par l’administration étasunienne ces derniers mois, sous prétexte des justes peines infligées à un groupe de mercenaires recrutés, payés, instruits et dirigés par le gouvernement de la superpuissance.
La campagne menée contre Cuba – qui se poursuit d’ailleurs et qui peut compter sur la complicité cynique et active de plusieurs gouvernements clients de l’Empire – recourt aux techniques d’intoxication les plus perfectionnées dont les prémisses furent posées par les tenants du nazi-fascisme en vue de faire croire par la bande que les mercenaires justement punis sont des « dissidents », de « pacifiques opposants politiques », des « défenseurs des droits de l’homme », ou encore des « journalistes, des bibliothécaires et des syndicalistes indépendants », et qu’ils ont été punis « arbitrairement et injustement » pour le simple fait d’ « avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, d’opinion et d’association ».
Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, se fondant en cela sur la Charte des Nations Unies, reconnaît : « Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. » Il reconnaît aussi que les Etats « sont tenus de faciliter la réalisation » de ce droit et de le « respecter… conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies ». C’est donc en fonction de ce droit que le peuple cubain s’est doté d’une Constitution et de lois.
Nul n’a donc le droit de contester l’ordre constitutionnel qu’un peuple décide de se donner dans l’exercice de sa souveraineté. Nul n’a non plus de droit de juger les actes du peuple cubain, à plus forte raison s’il ignore volontairement la menace grave que l’hostilité des Etats-Unis fait peser en permanence sur l’existence indépendante même de sa nation.
Le peuple cubain, à l’instar de tout autre peuple, a donc le droit en ces circonstances de se défendre de l’agression politique, diplomatique, économique, commerciale, financière, radiophonique et télévisuelle que le gouvernement des Etats-Unis réalise contre lui depuis maintenant plus de quarante-cinq ans.
Alors que les Etats-Unis interdisent à leurs ressortissants d’avoir une correspondance avec un gouvernement étranger au sujet d’un différend ou d’une simple controverse les concernant, on prétend toutefois que Cuba permette au gouvernement d’une puissance impérialiste de recruter et d’utiliser des mercenaires qui, non seulement maintiennent une correspondance avec ledit gouvernement, mais en plus suivent ses instructions et accomplissent des missions qui tendent à favoriser contre leur propre peuple une politique étrangère d’hostilité et d’agressions, et qui visent au renversement des autorités légitimement élues et à la destruction du système constitutionnel que tout un peuple a entériné !
Les droits et les libertés sanctionnés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, comme le stipule clairement l’article 29, alinéa 3, « ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies », dont, entre autres, donc, l’égalité souveraine des Etats, l’indépendance et l’intégrité territoriale de chaque pays.
Demander au gouvernement cubain de libérer les mercenaires jugés et condamnés par des tribunaux compétents et indépendants en vertu des lois votées par le Parlement, ou de réduire leurs peines, revient à lui demander d’interférer dans le fonctionnement du système judiciaire et à ouvrir la voie à l’impunité. Ce serait violer non seulement la Constitution et les lois cubaines, mais encore tous les principes et toutes les normes du droit international.
Le cas des mercenaires jugés et condamnés pour des actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de Cuba
Appliquant les décisions et instructions du gouvernement de la superpuissance, les mercenaires au service de la sa politique anticubaine intensifièrent leurs actions en 2003.
En effet, dès son arrivée à La Havane en septembre 2002, le chef de la Section des intérêts nord-américains a accru la fréquence des réunions avec ses agents mercenaires recrutés dans l’île. Il a aussi intensifié ses déclarations et ses actions d’ingérence et de provocation, qui violent les normes élémentaires concernant la conduite des diplomates.
Notre gouvernement a, par les canaux diplomatiques, averti la représentation étasunienne et son chef qu’ils violaient les lois cubaines et internationales, tâchant de les persuader de cesser leurs conduites provocatrices et illégales. Or, le chef de la Section n’en a fait aucun cas, organisant des actions subversives encore plus graves.
C’est compte tenu de cette escalade et de la gravité des faits commis par ces mercenaires – atteinte à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’économie de l’Eta cubain – que plusieurs dizaines ont été arrêtés les 18 et 19 mars 2003 et jugés les 4, 5 et 7 avril.
