

Dans le cadre de sa politique agressive contre Cuba, les administrations étasuniennes considèrent toutes les armes comme légitimes, depuis les plus cruelles, agressives et génocides, jusqu’à la propagation des mensonges et des dénaturations de la réalité cubaine les plus abjects.
Le système pénitentiaire cubain est, bien entendu, l'une des cibles de cette politique mensongère qui vise à faire croire qu'il ne respecte pas les normes minimales arrêtées à l’échelle internationale et à diffamer la politique carcérale tout à fait limpide de Cuba en la matière.
Ces campagnes de manipulation médiatique et politique contre Cuba diffusent et recréent de fausses histoires et de messages trompeurs, fabriquant de toutes pièces un régime carcéral répressif et inhumain qui violerait les droits de l’homme les plus élémentaires.
Elles répètent à satiété de fausses allégations d’abus et de sévices en vue de faire croire que les autorités pénitentiaires recourent de manière systématique et massive aux mauvais traitements et aux tortures contre les prisonniers. Elles inventent par des procédés frauduleux des images de conditions de détention inhumaines dans des locaux immondes où les détenus sont alimentés pire que des animaux et où ils manqueraient de tout, où tout leur serait restreint et où on leur refuserait jusqu’aux soins médicaux les plus essentiels.
Afin de mieux faire connaître la politique humaniste de la Révolution cubaine dans ce domaine et la transformation du système pénitentiaire par rapport à celui qui existait avant 1959, il nous faut livrer quelques éléments d'analyse qui révèlent la grossièreté des campagnes de propagande des USA.
Transformation du système pénitentiaire hérité d’avant la Révolution
Le système pénitentiaire d’avant la Révolution – qui tortura et exécuta hors procès des centaines de jeunes gens luttant contre la tyrannie de Batista soutenue par Washington – se signalait par la promiscuité et l’entassement, par la corruption judiciaire et administrative, par le crime ouvert, par les sévices et la torture, les disparitions de personnes, la discrimination raciale et sociale, les traitements brutaux infligés aux détenus au détriment de leur intégrité physique et de leur dignité humaine. Ce système – si tant est qu’on peut l’appeler ainsi – était dépourvu du moindre programme de redressement social. Les prisions étaient de vrais dépotoirs à personnes réprimées par la dictature et à marginaux d’une société foncièrement injuste. Bref, il s’agissait d’un régime carcéral impitoyable et brutal, qui déformait les êtres humains et engendrait des délinquants.
La Révolution dut abattre ce régime carcéral pour mettre en place, tout au long de ces années, un système pénitentiaire révolutionnaire profondément humain, reposant sur le respect et le contrôle rigoureux des lois et règlements qui s’inspirent de la conception qu’il convient de redresser et de rééduquer chaque détenu en vue de sa réinsertion sociale.
De vieilles prisons héritées du capitalisme et ne possédant pas les moindres conditions pour y vivre furent désaffectées. On construisit de nouvelles prisons (à régime ouvert et à régime normal), à partir de conceptions humanistes et en respectant les concepts et les principes mis au point par la science pénale à l’échelle internationale au sujet des meilleures pratiques pour le traitement des prisonniers.
Le Gouvernement révolutionnaire dérogea des lois et règlements périmés en matière pénitentiaire, dont beaucoup dataient de la colonie. Il remplaça le personnel à partir de normes d’humanisme élevés et de respect de la dignité qu’on commença à exiger des citoyens qui remplissent une fonction sociale si importante.
Parmi les piliers sous-tendant la transformation engagée alors en vue de mettre en place un nouveau système pénitentiaire après la victoire de la Révolution, il vaut la peine de signaler les suivants :
Ces actions de la Révolution cubaine permirent de rendre aux détenus leur condition d’êtres humains et de promouvoir dans la société le respect de leur statut d’enfants légitimes de la nation cubaine, indépendamment du crime commis.
Fondements légaux et juridiques sous-tendant les transformations du système pénitentiaire cubain
Les fondements du système pénitentiaire cubain sont clairement consacrés non seulement dans les règlements intérieurs mais encore dans les principales lois du pays.
