

C’est dans les années 80 du siècle dernier que l’extrême droite conservatrice arriva au pouvoir aux Etats-Unis. Le Document de Santa Fe, qui servit de plate-forme électorale et politique aux forces qui secondaient alors Ronald Reagan, annonçait au sujet de Cuba : « Un programme de droits de l’homme vigoureux et équitablement appliqué est une arme miraculeuse des Etats-Unis contre l’Union soviétique et ses satellites et laquais. Or, curieusement, l’administration actuelle … n’a pas vraiment tenté d’appliquer sa doctrine des droits de l’homme à la Cuba castriste. »
Ainsi, dans le cadre de cette nouvelle stratégie anticubaine, l’administration Reagan ordonna à des terroristes cubano-américains avérés, dirigés et financés par la CIA, de modifier leur image de marque et de se convertir en « groupes d’opposition politique pacifique et de défense des droits de l’homme ». Des fonds publics nord-américains furent utilisés pour créer à Cuba de petits groupes subversifs de ce genre, de recruter des personnes impliquées auparavant dans des activités violentes de nature contre-révolutionnaire, voire d’anciens fonctionnaires et agents de police du régime dictatorial de Batista. Ce travail de recrutement toucha aussi des délinquants, des opportunistes, des rancuniers et les annexionnistes de toujours.
C’est de 1985 et 1986 que datent les premières tentatives ratées de faire condamner Cuba, à la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour violation des droits de l’homme.
Mais la première tentative de faire condamner Cuba à la Commission des droits de l’homme remonte à 1987, quand les Etats-Unis présentèrent un projet de résolution qui ne fut pas mis aux voix du fait de l’adoption d’une motion de non-action.
Les USA présentèrent en 1988 un nouveau projet de résolution qui fit fiasco lui aussi, compte tenu du fait que Cuba avait pris l’initiative d’inviter une mission formée du président de la Commission et de cinq autres représentants d’Etats membres à visiter le pays.
Les USA ne parvinrent pas non plus en 1989 à imposer une condamnation de Cuba. Plusieurs amendements qu’ils présentèrent dans ce but au projet de résolution initial furent repoussés, et le texte finalement voté se borna à prendre note du rapport de la mission ayant visité Cuba et à inviter le gouvernement cubain à travailler à l’application de ses recommandations.
C’est finalement en 1990, après les USA furent devenus la seule superpuissance à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique et du camp socialiste, qu’ils parvinrent à imposer à la Commission leur projet de résolution contre Cuba.
Compte tenu du vice d’origine de cette manœuvre nord-américaine, de ses motivations illégitimes et des méthodes de pression et de manipulation politique brutales utilisés pour la faire adopter, Cuba repoussa toute possibilité de coopérer avec cette résolution.
La position de principes du peuple cubain, sa résistance digne face à l’infamie et au mensonge, lui obtinrent peu à peu la reconnaissance et le soutien des membres de la Commission, si bien qu’en 1998, le projet des USA fut repoussé par 16 voix pour et 19 contre.
Surpris par cette défaite, le gouvernement nord-américain s’attacha à modifier l’image de ses actions anticubaines à la CDH. Pour ce faire, recourant à ses méthodes « traditionnelles », il « convainquit » la République tchèque, qui avait alors besoin du soutien de Washington pour entrer à l’OTAN, d’assumer la présentation publique du projet. L’équipe d’opportunistes conduite par l’ex-président Havel qui a, des années durant, appris à obéir au pied de la lettre aux instructions de Washington et à tirer profit de son argent, n’eut pas de mal à jouer un rôle aussi dénigrant.
C’est selon cette nouvelle formule – mais en devant toutefois recourir ouvertement à leurs pressions et chantages économiques et politiques habituels – que les USA parvinrent à faire voter leur projet contre Cuba, en 1999, 2000 et 2001, mais toujours par une très faible majorité de une à trois voix.
Fin 2001, il était devenu clair que ce nouveau mécanisme était tout à fait discrédité. Les USA devaient de nouveau changer leur image de marque pour faire fonctionner leur projet anticubain, un point qui devint d’autant plus stratégique que la superpuissance avait perdu sa place à la Commission à la suite d’un scrutin secret réalisé au Conseil économique et social.
Cinquante-huitième session de la CDH (2002)
C’est alors que de hauts fonctionnaires de l’administration Bush engagèrent de nombreuses démarches pour obtenir qu’un ou plusieurs pays latino-américains présentent le projet anticubain à la cinquante-huitième session de la CDH en 2002.
Les pressions exercées par de hauts fonctionnaires nord-américains, d’une part, la vulnérabilité et la dépendance accrues envers la politique hégémonique de la superpuissance de plusieurs gouvernements latino-américains à très maigre assise populaire, d’autre part, aboutirent à leurs fins : le président uruguayen, Jorge Batlle, accepta le rôle de la marionnette chargée de présenter publiquement le projet de condamnation de Cuba, rédigé d’un bout à l’autre, bien entendu, par les diplomates de Washington en coordination avec la mafia terroriste de Miami.
Contrairement à la position soumise de certains gouvernements latino-américains, les peuples condamnèrent unanimement la manœuvre anticubaine. Non seulement on vit des manifestations de rue en Argentine, au Pérou, au Mexique et au Guatemala ; des parlements demandèrent à leurs gouvernements de maintenir une position d’indépendance et de dignité à Genève.
Le projet anticubain voté en 2002 à la cinquante-huitième session de la Commission, prétendument « novateur » et « à approche constructive » selon les marchands à la criée qui lui faisaient l’article, rétablissait purement et simplement un mécanisme de suivi injuste de la situation des droits de l’homme à Cuba, la circonstance aggravante étant que la manipulation, conçue pour satisfaire les visées de domination de Washington, impliquait rien moins que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
Les représentants de la mafia terroriste cubano-américaine jouèrent en ce sens un rôle important de soutien aux actions de l’administration nord-américaine. Profitant de la présence au Congrès de ses représentants, ils participèrent directement aux pressions et au chantage contre plusieurs gouvernements. Ils accomplirent par ailleurs des missions de propagande en vue de vendre l’image que, derrière les actions de l’administration Bush, il y avait les « réclamations » du prétendu « exil » cubain.
Cinquante-neuvième session de la CDH (2003)
Les fonctionnaires de l’administration et la mafia anticubaine de Miami engagèrent très tôt des démarches pour imposer une nouvelle résolution anticubaine à la cinquante-neuvième session de la Commission des droits de l’homme.
Ainsi, le 18 septembre 2002, onze législateurs qui émargent au budget de la mafia terroriste de Miami, conduits par Ileana Ros-Lehtinen et par Lincoln Díaz-Balart, adressèrent une lettre au Haut-Commissaire des Nations Unies pour le presser de participer directement aux actions contre Cuba. Le 13 décembre, Ros-Lehtinen lui adressa une nouvelle lettre le sommant de demander au gouvernement cubain la libération de plusieurs mercenaires au service des USA condamnés à juste titre.
Début janvier 2003, Marc Grossman, sous-secrétaire du département d’Etat aux questions politiques, lui adressa à son tour un message pour lui « rappeler » qu’il n’avait pas encore nommé son représentant personnel pour Cuba, lui signalant que les USA estimaient important qu’il le fasse dans les meilleurs délais.
Le gouvernement uruguayen ayant refusé de continuer de jouer le rôle de « protagoniste » dans la pièce mise en scène par Washington à cause du coût politique qu’il avait dû payer devant son peuple, la superpuissance dut exercer de nouvelles pressions sur les gouvernements latino-américains vulnérables pour dénicher un nouveau « protagoniste » en 2003.
Ainsi, Mme Poblete, factotum de la mafieuse législatrice anticubaine, Ileana Ros-Lehtinen, se rendit à Genève début janvier 2003 et se réunit un par un avec des représentants diplomatiques latino-américains en vue d’explorer leurs perceptions de la manœuvre anticubaine, de jauger les secteurs les plus vulnérables de chaque gouvernement latino-américain et de préparer des recommandations concrètes en vue d’intensifier la portée du chantage et des conditions qui seraient imposés plus tard tant par le Congrès que par l’administration.
À la fin de ce même mois, Paula Dobriansky, sous-secrétaire d’Etat aux affaires mondiales, se rendit dans plusieurs pays latino-américains, rencontrant présidents et ministres des affaires étrangères, en vue d’ « obtenir » un engagement en ce qui concernait la présentation du projet contre Cuba à la cinquante-neuvième session de la CDH.
Les ambassadeurs nord-américains dans plusieurs capitales du monde remplirent aussi parallèlement, comme de tradition, d’importantes missions de soutien à cette manœuvre anticubaine. Ils intensifièrent leurs activités de désinformation et d’intoxication contre Cuba, distribuant aux chancelleries respectives des pamphlets rédigés par le département d’Etat bourrés de mensonges et de demi-vérités « actualisés ». Ils exigèrent par ailleurs – avec plus ou moins de subtilité et de clarté, en fonction du degré de dépendance de chaque gouvernement envers les Etats-Unis – un soutien à ce que la superpuissance qualifie comme prioritaire au sein de la Commission des droits de l’homme et « rappelèrent » les avantages d’une bonne relation bilatérale avec la puissance hégémonique.
L’administration Bush, faisant preuve du cynisme et de l’opportunisme qui la caractérisent, réalisa aussi des démarches infructueuses pour que le Groupe de Rio, un des forums de concertation politique des pays latino-américains et caribéens, assume collectivement la présentation du projet nord-américain, pensant profiter du fait que le Pérou était alors chargé de sa coordination.
N’étant pas parvenu à « latino-américaniser » le parrainage public de son projet anticubain, Washington dut se contenter de l’engagement du gouvernement péruvien de le présenter – alors que le Pérou n’avait jamais pris à la CDH la tête d’actions contre d’autres pays latino-américains au service d’une puissance extra-régionale – en compagnie d’un gouvernement costaricien à la botte et du président uruguayen Jorge Batlle, que le peuple évoque comme un de ses pires cauchemars.