Vingt-neuf procès publics se sont déroulés dans différentes provinces du pays. Les tribunaux ont imposé des peines de privation de liberté allant de six à vingt-huit ans. Malgré la gravité des faits et les dangers que ces actions représentaient pour la sécurité du pays, aucun n’a été condamné à la peine capitale ni à la perpétuité, comme l’a dit faussement la propagande anticubaine.
Les forces de l’ordre n’ont pas recouru à la moindre violence ni à la moindre force pour arrêter les mercenaires qui n’ont pas opposé de résistance car ils savaient parfaitement quel était leur crime et manquaient tant de raison morale que de principe de dignité.
La plupart de ces mercenaires purgent actuellement leur peine, tandis que sieze ont bénéficié d’une « licencia extrapenal » (permission hors prison) pour des raisons strictement humanitaires.
Tous les condamnés réalisaient des activités visant au renversement de l’ordre politique, économique et social dont le peuple cubain a fait choix et qui est entériné dans la Constitution. Les tribunaux ont prouvé la responsabilité de chacun dans des actions qui constituent des crimes visant directement à porter atteinte à la souveraineté de la nation. Tous agissaient sur financement et instructions d’une puissance étrangère, qui plus est ennemie de notre pays.
Aucun n’a été jugé et condamné pour avoir exercé ou défendu la liberté d’opinion ou d’expression. Leur seul dénominateur commun est l’amour démesuré de l’argent et le mépris de leur patrie et de leur peuple. Ils ont tous été responsables de graves crimes au service de la superpuissance qui tente de faire plier leur peuple par la faim et la maladie. Ils servaient tous les visées impériales d’une administration qui a brutalement renforcé le blocus génocide en vigueur depuis maintenant presque quarante-cinq ans et qui a aggravé à des niveaux sans précédent son hostilité et ses agressions contre l’île.
Ils ont agi au détriment des droits de l’homme du peuple cubain, notamment contre l’exercice de ses droits à l’autodétermination, au développement et à la paix, les circonstances aggravantes étant qu’ils les ont violés selon les instructions et grâce aux financement de ceux qui, aux Etats-Unis, prétendent provoquer une crise artificielle servant de prétexte à une agression militaire.
Quels sont les faits précis qui ont déterminé la condamnation des soixante-quinze mercenaires ?
- Participation systématique aux réunions convoquées par la Section des intérêts nord-américains à La Havane autour de législateurs et d’hommes d’affaires de ce pays en vue d’entraver les efforts de ceux qui, aux USA, travaillent à alléger ou à faire lever le blocus appliqué à Cuba. Les mercenaires condamnés ont travaillé avec ardeur en faveur du blocus appliqué à leur peuple et contre la mise en œuvre des résolutions par lesquelles l’Assemblée générale des Nations Unies a exigé – la dernière en date par le vote de 183 Etats membres – la fin de cette politique unilatérale et illégale. Bref, ils ont violé non seulement la loi cubaine, mais encore les normes coutumières du droit international.
- Fabrication de statistiques erronées et de rumeurs ou dénaturation d’informations sur l’économie et la société cubaines en vue de faire fuir les investisseurs étrangers déjà à Cuba ou d’apeurer les investisseurs potentiels, et d’aggraver ainsi les retombées du blocus étasunien sur l’exercice des droits de l’homme par le peuple cubain. Ces mercenaires en sont même arrivés à menacer les investisseurs étrangers en leur faisant savoir qu’une fois détruit l’ordre constitutionnel en place, leurs investissements ne seraient pas respectés.
- Conspirations et plans exécutés sur instructions de l’administration étasunienne et de la mafia terroriste anticubaine de Miami en vue de déstabiliser le pays et de provoquer le renversement de l’ordre constitutionnel décidé souverainement par le peuple cubain. Ils ont fomenté, organisé et exécuté des plans visant à causer des troubles, du désordre et le mécontentement de la population, prétendant provoquer une situation insurrectionnelle qui liquiderait l’ordre juridique et institutionnel du pays ou, du moins, fabriquer une image d’une situation de chaos et d’anarchie telle qu’elle justifierait une intervention extérieure.
- Réception en échange de leurs services criminels contre Cuba d’argent et de cadeaux de la part du gouvernement des Etats-Unis et de la mafia terroriste anticubaine de Miami.
