CubaMinrex. Ministerio de Relaciones Exteriores de Cuba

  English   RSS Cubaminrex  

Prisioneros del Imperio

Prisioneros del Imperio
  • Antonio Guerrero Rodríguez
  • Fernando González Llort
  • Gerardo Hernández Nordelo
  • Ramón Labañino Salazar
  • René González Sehwerert

L’histoire non racontée des Cinq (2e partie) : La justice au pays des merveilles

« D’abord la sentence… le verdict ensuite ! »

Alice au pays des merveilles

Lewis Carroll

UNE fois perdue la bataille de la question du changement de siège du procès, le résultat du procès des Cinq était décidé d’avance. Il suivait strictement la prophétie de la Reine.

Les médias nord-américains ont joué un rôle très important dans deux directions. Hors de Miami : un silence total, comme l'a très habilement décrit l'avocat Leonard Weinglass, contrairement au rôle qu’ils ont joué dans le Comté de Dade, offrant ensemble, médias et cour, un show d’une impressionnante discipline.

Les médias locaux ne se sont pas contentés de donner une large couverture à l’affaire, ils y sont également intervenus activement, comme s'ils faisaient partie du Ministère public. Les Cinq ont été condamnés par les médias avant même d'être mis en accusation.

Le samedi 12 septembre 1998, très tôt dans la matinée, tous les médias de Miami n’ont cessé de commenter l’arrestation de « terribles » agents cubains, « prêts à détruire les USA » (la phrase fétiche du Procureur, qu'il n’a cessé de répéter durant tout le procès). « Des espions parmi nous », ce fut le gros titre de ce matin-là à la une des journaux. En même temps, le chef du FBI à Miami rencontrait à ce propos, Lincoln Diaz Balart et Ileana Ros-Lehtinen, les représentants de la vieille garde de Batista au Congrès.

Une campagne de propagande sans précédent fut lancée contre cinq personnes qui ne pouvaient pas se défendre, car ils étaient totalement isolés du monde extérieur, jour et nuit, pendant un an et demi, dans ce qu'on appelle dans l'argot de la prison « le trou ».

Un cirque médiatique a entouré les Cinq depuis leur arrestation jusqu'à aujourd'hui. Mais seulement à Miami. Sur le reste du territoire des Etats-Unis, c'est le silence total sur leur dure situation. Le reste du pays ne sait pas grand-chose de cette affaire, et on la garde sous silence, comme si tout le monde acceptait l'idée que Miami - cette « communauté très diverse et extrêmement hétérogène », selon la description du Procureur - appartient effectivement à une autre planète.

Cela aurait pu être une proposition raisonnable, si quelques faits honteux n'avaient pas été découverts récemment. Certaines personnes des médias engagées dans la campagne à Miami - « des journalistes » et autres - ont été payées par le gouvernement des Etats-Unis. Celles-ci figuraient sur sa liste du personnel comme employés de la machine de propagande anti-cubaine de la radio et de la télévision, une campagne qui a coûté plusieurs centaines de millions de dollars aux contribuables étasuniens.

En fait, sans le savoir les Etasuniens se sont vus obligés d'être très généreux. Il y a une longue liste de « journalistes » de Miami qui ont couvert l'intégralité du procès des Cinq, tout en recevant des chèques fédéraux bien juteux (pour en savoir plus sur le « travail » de ces journalistes, consulter le site web http://www.freethefive.org).

La décision de la Cour d'Appel, en 2005, offre également un bon résumé de la campagne de propagande, avant et durant le procès. C'est une des raisons qui ont amené la Cour à « invalider les sentences et ordonner un nouveau procès ». Miami n'était pas un lieu pour rendre un semblant de justice. Comme les juges l'ont dit « les preuves présentées [devant le Tribunal de Miami] pour appuyer les requêtes de changement de siège étaient massives » (Court of Appeals for the Eleventh Circuit, N° 01-17176, 03-11087).

Clarifions un point. Dans cette affaire, nous ne parlons pas de journalistes, au sens où les nord-américains peuvent l'entendre hors de Miami. Nous nous référons aux « journalistes » de Miami, une chose très différente.

Leur rôle n'était pas de publier des informations, mais plutôt de créer un climat qui garantisse les condamnations. Ils ont même appelé à des manifestations publiques à l'extérieur des bureaux où se réunissait la défense et ils ont harcelé les membres potentiels du jury pendant la phase de sélection précédant le procès. Le tribunal lui-même a exprimé sa préoccupation face au «nombre important de demandes de questions à réaliser durant la sélection du jury avant les interrogatoires, apparemment dans le but d’informer les auditeurs, y compris les possibles membres du jury, sur le contenu des questions avant que le tribunal ne les pose».

Nous parlons d'un groupe d'individus qui ont harcelé les membre du jury, les poursuivant dans la rue, avec des caméras, filmant leurs plaques d'immatriculation et les montrant à la télévision, les poursuivant jusqu'à l'intérieur du Palais de Justice, par la porte de la salle des jurés, et cela a duré pendant les sept mois du procès, du premier au dernier jour.

Plus d'une fois la juge Leonard a protesté et supplié le gouvernement d'arrêter une mascarade si déplorable. Elle l'a réclamé du début à la fin du procès et à plusieurs occasions. Elle n'a jamais été entendue (Official transcripts of the trial, p. 22, 23, 111, 112, 625, 14644-14646).

Le gouvernement n'était pas intéressé par la tenue d'un procès juste. Pendant la procédure de sélection des jurés, le Procureur s’est employé à exclure la majorité des membres de la communauté afro-étasunienne, tout comme il a exclu les trois personnes qui n'avaient pas montré de forts sentiments anticastristes.

A cette date Elian Gonzalez avait été récupéré et il occupait toujours l'esprit des jurés. L'un d'eux, pendant la procédure de sélection, a déclaré: «Je serais préoccupé par les réactions qu'il pourrait y avoir... je ne veux pas que des émeutes éclatent, ni rien de semblable à ce qui s'est passé dans l'affaire d’Elian ». Ou citant un autre : «Pour vous dire la vérité... je deviendrais une vrai paquet de nerfs, je craindrais pour ma propre sécurité si je ne revenais pas avec un verdict favorable aux intérêts de la communauté cubano-américaine.»

C'est dans cette atmosphère de peur qu'a débuté le plus long procès à ce jour dans l'histoire étasunienne, ce procès que les grands médias ont « décidé » d'ignorer.
(Cubaminrex-Granma Internacional)

<< Atrás

Copyright © Ministerio de Relaciones Exteriores

Escribir al WebmasterEscribir al Webmaster