Signalons à titre d’exemples :
- La Constitution de la République stipule à son article 58 : « Tout accusé a droit à la défense. »
- Et à son article 57 : « L’intégrité personnelle du détenu ou prisonnier est inviolable. »
- De son côté, le Code pénal stipule, entre autres, d’autres peines que la privation de liberté, reconnaît la possibilité d’étendre la liberté conditionnelle aux personnes qui en sont privées, stimule des peines conjointes en faveur de la personne qui auraient commis plusieurs délits pour différentes causes et établit des différences entre détenus récidivistes, multirécidivistes et primaires face à la loi et face au traitement pénitentiaire.
- La loi de Procédure pénale établit les garanties requises aux personnes accusées d’un crime et la garantie qu’elles seront défendues par des avocats dûment formés. De même, elle pose comme principe que les personnes accusées doivent être présentées devant un tribunal quand celui-ci le réclame, et qu’il faut rédiger un document contenant le verdict et la façon dont la peine sera purgée, un document important pour définir légalement le statut des personnes condamnées et le traitement qu’elles recevront en prison.
En plus du ministère de l’Intérieur, d'autres institutions participent, dans le cadre du système pénitentiaire cubain, à la protection et au respect de la légalité : les tribunaux populaires, le parquet de la République et les Commissions de prévention et de prise en charge sociales. Les organes départementaux ou directions d'accueil des citoyens dans les organes précités canalisent toute dénonciation présentée par la population relativement à une violation de la légalité et des droits des prisonniers, se chargent de les faire parvenir à qui de droit et d’y répondre.
Particulièrement importants sont la supervision et le contrôle du parquet de la République, organe habilité à faire directement rapport du résultat de ses enquêtes et investigations au Conseil d'Etat, car ce sont là des garanties supplémentaires de protection des droits des prisonniers et de leurs familles et de préservation de la légalité.
Le système pénitentiaire cubain applique largement les quatre-vingt-quinze règles adoptées par les Nations Unies et connues comme Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus.
Le système pénitentiaire cubain – à la différence de ce qui se passe dans de nombreux endroits du monde, en particulier sur la base navale que les USA occupent illégalement à Guantánamo – garantit aux personnes privées de liberté le respect de leur intégrité physique et psychique et de leur dignité humaine. Celles-ci reçoivent un traitement juste durant leur temps d’incarcération et disposent des garanties de soutien à leur réinsertion sociale une fois purgée leur peine ou une fois relaxées.
Éléments clefs du système pénitentiaire cubain
Le système pénitentiaire cubain cherche à garantir la protection et la sécurité de la population carcérale et à développer un ensemble d’actions qui contribuent à l’amélioration de sa condition humaine et de sa conduite sociale. Selon les concepts révolutionnaires, le système pénitentiaire doit servir à sauver l'être humain, tout en lui procurant de l'utilité et de la vertu dans les conditions toujours difficiles de l'emprisonnement.
Il vaut donc la peine d'inventorier certains des éléments distinctifs du système pénitentiaire cubain.
Sur le traitement des prisonniers
L’approche progressive permet à un détenu de bénéficier d’une réduction de peine de jusqu’à deux mois par an pour bonne conduite, de transiter d’un régime de plus grande sévérité à un régime de moindre sévérité et de voir se substituer à la peine de privation de liberté une peine ne l’impliquant pas.
En moyenne, 40 p. 100 des détenus sont en prisons à régime ouvert, sans grilles nitres moyens de sécurité, ne portent pas l’uniforme réglementaire et travaillent dans des conditions similaires à celles de la population civile. Ils bénéficient de permissions de sortie en cas de bonne conduite.
82 p. 100 des détenus ne purgent pas complètement leur peine. Les délinquants primaires peuvent bénéficier d’une libération anticipée au milieu de leur peine, ce délai se réduisant à un tiers dans le cas des jeunes et augmentant à deux tiers pour les récidivistes et multirécidivistes.