À mesure que le début de la session approchait, les Etats-Unis intensifièrent leurs pressions qui furent soutenues « inconditionnellement » par certains gouvernements clients et alliés de Washington, en particulier par celui de José María Aznar, fasciste défenestré par le peuple espagnol à cause de sa servilité à Bush et de sa manipulation constante de la vérité.
L’administration Bush ne recula devant aucune borne morale ou légale pour garantir les voix nécessaires à l’adoption de sa résolution anticubaine. On annonça de Washington des promesses d’ « aide » financière et d’autre nature à ceux qui fourniraient leur voix. Mais la pratique la plus commune ne fut pas celle d’une nouvelle aide, mais la vieille méthode des menaces directes ou larvées de blocage de prêts et d’assignations aux institutions financières multilatérales qu’elle contrôle, tels le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, le retrait de facilités bilatérales en matière commerciale et migratoire, voire le conditionnement de la conduite des USA dans leur approche de questions politiques vitales pour les pays faisant l’objet du chantage.
Quelques jours avant le vote, l’administration Bush intensifia ses démarches pour inclure dans son projet de texte anticubain une condamnation explicite des justes peines judiciaires infligées à Cuba à des mercenaires au service de sa politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions.
Le 18 mars, Richard Boucher, porte-parole du département d’Etat, appela la Commission à condamner l’arrestation des mercenaires des USA dans les termes les plus énergiques.
La superpuissance décida de travailler de nouveau en coulisses. Mais elle se heurta cette fois-ci à des obstacles plus sérieux. Certains gouvernements latino-américains qui s’étaient déjà engagés à se porter coauteurs du projet anticubain ou à le soutenir, mais qui étaient acculés par le rejet de leurs opinions publiques de l’agression impérialiste contre l’Iraq et par la peur des protestations populaires s’ils se faisaient les complices d’une nouvelle escalade de propagande qui pourrait servir de prétexte à une agression militaire contre le peuple cubain, décidèrent de ne pas soutenir cette nouvelle prétention étasunienne.
Ce fut en fin de compte le gouvernement costaricien qui accepta la mission indigne de présenter le nouvel amendement conçu par les Etats-Unis en vue de jeter les conditions qui leur faciliteraient l’agression militaire destinée à mettre fin à la Révolution cubaine. Le Costa Rica fut le seul pays latino-américain et en développement à voter l’amendement. Sans commentaires !
Cuba, le 16 avril 2003, présenta officiellement deux amendements au projet nord-américain (cotes E/CN/4/L.77) exigeant la levée immédiate du blocus unilatéral et illégal appliqué contre elle et demandant au Haut-Commissaire d’entreprendre une évaluation des effets pour le peuple cubain des actes terroristes perpétrés contre elle depuis les USA.
L’examen de ces deux amendements déclencha un long débat de procédure, si bien que le vote du projet anticubain des USA fut reporté de vingt-quatre heures. Au cours de ce débat, quand il devint évident que le vrai auteur de l’amendement présenté par le Costa Rica était bel et bien la superpuissance, son représentant, perdant la boussole, déclara que sa délégation « soutiendrait n’importe quoi contre Cuba » !
Malgré les énormes pressions exercées par les USA, leur amendement de condamnation présenté par le Costa Rica fut repoussé par la Commission par 31 voix contre 15.
Ce vote assena un coup dur à Washington et à la mafia annexionniste et terroriste d’origine cubaine de Miami, laquelle, quand la superpuissance déclencha sa guerre contre l’Iraq, avait organisé la seule manifestation de soutien que l’on ait connue dans le monde, aux cris de : « L’Iraq maintenant, Cuba ensuite. »
Quant à l’amendement cubain condamnant le blocus nord-américain comme grave violation des droits de l’homme, il fut repoussé par ce même groupe de gouvernements européens et latino-américains qui, prétextant avec cynisme et hypocrisie de leur inquiétude au sujet de la situation cubaine dans ce domaine, parrainent le texte anticubain ou votent pour, sans avoir assez de dignité et d’attachement à la justice pour condamner la politique que les USA imposent au peuple cubain au déni de ses droits les plus élémentaires, dont le droit à la vie.
Les gouvernements complices de l’empire et subordonnés à lui dans sa manœuvre anticubaine à la CDH firent la preuve de leur morale à deux vitesses, de leur hypocrisie et de leur soumission aux intérêts de Washington et à ses prétentions de domination de la nation cubaine.
Les amendements une fois repoussés, le projet de résolution anticubain (E/CN.4/L.2) fut mis aux voix et adopté par une différence de quatre voix (24 contre 20, avec 9 abstentions), bien que les USA aient bénéficié de vingt-quatre heures de plus pour poursuivre leurs pressions brutales.
La résolution anticubaine (E/CN.4/RES/2003/13), même sans satisfaire toutes les expectatives de l’administration nord-américaine, lui permit toutefois de poursuivre sa manœuvre un an de plus à la Commission des droits de l’homme et de consolider le mécanisme de ladite Représentante personnelle du Haut-Commissaire, attirant ainsi à sa croisade anticubaine les services d’un fonctionnaire qui collecterait et reproduirait les mensonges fabriqués à Washington et à Miami et aussi, pourquoi pas ?, - grâce à l’argent de l’oncle Sam - à Prague et à Varsovie.
Soixantième session de la CDH (2004)
En vue de la soixantième session de la Commission prévue en 2004, l’administration étasunienne saisit très tôt la moindre occasion d’exercer des pressions sur les autres gouvernements, entre autres les visites de plusieurs sous-secrétaires d’Etat dans des capitales latino-américaines et d’Europe de l’Est, notamment de la sous-secrétaire d’Etat aux affaires mondiales, Paula Dobriansky ; deux délégations de législateurs envoyée sous ces mêmes latitudes, dont l’une comprenait la mafieuse d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, représentante républicaine de la Floride ; plusieurs tournées et visites dans des pays latino-américains d’Otto Reich, ambassadeur spécial de la Maison-Blanche pour cette région, protecteur de terroristes et anticubain patenté ; et de Roger Noriega, ancien collaborateur de Jesse Helms, autre anticubain patenté et sous-secrétaire d’Etat aux questions interaméricaines.
Une fois conclue cette première étape de pressions politiques et diplomatiques, les maîtres de Washington se rendirent compte qu’ils ne pourraient imposer la présentation publique de la résolution anticubaine à la soixantième session de la CDH qu’à des gouvernements centraméricains ou d’Europe centrale et de l’Est. C’était là une alternative peu agréable, car maints gouvernements de ces deux régions sont perçus par une bonne partie de l’opinion publique internationale comme des clients de l’Empire. Et Washington dut se résigner à l’option centraméricaine.
En effet, les gouvernements centraméricains ont l’avantage comparatif de faire partie du concert latino-américain, si bien que si l’un d’eux (ou plusieurs) occupait le devant de la scène à la CDH, le puissant appareil d’intoxication étasunien aurait beau jeu de présenter la manigance anticubaine comme une inquiétude née de la « région même ».
Washington s’attacha donc à imposer aux gouvernements centraméricains comme groupe qu’ils présentent publiquement sa résolution à Genève. Néanmoins, en plus de la résistance de tel ou tel gouvernement parfaitement au courant du fait que son attitude provoquerait des protestations populaires et aurait de graves répercussions sur les relations bilatérales avec l’île, la Maison-Blanche se heurta à un écueil qu’il ne parvint pas à contourner malgré ses pressions et son chantage.
La Maison-Blanche, après la défaite de l’amendement présenté par le Costa Rica en 2003, avait besoin d’insérer dès la première version de la nouvelle résolution anticubaine d’une référence critique aux autorités cubaines pour avoir puni plusieurs dizaines de mercenaires émargeant à la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane. Or certains gouvernements centraméricains refusaient de faire partie des auteurs du projet si mention était faite de ce point.
La Maison-Blanche dut donc renoncer à sa stratégie d’impliquer la sous-région centraméricaine comme un tout dans sa manœuvre anticubaine et concentra dès lors ses pressions sur les gouvernements les plus vulnérables et les plus dépendants, même s’il fallait pour cela sacrifier le prestige et la crédibilité publique du gouvernement qui serait condamné à jouer le rôle d’ « auteur principal ». Elle se faisait fort de trouver ensuite des « coauteurs » qui succomberaient à ses menaces.
Nous donnerons plus loin le nom du gouvernement qui joua ce triste rôle. Disons pour l’instant qu’il s’agit, comme de bien entendu, d’un gouvernement qui archive un des pires dossiers du continent américain en matière de droits de l’homme, d’un gouvernement qui n’a pas même pas été capable de mettre fin à l’impunité dont jouissent ceux qui se consacrent à l’exécution extrajudiciaire de dizaines d’enfants.
Pour soutenir les pressions de la Maison-Blanche et du département d’Etat, la commission des relations internationales du Congrès se réunit en mars 2004 à la demande d’Ileana Ros-Lehtinen, représentante de la mafia cubano-américaine de Miami. Des diplomates de plusieurs pays latino-américains, invités à leur tour, durent écouter cette mafieuse convertie en législatrice leur exposer les visées du projet anticubain à Genève et leur affirmer d’un ton péremptoire qu’il faudrait ajouter à la version votée l’année précédente un ou deux paragraphes contenant une condamnation bien plus explicite.
Le régime client de l’Empire en place à Prague joua de nouveau le rôle lucratif de héraut de la contre-révolution cubaine. Des politiciens et des diplomates visitèrent à la demande du gouvernement tchèque et avec les fonds de la superpuissance différentes capitales du monde, ânonnant comme de mauvais acteurs la pièce écrite à Washington avec la complicité avec certains individus de Miami. N’oublions pas que l’ancien président Havel a eu le grand « honneur » d’avoir reçu « l’hommage » des plus hauts représentants de la mafia terroriste anticubaine de cette ville. Quant au vice-ministre des Affaires étrangères, Vosalik, l’un des individus embauchés dans ce but, il visita plusieurs pays latino-américains et même africains en février et mars 2004.