- Communications et réunions périodiques avec des officiers et des agents avérés des services de renseignements des Etats-Unis et des meneurs et des messagers de la mafia terroriste cubano-américaine. Suivant des instructions précises, ils cherchaient et remettaient à la Section des intérêts des Etats-Unis des informations à valeur opérationnelle et stratégique concernant l’économie et la sécurité nationale.
- Fabrication d’allégations mensongère en vue de faire du tort à l’image du pays. Ces mensonges, remises aux services étasuniens en échange d’argent, étaient abondamment utilisées dans les campagnes médiatiques orchestrées par les organes du gouvernement étasunien et ayant eu des retombées négatives sur des activités vitales du pays, tel le tourisme.
- Dénaturation du rôle de Cuba dans la coopération internationale dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme, contre le trafic de drogues et contre le trafic d’êtres humains, ou encore la promotion et la protection des droits de l’homme, et répétition des mensonges fabriqués de toutes pièces par les services secrets étasuniens en vue de fournir à l’administration des prétextes pour continuer d’inscrire notre pays sur toutes les listes où celle-ci se permet de qualifier publiquement la « mauvaise conduite » d’autres gouvernements.
- Fabrication de fausses nouvelles et de rumeurs qui portent atteinte à la dignité de millions de Cubains et de leurs représentants légitimes.
- Actions mettant en danger l’intégrité corporelle et le droit à la vie de millions de Cubains et de Cubaines, et l’indépendance conquise au prix du sang, de la douleur et du sacrifice de millions de ses meilleurs citoyens et citoyennes.
Plusieurs des mercenaires condamnés disposaient de « laissez-passer » permanents à la Section des intérêts nord-américains, un privilège que les ambassades et autres institutions similaires dans le monde ne réservent qu’à leurs fonctionnaires et employés.
Au cours des procès, l’accusation a présenté des récépissés et des factures relatifs à des envois d’argent ou des dons en nature du gouvernement nord-américain, remis aux mercenaires par différentes voies : à travers des sociétés commerciales ; à travers des organisations de la mafia terroriste anticubaine de Miami ; à travers des messagers ou « mulets » qui entraient à Cuba comme « touristes » ou tout simplement directement à travers les fonctionnaires de la Section des intérêts à La Havane.
Ainsi, Oscar Espinosa Chepe, selon les récépissés et les factures saisis, a touché du gouvernement nord-américain et de ses agents, de janvier 2002 à janvier 2003, au moins 7 154 dollars. On a retrouvé chez lui, dissimulés, 13 660 dollars, dont il n’a pu justifié la possession par des moyens licites.
Héctor Palacios avait chez lui presque 5 000 dollars, à titre de rétribution de ses activités mercenaires au service du gouvernement nord-américain.
Marta Beatriz Roque – bénéficiaire d’une licencia extrapenal en juillet 2004 – avait, jusqu’au 20 juin 2005, touché 70 141 dollars en provenance des Etats-Unis.
Tous les mercenaires ont été condamnés en vertu de l’article 91 du Code pénal cubain (loi 62 de 1987), et de plusieurs articles de la loi 88, intitulée « Protection de l’indépendance nationale et de l’économie cubaine », promulguée à titre de « loi antidote » face à la politique d’hostilité des USA, en particulier la loi Helms-Burton.
Cuba n’est pas le seul pays au monde à avoir qualifié de délit le fait de coopérer à l’application de la loi Helms-Burton ou de lui obéir. L’Union européenne a aussi adopté un règlement à cet égard. Le Canada, le Mexique, l’Argentine et d’autres pays ont adopté des lois qui punissent le fait de coopérer à son application ou de s’y plier,
L’article 91 du Code pénal en vigueur à Cuba dit comme suit : « Actes contre l’indépendance ou l’intégrité territoriale de l’Etat. Quiconque, dans l’intérêt d’un Etat étranger, exécuterait un fait en vue de porter tort à l’indépendance de l’Etat cubain ou à l’intégrité de son territoire, est passible d’une peine de privation de liberté allant de dix à vingt ans ou de la peine de mort. »
S’il faut en croire les lois de nombreux pays, les conduites et les faits graves des mercenaires les auraient rendus passibles de peines encore plus sévères que celles qui leur ont été infligées à Cuba.