Plus de 90 p. 100 des détenus cubains ont reçu une condamnation ferme. Seuls de 8 à 10 p. 100 n’ont pas encore été jugés en tout ou en partie. Ce qui contraste avec les moyennes du reste de l’Amérique latine, qui varient, sauf rares exceptions, de 50 à 95 p. 100. Par ailleurs, dans plusieurs de ce pays, les retards dans l’ouverture de procès varient entre deux et dix ans.
Les peines inférieures à cinq ans de privation de liberté peuvent être remplacées par des peines non privatives de liberté une fois purgé le tiers de la peine.
Les normes disciplinaires et leur règlement interdisent expressément que ceux qui les transgressent fassent l’objet de punitions corporelles, de traitements ou de peines cruels, inhumains ou dégradants ou d’une réduction de l’alimentation. Il est interdit d’imposer aux détenus des chaînes, des fers ou des camisoles de force.
La violence et les sévices, tant physiques que mentaux, sont rigoureusement interdits et constituent un crime prévu par la loi qui oblige à punir toute personne ayant commis de tels actes dans l’exercice de ses fonctions en prison. N’est autorisée que la force strictement indispensable pour ramener l’ordre face à ceux qui l’auraient violé. Il faut signaler que les personnels agissant à l’intérieur des prisons n’ont pas le droit de porter des armes, celles-ci n’étant autorisées que dans les enceintes extérieures des prisons fermées, et ce assorties de sérieuses restrictions.
Les détenus reçoivent une alimentation adéquate d’une valeur nutritionnelle non inférieure à 2 400 calories par jour et boivent de l’eau potable. Ils peuvent aussi recevoir de leur famille jusqu’à vingt kilos d’aliments et d’autres articles de première nécessité à chaque visite.
Les détenus malades reçoivent sur ordonnance une alimentation en accord avec leur mal. Tout détenu reçoit gratuitement les articles d’hygiène personnelle, le linge et l’uniforme.
Les détenues sont situées dans des centres pénitentiaires exclusivement pour femmes et confiées directement à du personnel féminin dûment formé.
Les jeunes détenus bénéficient pour leur part d’un traitement différencié. Ils sont placés dans des établissements exclusivement pour jeunes ou dans des ailes séparées des prisons d’adultes et ils sont confiés à un personnel spécialisé.
Les détenus restent en communication constante avec leurs proches grâce aux visites, aux pavillons conjugaux (pour les deux sexes), au téléphone et à la correspondance. Ils peuvent aussi bénéficier de permissions ou de visites spéciales au foyer sans surveillance, comme stimulant à la bonne conduite. Ils ont le droit d’être conduits à des hôpitaux, à de funérariums ou à des enterrements en cas de maladies graves ou de décès de parents proches.
Les visites se réalisent sans grillages ni grilles, sans parois de verre ou d’autre type d’obstacle au contact direct entre le détenu et les visiteurs.
Le système pénitentiaire cubain, à la demande des familles, des travailleurs sociaux ou des détenus eux-mêmes, favorise l’octroi d’aides économiques aux familles en ayant besoin, par l’intermédiaire du système de sécurité et d’assistance sociales.
Dans le cadre du traitement intégral dispensé à la population carcérale et en vue de réduire au minimum les retombées négatives de l’isolement social, les détenus font des visites sous surveillance à des centres culturels, sportifs, historiques et économiques, en guise de stimulant à la bonne conduite. On favorise aussi l’accès des détenus aux médias, en particulier la télévision, et ce en ce cas jusqu’à la fin des programmes. Les prisonniers ont aussi l’occasion de rencontrer des personnalités de l’art, de la culture et du sport qui visitent les prisons.
En ce qui concerne les vastes facilités offertes à la communication des détenus avec l’extérieur, il vaut la peine de souligner l’importance des pavillons (ou visites) conjugaux, qui sont garantis à tout prisonnier qui le demande, et ce dès les premières années de la Révolution, en application d’une des recommandations des règles minima adoptées par les Nations Unies.
Le système pénitentiaire cubain permet l’assistance des détenus aux cultes religieux et respecte leur choix dans ce domaine.
Le personnel pénitentiaire est choisi et formé dûment pour l’exercice de ses fonctions. Il se compose aussi de médecins, de pédagogues, de juristes, de psychologues et d’autres spécialistes des sciences du comportement.