Bien au courant de l’exactitude et de l’efficacité des dénonciations de la Révolution cubaine, la Maison-Blanche affina ses actions et exigea de ses complices le plus grand hermétisme quant à ces préparatifs. C’était vouloir l’impossible : faire croire que la résolution anticubaine à la CDH était vraiment le fruit d’une inquiétude authentique de la communauté internationale.
La réalité fut de nouveau dure pour Washington à la soixantième session de la Commission en mars 2004. Jamais la facture typiquement étasunienne du projet de résolution n’avait été plus claire, au point que les USA refusèrent qu’on y change la moindre virgule. Et jamais l’implication des diplomates de l’Empire n’avait été plus publique : tout le monde vit les pressions qu’ils exercèrent pour obtenir les voix nécessaires et les signatures complices des pays contraints d’en devenir les coauteurs.
Afin d’assurer le cloisonnement des informations concernant la gestation de la manœuvre anticubaine et de mieux briser les volontés – aucune voix discordante quant au produit final ne fut admise – le texte fut rédigé totalement dans le plus grand secret à Washington.
Quant au présentateur public de la résolution, la tâche avait été facilitée par les agissements d’un inconditionnel de l’Empire : José María Aznar avait de nouveau joué le rôle d’entremetteuse au service des intérêts de Washington, puisque c’est lui qui, le 5 mars 2004, demanda directement à Madrid au président hondurien, Ricardo Maduro, lors du Sommet Amérique centrale-Espagne, de présenter le projet anticubain à Genève, Bush en personne lui demandant spécialement de faire ce geste.
Le 9 mars, c’est le secrétaire d’Etat en personne, Colin Powel, qui exigea directement à Washington au président hondurien d’assumer la responsabilité de présenter officiellement le projet anticubain à la soixantième session de la CDH, lui promettant en échange que les USA incluraient le Honduras parmi les pays aptes à recevoir les miettes d’aide financière qu’ils avaient promis de distribuer dans le cadre de l’Initiative du Millénaire.
De retour au Honduras, Maduro annonça cette promesse d’aide étasunienne, se gardant bien de dire à quelle condition : que l’Etat hondurien renonce à agir en toute souveraineté aux Nations Unies et, pis encore, qu’il joue le rôle indigne de complice principal des USA dans l’agression conçue à Genève contre la vérité et la justice que revendique le peuple cubain.
Le département d’Etat convoqua une réunion à Washington le 24 mars. Marc Grossman, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires politiques, annonça aux diplomates d’un groupe de pays que le Honduras serait l’ « auteur principal » de la résolution contre Cuba à la CDH, puis ses adjoints entreprirent de distribuer le texte en anglais, et ce n’est qu’ensuite que l’ambassadeur hondurien put prendre la parole pour confirmer l’annonce d’une voix timide. Visiblement nerveux, gêné et humilié, il balbutia quelques mots incohérents et demanda aux autres de soutenir la résolution.
Tandis que tout ceci se passait en coulisses, le rapport de ladite représentante personnelle pour Cuba du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme avait été distribué officiellement à Genève.
Mme Christine Chanet, qui a rempli à ce jour le mandat douteux découlant de la résolution imposée à la cinquante-huitième session de la CDH (E/CN.4/RES/2002/18), présenta donc son premier rapport écrit devant la Commission.
Compte tenu des sources d’information utilisées, des pressions exercées par les Etats-Unis et les complices de leur politique hostile au peuple cubain et des motivations injustes qui le sous-tendent, ce document ne pouvait pas ne pas être un nouveau pamphlet sans la moindre objectivité, puisque son auteur se borne à accréditer les allégations mensongères fabriquées par les experts en contrevérités de la CIA, du département d’Etat et de la mafia terroriste anticubaine de Miami.
Ladite Représentante personnelle a fini par interpréter le triste livret anticubain conçu par les USA et leurs complices. Dans un système international des droits de l’homme foncièrement soumis à un profonde manipulation politique à des fins de domination mondiale, un expert qui tient à défendre sa crédibilité et son impartialité doit évaluer avec soin la nature et les circonstances du mandat qu’on lui confie avant de l’assumer ou de l’exercer, bien qu’il ne soit jamais trop tard pour se reprendre et agir honnêtement.
De toute façon, quiconque accepte de remplir le rôle anticubain imposé par cette résolution de la Commission, mécanisme mis au point par la superpuissance en vue de fabriquer des prétextes lui permettant de poursuivre sa politique d’hostilité, de blocus génocide et d’agressions contre Cuba, ne pourra jamais attendre de l’estime ou une collaboration de la part de son peuple.
Les conclusions et recommandations de la Représentante personnelle sont une copie, une reproduction mimétique des exigences posées par la superpuissance hégémonique au peuple cubain en vue de détruire ses transformations révolutionnaires et de ramener le pays à la triste condition de néo-colonie que le jeune impérialisme étasunien lui avait imposée pendant plus de cinquante ans après avoir occupé l’île militairement.
Ladite Représentante personnelle coïncide avec les fonctionnaires de l’administration Bush et la mafia de Miami quand elle demande à Cuba un certain nombre de choses. Que le gouvernement intervienne dans la justice et suspende les justes décisions adoptées par des tribunaux dans le cadre de procès corrects et aux termes de lois existant avant des actes considérés comme de graves crimes ; qu’il libère – ce qui reviendrait de fait à l’impunité – un groupe de mercenaires qui ont rempli sur paiement des missions assignés par la superpuissance qui agresse leur pays ; qu’il modifie des lois et des préceptes constitutionnels entérinés par la majorité écrasante du peuple cubain dans le plein exercice de son droit à l’autodétermination et à la souveraineté ; qu’il facilite l’entrée dans le pays d’étrangers au service de la politique hostile du pouvoir impérial étasunien et de la mafia terroriste et annexionniste de Miami afin de remplir des missions financées – entre autres postes – sur les cinquante-neuf millions de dollars que Washington destine à la promotion d’actions visant à liquider le système constitutionnel cubain.
Ayant fini par trouver un « auteur » public de son projet contre Cuba, l’administration Bush ne renonça pas pour autant à continuer de diriger la manœuvre, dans la mesure où ses représentants ne cessèrent de s’agiter dès l’ouverture même de la soixantième session de la Commission à Genève.
Elle interdit toute possibilité de négociation au sujet du projet de résolution et obligea les représentants du Honduras à l’enregistrer tel quel, et en hâte, devant le secrétariat de la CDH. Elle interdit même aux pays qui allaient s’en faire les complices en parrainant ou en soutenant la résolution de proposer ne serait-ce qu’une simple modification de ponctuation.
Sans même les consulter ni les prendre en considération, la superpuissance hégémonique entraîna un par un ses différents alliés à parrainer le projet de résolution. On retrouvait encore et toujours les mêmes complices : d’anciennes puissances coloniales sur le tard, qui jouent aujourd’hui le triste rôle d’alliés au petit pied de l’Empire ; des « alliés » serviles et des sous-impérialismes qui étanchent leur soif de domination en servant de cerbères sous-régionaux de Washington ; des régimes clients qui subsistent encore contre la volonté des peuples dans la région que la superpuissance continue de considérer son arrière-cour ; et d’autres qui n’ont tout simplement pas le courage de résister aux pressions de Washington.
C’est le 2 avril 2004, à 18 heures, que la délégation hondurienne inscrivit le projet de résolution anticubain. Mais les représentants étasuniens dirigeaient chaque détail de l’opération. Pour que le gouvernement hondurien – qui n’avait jamais encore présenté le moindre projet devant la Commission – avale plus facilement la pilule et accepte sans trop rechigner cette humiliation publique, Washington lui assura la compagnie de gouvernements aussi « indépendants » et aussi «attachés » à la cause des droits de l’homme que ceux du Nicaragua, d’El Salvador, du Pérou, de la République tchèque et de l’Australie…
Fort de sa longue expérience en la matière, le protagoniste continuait de jouer en coulisses, à la recherche de parrains et de soutiens, poussant le cynisme et l’impudence jusqu’à ne pas apparaître sur la liste des auteurs initiaux du projet !
Si l’on ne connaissait pas la motivation profonde qui sous-tend en fin de compte ce texte, celui-ci mériterait de servir de case study pour politiciens et diplomatiques souhaitant analyser une rhétorique futile capable de dire si peu en si peu de mots.
Or, il est important de saisir le danger que représente ce genre de piège. Si la manœuvre contre Cuba à la CDH est illégitime et inacceptable pour notre peuple et pour quiconque est attaché dans le monde à la vérité et à la raison, ce n’est pas seulement à cause du projet en soi, mais aussi parce que celui-ci contribue à la fabrication d’un prétexte permettant à la superpuissance de poursuivre la politique unilatérale d’hostilité, de blocus et d’agressions qu’elle mène contre l’île depuis maintenant plus de quarante-cinq ans, toutes administrations confondues, à plus forte raison quand le « changement de régime » dans les pays qui ne se soumettent pas à l’impérialisme étasunien est devenu la politique officielle de Washington.
La résolution imposée à la soixantième session de la CDH n’inclut pas la moindre référence, même larvée, à la politique de blocus, d’hostilité et d’agression des USA contre le peuple cubain, qui est bel et bien la seule violation massive, systématique, grave et continue des droits des Cubains et des Cubains ! Comment pourrait-on donc attendre qu’elle reconnaisse ou soutienne le droit du peuple cubain d’adopter des mesures légales pour protéger son indépendance, son autodétermination et pour défendre le système politique, économique et social qu’il a choisi en toute souveraineté pour bâtir un avenir de bien-être, de justice sociale et de solidarité pour tous ?
Le projet de résolution contre Cuba fut adopté à la soixantième session de la CDH par 22 voix contre 21, avec 10 abstentions, soit une seule voix de différence ! C’était là une victoire à la Pyrrhus pour la superpuissance dont les fonctionnaires avaient pourtant exercé les pressions les plus brutales sur les gouvernements de pays en développement. Le résultat du scrutin prouvait aussi le discrédit croissant de la manœuvre anticubaine à Genève, puisque plus de pays que jamais votèrent contre et que deux pays de moins qu’en 2003 la votèrent.