L’instruction s’est faite selon une procédure sommaire, compte tenu de la gravité des circonstances, en conformité avec la loi nº 5 de 1977, dite de Procédure pénale, aux termes de laquelle le président du Tribunal suprême possède la faculté de raccourcir les délais de mise en place du procès, en aucun cas de limiter les garanties de l’application régulière de la loi.
Ce genre de procédure existe dans les législations de plus d’une centaine de pays au monde, dont les USA. À Cuba, elle date de la Loi de jugement criminel de 1888 qui est restée en vigueur comme loi de procédure jusqu’en 1973 où le pays adopta de nouvelles réglementations dont beaucoup en provenaient.
Les mercenaires n’ont pas été jugés et condamnés par le gouvernement cubain, mais par des tribunaux compétents et indépendants qui ont respecté toutes les garanties de l’application régulière de la loi.
Tous les inculpés ont eu droit à un avocat qui, selon la loi cubaine, peut être nommé par eux (ce qui a été cas de 80 p. 100) ou, à défaut, commis d’office. Tous les avocats ont eu accès aux dossiers au préalable.
Les saisies et confiscations de biens ont toujours eu lieu sur mandat judiciaire et une fois prouvée leur origine illicite.
Il n’existe pas la moindre évidence que les autorités compétentes aient recouru à la coercition, aux pressions, aux menaces ou au chantage pour obtenir des déclarations et des aveux de la part des inculpés.
Tous les inculpés ont exercé le droit d’être écoutés durant le procès par des tribunaux civils ordinaires, constitués au préalable dans les provinces respectives, comme le prévoit la loi cubaine. Aucun tribunal spécial n’a été créé à ces fins.
Aucun juge spécial ou d’urgence n’a été nommé. Tous les magistrats exerçaient normalement leur fonction quand les procès ont débuté.
Chaque mercenaire inculpé a été jugé en audience publique, a été écouté par les tribunaux et les magistrats compétents, a exercé son droit à un avocat de la défense et à présenter des témoins et des experts qui ont pu être interrogés par les avocats de la défense.
Les procès ont été publics et contradictoires. Une centaine de personnes en moyenne a assisté à chacun, soit un total de trois mille personnes, essentiellement des proches, en plus de témoins, experts et autres Cubains.
Tous les inculpés et leurs avocats ont eu le droit de fournir des preuves et des témoins à décharge, en sus de ceux présentés durant l’instruction ainsi que par le parquet. Les avocats de la défense ont présenté vingt-huit témoins différents de ceux des témoins à charge, dont vingt-deux, soit la grande majorité, ont été autorisés à comparaître à ce titre durant les procès. Tous les avocats de la défense ont eu connaissance du dossier de l’accusation avant le procès.
Tous les inculpés ont eu le droit, en conformité avec la loi cubaine et comme cela leur a été notifié durant le procès, de se pourvoir en appel devant une instance supérieure à celle qui les avait jugés, en l’occurrence le Tribunal suprême. La plupart l’ont fait.
Les mercenaires condamnés ne sont ni des « syndicalistes », ni des « journalistes » ni, à plus forte raison, des « bibliothécaires » « indépendants », comme les ennemis de la Révolution cubaine le répètent à satiété.
Aucun d’eux n’était journaliste, encore moins « indépendant ». Aucun n’informait de ce qu’il se passait dans la réalité, ils fabriquaient des mensonges ou tout simplement dénaturaient à dessein les faits, en accord avec les diktats et l’argent de Washington. Plusieurs de ces « journalistes indépendantes » avaient du mal à écrire une seule ligne sans faute d’orthographe ou de grammaire. Ils n’étaient pas indépendants puisqu’ils suivaient des instructions et travaillaient comme salariés d’un gouvernement étranger qui faisait office de censeur, de rédacteur en chef et de propriétaire unique et monopolistique tant des médias qui diffusaient leurs « écrits » que de leurs cerveaux.
Aucun d’eux n’était dirigeant syndical et ne pouvait l’être pour la simple raison que la majorité écrasante ne travaillait plus, de leur propre volonté, depuis des années.
Il suffit d’examiner les statistiques publiés par la National Endowment for Democracy (NED), une institution publique, pour constater à quel point les autorités de Washington sont impliquées dans le financement des mercenaires : le programme anticubain de la NED comprenait en 2005 un total de dix-sept postes dont les fonds se montaient à 2 365 000 dollars.