Les détenus étrangers sont placés dans des centres et ailes à part, bénéficient de l’aide consulaire, du respect de leurs traditions culturelles et reçoivent des facilités pour acquérir des produits alimentaires, des articles d’hygiène personnelle et des effets personnels.
Les accusés placés en détention provisoire se trouvent dans des centres ou des ailes à part du reste des détenus. En coordination avec le ministère public et les tribunaux populaires, le pays promeut comme politique que cette mesure ne soit appliquée que dans les cas indispensables et travaille intensément à réduire au minimum les délais de procès et de verdict, mais toujours dans le respect strict des droits de la défense. L’aide juridique est garantie aux détenus aussi au civil qu’au pénal et les contacts personnels avec les représentants légaux sont facilités.
Régimes de sévérité dans le traitement des détenus
Il existe différents régimes de sévérité dont certains n’impliquent pas l’internement dans des centres fermés :
Sur les services de santé
Tous les détenus bénéficient gratuitement de soins médicaux et dentaires, primaires ou spécialisés.
Le système national pénitentiaire compte des hôpitaux, des centres de soins et des postes médicaux et dispose dans toutes les provinces de salles pour détenus dans les hôpitaux du réseau de soins, où ceux-ci ont accès à tous les acquis du pays en matière de santé publique.
Ils ont aussi le droit d’être hospitalisés dans n’importe quel service du réseau hospitalier national. Il leur est garanti des soins spécialisés par des visites périodiques d’équipes formées de différents spécialistes dans les prisons elles-mêmes.
Les soins tertiaires dans les différents instituts du pays leur sont aussi reconnus comme un droit.
Il existe un médecin pour deux cents détenus, un dentiste pour neuf cents, pour des soins préventifs, thérapeutiques et spécialisés, et un personnel infirmier pour cent détenus.
En prison, les détenues enceintes bénéficient d’une alimentation renforcée durant la grossesse et jusqu’au premier anniversaire de l’enfant, laps de temps durant lequel elle l’élève et l’allaite elle-même. Ce délai écoulé, elle peut le confier à sa famille ou l’inscrire gratuitement dans une garderie. Les détenues enceintes bénéficient, comme toutes les Cubaines enceintes, de soins médicaux hautement spécialisés et d’un suivi permanent, dont des consultations dans des hôpitaux de gynécologie et obstétrique et dans les installations en place dans les prisons elles-mêmes.
La rééducation dans le système pénitentiaire
Le système pénitentiaire cubain accorde aussi une attention particulière au traitement éducatif qui comprend le travail socialement utile, l’instruction scolaire, la formation technique à un métier, l’éducation civique et patriotique, des activités artistiques, sportives et récréatives, entre autres. Cette approche du redressement, vaste et humaine, vise essentiellement à modifier les habitudes de conduite, à favoriser le respect des lois et à préparer les condamnés à leur réinsertion sociale.
Cette activité constitue un des maillons essentiels de celles qui visent à redresser les détenus en vue de leur réinsertion dans la société. Elle n’a pas un caractère afflictif ni punitif. La participation à un emploi est volontaire, le détenu touchant dès lors le salaire correspondant aux lois en vigueur, comme n’importe quel autre citoyen.
Les difficultés provoquées par le blocus génocide des USA ont empêché de créer assez de postes de travail pour en garantir un à chaque détenu. Néanmoins, le pays travaille intensément à élargir les possibilités d’emploi pour les détenus qui décident volontairement d’exercer ce droit.
Perfectionnement du système pénitentiaire cubain
La création, l’organisation et le perfectionnement du système pénitentiaire cubain se sont toujours inspirés de la vision inlassablement défendue par Fidel Castro : un Etat socialiste ne peut se sentir étranger au sort d’aucun être humain.
Dans le cadre des efforts engagés pour aller plus loin dans la mise en place d’une société plus juste, plus éduquée, plus équitable et plus solidaire, au premier plan desquels il faut mentionner les programmes sociaux en cours, le pays réalise une véritable révolution du système pénitentiaire fondée sur la prémisse de convertir les prisons en écoles.
