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Conférence mondiale des peuples sur les changements
climatiques et les droits de la Terre nourricière

5 janvier 2010

Considérant que les changements climatiques font planer une menace réelle sur l’existence de l’humanité, des êtres vivants et de notre Terre nourricière telle que nous la connaissons aujourd’hui,
Constatant le grave danger qui pèse sur les îles, les zones côtières, les glaciers de l’Himalaya, des Andes et des montagnes de la planète, les pôles terrestres, les régions chaudes telles que l’Afrique, les sources d’eau, les populations touchées par la multiplication des catastrophes naturelles, la faune et la flore, et l’écosystème en général,
Soulignant que les individus qui seront les plus touchés par les changements climatiques sont les plus pauvres de la planète, qui verront leurs foyers et leurs moyens de subsistance détruits et seront ainsi contraints d’émigrer et de chercher asile ailleurs,
Confirmant que 75 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent des pays déraisonnablement industrialisés de l’hémisphère Nord,
Constatant que les changements climatiques sont le produit du système capitaliste,
Déplorant que la Conférence de Copenhague ait échoué à cause des pays dits « développés », qui se refusent à reconnaître la dette climatique qu’ils ont contractée envers les pays en développement, les générations futures et la Terre nourricière,
Affirmant que l’on ne saurait garantir le plein respect des droits de l’homme au XXIe siècle sans reconnaître et respecter les droits de la Terre nourricière,
Réaffirmant la nécessité de lutter pour la justice climatique,
Conscient qu’il convient d’adopter des mesures d’urgence pour épargner un surcroît de dommages et de souffrances à l’humanité et à la Terre nourricière, et de rétablir l’harmonie avec la nature,
Convaincu que les peuples du monde, guidés par les principes de solidarité, de justice et de respect de la vie, sauront sauver l’humanité et la Terre nourricière,
Commémorant la Journée internationale de la Terre nourricière,
Le Gouvernement de l’État plurinational de Bolivie convoque les peuples et les mouvements sociaux qui, à travers le monde, défendent la Terre nourricière, et invite les scientifiques, savants, juristes et gouvernements désireux de travailler main dans la main avec leurs peuples, à la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre nourricière, qui aura lieu du 20 au 22 avril 2010 à Cochabamba (État plurinational de Bolivie).
La Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre nourricière a pour buts :
1) D’analyser les facteurs structurels et systémiques à l’origine des changements climatiques et de proposer des mesures concrètes qui permettront d’assurer le bien-être de l’humanité tout entière, en harmonie avec la nature;
2) D’examiner et d’arrêter le projet de déclaration universelle des droits de la Terre nourricière;
3) De convenir des propositions de nouveaux engagements au titre du Protocole de Kyoto et des projets de décision découlant de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui orienteront l’action des gouvernements soucieux de défendre la vie, lors des négociations sur les changements climatiques et dans toutes les instances des Nations Unies, en ce qui concerne :
a) La dette climatique;
b) Les migrants et réfugiés climatiques;
c) La réduction des émissions;
d) L’adaptation;
e) Le transfert de technologies;
f) Le financement;
g) Les forêts et les changements climatiques;
h) La vision commune;
i) Les peuples autochtones;
j) Des questions diverses;
4) D’œuvrer à l’organisation du référendum mondial des peuples sur les changements climatiques;
5) D’analyser et d’établir un plan d’action qui permette de progresser vers l’instauration d’un tribunal de justice climatique;
6) De définir les stratégies d’action et de mobilisation pour la défense de la vie face aux changements climatiques et pour les droits de la Terre nourricière.

Le Président de l’État plurinational de Bolivie
(Signé) Evo Morales Ayma

 



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