Pour assurer l’adoption du projet, la délégation gouvernementale étasunienne fut « renforcée » par un personnel chevronné dans l’exécution de la politique anticubaine et dans le maniement du bâton contre les gouvernements du Sud, entre autres Frank Almaguer, un sinistre personnage d’origine cubaine.
Cet Almaguer fut ambassadeur de Washington à Tegucigalpa de 1999 à 2002, après avoir rempli d’autres missions d’ingérence et d’intervention en Amérique centrale et dans d’autres pays latino-américains derrière la façade « humanitaire » des Corps de la paix et de l’US/AID.
Jamais l’engagement d’une administration étasunienne auprès des individus les plus réactionnaires et les plus agressifs de la mafia terroriste anticubaine de Miami n’avait été plus évident. Au comble de l’impudeur et du mépris à la crédibilité de la Commission, Washington inscrivit même dans sa délégation officielle un terroriste avéré d’origine cubaine, Luis Zúñiga Rey.
Cet individu fut arrêté en août 1974 et condamné par les tribunaux pour être entré illégalement à Cuba en provenance des Etats-Unis, chargé d’armes et d’explosifs en vue de commettre des attentats terroristes dans le cadre d’une opération de la CIA. Libéré et de retour aux USA, et devenu responsable de l’appareil paramilitaire de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), il participa à l’organisation et au financement d’attentats à la bombe, dans les années 90, contre des hôtels de La Havane et d’autres actions terroristes contre des hôpitaux cubains.
Dans son rapport à la cinquante-sixième session de la Commission, le rapporteur spécial sur l’utilisation des mercenaires avait révélé que Zúñiga Rey avait recruté le Guatémaltèque Percy Francisco Alvardo Godoy afin qu’il étudie les points vulnérables à des attentats terroristes à Cuba, tels qu’hôtels, centrales thermiques et raffineries de pétrole.
Or, le terroriste Zúñíga Rey intervint dans les débats de la soixantième session de la CDH rien moins qu’à partir du siège officiel du pays dont le gouvernement se dit engagée dans le combat antiterroriste et son grand promoteur !
La mafia terroriste d’origine cubaine installée aux USA, de connivence avec l’administration Bush qui la protège et la promeut, fit agir ses influences pour faire participer à la farce de Genève des législateurs étasuniens qu’elle arrose de ses généreuses contributions financières.
C’est ainsi qu’on vit déambuler dans les couloirs et les salles de Genève, en quête de soutien au projet anticubain et la menace à la bouche contre quiconque le lui refuserait, Chris Smith, représentant républicain de New Jersey, un Etat qui, de pair avec la Floride, accueille des groupes terroristes d’origine cubaine comme Alpha-66 et Commandos L. Smith reçut le concours de Mme Poblete, adjoint de la représentante républicaine d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, fameuse par sa complicité avec les auteurs de l’enlèvement du petit Cubain Elián González et par son activisme en faveur de la recrudescence du blocus génocide contre le peuple cubain.
Les tenants du pouvoir impérial recoururent aux menaces les plus mesquines pour imposer à tout prix le projet de résolution.
Ils rappelèrent à plusieurs gouvernements centraméricains que les USA pouvaient expulser les centaines de milliers d’émigrés qui y travaillent et mettre fin aux envois de fonds aux familles restées dans leur pays d’origine.
Ils menacèrent des pays africains de les priver des avantages de l’African Growth and Opportunity Act (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, AGOA) qui facilite l’accès de certaines exportations africaines au marché étasunien.
Ils firent tout simplement chanter des gouvernements de différentes régions en les menaçant, au cas où ils refuseraient de soutenir le projet de résolution, de leur faire subir le même sort. Le pouvoir impérial leur promit même d’interjeter ses « bons offices » pour décourager toute initiative qui viserait à les condamner, ce qui est d’autant plus facile pour lui que les manœuvres condamnatoires au sein de la Commission partent toujours des puissances industrielles.
Ils demandèrent à différents gouvernements de voter pour ou du moins de s’abstenir, auquel cas la superpuissance ne bloquerait pas les crédits à leur égard du Fonds monétaire international où elle exerce de fait un droit de veto.
Roger Noriega, le sous-secrétaire d’Etat, confirma le 14 avril 2004 que la Maison-Blanche avait eu des contacts avec des gouvernements latino-américains et européens pour obtenir leur appui au projet anticubain, allant même jusqu’à dire que le président Bush en personne téléphonerait personnellement à certains de ses homologues et à citer comme preuve à l’appui sa conversation avec le président mexicain Fox.
Kim Holmes, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux organismes internationaux, informa publiquement que son gouvernement bataillait dur et faisait des démarches auprès de plusieurs pays pour en obtenir le soutien.
Le porte-parole du département d’Etat confirma pour sa part que le président en personne, le secrétaire d’Etat et d’autres fonctionnaires du département d’Etat avaient passé des coups de fil aux gouvernements membres de la Commission pour leur faire connaître les intérêts prioritaires des USA en matière de droits de l’homme et les exhorter à voter dans ce sens.
Certaines pressions furent si scandaleuses qu’elles finirent par être connues de l’opinion publique. Ainsi, le président de la République dominicaine, Hipólito Mejía, avait fait savoir au gouvernement cubain que le sien s’abstiendrait et maintint cette décision jusqu’au 14 avril 2004 dans l’après-midi, moins de douze heures avant le vote de Genève, où le gouvernement cubain apprit soudainement que la République dominicaine voterait le projet des USA. Hipólito Mejía fit savoir à Miami que Roger Noriega, mais aussi Otto Reich, envoyé spécial de Bush pour les Amériques, autre anticubain notoire, lui avaient téléphoné personnellement pour exercer des pressions dans ce sens.
Il existe une correspondance très claire, surtout en Amérique latine, entre le degré de souveraineté, de dignité et de popularité d’un gouvernement et ses possibilités de résister aux pressions et aux chantages de Washington sur ce point de la résolution anticubaine. Ce sont les gouvernements frappés par des scandales de corruption et de fraude, à maigre assise sociale, extrêmement dépendants de l’aide financière de Washington qui accepte sans rien dire la répression qu’ils déclenchent contre les secteurs populaires mécontents, représentant les intérêts égoïstes des oligarchies-clientes du capital transnational, qui sont le plus enclins à se plier aux oukases de la superpuissance, au mépris de la volonté de leurs populations respectives.
On peut inclure dans cette liste d’ « hommes d’Etat » serviles des personnages de la « stature politique » d’un Menem (devenu millionnaire grâce à l’exercice « honnête » de ses différents mandats de président argentin) ou un Battle (l’ancien président uruguayen qui battit des records d’impopularité et assura l’impunité aux individus ayant commis de graves violations des droits de l’homme, telles qu’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées de personnes et tortures).
Si les USA étaient vraiment intéressés par la promotion des droits de l’homme en Amérique latine, ils n’imposeraient pas à la CDH l’adoption de leur projet de résolution injustifié contre Cuba ; au contraire, ils lui présenteraient des textes visant précisément les gouvernements latino-américains qui montent sur leur char et défendent leur projet anticubain.
Il ne s’agit pas là d’une simple rhétorique : cette thèse repose sur les rapports que le département d’Etat rédige tous les ans au sujet de la situation des droits de l’homme dans le monde entier (exception faite des USA, bien entendu !) et qui contiennent à propos des gouvernements qui se font leurs complices à la CDH des données concrètes et des jugements de valeur autrement plus graves que les accusations mensongères formulées contre Cuba.
Alors qu’au fil des années, le département d’Etat est absolument incapable de présenter, dans le cas de Cuba, un seul exemple de violation massive, grave et flagrante des droits de l’homme, il signale en revanche des dizaines, des centaines, voire des milliers de cas de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires – dont des enfants – d’assassinats politiques de journalistes et d’avocats, de corruption et de fraude au gouvernement, et un panorama d’impunité totale et de désespoir chez les peuples victimes des gouvernements qui font pourtant compagnie à la superpuissance pour attaquer la dignité des Cubains à Genève.
L’attitude du gouvernement hondurien à la soixantième session de la CDH souleva un tollé général dans la population.
Nombre de personnalités politiques et artistiques, d’intellectuels et de parlementaires, d’organisations non gouvernementales, d’associations d’amitié, voire certains des médias les plus importants du pays, comme La Prensa, La Tribuna, Tiempo et El Heraldo, publièrent des communiqués, des déclarations, des articles et des lettres condamnant l’attitude du président Maduro et dénonçant sa servilité envers les USA.
Le commissaire national aux droits de l’homme du Honduras, Ramón Custodio, parla au nom de son peuple à la soixantième session de la CDH pour condamner l’attitude de son gouvernement et démarquer le peuple hondurien de cette infâme manoeuvre anticubaine.
Le 6 mai 2004, peu de temps après la clôture de la soixantième session de la CDH, le président Bush annonçait en effet la mise en pratique de nouvelles mesures visant à intensifier le blocus et à détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain en toute souveraineté.
Dès son entrée à la Maison-Blanche grâce au soutien enthousiaste des secteurs les plus extrémistes de Miami, Bush a mené de nouvelles agressions et renforcé les mesures visant à fabriquer de toutes pièces une situation de crise à Cuba.
Le chapitre I du Rapport rédigé par la commission que Bush avait créée pour accélérer le « changement de régime » à Cuba, rendu public le 6 mai 2004, identifie deux tâches qui ont à voir directement avec la Commission des droits de l’homme : organiser une vaste campagne de désinformation à l’étranger et favoriser l’isolement de la Révolution en impliquant d’autres acteurs et en manipulant les créneaux offerts par les organisations multilatérales.
Le résumé de ce chapitre – le document entier a été entériné par Bush – affirme sans ambages que la promotion de manoeuvres anticubaines au sein des organisations internationales constitue une arme d’appoint très importante « à la politique visant à accélérer la fin du régime castriste » et il recommande en particulier de « renforcer le soutien au suivi des droits de l’homme ».