La liberté d’opinion et d’expression est garantie à Cuba. Il n’existe pas d’analphabètes. Tous les citoyens ont droit à l’information la plus complète afin que chacun puisse décider de la vérité par soi-même. La loi interdit les monopoles privés de l’information et de la communications, nationaux ou transnationaux, qui imposent dans d’autres pays les idées et le vues des élites de pouvoir.
Le pays travaille intensément à des programmes d’éducation et de culture générale intégrale qui permettent de faire face avec succès à l’intoxication idéologique et culturelle de l’impérialisme, soutenue par les activités des transnationales étasuniennes de l’information et des loisirs.
À Cuba, toute personne a accès aux moyens d’information et de communication qui sont utilisés en fonction des besoins élevés de la société et de l’éducation des enfants et des jeunes, dans un esprit de justice sociale, de liberté, d’égalité et de solidarité humaine.
Les soins médicaux fournis aux mercenaires en prison. La vérité sur certains des cas les plus notoires de la campagne médiatique contre Cuba
La dignité humaine et l’intégrité corporelle et psychique des mercenaires incarcérés ont été rigoureusement respectées ; ils ont bénéficié des mêmes larges avantages que l’ensemble de la population carcérale. (Cf. le chapitre 6 du présent document.)
Il est absolument faux d’affirmer que les droits de l’homme d’un seul d’entre eux ont été violés.
Aucun d’eux n’a été victime de châtiments corporels, de traitements cruels, inhumains et dégradants ou d’humiliation ou de vexation. Aucun d’eux n’a été victime d’une réduction de l’alimentation ou de l’eau potable, ou privé des services médicaux absolument gratuits dont bénéficient l’ensemble de la population et l’ensemble des détenus.
Les mercenaires ne font l’objet d’aucune discrimination par rapport au reste de la population carcérale : ils bénéficient, au même titre que le reste des prisonniers, des soins médicaux adéquats, y compris des services d’urgence, et de tous les avantages et droits que la législation et les règlements leur reconnaissent.
Ils ont le droit de recevoir des visites de leurs proches, d’établir des communications téléphoniques et d’échanger de la correspondance, et bénéficient tous d’exercices physiques en plein air.
Ils ont le droit, s’ils le souhaitent, de recevoir une assistance spirituelle et religieuse.
Tous les mercenaires ont le droit d’utiliser le « pavillon conjugal » pour recevoir leur conjoint. Ils ont aussi le droit de voir la télévision aussi longtemps que dure la programmation et de bénéficier d’autres médias.
Des médecins et des personnels infirmiers très qualifiés s’occupent des mercenaires chaque fois que ceux-ci se plaignent de quelque chose, ou chaque fois que les parents et les proches, ou les gardiens et les fonctionnaires, et d’autres prisonniers le demandent ou le suggèrent.
Ceux qui en ont eu besoin ont été hospitalisés dans les salles prévues à cet effet des hôpitaux normaux, où on leur garantit l’accès aux nouvelles techniques et aux médicaments mis au point dans le pays.
Chaque mercenaire ayant besoin d’un régime alimentaire spécial en a bénéficié. Dans la plupart des cas, les maladies dont ils souffrent ont été contractées avant leur incarcération.
Dans tous les cas, les proches ont été dûment et opportunément informés par les médecins de l’évolution, des traitements et des soins médicaux prescrits et réalisés. Les autorités pertinentes ont toujours répondu aux inquiétudes soulevées par les mercenaires dans ce domaine.
Des représentants du corps diplomatique accrédité à Cuba ont eu l’occasion, en octobre 2004, de visiter différentes prisons où ils ont pu constater les caractéristiques du système pénitentiaire cubain et de sous-système de santé, ainsi que les avantages et les droits dont bénéficient les détenus, où ils ont reçu une large information et pu dialoguer avec les détenus des deux sexes.
Les fonctionnaires de Washington ont toujours plus de mal à poursuivre leur campagne de calomnies et d’intoxication sur la situation de leurs mercenaires à Cuba.
Tous les mercenaires bénéficient, comme le reste de la population carcérale à Cuba, de différentes prérogatives : visites familiales, droit au pavillon conjugal, appels téléphoniques (cent minutes par mois) et assistance religieuse.