Le gouvernement cubain s’est, depuis 2000, engagé dans ce perfectionnement en appliquant une série d’actions et de programmes, insistant en particulier sur le traitement éducatif des détenus afin d’obtenir des résultats encore meilleurs en matière de redressement et de réinsertion sociale.
Cette transformation, engagée dans le cadre de la Bataille d’idées, a été baptisée Tâche 500.
Tâche 500 : naissance, développement et résultats
La Tâche 500, qui fait partie des programmes de la Révolution et a vu le jour en même temps que le mouvement des travailleurs sociaux en 2000, vise dans la pratique non seulement à convertir les prisons en écoles mais encore à sauvegarder et à orienter les jeunes et les mineurs qui auraient tendance à commettre des délits.
Une partie essentielle des programmes sociaux de la Révolution ces dernières années a été consacrée en priorité aux jeunes ne faisant pas d’études et ne travaillant pas.
Le gouvernement cubain décida dès lors de multiplier les actions, les mesures et les programmes visant à prévenir la délinquance en soutenant et en orientant les jeunes les plus enclins dans ce sens. Et le travail des travailleurs sociaux s’inscrit précisément dans ce cadre.
Ces jeunes gens devant qui les portes de l’université s’étaient fermées à un moment donné, sans possibilité de perfectionnement professionnel et aspirant peut-être à des emplois donnés auxquels leur manque de formation ne leur permettait pas d’accéder, ont vu dans les cours de perfectionnement intégral une nouvelle opportunité d’épanouissement comme être humain.
Les travailleurs sociaux contribuent puissamment à cette tâche de prévention sociale, mais ils ne sont pas les seuls : les enseignants, les médecins de la communauté et les membres de la Fédération des femmes cubaines et des autres institutions sociales et communautaires jouent un rôle important.
En ce qui concerne les actions et les programmes concrets concernant directement les détenus (Tâche 500), disons que la totalité des établissements pénitentiaires du pays organise des cours de perfectionnement auxquels participent de leur plein gré plus de 90 p. 100 des prisonniers.
On a lancé en octobre 2001, à titre expérimental, le Programme audiovisuel qui est maintenant organisé dans toutes les prisons et qui retransmet les cours télévisés Université pour tous, avec recours au magnétoscope, aux tabloïdes et aux matériaux didactiques complémentaires, avec les conseils de professeurs insérés dans les prisons et la participation active de moniteurs choisis parmi les détenus et dûment formés.
On continue de développer, en coordination avec le ministère de l’Éducation et d’autres organismes de l’administration centrale de l’État, l’instruction scolaire gratuite jusqu’en terminale à travers le sous-système d’enseignement pour adultes, ainsi que la formation technique dans différents métiers : maçonnerie, menuiserie, plomberie, électricité, artisanat, soudure, coiffure homme et femme, à quoi il faut ajouter les cours d’informatique.
La participation active de l’Institut national des sports, de la culture physique et des loisirs (INDER) permet d’organiser dans toutes les provinces des cours de professeurs d’éducation physique dont les diplômés prêtent des services rémunérés dans les prisons et peuvent entreprendre ensuite des études supérieures (licence de culture physique) en fonction de leur attitude, de leur discipline et de leurs résultats scolaires.
Les activités sportives et culturelles continuent également de se développer compte tenu de leur impact positif sur la discipline, l’état d’âme et sur la formation de valeurs positives comme le sens de la collectivité, la camaraderie, ainsi que sur la santé des détenus. À quoi s’ajoutent les cours d’éducation physique de l’Institut national des sports, d’éducation physique et de loisirs (INDER) et les rencontres sportives aux échelons provincial, régional et national.
En coordination avec le ministère de la Culture, de nombreuses rencontres culturelles, des festivals et des concours littéraires ont été organisés. Le développement de bibliothèques dans les prisons a été important à cet égard, car elles permettent aux détenus d’enrichir leurs connaissances, de s’instruire et de se distraire d’une manière saine. Elles se sont enrichies de centaines de titres du meilleur de la littérature cubaine et étrangère. Des détenus ont suivi des cours de bibliothécaire pour s’en occuper.