En vue de sa réélection en novembre 2004, Bush continua de cultiver avec enthousiasme le soutien de tous ceux qui, y compris les représentants des groupes terroristes basés aux Etats-Unis, ont participé depuis des décennies aux plans et aux actions les plus brutaux visant à détruire la Révolution cubaine,
Bush se rendit de nouveau en Floride quelques jours avant les élections. Le dimanche 31 octobre, lors d’une rencontre à laquelle participèrent plusieurs terroristes et ennemis avérés de la Révolution cubaine, il affirma : « Dans les quatre prochaines années, nous maintiendrons nos pressions pour que le cadeau de la liberté arrive finalement aux hommes et aux femmes de Cuba. Nous ne nous lasserons pas. Nous maintiendrons nos pressions jusqu’à ce que le peuple cubain jouisse des mêmes libertés à La Havane qu’ici aux Etats-Unis. ».
Quelques mois plus tard, le peuple cubain connaîtrait de nouveau, à la soixante et unième session de la Commission, un autre chapitre des manigances politiques que le Gouvernement des États-Unis écrit chaque année à Genève afin, mais en vain, de discréditer les transformations révolutionnaires engagées dans l’île depuis janvier 1959. L’administration Bush ne reculerait devant aucune borne morale ou légale pour atteindre ses visées anticubaines. Les pressions et les chantages seraient encore plus brutaux.
Soixante et unième session de la CDH (2005)
À peine quarante-huit heures après la réélection de Bush, la camarilla agressive et militariste dont le pouvoir reçut un surprenant soutien aux dernières élections impériales, s’empressa de confirmer qu’elle poursuivrait sans changement sa politique de blocus et d’hostilité contre Cuba.
Ainsi, le 4 novembre 2004, le département d’Etat émit une note de presse intitulé : « Cuba, situation des droits de l’homme », dans laquelle il répéta plusieurs des mensonges, des calomnies et des fausses accusations qui servent de base à la campagne anticubaine de l’administration en matière de droits de l’homme.
Cette note falsifiait de nouveau les faits survenus en mars 2003, date à laquelle le gouvernement et les tribunaux cubains durent intervenir pour faire appliquer la loi et neutraliser les actions délictuelles de mercenaires qui, financés et dirigés par la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane, prétendaient détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain. La fin de l’impunité dont jouissaient les transgresseurs de la loi est décrit dans la note de Washington comme « un coup de filet total contre les activistes indépendants de la société civile ».
Le département d’Etat mentait sans scrupules, une fois de plus. Les tribunaux civils ordinaires ont puni, en vertu de lois préexistantes aux délits commis, non des activistes, encore moins indépendants, mais des mercenaires annexionnistes que recevaient des ordres et de l’argent en abondance du gouvernement étasunien pour réaliser des actions illégales à Cuba au service de sa politique de blocus et d’agressions. Dans n’importe quel pays du monde, Etats-Unis compris, conspirer au service d’une puissance étrangère constitue un crime.
Le renforcement de l’hostilité de Washington contre Cuba et la manipulation de la question des droits de l’homme à cet égard, apparurent de nouveau en plein jour dans la lettre que Bush adressa aux organisateurs du séminaire anticubain tenu en novembre 2004 à Miami sous les auspices de l’Institut des études cubaines et cubano-américaines de l’Université de Miami et de l’ambassade de la République tchèque aux Etats-Unis : le chef de la Maison-Blanche y réaffirmait une fois de plus son engagement de soutenir toute action conduisant finalement à la destruction de la Révolution cubaine.
Ce n’était pas un hasard que cette lettre fût publiée immédiatement après la réélection de Bush, favorisée par la culture de la peur qui a été imposée au peuple nord-américain. Bush tenait à réitérer son soutien à la toujours fidèle mafia terroriste et anti-cubaine de Miami.
Les représentants de la mafia à Miami et les mercenaires de la politique anticubaine des États-Unis dans l’île se félicitèrent aussitôt de la réélection de l’administration républicaine. Lincoln Díaz-Balart, législateur à l’état de services anti-cubain avéré, déclara : « La vérité est que ces élections ont fermé toutes les voies à Castro. »
De son côté, Camila Ruiz, l’une des directrices de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), déclara : « Nous sommes très contents de pouvoir continuer à travailler avec l’administration du président Bush pour parvenir à un changement démocratique à Cuba. » Les méthodes « démocratiques » de la Fondation privilégient, entre autres pratiques, la pose de bombes dans des hôtels, les plans d’assassinat du président Fidel Castro et le sabotage de cibles économiques à Cuba.
En 2005, les États-Unis tentèrent de répéter la manoeuvre des années précédentes : charger un pays tiers ou un groupe de pays de présenter publiquement le projet anti-cubain, forts de la subordination et de la profonde dépendance de quelques gouvernements d’Amérique centrale et d’Europe de l’Est à l’égard de leur politique hégémonique.
Les fonctionnaires de Washington exercèrent de fortes pressions sur les pays centraméricains afin de les obliger à présenter le projet anti-cubain comme une « initiative conjointe » de la sous région, mais leurs démarches échouèrent. Le Honduras refusa de rejouer le triste rôle de l’année précédent et d’autres gouvernements de la région réagirent de la même manière.
Les Etats-Unis décidèrent alors de présenter directement un projet qui a toujours été leur. Ils jugèrent aussi que, ce faisant, ils pourraient parvenir à freiner la dégradation progressive du soutien reçu à la CDH.
L’administration Bush utilisa à son profit la forte subordination à sa politique anticubaine de plusieurs pays de l’Union européenne, soucieux de réparer les dommages que leur timide mise en cause de l’invasion de l’Iraq avait causés à leurs relations avec la superpuissance : l’Union européenne fit donc chorus comme un seul homme avec Washington à la soixante et unième session de la CDH, la palme revenant toutefois à plusieurs gouvernements d’Europe centrale et de l’Est qui lui servent de pions au sein de l’Union européenne.
A l’instar de l’année précédente, les Etats-Unis exercèrent leurs pressions discrètement, concentrant leurs démarches à Washington et dans les capitales des pays membre de la CDH, s’efforçant non seulement d’obtenir des voix, mais encore de contrer toute initiative de procédure que pourrait présenter la délégation cubaine, Bush lui-même et sa secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, se lançant même dans la bataille.
En septembre 2004, le représentant des USA auprès de l’ECOSOC, Sichan Siv, réalisa une tournée dans le Golfe arabo-persique dans le but de s’assurer le soutien de la région aux initiatives étasuniennes à la prochaine CDH, critiquant en conférence de presse la présence en son sein de pays tels que Cuba, le Soudan et le Zimbabwe.
Le 15 septembre 2004, une dépêche d’Europa Press intitulée : « Pour la liberté des prisonniers de conscience à Cuba » révéla que la Fondation FAES, présidée par le fasciste espagnol José maria Aznar, avait organisé une réunion pour défendre les mercenaires jugés et condamnés à Cuba à laquelle avaient participé Jorge Moragas, secrétaire des relations internationales du Parti populaire espagnol, Rafael Rubio, président de l’Association espagnole « Cuba en transition », et Carlos Alberto Montaner, terroriste d’origine cubaine.
Des réunions de propagande anti-cubaine eurent lieu aussi en République tchèque, convoquées sous l’égide de Washington et subventionnées par lui : ainsi, du 17 au 19 septembre 2004, le prétendu Comité international pour la démocratie à Cuba (CIDC) et l’organisme gouvernemental tchèque « Gens en difficulté » (People in Need) tinrent au Sénat même, à Prague, un show médiatique baptisé « Vers une démocratie à Cuba » auquel participèrent, entre autres, Vaclav Havel, l’ex-président de la République tchèque, José Maria Aznar et Jeane Kirkpatrick, ancienne représentante des USA aux Nations Unies en pleine guerre froide.
En Amérique Latine, les pressions impériales anticubaines se firent aussi sentir de toute leur force. En mars, plusieurs ambassadeurs latino-américains accrédités à Washington furent convoqués à une table ronde sur la soixante et unième session de la CDH au Congrès même des Etats-Unis, la représentante d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, ayant recouru à ses méthodes de chantage traditionnelles pour garantir la présence de plusieurs d’entre eux.
Les pressions exercées sur les gouvernements du Mexique, du Pérou et du Guatemala furent particulièrement notoires.
Ainsi, le secrétaire de la Défense, Donald Rumsfeld, en visite au Guatemala en mars 2005, exigea que le gouvernement vote le projet anticubain comme condition préalable à la levée de l’embargo militaire de Washington et à l’allocation de 3,2 millions de dollars aux forces de l’air et à la maintenance des bases militaires, ainsi qu’à la formation et à l’équipement des effectifs qui participeraient à des missions internationales de paix.
Du 4 au 6 avril 2005, le sous-directeur de l’US/AID pour l’Amérique Latine et la Caraïbe, Adolfo Franco, se rendit en Argentine dans le but d’obtenir son vote au projet anti-cubain et demanda au ministère des affaires étrangères d’ouvrir les portes de l’ambassade à La Havane aux mercenaires de la politique anticubaine des Etats-Unis.
Au Mexique, les pressions furent directement braquées contre le ministre des Affaires étrangères, Derbez, qui souhaitait obtenir le « vu et approuvé » de Washington à sa candidature à la tête de l’Organisation des Etats américains et qui promit donc sans trop de scrupules de voter en échange contre Cuba à la CDH. L’année précédente, Derbez avait déjà obtenu l’accord de Bush à un vote éventuel du Mexique à la résolution cubaine sur Guantánamo en échange, encore une fois, de son vote contre Cuba : en fait, l’administration Bush avait besoin du vote décisif du Mexique dans sa manœuvre contre l’île, tandis que, forte de la complicité de l’Union européenne, elle pouvait se passer aisément du soutien du Mexique pour bloquer l’initiative cubain au sujet de Guantánamo.
Le 7 avril 2005, interviewé par la chaîne CNN, Roger Noriega, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Amérique Latine, affirma qu’il était important pour les USA maintenir la question de Cuba à l’ordre du jour de la Commission et qu’ils ne lésineraient sur aucun effort pour y parvenir.