L’avantage des licencias extrapenales
L’excarcération, entre 2004 et 2006, de seize mercenaires à titre de licencias extrapenales pour problèmes de santé a porté un coup dur aux campagnes médiatiques anticubaines. Aucun d’eux n’a pu présenter la moindre preuve crédible qu’il ait été maltraité, humilié ou molesté ; aucun n’a vu son état de santé s’affaiblir à cause des conditions de réclusion ou du traitement reçu en prison ; aucun n’a pu prouver qu’il ait été privé de soins médicaux ou que ceux-ci lui aient été lésinés.
La relaxe de ces seize mercenaires a été justifiée – il faut le préciser – par des raisons purement humanitaires. Ils ont tous eu la possibilité de se soumettre volontairement aux examens médicaux nécessaires à la délivrance de cette « licencia extrapenal ».
Toutes les « licencias extrapenal » délivrées aux mercenaires ont été avalisées par des critères médicaux rigoureux.
La délivrance d’une « licencia extrapenal » à ces gens prouve une fois de plus la nature magnanime, le profond humaniste et l’absence de rancœur et de haine de la Révolution cubaine qui, comme nous l’avons déjà dit, a donné dans l’histoire des exemples irréfutables à ce sujet. L’Armée rebelle partageait dans la Sierra Maestra ses rares médicaments et aliments avec les soldats de la tyrannie faits prisonniers ou blessés ou malades. Existe-t-il un exemple plus clair de traitement humanitaire que celui qui a été accordé aux mercenaires capturés après la défaite de l’invasion de Playa Girón ?
La « licencia extrapenal » peut être délivrée pour la durée pertinente et pour des motifs justifiés. L’article 31 du Code pénal cubain signale à l’alinéa 3b et à l’alinéa 4 :
3. En ce qui concerne les condamnés à une peine de privation de liberté temporaire :
[…] b) Le tribunal les ayant condamnés pourra leur octroyer, pour des motifs justifiés et sur demande, une « permission hors prison » pour la durée qu’il estimera nécessaire. Elle pourra aussi être concédée pour des motifs extraordinaires par le ministre de l’Intérieur qui devra en informer le président du Tribunal suprême populaire.4. La durée de la « permission hors prison »et des autorisations de sortie de l’établissement pénitentiaire visées à l’alinéa précédent est créditée au terme de la peine privative de liberté, pourvu que le condamné ait observé une bonne conduite durant le temps de la permission ou de l’autorisation. De même les réductions de peine concédées au détenu durant sa purge sont créditées au dit terme.
Le fait que cette « licencia extrapenal » existe dans le code pénal cubain et qu’elle soit appliquée dûment dans les cas pertinents ratifie une fois de plus le caractère foncièrement humain du système pénitentiaire cubain. Le respect de la légalité fait partie de la culture des autorités cubaines et les inspire.
Quelle différence avec ce qu’il se passe dans les prisons étasuniennes ou dans le vrai camp de concentration établi sur la base navale de Guantánamo, qui existe depuis cinq ans contre la volonté de toute la communauté internationale !
Quelle différence de traitement humain et respectueux de détenus entre les établissements pénitentiaires cubains et les tortures et les humiliations systématiques infligées par les troupes étasuniennes aux prisonniers iraqiens !
Quelle différence abyssale entre le traitement octroyé à ces mercenaires dans les prisons cubaines et celui que reçoivent les cinq compatriotes incarcérés injustement dans des prisons étasuniennes pour avoir lutté contre le terrorisme !
S’en tenant strictement à la raison et au droit, respectant rigoureusement la dignité et l’intégrité corporelle et psychique de tout être humain, Cuba continuera d’adopter les mesures pertinentes pour défendre le peuple de la politique d’hostilité, de blocus et d’agressions de l’administration étasunienne.
Les mercenaires d’une puissance étrangère qui s’efforce de détruire l’ordre constitutionnel mis en place par le peuple cubain ne jouiront jamais de l’impunité, pas plus qu’ils n’en jouiraient dans aucun autre Etat souverain qui respecte la volonté des citoyens.
Les lois cubaines fixent le cadre dans lequel les transgresseurs sont punissables. Le gouvernement cubain fera appliquer les dispositions inscrites dans les lois votées par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire en représentation du peuple et après de larges consultations avec lui. La Constitution et les lois expriment la volonté souveraine de l’ensemble du peuple cubain et personne ne peut se situer au-dessus d’elles.
Cuba sait que la raison et la justice sont de son côté.