La promotion des bibliothèques sert de fort soutien au Programme audiovisuel, à l’instruction scolaire et à la formation technique, et favorise peu à peu l’habitude de la lecture chez les détenus dont la culture s’amplifie.
Les détenus et leurs familles participent à toutes ces activités sportives et culturelles, aussi bien comme acteurs que comme invités, ce qui a des retombées tout à fait positives.
Ces programmes de base visant à convertir les prisons en écoles ont eu de fortes retombées sur les détenus : amélioration des relations et de la communication entre détenus et fonctionnaires, puisqu’ils favorisent un plus grand rapprochement entre les détenus et ceux qui les surveillent et se chargent de leur redressement, et vice versa ; création d’un climat de perfectionnement et d’amélioration humaine dans les prisons ; création d’habitudes et de valeurs au sein de la population carcérale et amélioration de sa propre estime ; tranquillité accrue et discipline améliorée ; réduction sensible de l’indiscipline et des troubles de l’ordre.
Le traitement différencié de chaque détenu reste une des priorités de la Tâche 500. Des programmes importants concernent les jeunes détenus.
On a commencé à appliquer, en septembre 2002, une initiative novatrice en matière de rééducation, appelée « Sur les nouveaux chemins », qui concerne 84 prisons : grâce à 1 076 téléviseurs et 195 magnétoscopes, les détenus peuvent suivre des cours par télé-enseignement et des programmes éducatifs, culturels et récréatifs.
On vise ainsi à donner de l’espoir aux jeunes qui ont pris un jour une voie erronée. La culture, la participation et l’éducation deviennent des antidotes à la haine que soulève en fin de compte des années d’enfermement rigoureux.
La Tâche 500 comprend un autre programme important : il vise à améliorer l’alimentation des détenus et des gardiens en développant les capacités productives des prisons elles-mêmes. N’oublions pas que celles-ci souffrent dans ce domaine des mêmes carences et limitations que le reste de la société cubaine, du fait du blocus imposé par les USA.
En fait, surmonter les effets du blocus dans les prisons a constitué une raison de plus de développer tous ces programmes, mais en particulier le dernier. Le gouvernement s’efforce en redoublant d’efforts de garantir les besoins logistiques des prisons et d’améliorer les conditions de vie et de travail des détenus et des gardiens.
C’est à partir des programmes révolutionnaires organisés dans le pays dans le cadre de la Bataille d’idées, qui touchent aussi les prisons, qu'on travaille maintenant à la Tâche 500-2 dont le principal objectif est de réinsérer dans la société une majorité de détenus dotés d’un plus grand niveau culturel et politique, et, dans la plupart des cas, d’un métier.
Une comparaison obligée
Les actions positives engagées dans le système pénitentiaire cubain contrastent énormément avec la façon dont fonctionnent les prisons des USA, toujours plus nombreuses, toujours plus grandes, toujours plus répressives et toujours plus déshumanisantes.
Les prisions étasuniennes sont archibondées, les prisonniers sont victimes de mauvais traitements et la violence y est le pain quotidien. Ce qui distingue le système carcéral étasunien, c’est la punition.
Les prisons étasuniennes hébergent le quart des prisonniers du monde entier, alors que la population du pays ne représente que 5 p. 100 des habitants de la planète, et sept fois plus de prisonniers que toutes les nations d'Europe de l'Ouest.
Le système carcéral étasunien est si brutal qu’en violation des normes du droit international, les lois du pays ne prohibent pas le port de chaînes et de fers aux prisonniers.
Les USA sont l'un des six pays au monde qui ont exécuté des mineurs depuis 1990.
Dans le pays le plus riche du monde, sous une administration qui ose s’arroger le titre de défenseur mondial des libertés et de la démocratie, on compterait, selon des estimations fondées, plus de trois mille cinq cents enfants enfermés dans des prisons de sécurité aux côtés d’adultes. Inutile de s’en étonner : 20 des 50 États de l’Union permettent la réclusion d’enfants et d’adultes ensemble.