Les Etats-Unis étendirent leurs pressions à des pays non membres de la Commission dans le but d’augmenter la quantité des coauteur de leur projet.
Ils recoururent de nouveau à Mme Christine Chanet, représentante personnelle pour Cuba du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui présenta son deuxième rapport à la soixante et unième session de la CDH, simple copie de celui de 2004. Là, bien entendu, pas un mot des victimes cubaines du terrorisme encouragé et autorisé par le Gouvernement des Etats-Unis ; pas un mot d’encouragement aux familles des Cinq héros de la lutte anti-terroriste séquestrés dans des prisons étasuniennes.
Mme Chanet s’y fit l’écho des mensonges fabriqués par les autorités étasuniennes et la mafia terroriste anticubaine de Miami, qui visent à imposer « un changement de régime dans l’île » et à priver le peuple cubain de son droit inaliénable à l’autodétermination.
En fait, Mme Chanet faisait siennes les prétentions de la superpuissance et des anciennes métropoles européennes d’imposer des normes et des modèles favorisant leur schéma de domination à la coopération internationale concernant la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.
Mme Chanet a joué à ce jour le méprisable rôle lié à un mandat nul et non avenu, conçu et imposé par les Etats-Unis pour mieux justifier leur politique d’agression et d’annexion contre la nation cubaine.
Elle devrait renoncer à exercer un mandat conçu pour étayer les visées patentes de conquête et de domination de l’empire. Tant qu’elle exercera cette fonction, elle ne pourra attendre du peuple cubain que le traitement que reçoivent les collaborateurs de la puissance agressive.
Une fois commencés les travaux de la Commission, les Etats-Unis refusèrent à nouveau de changer une seule virgule à leur projet de résolution anticubain, si bien que l’Union européenne et d’autres pays furent contraints de signer un document sur lequel on ne les avait absolument pas consultés.
Le 12 avril 2005, quelques heures avant l’heure butoir (15 h à Genève), la délégation étasunienne remettait officiellement au secrétariat leur projet de résolution parrainé par 37 pays (les 25 membres de l’UE et les USA, plus le Nicaragua, El Salvador, Monaco, l’Albanie, Israël, la Croatie, le Japon, la Roumanie, l’Australie et le Canada). D’autres pays, notamment du Nord, vinrent se joindre ensuite au projet initial, la superpuissance, sans peur du ridicule, allant jusqu’à demander le soutien de deux petits Etats du Pacifique, Palau et les îles Marshall, dont la politique extérieure est aux mains de Washington. Total de coauteurs : 44.
Le texte de la résolution s’inscrivait dans les visées recherchées par les Etats-Unis : poursuivre la manoeuvre anticubaine ; garantir que la condamnation de Cuba apparaisse à la une des médias transnationaux ; maintenir le prétexte du durcissement de leur hostilité et de leur agressivité.
Le texte ayant été imposé en votation compte de trois paragraphes comme préambule et deux dispositifs. Il n’inclut pas une condamnation explicite de Cuba, aux effets d’assurer son adoption et un co-patronage le plus vaste possible.
Le texte voté comptait trois paragraphes d’introduction et deux paragraphes dispositifs, mais aucune condamnation explicite de Cuba afin de pouvoir obtenir d’abord le plus grand nombre possible d’auteurs puis les voix nécessaires à son adoption.
Comme prévu, la résolution ne faisait aucune référence au blocus et à d’autres aspects de la politique hostile des Etats-Unis contre le peuple cubain, ni au durcissement des mesures décidées par le président Bush en mai 2004.
La résolution fut adoptée le 14 avril 2005 par 21 voix pour, 17 contre et 10 abstentions, selon un scrutin qui reflétait nettement une polarisation Nord-Sud, seuls quelques pays latino-américains s’étant fait complices, compte tenu de leur subordination et de leur vulnérabilité face à Washington, de sa politique anti-cubaine.
Les pressions des USA furent particulièrement brutales dans les quarante-huit heures ayant précédé le scrutin et on le comprend : selon nos représentants, à cet date-là, la résolution aurait été rejetée ou adoptée par une marge bien plus serrée.
Le 19 avril 2005, lors d’une audience du Comité qu’il préside, M. Christopher Smith – président de la sous-commission Afrique, Droits de l’homme et Opérations internationales de la commission des Relations internationales de la Chambre de représentants du Congrès – reconnut que l’approbation des résolutions contre Cuba et le Belarus à la CDH avait exigé que la délégation de son pays s’emploie à fond, sans parler des pétitions de Bush à titre personnel aux présidents ukrainien et mexicain.
Pour atteindre leur but, les Etats-Unis menacèrent de bloquer les négociations concernant des résolutions aux Nations Unies, de restreindre les importations de certains produits ou de retirer l’African Growth and Opportunity Act (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, AGOA) qui facilite l’accès de certaines exportations africaines au marché étasunien.
Le régime de Washington conditionna son aide à plusieurs gouvernements sur des points stratégiques ayant une importance fondamentale pour leur sécurité nationale, tels que la livraison d’armements modernes de facture américaine, le soutien au contrôle de l’opposition durant les élections et même des conflits frontaliers. Les menaces touchèrent aussi l’éventuelle élimination de l’aide financière de la Banque mondiale et d’autres organismes financiers internationaux.
Pour renforcer les pressions anticubaines à Genève, la délégation étasunienne mit de nouveau en place un Groupe de travail intégré par son chef, Rudy Boschwitz, et des ambassadeurs à Genève, Kevin Moley, et auprès de l’ECOSOC, Sichav Siv.
Chris Smith, représentant républicain du New Jersey, et Michael Kozak, ancien chef du Bureau Cuba au département d’État et de la Section des intérêts des États-Unis à La Havane, participèrent également aux démarches anticubaines.
À l’instar de années précédentes, les représentants de la mafia anticubaine de Miami arrivèrent à Genève un ou deux jours avant le scrutin pour déverser toute leur haine contre le peuple cubain. Plusieurs d’entre eux se virent contraints de porter des badges de presse pour accéder à la salle de réunion, car l’accréditation leur devient de plus en plus difficile.
En revanche, le terroriste Luis Zúñiga ne participa pas à la CDH. Apparemment les États-Unis avaient tiré la leçon du coût politique qu’avait représenté pour eux le fait d’avoir délivrer une accréditation à un terroriste avéré.
Le traitement manipulé et sélectif des droits de l’homme à Cuba à la CDH fut dénoncé dans l’appel « Stoppons une nouvelle manoeuvre contre Cuba », signé par de milliers de personnalités importantes, dont des Prix Nobel de la Paix, des journalistes, des écrivains, des artistes et des professeurs de renom.
L’administration étasunienne n’a pas la moindre autorité morale pour accuser Cuba. Elle est l’une des responsables les plus patentes et les plus impitoyables de violations graves et massives des droits de l’homme dans toute l’histoire de l’humanité, à quoi s’ajoute le fait qu’elle a foulé aux pieds et converti en lettre morte une partie significative des progrès les plus importants de la communauté internationale en matière de droit international, en particulier de droits de l’homme et de droit international humanitaire.
Des centaines d’êtres humains sont toujours incarcérées arbitrairement à la base navale de Guantánamo, territoire cubain illégalement occupé par les Etats-Unis, dans des conditions infrahumaines, sans accusations ni procès, depuis maintenant plus de cinq ans.
Au nom de sa prétendu lutte contre le terrorisme, le gouvernement étasunien a aussi réalisé des vols secrets à travers l’Europe, transportant illégalement de prisonniers qu’il a enfermés ensuite dans des centres secrets de détention et de torture.
Les Etats-Unis violent depuis plus de quarante ans les droits du peuple cubain en lui imposant un blocus cruel, inhumain et génocide.
L’administration étasunienne, violant outragement le droit international, fabrique, instruit et finance des groupuscules de mercenaires sans scrupules et à vocation annexionniste, aux ordre de sa Section des intérêts de La Havane, afin de réaliser des activités visant à détruire l’ordre constitutionnel de la République de Cuba.
L’administration étasunienne viole les droits des millions de Nord-américains en leur interdisant de voyager à Cuba.
L’exemple cubain en matière de justice sociale, de véritable démocratie et de respect des droits de l’homme irrite le président Bush et ses acolytes de la mafia anticubaine. Par son sacrifice, son talent et sa résistance, le peuple cubain a édifié une alternative politique, économique et sociale viable et fortement contraire aux idéaux de domination mondiale et d’hégémonisme unilatéral que les dirigeants étasuniens prétendent d’imposer au monde. Ils ont peur de l’œuvre de la Révolution, et leur seul recours est le mensonge.
Dernière session de la CDH (2006)
Compte tenu de la complexité des négociations engagées en vue de constituer le nouveau Conseil des droits de l’homme, l’incertitude régnait, début 2006, à New York et à Genève quant à l’aspect que prendrait la soixante-deuxième session de la Commission dont l’ouverture était prévu le 13 mars.
Les Etats-Unis et leurs principaux alliés plaidaient pour une session courte, à caractère procédural, devant servir de transition rapide à la première session du Conseil des Droits de l’homme : ils prétendaient par là éviter tout débat réel sur le fond et l’examen de questions comme celle de Guantánamo qui faisait la une des journaux du monde entier.
La confusion, l’incertitude et l’indéfinition régnaient toujours à Genève début mars 2006, du fait du lien établi entre la soixante-deuxième de la Commission et les résultats des négociations sur la mise en place du nouveau Conseil, aucun groupe régional n’étant parvenu à des accords solides en la matières, ce qui paralysait les préparations de la session.
Les spéculations allaient bon train et l’on évoqua plusieurs variantes : depuis la suppression pure et simple de la soixante-deuxième session jusqu’à la tenue d’une session normale (de fond) à partir du 13 mars.
La soixante-deuxième fut ouverte le lundi 13 mars, mais vite suspendue pendant une semaine à l’initiative de son président, l’ambassadeur péruvien, dans l’attente des derniers résultats des négociations se déroulant à l’Assemblée générale de New York sur la création du nouveau Conseil.