Dans une bonne partie des prisons fédérales étasuniennes, le pavillon conjugal est totalement prohibé, en franche violation de ce droit naturel de tous les êtres humains, détenus ou non. En revanche, les violations et autres abus sexuels sont fréquents dans ces prisons, devant l’indifférence des autorités. Des sociologues prestigieux de ce pays estiment qu’un prisonnier étasunien sur cinq a été violé, si bien que le sida s’est propagé d’une manière préoccupante. Selon ces mêmes sources, 29 p. 100 des détenus qui décèdent dans ces prisons meurent de sida, non seulement à cause du développement de la maladie, mais aussi faute de traitement.
Selon différentes études, les prisons des USA sont en train de se convertir en véritables camps de concentration où finissent par aboutir des chômeurs, des toxicomanes, des sans foyer, des malades mentaux et des membres de minorités marginalisées.
Plus de 60 p. 100 des prisonniers font partie de groupes raciaux et de minorités ethniques. Les Afro-Américains, qui ne constituent que 12 p. 100 de la population du pays, représentent pourtant 50 p. 100 des prisonniers et reçoivent des peines disproportionnées.
Le traitement que reçoit le prisonnier dans une prison étasunienne vise à le dégrader comme être humain, non à le rééduquer et à faire affleurer le meilleur de lui-même.
Plus de 120 000 prisonniers – sur un total estimé de 2 millions – font partie du « complexe carcéralo-industriel », autrement dit des prisons privées, une « juteuse affaire » où ce qui intéresse le moins est la rééducation du prisonnier et le respect de sa dignité.
On voit en effet proliférer aux USA les prisons privées qui fonctionnent comme de vraies entreprises et dont les directeurs s’efforcent de les rentabiliser au maximum par l’exploitation d’une main-d’œuvre captive. Au point que certaines prisons sont cotées en bourse !
Certains observateurs jugent que le second complexe industriel des USA est celui qui se consacre à la construction de prisons et qui, de fait, emploie plus de travailleurs qu’une transnationale aussi gigantesque que General Motors. D’autres puissantes transnationales comme Merril Lynch ou Goldsman Sachs touchent de deux à trois milliards de dollars par an en bons pour la construction de prisons.
Le plus triste, c’est que les actions des compagnies carcérales sont en hausse à Wall Street, tandis que les droits fondamentaux des prisonniers – alimentation, services de santé et conditions d'hébergement – sont en chute libre, car on rogne sur eux pour réduire les coûts.
À ce panorama funeste, il faut ajouter – comme cela a été abondamment prouvé – que la CIA a arrêté illégalement dans des pays étrangers et torturé de prétendus terroristes, dont certains ont été incarcérés dans des centres secrets de pays d'Europe de l'Est.
Les USA continuent de maltraiter les prisonniers hors de leurs frontières, tandis que dans les prisons clandestines d’Afghanistan et d’autres pays et dans les centres pénitentiaires dirigés par des pays alliés de Washington, la CIA maintient des dizaines de prisonniers sans la moindre procédure légale, au point que même les familles ne savent pas où ils se trouvent.
On a appris des détails de l’humiliation systématique et des sévices infligés par la police militaire et les officiers du renseignement dans les prisons que contrôlent les forces d’occupation en Iraq.
Certains membres de la Garde nationale et des « employeurs privés » contre lesquels des enquêtes ont été ouvertes pour les tortures scandales qu'ils ont infligées à des prisonniers iraquiens ont été formés dans des prisons étasuniennes.
La réalité des prisons cubaines n’a absolument rien à voir avec l’enfer qui prévaut dans les pénitenciers de la superpuissance qui ose condamner Cuba à la Commission des droits de l’homme.
On ne fait aucune concession à l’impunité dans les prisons cubaines : au contraire, des voies prometteuses s’ouvrent à l’amélioration humaine. Les prisons se convertissent peu à peu en écoles ; le sport et la culture ouvrent des possibilités à l’épanouissement personnel des détenus ; des soins médicaux de qualité sont garantis dans toutes les prisons et on cherche, malgré les difficultés imposés par le blocus économique, à améliorer toujours plus les conditions de vie dans les prisons.
Le gouvernement et la société sont animés de l’idée de Martí : « L’enseignement de la vertu est plus noble que l’examen inutile des profondes plaies sociales. »