Celle-ci adopta finalement, le 15 mars, la résolution A/60/251 qui entérinait la mise en place du Conseil des droits de l’homme en tant que son organe subsidiaire.
La CDH se réunit formellement le lundi 20 mars, mais une nouvelle suspensión fut décidée au titre de l’article 21 des règlements de l’ECOSOC.
La décision de dissoudre la CDH à compter du 16 juin fut adoptée sans vote par l’ECOSOC le mercredi 23 mars.
La dernière session de la CDH fut reprise le lundi 27 mars dans l’après-midi, adoptant sans vote, en un peu plus de deux heures, trois documents : l’ordre du jour de la soixante-deuxième session (L. 1), le projet de résolution sur la conclusion des travaux (L.2) et le rapport (L.10).
Dans son projet de résolution intitulé « Cessation des travaux de la Commission » (L.2), la CDH renvoyait tous les rapports de procédures spéciales au Conseil.
Bien qu’aucun projet de résolution spécifique par pays n’ait été présenté à cette dernière session, Cuba est persuadée que, quel que soit le scénario futur, le gouvernement des Etats-Unis poursuivra ses manigances contre elle à Genève et elle est prête à la contrer en défendant la vérité et la raison et en demandant la justice que mérite son peuple face aux visées annexionnistes de l’empire.
Les gouvernements qui parraineraient et soutiendraient la résolution contre Cuba à Genève se feraient les complices du plan impérialiste que l’administration Bush suit en vue de détruire par tous les moyens – sans renoncer à l’intervention militaire directe – le système politique, économique et social décidé par le peuple cubain. Ces gouvernements contribueraient à la fabrication du prétexte dont a besoin Washington pour renforcer sa politique de blocus, d’hostilité et d’agressions contre le peuple cubain.
Les travaux de l’ancienne Commission des droits de l’homme ont été minés par la manipulation politique et par le deux poids deux mesures
Presque soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme et quatorze ans après la Conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne, les mécanismes des Nations Unies dans ce domaine se sont avérés incapables de promouvoir et de protéger l’exercice de tous les droits de l’homme pour tous, à partir du respect des principes d’universalité, d’impartialité, d’objectivité et de non-sélectivité.
La Commission des droits de l’homme était devenue une espèce d’inquisition contre les pays du Sud et contre tous ceux qui s’opposent à la stratégie de domination politique et idéologique de l’Empire, dans la mesure où celui-ci tentait de façon permanente et dogmatique d’imposer ses modèles et ses patrons censément universels, de minimiser la protection et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels et de nier les droits collectifs des peuples à la paix, au développement et à l’autodétermination.
Toutes les résolutions concernant des pays et adoptées de 1990 à 2005 n’ont pointé un doigt accusateur que vers les pays sous-développés, comme si ceux-ci étaient les seuls violateurs présumés des droits de l’homme, et elles ont toutes été présentées par des pays développés.
Toutes les résolutions adoptées pendant une décennie dans le cadre du point 9 de l’ordre du jour de la Commission (« Question de la violation des droits de l’homme et des libertés fondamentales, où qu’elle se produise dans le monde ») n’ont concerné que les Etats en développement .
Par ailleurs, la Commission a adopté deux fois plus de résolutions relatives aux droits civils et politiques qu’aux droits économiques, sociaux et culturels, et consacré trois fois plus de pages de documents officiels aux premiers qu’aux seconds !
Aucune personne sensée ne se risquerait à affirmer qu’il n’existe pas de violations des droits de l’homme dans les pays développés. La différence, c’est que la Commission n’était pas en condition de les aborder.
La soixante et unième session a été témoin d’un autre épisode qui mit clairement à nu l’hypocrisie et la morale à double vitesse des Etats-Unis et de leurs alliés au sein de la CDH, quand Cuba introduisit, le jeudi 14 avril 2005 dans l’après-midi, le projet de résolution intitulé : «Question des détentions arbitraires dans la base navale des Etats-Unis à Guantánamo», sous la cote E/CN.4/2005/ L.94.
Il ne s’agissait, contrairement aux dires de certains, d’une manœuvre revancharde ou de représailles contre les Etats-Unis, ni d’une résolution visant à condamner un pays quelconque ; mais d’aborder une situation des droits de l’homme tout à fait légitime qui éveillait le souci et les critiques des nombreuses ONG et de nombreux gouvernements, de la presse internationale, de plusieurs rapporteurs spéciaux de la propre Commission et même du Parlement européen. La Commission ne pouvait pas ne pas se prononcer à ce sujet, d’autant que la résolution ne cherchait pas la confrontation ni ne portait condamnation.
Or, les Etats-Unis exercèrent de telles pressions que le projet fut repoussé, au terme d’un vote nominal, comme ils l’exigèrent, par 22 voix contre 8 et 23 abstentions, les votes contre ayant émané, entre autres, des neufs pays en bloc de l’Union européenne, de trois pays d’Europe de l’Est (Arménie, Hongrie et Roumanie) et de quatre pays latino-américains. Les pays du Nord portèrent donc l’estocade à ce projet, mettant plus clairement à nu que jamais la double morale qui régnait au sein de la Commission des droits de l’homme.
Ceux qui empêchèrent les mécanismes pertinents des Nations Unis de suivre le cas des violations des droits de l’homme, largement divulguées par les médiaux mondiaux, et d’y apporter une réponse efficace à la Commission des droits de l’homme sont justement ceux qui présentèrent, parrainèrent ou soutinrent chaque année des projets de condamnation injustes, entre autres la vaine farce anticubaine, contre différents pays du Sud.
Le décès de la Commission des droits de l’homme et la mise en place d’un Conseil soulevèrent chez beaucoup l’espoir sincère qu’une nouvelle étape de coopération et un vrai dialogue s’ouvraient pour les mécanismes des Nations Unies ayant à voir avec ce point. Il n’en fut rien, hélas.
S’il est vrai durant sa première année de mise en place institutionnelle, le Conseil des droits de l’homme n’a pas généré l’avalanche habituelle de résolutions visant les pays du Sud, il n’en reste pas moins qu’aucune garantie ni aucun fondement ne prouve qu’il en sera toujours ainsi.
On pourrait aussi voir se transporter le théâtre de la confrontation dans ce domaine à New York dans la mesure où, à sa soixante et unième session, l’Assemblée générale des Nations Unies a connu un accroissement sensible de résolutions imposés contre les pays en développement dans le cadre de la Troisième Commission qui aborde la question des droits de l’homme.
Tout semble indiquer que la bataille stratégique contre la manipulation politique de la coopération internationale en matière des droits de l’homme est loin d’avoir été gagnée.
Création du Conseil des droits de l’homme. Cuba est élue parmi ses membres fondateurs.
C’est le 15 mars 2006 que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté par 170 voix contre 4 et 3 abstentions la résolution 60/251 relative au mandat, aux fonctions et aux méthodes de travail du Conseil des droits de l’homme.
Cette résolution a fait la part belle à de nombreux intérêts stratégiques des Etats-Unis et de leurs alliés industrialisés, puisque le Conseil a été créé en sacrifiant d’importantes revendications des pays du Sud qui avaient été défendues par la majorité durant toutes les négociations.
Le texte finalement adopté a éliminé aussi bien l’exigence que le nouveau Conseil prête une attention prioritaire au droit au développement de tous les peuples du monde que la réclamation concernant la mise au point de critères clairs et non discriminatoires permettant de mettre un terme à la sélectivité et aux deux poids deux mesures dans la présentation des résolutions sur des pays. Le projet a entériné, renforçant l’ampleur et la gamme de sanctions éventuelles contre des pays du Sud, et en vue aussi de répondre aux exigences de l’Empire, la clause dite de suspension qui permet de priver à tout moment les pays membres élus de leurs droits. À cet égard, on s’en souviendra, Cuba a accompagné son vote favorable à la création du Conseil d’une déclaration où elle exprimait de sérieuses réserves sur tous ces points.
Cuba a voté le projet de résolution tout en faisant une déclaration qui exprimait ses points de vue critiques sur tous ces points. Elle a aussi signalé qu’elle oeuvrerait au Conseil en faveur de la justice, du respect du droit international, du véritable dialogue et de la si nécessaire coopération internationale au service de la promotion et de la protection de tous les droits de l’homme pour tous les peuples et pour toutes les personnes.
Les Etats-Unis ont voté contre la résolution qui a donné naissance au Conseil parce qu’ils n’ont pu garantir leur présence permanente en son sein et parce que, malgré tous les efforts en coulisses de leurs alliés pour que leurs intérêts soient dûment pris en compte, ils ne sont pas parvenus à imposer leurs conditions qui auraient interdit automatiquement l’entrée au Conseil de pays comme Cuba qui haussent le ton pour dénoncer et qui résistent aux tentatives de soumettre les pays du tiers monde sur les plans politique et idéologique.
À peine le Conseil créé, Cuba a présenté formellement sa candidature. Elle a toujours été consciente de la nécessité d’en faire partie et d’y travailler pour en orienter les travaux vers une coopération internationale véritable en matière de droits de l’homme.
Redoutant de faire l’objet d’un vote-sanction de la part de la communauté internationale compte tenu de leur conduite violatrice des droits de l’homme les plus élémentaires et de leur mépris du multilatéralisme et du droit international qui le sous-tend, les Etats-Unis n’ont même pas osé présenter leur candidature au Conseil.
En annonçant leur décision de ne pas aspirer « à cette occasion » au Conseil, les Etats-Unis avaient affirmé clairement qu’ils travailleraient à empêcher l’admission de plusieurs pays qui occupent la première ligne de résistance au projet de domination hégémonique mondial de l’impérialisme. Bien entendu, Cuba avait été dès le premier instant identifiée comme l’un de ces pays dont les candidatures devraient être sabotées en priorité et l’admission interdite. À Washington, à New York, à Genève et dans de nombreuses capitales de toutes les régions du monde, les représentants de l’administration Bush ont exercé toutes sortes de pressions contre l’aspiration légitime de Cuba.
Dans leurs manœuvres contre Cuba, les Etats-Unis ont pu compter une fois de plus sur la subordination et le soutien complice de nombreux pays de l’Union européenne et de l’immense majorité des pays qui partagent les privilèges de l’ordre international injuste en vigueur ou qui en reçoivent tout simplement les miettes. Terrorisés par les conséquences que pourrait entraîner pour eux le fait d’avoir eu l’audace de bloquer une formule qui aurait garanti l’élection sans risque du tuteur de leurs intérêts mesquins et du défenseur de leur idéologie basée sur l’exclusion, la plupart des pays de l’Union européenne ont serré les rangs et se sont efforcés de bloquer l’entrée au Congrès des pays inscrits sur la « liste noire » préparée par le département d’Etat, une liste où Cuba apparaissait, et c’est tout à son honneur, en bonne place.
On a même vu, au sein de l’Union européenne, des alliés proches et des valets de l’Empire travailler d’arrache-pied pour faire entériner publiquement à ses membres la « liste noire » mise au point par Washington.
En matière de conduite de soumission humiliante, la République tchèque s’est une nouvelle fois distinguée, ses autorités n’ayant pas laisser passer la moindre occasion de se présenter sur le devant de la scène en marionnettes bariolées et salariées des cercles de pouvoir impérialistes aux Etats-Unis et de la mafia terroriste anticubaine de Miami.
Cuba a été élue le 9 mai 2006 au Conseil des droits de l’homme, sa candidature ayant reçu le soutien de 135 des 191 pays membres des Nations Unies, soit plus des deux tiers. C’est en même temps un échec pour les Etats-Unis dont l’objectif était d’empêcher Cuba d’occuper un siège au sein de l’organe spécialisé en matière de droits de l’homme le plus important du système des Nations Unies.
Ce vote corrobore une fois de plus le vaste soutien international dont Cuba bénéficie dans l’arène internationale, tant par ses dénonciations des visées de domination impériale de la superpuissance et par sa résistance à celle-ci, que par la lutte qu’elle livre jour après jour auprès des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes et de tous ceux qui ont fait leurs les demandes de paix, de justice, de développement, d’équité et de solidarité. Ce sont ces pays-là, qui sont du Sud dans leur immense majorité et qui apprécient le travail actif de notre pays dans la défense des causes collectives de nos peuples qui ont assuré la présence de Cuba au Conseil des droits de l’homme à titre de membre fondateur.
Le résultat de l’élection au Conseil des droits de l’homme confirme le refus de la communauté internationale des visées de l’Empire qui s’entête à nier au peuple cubain son droit légitime à l’indépendance et à l’autodétermination. L’élection de Cuba au nouvel organe des droits de l’homme des Nations Unies corrobore en plus le discrédit généralisé des manœuvres anticubaines fomentées par les Etats-Unis à la Commission des droits de l’homme ces vingt dernières années.
Ce résultat prouve également que le gouvernement de Washington ne peut exclure Cuba d’aucun organe international ou la condamner dès lors que les conditions sont réunies pour que les pays puissent voter de manière secrète et libre, en leur âme et conscience, et exprimer ainsi leur volonté souveraine, sans crainte de pressions et de représailles éventuelles, ce qui n’est plus possible dans notre monde que par un vote secret.
En juin 2006, intervenant au segment de haut niveau de la première session du Conseil, Felipe Pérez Roque, ministre cubain des Relations extérieures, a exprimé l’espoir du peuple cubain que le nouvel organe constitue le début d’une étape qualitativement différente dans la lutte pour créer un système véritable de promotion et de protection de tous les droits de l'homme étendus à tous les habitants de la planète, et non aux seuls riches et privilégiés. Mais il y faudra un changement radical, une vraie révolution des conceptions et des méthodes qui ont entravé l'ancienne Commission.
Cuba ne se fait pas d’illusions quant à la disposition réelle des pays développés, alliés des Etats-Unis, à faire ce pas capital et historique.
Il a été très clair : si le Conseil œuvre pour concrétiser les promesses proclamées aux quatre vents, alors, il pourra compter sur Cuba. Mais que l’on ne compte pas sur Cuba pour le transformer en tribunal exclusif contre les pays sous-développés et pour assurer l’impunité des pays du Nord.
Perspectives d’évolution des manigances anticubaines des Etats-Unis au nouveau Conseil
La fabrication d’une condamnation imméritée de Cuba en matière de droits de l’homme aux Nations Unies a constitué un facteur essentiel de la politique anticubaine des administrations étasuniennes. Rien ne permet de penser qu’il en sera différemment dans un avenir immédiat.
En tout cas, le projet de résolution anticubain traditionnelle n’est pas apparu aux trois sessions ordinaires que le Conseil a tenu de juin à décembre 2006.
Néanmoins, un fait inédit est survenu à l’Assemblée générale, le 8 novembre 2006 : pour la première fois depuis que celle-ci a adopté la première résolution demandant la levée du blocus économique, commercial et financier appliqué par les Etats-Unis, autrement dit en 1992, l’administration Bush s’est entêtée à faire adopter une initiative visant à dénaturer l’essence même du projet qui allait être finalement voté par 183 Etats.
Les fonctionnaires de Washington, convaincus de leur impuissance face au rejet quasi unanime de leur politique de blocus contre le peuple cubain, ont choisi de promouvoir un amendement qui aurait « assassiné » la résolution, cherchant à profiter des avantages de la confusion que des procédures complexes provoquent bien souvent.
L’administration Bush a donc décrété que la délégation australienne présenterait son projet d’amendement qui ne visait au fond qu’à légitimer son blocus illégal, à partir de sa prétention impériale d’imposer un « changement de régime » au peuple cubain.
Les USA ont distribué le lundi 6 novembre 2006 des talking points pour réclamer un soutien à l’amendement que l’Australie ferait enregistrer le mardi 7 dans l’après-midi. Ils avaient tenté d’abord d’obtenir, mais en vain, qu’un pays de l’Union européenne le présente, puis que d’autres pays le fassent. Finalement, il fallut un appel téléphonique de très haut niveau depuis Washington au ministre des affaires étrangères pour que l’Australie accepte honteusement de se soumettre et de servir de porte-parole de l’amendent des USA.
Or, le gouvernement australien n’a pas la moindre autorité morale pour critiquer la situation des droits de l’homme à Cuba : il est le complice de l’impérialisme étasunien, il est une espèce d’ « impérialisme de poche » toujours prêt dans le Pacifique à suivre son mentor. Il n’a pas seulement dépêché des troupes lors de la guerre qui a coûté la vie à quatre millions de Vietnamiens, mais aussi, et avec quel enthousiasme, plus de deux mille soldats en Iraq pour soutenir une invasion et une guerre préventive absolument illégale !
Le gouvernement australien, qui soumet sa population aborigène à un véritable régime d’apartheid, n’a aucune autorité morale pour critiquer Cuba. Le gouvernement australien, qui soutient le centre de tortures que les Etats-Unis maintiennent à Guantánamo et qui a secondé les procès sommaires ouverts devant des cours martiales aux prisonniers qui y sont molestés et torturés, n’a aucune autorité morale pour critiquer Cuba.
L’année 2006 s’est conclue sans présentation devant le nouveau Conseil ni adoption de la résolution sélective et politisée contre Cuba que la CDH adoptait régulièrement par une marge de voix étroite.
Néanmoins, comme tous les mandats de l’ancienne Commission ont été prorogés afin de ne pas provoquer un vide de protection, Mme Christine Chanet, représentante personnel du Haut-Commissaire pour Cuba, a pu poursuivre le sien, ce qui lui a permis de présenter un nouveau rapport à la seconde session ordinaire du Conseil et lui permettra d’en présenter un autre à la quatrième session (mars-avril 2007), où l’on verra se répéter la farce anticubaine que les Etats-Unis joue traditionnellement en recourant à ses salariés de Miami et à tel ou tel mercenaire européen, dans le style de ceux que People in Need recrute avec l’argent de Washington. Ces voix minoritaires seront comme chaque année réduites au silence devant le soutien écrasant que le peuple cubain reçoit de la part de dizaines d’organisations non gouvernementales qui constituent de vrais défenseurs des droits de l’homme.
Sera-t-il possible de contrer la manoeuvre anticubaine en matière de droits de l’homme ?
Même si la bataille sera très difficile, de nouveaux espaces s’ouvrent aujourd’hui pour contrer la manœuvre anticubaine des USA.
Le Conseil a vu le jour alors que les mécanismes de condamnations et de sanctions injustes aux pays du Sud s’épuisent, ce qui n’empêche pas que les violations des pays du Nord dans ce domaine de bénéficier de la plus complète impunité.
Le Mécanisme d’examen périodique universel, qui sera bientôt établi, devrait garantir une analyse impartiale, objective et non sélective de la situation des droits de l’homme dans n’importe quel pays du monde, Cuba y compris.
Ceux qui ont secondé les manoeuvres anticubaines des USA sous prétexte que le texte présenté ne portait pas condamnation et qu’aucun pays ne devait échapper à la supervision des mécanismes des Nations Unies en la matière, n’ont plus maintenant cette justification. Cuba, membre du Conseil, devra se soumettre à ce mécanisme durant les trois ans que durera son mandat, à condition que cessent les manœuvres des USA contre elle.
L’Histoire mettra en relief le sens de l’honneur, la dignité et l’attachement à la justice et à la vérité de chaque membre du Conseil.
Cuba a signalé qu’elle oeuvrerait au Conseil en faveur de la justice, du respect du droit international, du véritable dialogue et de la si nécessaire coopération internationale au service de la promotion et de la protection de tous les droits de l’homme pour tous les peuples et pour toutes les personnes.
Si les Etats-Unis et d’autres puissances industrielles parvenaient à séquestrer les travaux du Conseil et à faire de celui-ci une nouvelle inquisition chargée de punir les pays du Sud et de sataniser la moindre cause juste défendue sur cette planète, que nul ne doute alors que Cuba montera de nouveau à la tribune pour le dénoncer et se battra résolument contre ceux qui, à défaut de principes et de raison, recourent à la force, à la confrontation et au mensonge.